English
 
Suite intrusive de Gerido
Étiquette stratigraphique : [ppro]grd
Symbole cartographique : pPgrd

Première publication :  
Dernière modification :

 

 

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
pPgrd14 Monzogabbro
pPgrd13 Vacant
pPgrd12 Roche ultramafique à trémolite
pPgrd11 Diorite, gabbro lecococrate, gabbro hétérogène à structure pegmatitique ou bréchique
pPgrd10 Mélagabbro, avec niveaux de roches sédimentaires ou volcaniques
pPgrd9 Hornblendite
pPgrd8 Porphyre felsique et rhyolite
pPgrd7 Gabbro amphibolitisé
pPgrd6 Vacant
pPgrd5 Leucogabbro à quartz, diorite quartzifère et granophyre, localement pegmatitique
pPgrd4 Ferrogabbro
pPgrd3 Gabbro gloméroporphyrique et gabbro porphyrique
pPgrd2 Mésogabbro aphyrique, gabbro à olivine et intrusion mafique différenciée et litée
pPgrd2a Intrusion mafique à ultramafique différenciée et litée
pPgrd1 Péridotite, pyroxénite, serpentinite et roches ultramafiques métamorphisées
 
Auteur :Bilodeau et Caron-Côté, 2018
Âge :Précambrien / Protérozoïque / Paléoprotérozoïque
Coupe type : 
Région type :Région du lac Retty (feuillet SNRC 23O08)
Province géologique :Province de Churchill
Subdivision géologique :Orogène du Nouveau-Québec (Fosse du Labrador) / Zones lithotectoniques de Cambrien, Gérido, Howse, Hurst, Payne, Retty, Schefferville et Wheeler
Lithologie :Roches intrusives mafiques à ultramafiques
Type d’unité :Lithodémique
Rang :Suite
Statut :Formel
Usage :Actif

 

Unité(s) apparentée(s)

 

Historique

 

La Suite intrusive de Gerido a été introduite par Bilodeau et Caron-Côté (2018) pour réunir tous les filons-couches en intrusion dans les roches du deuxième cycle volcanosédimentaire de la Fosse du Labrador (groupes de Koksoak, de Le Moyne et de Doublet). La Suite de Gerido remplace une partie de l’unité des Filons-couches de Montagnais. L’autre partie, regroupant les filons-couches mafiques en intrusion dans les roches du premier cycle volcanosédimentaire de la Fosse du Labrador (groupes de Seward, de Pistolet, de Swampy Bay et d’Attikamagen), a été assignée à la Suite intrusive de Wakuach.

Le terme « Intrusifs de Montagnais » a été introduit par la Labrador Mining and Exploration Company (1949) pour désigner toutes les roches intrusives dans le Supergroupe de Kaniapiskau (Frarey et Duffell, 1964). Le nom de « Groupe de Montagnais » a ensuite été formalisé par Frarey et Duffell (1964) et Baragar (1967) pour regrouper toutes les roches gabbroïques et ultramafiques de la Fosse du Labrador. Frarey et Duffell (1964) y ont alors inclus les Intrusifs de Walsh (nom abandonné) de la Labrador Mining and Exploration Company (1949), considérés équivalents, dans le Groupe de Montagnais. Ces auteurs ont également subdivisé le Groupe de Montagnais en deux unités qu’ils ont élevées au rang de formation. Le nom de « Péridotites de Retty » a été proposé pour désigner un important ensemble de filons-couches ultramafiques près du lac Retty, tandis que le nom de « Gabbro de Wakuach » a été proposé pour désigner la majeure partie des intrusions gabbroïques observées dans le secteur du lac Wakuach (Frarey et Duffell, 1964). À noter que le terme « Groupe de Montagnais » n’a pas de valeur stratigraphique. Il est utilisé dans la littérature comme un fourre-tout pratique qui regroupe toutes les roches gabbroïques et ultramafiques de la Fosse du Labrador, peu importe leur âge et leur origine (Dimroth, 1978; Dressler, 1979). Conformément au Code stratigraphique nord-américain, Goutier et Wares (1989) ont reclassé les filons-couches mafiques-ultramafiques sous le nom général de « Filons-couches de Montagnais » puisque le mot « groupe » ne peut être utilisé pour une suite de roches intrusives. Le Complexe de Qarqasiaq de la région de Kangirsuk a été intégré dans l’unité pPgrd1 de la Suite de Gerido.

 

 

Description

 

La Suite intrusive de Gerido (pPgrd) est une unité lithodémique regroupant la quasi-totalité des intrusions mafiques et ultramafiques injectées dans les unités supracrustales du deuxième cycle volcanosédimentaire de la Fosse du Labrador. Cette unité ne prend en considération ni l’âge ni l’origine des roches intrusives. Des lithologies similaires sont présentes au sein de la Formation d’Hellancourt (pPhe) et de l’Intrusion de la Baie Kyak (pPkya) dans la région de Kangirsuk, mais ne sont pas incluses dans le Gerido. On retrouve deux principaux types d’intrusions, soit les filons-couches mafiques différenciés (pPgrd2) et les filons-couches ultramafiques (pPgrd1). Une partie des filons-couches mafiques différenciés comprend à la fois des faciès de compositions mafique et ultramafique. D’après les variations compositionnelles et structurales, on a défini de nombreux sous-faciès à même l’unité de filons-couches mafiques (pPgrd2), tels que : le gabbro gloméroporphyrique et le gabbro porphyrique (pPgrd3), le ferrogabbro (pPgrd4), le gabbro à quartz, la diorite quartzifère et le granophyre (pPgrd5), le gabbro amphibolitisé (pPgrd7), le porphyre felsique et la rhyolite (pPgrd8), la hornblendite (pPgrd9), le gabbro mélanocrate (pPgrd10), la diorite et le gabbro leucocrate (pPgrd11), la roche ultramafique (pPgrd12) et le monzogabbro (pPgrd14).

Les interprétations montrent que ces intrusions font partie d’une même série magmatique d’affinité tholéitique issue de la fusion partielle d’un manteau appauvri (Bédard, 2017). Pour les gabbros de la formation d’Hellancourt, leur pétrographie et leur composition sont si similaires à celles des basaltes encaissants qu’il est préférable de les aborder comme un complexe intrusif-extrusif cogénétique, alors que les gabbros associés aux roches volcaniques sont possiblement des coulées basaltiques grenues pour certaines. À l’exception des intrusions de composition ultramafique, les intrusions montrent une très faible contamination crustale, et celle-ci semble plus importante en bordure (Bédard, 2017). Aucun gabbro n’est entièrement frais, la plupart ne renfermant que peu de minéraux primaires. Les structures sont assez bien préservées, sauf aux endroits plus métamorphisés (Dimroth, 1978).

Suite intrusive de Gerido 1 (pPgrd1) : Péridotite, pyroxénite, serpentinite et roches ultramafiques métamorphisées

L’unité pPgrd1 regroupe les filons-couches ultramafiques en intrusion dans les gabbros du Gerido (pPgrd2). Ils sont composés de péridotite, de pyroxénite, de serpentinite et de roches ultramafiques métamorphisées. Certaines de ces roches ultramafiques font partie d’intrusions mafiques à ultramafiques différenciées et litées de la région de la Baie-aux-Feuilles (Bédard, 2017) et du lac Bleu (Laurent, 1995). Dans la région de Kangirsuk, les roches ultramafiques sont à contact franc et intrusif avec les gabbros (unité pPgrd2) et majoritairement présentes au contact inférieur des gabbros. Une partie des roches ultramafiques avaient été assignées au Complexe de Qarqasiaq, introduit par Hardy (1976) pour regrouper les laves ultramafiques et les intrusions subvolcaniques associées. Aucune structure ou signature géochimique particulière ne permet de conclure qu’il existe des roches volcaniques ultramafiques dans cette région. Les roches du Qarqasiaq ont par conséquent été affectées à l’unité pPgrd1.

Une pyroxénite a été observée dans la partie médiane du filon-couche gabbroïque (Hardy, 1976), mais ne présente aucun signe apparent de différenciation magmatique (p. ex. une accumulation de cristaux par gravité, un  litage magmatique ou des contacts progressifs ou rythmiques). Les filons sont parfois ramifiés dans leur partie sommitale, tel qu’observé dans le filon-couche du secteur du lac Qarqasiaq, mais les injections ultramafiques multiples n’ont pas été reconnues. Le filon-couche de la région du lac Chaunet se singularise par une composition de serpentinite sans relique d’olivine ou autres minéraux ferromagnésiens, à l’exception de quelques échantillons. On note, de la base au sommet, une augmentation de pyroxène et de plagioclase au profit de la serpentine (Hardy, 1976). Le centre du filon-couche est composé de pyroxénite à contact graduel avec la partie supérieure du gabbro (pPgrd2). Les contacts entre le gabbro et la pyroxénite sont graduels et pourrait représenter un équivalent des filons-couches mafiques à ultramafiques différenciés reconnus dans la région de la Baie-aux-Feuilles (Bédard, 2017) et du lac Bleu (Laurent, 1995).

Bien que les roches soient caractérisées par une susceptibilité magnétique variable, l’unité est facilement reconnaissable par une forte anomalie aéromagnétique positive. Les affleurements de roche ultramafique de la région sont identifiables grâce au relief arrondi qu’elles forment et à leur surface d’altération typique d’aspect massif, rugueux et fracturé. Leur patine est généralement rouge brunâtre et la cassure fraîche est noir verdâtre. Les roches ne sont déformées en aucun endroit.

La composition de l’unité est variable d’un secteur à un autre. Elle se compose de webstérite à olivine et d’hypersthène oïkocristique dans la région de la Baie-aux-Feuilles, au centre-nord de la Fosse du Labrador (Bédard, 2017), et de péridotite fortement altérée dans la région de Kangirsuk, où la minéralogie et les structures primaires sont presque complètement oblitérées par l’altération et le métamorphisme. Les roches sont généralement massives, homogènes, de granulométrie fine à moyenne, rarement à grain moyen à grossier, hétérogène ou porphyrique (cristaux >1 cm). L’unité est également caractérisée par une abondance de pseudomorphes d’olivine ou de pyroxène et par la structure oïkocristique de certains minéraux.

En affleurement, la composition de la roche est caractérisée par de gros cristaux gris verdâtre à distribution homogène interprétés comme des pyroxènes ouralitisés. En microscopie, on observe jusqu’à 80 % d’olivines rondes et jointives pour la plupart, fracturées et très serpentinisées. Les cœurs d’olivine sont préservés dans peu d’échantillons, la plupart étant remplacés par l’antigorite et le talc. Les interstices sont formés de cristaux d’orthopyroxène remplacés par une amphibole incolore (interprétée comme étant de la trémolite) et d’un assemblage de serpentine, de chlorite et de talc, ainsi que de cristaux fins de clinopyroxène, d’orthopyroxène, de hornblende, de magnétite et de spinelle. Certains échantillons renferment jusqu’à 15 % d’oxydes distribués avec des carbonates en périphérie des cristaux d’olivine et dans leurs fractures. La magnétite et la pyrrhotite sont ubiquistes et forment localement de petits amas. L’intensité de la serpentinisation est variable et toujours accompagnée de veines centimétriques à décimétriques sans orientation préférentielle et de stockwerks de serpentine fibreuse et drusique, souvent bordées d’un liseré de magnétite. Les veines coupent seulement les roches ultramafiques ou les gabbros susceptibles de contenir de l’olivine (pPgrd2).

Suite intrusive de Gerido 2 (pPgrd2) : Mésogabbro aphyrique, gabbro à olivine et intrusion mafique différenciée et litée

L’unité pPgrd2 réunit les filons-couches de gabbro aphyrique et les gabbros différenciés. Les roches sont formées de gabbronorite ouralitisée à composition et structure peu variées : elles sont généralement mésocrates, ophitiques à subophitiques, massives et litées. Les gabbros sont principalement en intrusion dans la séquence volcanique. Ils se subdivisent en deux groupes, soit les filons minces et les filons épais. Les filons minces présentent une minéralogie très uniforme de la base au sommet. On retrouve deux variétés de filons-couches épais : 1) ceux caractérisés par un passage progressif à des sous-unités de gabbro ferrugineux (pPgrd4), ou à des niveaux de diorite quartzifère, de granophyres ou de gabbros pegmatitiques (pPgrd5); et 2) ceux dont le sommet ne renferme pas de faciès de l’unité des unités pPgrd4 et pPgrd5 (Sauvé et Bergeron, 1965). Les intrusions mafiques différenciées présentent les caractéristiques suivantes : 1) une variation graduelle de la composition chimique des minéraux primaires de la base au sommet des filons et l’apparition de nouveaux minéraux; 2) La présence d’enclaves de feldspath ou de trainées millimétriques à centimétriques concordantes au litage; 3) la présence de veines, de dykes et d’amas de gabbro pegmatitique ou de matériel felsique dans les parties médiane et supérieure des filons; 4) la présence de diabase (avec bordure de refroidissement) coupant le gabbro (sans bordure de trempe) et d’épontes sinueuses non parallèles; et 5) la présence de brèche et de granophyre à quartz-feldspath observés très localement. Les diorites quartzifères et les granophyre sont formées de roche issue de la différentiation d’un magma basaltique (Sauvé & Bergeron, 1965). D’après Baragar (1967), le passage graduel du gabbro mélanocrate au métagabbro leucocrate ne résulte pas d’une différentiation magmatique normale, mais est plutôt marqué par une variation de composition.

La sous-unité de gabbro aphyrique (pPgrd2) représente le faciès dominant du Gerido dans toutes les parties de la Fosse du Labrador. Son identification est basée sur la reconnaissance des structures qui caractérisent l’unité et qui permettent de la distinguer les filons-couches de gabbro des autres unités, notamment ceux de la Formation d’Hellancourt (pPhe et pPhe5). Dans la région de Kangirsuk, l’unité pPgrd2 se compose communément de gabbronorite avec un litage compositionnel d’origine magmatique. L’unité ne renferme pas de niveaux différenciés ultramafiques comme ceux reconnus dans les parties sud et centre-nord de la Fosse du Labrador (Bédard, 2017; Laurent, 1995). Les gabbros montrent très peu de variations structurales et une préservation quasi complète de celles-ci malgré le métamorphisme affectant de nombreux filons-couches. Ils sont communément massifs, de granulométrie fine à moyenne, rarement constitués de cristaux de plus de 5 mm. L’unité est mésocrate, ophitique ou subophitique, structure mise en évidence par la distribution des lattes de plagioclase non jointives ou par les amphiboles enchevêtrées. Les roches sont localement grenues et sans structure particulière, d’aspect leucocrate à mésocrate ou mésocrate à mélanocrate, trachytiques avec une orientation préférentielle des plagioclases ou à structure mouchetée (tachetée) comme celle des gabbros de la Formation d’Hellancourt (pPhe5). Les roches arborent typiquement une couleur vert clair, vert foncé ou noir en patine altérée et vert foncé à brunâtre en surface fraîche, couleur similaire aux basaltes chloriteux encaissants (pPhe). La présence de veinules de serpentine dans certains gabbros à proximité des intrusions ultramafiques suggère fortement la présence d’olivine dans ces roches.

La minéralogie des gabbros dans la partie centre-nord de la Fosse du Labrador (région de Kuujjuaq) est composée de 40 à 60 % d’un assemblage plagioclase et d’épidote, et de 35 à 55% d’un assemblage d’amphibole et de chlorite. Les minéraux accessoires sont l’apatite, la magnétite titanifère et le leucoxène. Les roches peuvent contenir de la pyrite et de la pyrrhotite associées au quartz et à la chlorite (Sauvé et Bergeron, 1965). Le plagioclase est remplacé par le clinozoïsite et l’albite, et le pyroxène est remplacé par l’actinote et la chlorite. L’actinote est généralement plus grossière (≤3 mm) que le plagioclase (≤1 mm) et pœcilitique dans la partie inférieure des filons-couches de ce secteur (Sauvé et Bergeron, 1965). Plusieurs niveaux de gabbro renferment de l’olivine et jusqu’à 1 % de quartz bleuté interstitiel vers le sommet des filons (Sauvé et Bergeron, 1965).
Dans la région de Kangirsuk, les gabbros ont tous la particularité d’être fortement ouralitisés, comme en témoigne les pyroxènes clairs remplacés par l’amphibole, bien visibles en patine d’altération. On aurait pu regrouper ces gabbros dans la sous-unité de gabbro amphibolitisé (pPgrd7), mais la reconnaissance de leurs structures primaires justifie leur affiliation à l’unité pPgrd2.

Les gabbros sont variables en composition puisqu’il existe un litage magmatique. Les roches contiennent entre 40 et 70 % de grands cristaux incolores à vert clair d’amphibole (phase actinote-trémolite) formant des prismes isolés jusqu’à 1 cm de longueur, généralement jointifs et localement maclés. L’amphibole est trapue, rarement pœcilitique, sans clivage, à inclusions de lattes de plagioclase et aux extrémités fibreuses et aciculaires. La préservation de certains cœurs de pyroxène suggère un remplacement métamorphique quasi complet du pyroxène. Les roches renferment également entre 30 et 60 % de plagioclase tabulaire ou en latte faiblement à fortement remplacé par l’épidote (variétés zoïsite et clinozoïsite) surtout présente dans les cœurs et au contact du plagioclase. L’altération de ce dernier en muscovite est généralement faible.

Les cristaux d’amphibole ou les amas d’amphibole sont encaissés dans une matrice à grands cristaux de plagioclase complètement remplacés par l’épidote très fine. L’espace interstitiel est également occupé par des lattes de plagioclase à grain fin et par des cristaux d’amphibole (actinote-trémolite) ou de clinopyroxène amphibolitisé. Le sous-faciès à structure mouchetée (tachetée) présente des amphiboles ceinturées de petits amas de lattes de plagioclase aléatoires coupant la bordure des cristaux. Les minéraux secondaires sont dominés par l’épidote, particulièrement présente autour de l’amphibole et du plagioclase, le quartz, les amas de chlorite et possiblement de séricite, ainsi qu’une proportion allant jusqu’à 10 % de titanite trapue (ou leucoxène) à grain moyen, parfois maclée et à distribution homogène. La titanite des gabbros du Gerido a la particularité d’être sous forme de petits amas de cristaux à structure radiale en remplacement quasi complet d’autres phases, probablement titanifères. Les minéraux opaques sont dominés par la magnétite et la pyrrhotite hypidiomorphe disséminées et en inclusions dans les silicates. Les amas, les lentilles ou les veines tardives de chlorite accompagnées de quartz ou d’albite et de carbonates sont communs, mais peu abondants.

 

Suite intrusive de Gerido 2a (pPgrd2a) : Intrusion mafique à ultramafique différenciée et litée

Les filons-couches de l’unité pPgrd2a sont différenciés et lités, partageant des similitudes avec les intrusions mafiques différenciées (pPgrd2). La particularité des intrusions mafiques à ultramafiques est la présence d’un faciès médian constitué de roche ultramafique. Dans la région de la Baie-aux-Feuilles, on note une alternance de lherzolite, d’harzburgite et de webstérite à olivine pœcilitique (Bérard, 2017; Laurent ,1995). La zone de contact basale et la partie sommitale de ces intrusions sont composées de gabbronorite montrant des structures similaires à celles observées dans les intrusions mafiques (Bérard, 2017). L’apparition de quartz bleuté est commune dans la partie sommitale de ce type d’intrusion.

Dans le secteur du lac Bleu, à l’est de Schefferville, la composition moyenne de la roche est celle d’un mélagabbro picritique différencié. Les roches ultramafiques à la base des filons-couches sont composées de wherlite à plagioclase et de webstérite à plagioclase et à cumulats d’olivine et de clinopyroxène. Le sommet des intrusions est composé de gabbronorite et de gabbro à hornblende. Les parties inférieure et médiane sont de compositions chimiques identiques. Ces magmas semblent comagmatiques avec les volcanites mafiques de la Formation de Willbob puisque les filons-couches et les basaltes sont dérivés d’un magma tholéiitique à tendance komatiitique (Laurent, 1995).

 

Suite intrusive de Gerido 3 (pPgrd3) : Gabbro gloméroporphyrique et gabbro porphyrique

 

Cette unité est fréquemment appelée gabbro tacheté, « roche léopard » ou gabbro anorthositique en raison de son apparence tachetée. Ce gabbro est presque toujours observé dans la même position stratigraphique, ce qui appuie l’hypothèse d’un seul filon de ce type (Sauvé et Bergeron, 1965). Le gabbro est caractérisé par une structure gloméroporphyrique qui résulte de la présence de 25 à 50 % de plages ou taches blanc crème à verdâtre de plagioclase altéré dans une matrice gabbroïque (Baragar, 1967; Clark, 1980; Frarey, 1967; Sauvé et Bergeron, 1965). Les plages sont de forme irrégulière, arrondie ou subarrondie, d’un diamètre variant de 1 à 15 cm, parfois plus, et présentent un contact net avec la matrice. Par endroits, les plages sont en contact les unes avec les autres. Elles sont localement allongées et orientées parallèlement à la direction du filon-couche (Clark, 1980; Dimroth, 1978; Sauvé et Bergeron, 1965). Parfois, elles forment des lits d’une épaisseur variant de 1 cm à 1 m (Clark, 1978, 1980). Les plages représentent des phénocristaux (±1 cm) ou des agrégats de cristaux de plagioclase calcique (labradorite) enchevêtrés, automorphes à xénomorphes, fortement altérés en albite, séricite, prehnite et épidote (clinozoïsite). Les cristaux automorphes sont trapus et observés principalement à la périphérie des agrégats ou isolés dans la matrice, tandis que les grains subautomorphes à xénomorphes sont observés à l’intérieur des agrégats et présentent des contours droits (Sauvé et Bergeron, 1965). La matrice est vert foncé, de granulométrie moyenne à grossière (5 à 30 mm) et composée essentiellement de pyroxène (diopside ou augite), d’amphibole (hornblende-actinote), de chlorite, et de quantités mineures d’albite et de clinozoïsite. Les minéraux accessoires sont l’apatite, le quartz, la biotite, le leucoxène, la titanite, la magnétite titanifère, l’ilménite et les sulfures (Baragar, 1967; Frarey, 1967; Sauvé et Bergeron, 1965). En lames minces, le plagioclase est observé sous forme de baguettes, d’agrégats et de phénocristaux couramment zonés, leurs bordures étant peu ou non altérées, en inclusions dans le pyroxène ou l’amphibole (Baragar, 1967 ; Dimroth, 1978; Frarey, 1967). Gebert (1991) note que le centre des phénocristaux de plagioclase est presque totalement remplacé par la clinozoïsite et l’albite, tandis que la bordure montre plusieurs zones de croissance nettement délimitées indiquant plusieurs stades de refroidissement. Le pyroxène est généralement fortement remplacé par des amphiboles vertes et brunes, qui forment de grands cristaux ou des amas de minuscules cristaux aciculaires orientés aléatoirement (Baragar, 1967; Frarey, 1967). La biotite brune est retrouvée en bordure des grains de sulfures (Baragar, 1967). Les sulfures sont disséminés et, plus rarement, massifs. Ils consistent surtout en chalcopyrite et pyrrhotite, lesquelles sont couramment associées au quartz et à la chlorite (Frarey, 1967; Sauvé et Bergeron, 1965). Dans la partie nord de l’orogène, les gabbros gloméroporphyriques contiennent des minéralisations importantes en Cu-Ni ± EGP, tandis que dans la partie sud, ils sont rarement minéralisés (Clark et Wares, 2004).

 

Suite intrusive de Gerido 4 (pPgrd4) : Ferrogabbro

 

L’unité pPgrd4, appelée « roche de transition » par Sauvé et Bergeron (1965), consiste en un ferrogabbro et une ferrodiorite quartzique, tous deux métamorphisés et fortement altérés par la météorisation. On retrouve généralement ces roches dans la partie sommitale des filons-couches différenciés de composition mafique (pPgrd2), en contact graduel avec les autres faciès gabbroïques. Elles sont étroitement associées à d’autres sous-unités de ces filons-couches telles que les diorites quartzifères, les granophyres et les gabbros pegmatitiques (pPgrd5). Les roches sont habituellement noires ou gris foncé, à grain fin, et contiennent d’abondantes mouchetures constituées de quartz bleu ou noir, ainsi que de fins cristaux de stilpnomélane noir brillant (Sauvé et Bergeron, 1965; Hardy, 1976). Les minéraux ferromagnésiens constituent environ 50 % de la roche. La teneur en feldspath (albite) et clinozoïsite est très variable. L’albite renferme beaucoup de clinozoisite. Elle est communément automorphe lorsqu’elle est en contact avec un minéral ferromagnésien ou en enclave dans ce dernier, et subautomorphe à xénomorphe lorsqu’en contact avec le quartz. En microscopie, l’actinote remplace partiellement un clinopyroxène vert pâle qui est d’origine primaire. Sauvé et Bergeron (1965) mentionnent que certaines roches renferment beaucoup de chlorite et de biotite. La stilpnomélane, bien que caractéristique, n’est pas abondante. L’apatite est couramment observée, mais elle ne forme qu’une petite partie de la roche. Elle est cependant beaucoup plus abondante que dans le métagabbro habituel. Les minéraux accessoires sont la magnétite titanifère, la titanite et l’épidote.

 

Suite intrusive de Gerido 5 (pPgrd5) : Leucogabbro à quartz, diorite quartzifère et granophyre, localement pegmatitique

 

Cette unité est composée de gabbro leucocrate et subophitique à quartz, de diorite quartzifère et de granophyre, lesquels sont situés dans la partie supérieure des filons-couches différenciés de composition mafique (pPgrd2). Ces roches sont de composition mafique à felsique et à structure très variable. Cette sous-unité est spatialement associée au faciès de ferrogabbro (pPgrd4). Un changement graduel de composition et d’apparence entre le gabbro à quartz et la diorite quartzifère est rapporté par Sauvé et Bergeron (1965). Le gabbro est généralement très leucocrate et pauvre en pyroxènes. Une structure trachytique locale s’exprime par l’alignement des pyroxènes, ces derniers étant individualisés dans une matrice de plagioclase. Les gabbros renferment très peu de quartz d’aspect fracturé et disséminé à distribution homogène. On note davantage de chlorite en gerbes, de biotite et de stilpnomélane. Ces caractéristiques minéralogiques sont similaires à celle du ferrogabbro (pPgrd4).

Les diorites peuvent renfermer plus de 80 % de quartz et de feldspath. Le quartz constitue habituellement de 10 à 35 % de la roche, localement plus de 40 %. Le feldspath est communément le minéral dominant et compte pour environ 50 % de la plupart des roches. Les minéraux accessoires sont la chlorite, l’actinote, l’apatite, la biotite et, rarement, la muscovite. La stilpnomélane est typique dans les parties assez ferromagnésiennes, mais peut être rare ou même inexistante dans la diorite quartzifère (Sauvé et Bergeron, 1965).

Le gabbro à quartz montre une granulométrie et une structure très variable à petite échelle. Il est généralement leucocrate, mais peut apparaître localement mélanocrate (Clark, 1980). Il est généralement à grain moyen à grossier et montre localement des lentilles ou des zones irrégulières de granulométrie grossière à pegmatitique. Le quartz est présent en proportions variables, soit en traces à quelques pourcents. Il est incolore à gris ou gris bleuâtre (Clark, 1979, 1980).

La diorite quartzifère se présente sous forme de lentilles de taille variable, de petits dykes ou de petites veines mesurant jusqu’à 30 cm d’épaisseur, et de bandes dans le gabbro à quartz ou en contact avec ce dernier (Clark, 1980; Sauvé et Bergeron, 1965). Les contacts entre le gabbro et la diorite quartzifère sont habituellement peu visibles et ne semblent pas montrer d’indices de refroidissement (Sauvé et Bergeron, 1965). Un contact concordant est observé localement avec le gabbro à quartz (Clark, 1980). La diorite quartzifère est caractérisée par une structure micrographique. Elle est fortement altérée en séricite et carbonate (Clark, 1980).

Le granophyre se présente sous forme de petits dykes ou de petites veines pouvant atteindre jusqu’à 30 cm d’épaisseur dans le gabbro à quartz. La roche est gris pâle à blanche et essentiellement composée de quartz et de feldspath. L’enchevêtrement de ces deux minéraux donne à la roche une structure en mosaïque. Quelques amas de 1 mm de longueur, constitués de grains automorphes de quartz et de feldspath, sont entourés d’une couronne de grains enchevêtrés des mêmes minéraux (Sauvé et Bergeron, 1965).

Suite intrusive de Gerido 7 (pPgrd7) : Gabbro amphibolitisé

 

Cette unité consiste en un gabbro amphibolitisé, en présence d’amphibolite ou de diorite, à grain moyen à grossier, schisteux ou massif (Dimroth, 1978; Gold, 1962; Hardy, 1976). Les roches sont vertes, noires ou noir verdâtre en surface fraîche et brunes ou noires en surface altérée. Par endroits, elles montrent une foliation très bien développée qui est marquée par l’orientation préférentielle des minéraux leucocrates et mélanocrates (Hardy, 1976). Le gabbro amphibolitisé peut contenir des veines et amas irréguliers de matériel pegmatitique et aplitique, mais il est généralement homogène (Dimroth, 1978). Le gabbro amphibolitisé est composé essentiellement de hornblende (67 à 75 %), de plagioclase (1 à 4 %), de chlorite (0 à 5 %) et de quartz (12 à 20 %). Les minéraux accessoires sont l’épidote, les carbonates, la biotite, le zircon, l’apatite, la titanite et les minéraux opaques (Hardy, 1976). En microscopie, le gabbro amphibolitisé est légèrement à bien recristallisé et montre parfois une structure ophitique résiduelle (Dimroth, 1978). Il est constitué de hornblende incolore ou verte à bleu verdâtre en forme de grands cristaux xénomorphes en remplacement du pyroxène (diopside ou augite), en fines aiguilles fibreuses et en agrégats radiés dans une matrice de cristaux d’albite, de quartz, de chlorite, d’épidote ± hornblende. Par endroits, la hornblende est nématoblastique et légèrement pœciloblastique. Elle renferme des plages de chlorite et de biotite, des inclusions de plagioclase et des vestiges de diopside (Dimroth, 1978). Le plagioclase (albite ou oligoclase) se présente sous forme de petites baguettes entre les cristaux de hornblende et contient quelques inclusions d’épidote. Il est en partie remplacé par la hornblende et la chlorite, laquelle est observée en remplissage de cavités (Dimroth, 1978). La chlorite est idiomorphe et contient des inclusions de zircon et de quartz. Le quartz est présent sous forme de petits grains arrondis en inclusions dans la hornblende ou se trouve autour de celle-ci. Les carbonates (3 à 6 %) se présentent en veines ou en grains xénomorphes dans la chlorite et la hornblende. La biotite (0 à 4 %) est présente surtout dans les grains de quartz et comporte de la chlorite le long de ses plans de clivage. Les minéraux opaques sont l’ilménite et la pyrite (Hardy, 1976).

Au nord du lac Romanet, Dimroth (1978) souligne la présence d’un certain nombre de faciès particuliers dans le gabbro amphibolitisé, soit des amphibolites à grenat, à biotite et calcite, à calcite et épidote ou gloméroporphyriques.

 

Suite intrusive de Gerido 8 (pPgrd8) : Porphyre felsique et rhyolite

 

Une unité de rhyolite et de porphyre rhyolitique est observée à l’est du lac Martin (Frarey, 1961; Wardle, 1982). Ces roches sont roses, finement grenues et ne présentent aucune structure d’écoulement. La rhyolite est considérée comme étant intrusive par Frarey (1961).

 

Suite intrusive de Gerido 9 (pPgrd9) : Hornblendite

 

Il existe peu d’information sur cette subdivision. Elle a été observée à quelques endroits dans le secteur du lac Hérodier (feuillet 24F07). D’après Clark (1978), l’unité de hornblendite pourrait représenter les parties basales de filons-couches différenciés.

 

Suite intrusive de Gerido 10 (pPgrd10) : Mélagabbro, avec niveaux de roches sédimentaires ou volcaniques

 

Cette unité est constituée de métagabbro mélanocrate intercalé avec des niveaux de roches sédimentaires ou volcaniques. Le métagabbro mélanocrate coexiste habituellement avec le métagabbro leucocrate à l’intérieur d’un même filon-couche, mais il peut être retrouvé séparément (Baragar, 1967). La roche est homogène, massive, de granulométrie moyenne et rarement foliée. Elle présente une couleur gris verdâtre, plus rarement brune, en surface altérée (Baragar, 1967; Frarey, 1967). Des couches et des joints en colonnes bien développés sont communs (Frarey, 1967). Le métagabbro mélanocrate est typiquement constitué de cristaux imbriqués d’amphibole (5 à 30 mm) vert clair à vert foncé flottant dans une matrice blanc crème composée de plagioclase, d’épidote et de chlorite (Baragar, 1967). Par endroits, le feldspath est observé en larges cristaux ou en amas, ce qui donne à la roche un aspect semi-porphyrique (Frarey, 1967). En lames minces, la microstructure du métagabbro varie d’ophitique à subophitique. Les principaux minéraux observés sont l’amphibole (actinote vert pâle à brunâtre ou hornblende bleu vert), le plagioclase (albite) et des quantités moindres de chlorite, de clinozoïsite, de titanite, d’épidote, de biotite, de quartz, d’apatite et d’ilménite-magnétite (Frarey, 1967). L’actinote est observée en remplacement du  clinopyroxène (augite), sous forme de grands cristaux qui contiennent de petites inclusions de plagioclase. Elle est également observée en cristaux allongés ou fibreux entourant partiellement des cristaux automorphes de plagioclase (Frarey, 1967). Les cristaux de plagioclase-épidote forment des baguettes orientées aléatoirement, tandis que la chlorite forme des plages irrégulières dispersées dans la matrice. La proportion d’amphibole est estimée à 65 %, mais elle peut être remplacée en grande partie par la chlorite. La titanite peut localement atteindre une proportion de 10 %. Elle se présente sous forme de petits grains, d’agrégats ou de cristaux squelettiques atteignant rarement 7 mm de diamètre. L’apatite et le quartz sont communs. Des quantités moindres de pyrite et de pyrrhotite disséminées sont observées sporadiquement (Frarey, 1967).

 

Suite intrusive de Gerido 11 (pPgrd11) : Diorite, gabbro leucocrate et gabbro hétérogène à structure pegmatitique ou bréchique

 

Cette unité comprend des gabbros hétérogènes à granulométrie fine à grossière présentant une distribution irrégulière des faciès. Ces roches sont appelées « gabbro nébuleux » par Girard (1995). Elles montrent fréquemment des structures pegmatitiques et bréchiques. Localement, Girard (1995) a observé une structure harrisitique marquée par la croissance dendritique de cristaux de pyroxène décimétriques dans une matrice de plagioclase. La composition des gabbros varie de mélanocrate à leucocrate.

 

Suite intrusive de Gerido 12 (pPgrd12) : Roche ultramafique à trémolite

 

La roche ultramafique à trémolite a été observée et décrite par Girard (1995) au sud-ouest du lac Deborah (feuillet 23P05). La roche est homogène, de granulométrie moyenne et massive. Elle est composée à plus de 60 % de cristaux enchevêtrés de trémolite aciculaire de 1 à 3 mm et d’environ 20 % de reliques de clinopyroxène, rarement d’orthopyroxène, de 3 à 4 mm associés aux amas d’amphiboles. Girard (1995) mentionne également la présence de reliques d’olivine. Localement, jusqu’à 30 % de la roche est composée de carbonates sous forme de taches millimétriques. D’autres minéraux tels que la ripidolite, la chlorite magnésienne, le talc et les minéraux opaques sont présents sous forme d’agrégats, de taches ou de veines. Des veines d’amphibole drusiques sont aussi rapportées par Girard (1995).

 

Suite intrusive de Gerido 14 (pPgrd14) : Monzogabbro

 

Le monzogabbro a été observé et décrit par Dimroth (1969, 1978) au sud-ouest du lac de l’Hématite (feuillet 24C10), où il forme des filons-couches relativement courts longeant le contact entre la Formation de Wishart et le Groupe de Pistolet sous-jacent. De couleur verte, le monzogabbro présente un faciès de refroidissement finement grenu et se compose de chlorite, d’actinote, d’albite, de feldspath et de séricite obscurcie par la titanite finement distribuée (Dimroth, 1978). Vers le centre, le monzogabbro passe à un faciès ophitique moyennement grenu caractérisé par la présence de cristaux de plagioclase brun rouge, de plusieurs millimètres de longueur, renfermant des cristaux très fins d’hématite en arrangement zonaire. Les cristaux de plagioclase sont englobés dans une matrice noir verdâtre composée de diopside, de chlorite, d’actinote, d’ilménite et de titanite. Le centre des filons-couches est marqué par des plages pegmatitiques (Dimroth, 1978). Le monzogabbro est caractérisé par de fortes teneurs en soude et en potassium (Dimroth, 1978).

Épaisseur et distribution

 

L’estimation de l’épaisseur des filons-couches du Gerido est variable d’une région à l’autre de la Fosse du Labrador et selon l’auteur. L’épaisseur totale des filons-couches est estimée à environ 6000 m (Baragar, 1967). Le gabbro mésocrate homogène ou différencié (pPmon2) représente le faciès le plus abondant et il s’étend sur toute la longueur de la Fosse du Labrador. Son épaisseur minimale est de 30 mètres. Ces intrusions sont spatialement associées aux unités volcaniques et mafiques de la partie médiane de l’empilement, soit les formations de Willbob (pPwl), de Murdoch (pPmr) et d’Hellancourt (pPhe). La région du lac Gerido abrite plusieurs filons-couches mafiques. Leur puissance est très variable, allant de quelques mètres à près de 1000 m, et rares sont ceux qui dépassent 500 m d’épaisseur (Clark et Wares, 2004). Dans la partie centre-sud de la Fosse du Labrador, les gabbros forment des sills de 10 à 600 m d’épaisseur, les plus répandues ayant entre 30 et 90 mètres d’épaisseur (Dimroth, 1978).

Le sous-faciès de filons-couches mafique à ultramafique (pPgrd2a) n’a pas d’épaisseur connue. Il est localisé dans au moins deux secteurs, soit celui de la Baie-aux-Feuilles et celui des minéralisations du lac Bleu à l’est de Schefferville. Les filons-couches ultramafiques (pPgrd1) en intrusion à la base des gabbros mésocrates (pPgrd2) affleurent abondamment au nord-est de Schefferville et dans trois secteurs de la partie nord de la Fosse du Labrador, soit les régions de la Baie-aux-Feuilles, d’Aupaluk et de Kangirsuk. Dans cette dernière, les filons-couches ultramafiques des lacs Qarqasiaq et Chaunet ont une épaisseur assez importante mais qui varie de 20 à 250 m dans certains secteurs. Les sous-faciès de la partie sommitale des intrusions différenciées (pPgrd2 et pPgrd2a) telles que les gabbros gloméroporphyriques (pPgrd3), les ferrogabbros (pPgrd4), les diorites et les granophyres (pPgrd5) sont des lithologies à contacts graduels décrits, mais rarement cartographiées, et n’ont généralement pas d’extensions latérales importantes. Les filons-couches gloméroporphyriques ont été évalués à environ 150 m d’épaisseur en moyenne (Clark et Wares, 2004), avec des bandes allant jusqu’à 600 m de puissance dans la partie centre-sud de la Fosse du Labrador (Dimroth, 1978).

 

Datation

 

La Suite intrusive de Gerido représente un important volume de roches mafiques et ultramafiques s’injectant sous forme de filons-couches dans les unités du deuxième cycle volcanosédimentaire de la Fosse du Labrador. Le plus important groupe d’âges obtenus révèle un événement majeur survenu autour de 1884 Ma (Findlay et al., 1995).

 

Système isotopiqueMinéralÂge de cristallisation (Ma)(+)(-)Référence(s)
Pb-PbZircon19304949Rohon et al., 1993
Pb-PbZircon1900  Rohon et al., 1993
U-PbZircon188422Findlay et al., 1995
U-PbZircon188244Wodicka et al., 2002
U-PbZircon1874  Machado et al., 1989

 

Relation(s) stratigraphique(s)

 

Les filons-couches du Gerido sont en intrusion dans les roches du deuxième cycle volcanosédimentaire de la Fosse du Labrador exclusivement. Des gabbros d’affinité similaire ont possiblement été observés affleurant au sein des unités archéennes, à plus d’une centaine de mètres à l’extérieur de la discordance dans la région de Kangirsuk. Leur appartenance n’a pas été confirmée.

Le Gerido ne regroupe pas tous les gabbros donc les caractéristiques pétrographiques et géochimiques intègrent davantage celles des roches volcaniques qui les encaissent. Les gabbros différenciés, recoupant les volcanites et arborant leur texture ophitique ou subophitique caractéristique sont systématiquement intégrées à l’unité la Suite intrusive de Gerido. Les contacts avec les sédiments montrent clairement un recoupement, ce qui ne fait aucun doute sur leur origine intrusive postérieure au dépôt (Sauvé et Bergeron, 1965). Les contacts semblent davantage concordants à plus grande échelle plutôt qu’à l’échelle de l’affleurement (Sauvé et Bergeron, 1965). Les ramifications d’injections et les filons isolants de grandes lentilles massives kilométriques de volcanites et de sédiments schisteux sont communs (Sauvé et Bergeron, 1965).

Dans la plupart des cas, les contacts intraformationnels des filons différenciés sont graduels, que ce soit pour les unités de roche ultramafique (filons pPgrd2a), de ferrogabbro (pPgrd4) et de diorite et granophyre (pPgrd5). Seules les intrusions de péridotite et webstérite (pPgrd1) et le gabbro gloméroporphyrique (pPgrd3) semblent couper la majorité des gabbros (pPgrd2 et pPgrd2a), des volcanites et des roches sédimentaires. Les intrusions ultramafiques semblent couper les intrusions mafiques, mais l’hypothèse qu’elles soient injectées entre deux intrusions n’est pas exclue (Bédard, 2017). Des enclaves de gabbro ont toutefois été observées dans les filons ultramafiques, révélant une chronologie relative entre les deux. Le gabbro gloméroporphyrique (pPgrd3) semble être la plus jeune de toutes les unités du Gerido puisqu’il semble couper les roches volcaniques de la Formation d’Hellancourt. Ces gabbros représentent possiblement les équivalents des métagabbros de la Suite de Klein (pPkle3), appartenant à Supersuite de Laporte (Simard et al., 2013).

 

Paléontologie

 

Ne s’applique pas.

Référence

 

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)
BILODEAU, C. – CARON-CÔTÉ, E.Géologie de la région de la rivière Arnaud, provinces du Supérieur (Minto) et de Churchill (Fosse du Labrador), secteur de Kangirsuk, Nunavik, Québec, Canada. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec.2018Bulletin géologiQUE
CHEVÉ, S.R.Indices Minéralisés du lac Dunphy – Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; DP-84-01, 18 pages.1984DP-84-01
FOURNIER, D.Gîtes de Cu-Zn et Cu-Ni dans la partie centrale de la fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; DPV 929, 66 pages.1982DPV 929
CLARK, T.Région de la rivière Koksoak – Rapport préliminaire. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; DPV 781, 20 pages.1980DPV 781
CLARK, T.Région du lac Napier – Rapport préliminaire. Ministère des Richesses naturelles, Québec; DPV 663, 25 pages.1979DPV 663
CLARK, T.Forbes Lake Area. Ministère des Richesses naturelles, Québec; DPV 452, 17 pages.1977DPV 452
DRESSLER, B.Geology of the Nachicapau, Horseshoe (1/6 SW), Marcel, Buteux and Jogues (east half) lakes areas. Ministère des Richesses naturelles, Québec; DP 269, 16 pages.1974DP 269
HASHIMOTO, T.Géologie sur la région du lac Jogues – rapport préliminaire. Ministère des Richesses naturelles, Québec; RP 524, 7 pages.1964RP 524
DRESSLER, B.Région de la fosse du Labrador. Ministère des Richesses naturelles, Québec; RG 195, 117 pages.1979RG 195
SAUVÉ, P. – BERGERON, R.Région des lacs Gerido et Thévenet. Ministère des Richesses naturelles, Québec; RG 104, 124 pages.1965RG 104
GOULET, N.Étude structurale, stratigraphique et géochronologique de la partie nord de la Fosse du Labrador. Ministère des Ressources naturelles, Québec; MB 95-36, 35 pages.1995MB 95-36
GOUTIER, J. – WARES, R.Géologie du secteur de l’indice aurifère Dessureault, Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; MB 91-10, 17 pages.1991MB 91-10
GOUTIER, J. – WARES, R.Synthèse métallogénique des indices de sulfures au nord du 57e parallèle – Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; MB 90-25, 96 pages.1990MB 90-25
GIRARD, R.Géologie de la région du lac Deborath – Nouveau-Québec. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; MB 89-37, 34 pages.1989MB 89-37
BRASSARD, B.Gîtologie des indices de cuivre du lac Musset – Fosse du Labrador – rapport intérimaire. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; MB 84-03, 33 pages.1984MB 84-03
ROHON, M.-L.Indices de Cu-Ni et de pyrite-pyrrhotite entre les lacs Retty et Low – Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; MB 87-44, 87 pages.1987MB 87-44
GOULET, N.Étude tectonique et stratigraphique de la partie nord de la Fosse du Labrador – Région de la baie aux Feuilles et du lac Bérard. Ministère des Ressources naturelles, Québec; MB 86-27, 35 pages.1986MB 86-27
GEBERT, J.Métallogénie des indices de Cu-Zn-Pb-Ag-Au dans la région du lac Fréderickson – Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; MB 86-20, 9 pages.1986MB 86-20
LACROIX, S.Incidence de la tectonique hudsonienne sur la minéralisation de Cu-Ni du lac Aulneau – Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; MB 85-62, 66 pages.1985MB 85-62
LACROIX, S.Gîtologie et genèse du CU-Ni dans la région du lac Aulneau – Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources (Mines), Québec; MB 87-15, 63 pages.1990ET 87-15
CHEVÉ, S.R.Les indices minéralisés du lac Romanet. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; ET 83-13, 53 pages.1985ET 83-13
DIMROTH, E.Stratigraphy of part of the central Labrador Trough. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; DP 154, 280 pages.1972DP 154
BROUILLETTE, P.Géologie du sud-est du lac Minowean – Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; DP 87-09, 1 page (carte).1987DP-87-09
GIRARD, A.Géologie de la région du lac Colombet – Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; DP-85-09, 1 page (carte).1984DP-85-09
BÉLANGER, M.Région du lac Faujas – Carte géologique préliminaire – Nouveau Québec. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; DP-82-06, 1 page (carte).1982DP-82-06
FOURNIER, D.Gîtes de Cu-Zn et Cu-Ni dans la partie nord de la Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; DPV 835, 23 pages.1981DPV 835
CHEVÉ, S.R.Le Complexe carbonatitique du lac Castignon SNRC 24C/7, 24C/10 – Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; DP-87-10, 1 page (carte).1986DP 87-10
CLARK, T.Géologie et minéralisations de la région du lac Mistamisk et de la rivière Romanet. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; ET 83-22, 48 pages.1986ET 83-22
GEBERT, J.Métallogénie des indices de Cu-Ni et de Zn-Cu-Pb dans la région du lac Fréderickson – Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; ET 88-04, 65 pages.1991ET 88-04
BROUILLETTE, P.Géologie et métallogenie de la région des lacs Minowean et du Portage – Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; ET 88-06, 74 pages.1989ET 88-06
HARDY, R.Région des lacs Robers des Chefs – Lakes area, Geological report. Ministère des Richesses naturelles, Québec; RG 171, 99 pages.1976RG 171
DIMROTH, E.Région de la Fosse du Labrador – Rapport géologique. Ministère de Richesses naturelles, Québec; RG 193, 396 pages.1978RG 193
WARES, R. – BERGER, J. – ST-SEYMOUR, K.Synthèse métallogénique des indices de sulfure au nord du 57e parallèle (Étape I). Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; MB 88-05, 186 pages.1988MB 88-05
BÉRARD, J.Rapport préliminaire sur la Région du lac Bones, Nouveau-Québec. Ministère des Mines, Québec; RP 342, 10 pages.1957RP 342
BÉRARD, J.Rapport préliminaire sur la région du lac Finger – Nouveau-Québec. Ministère des Mines, Québec; RP 360, 6 pages.1957RP 360
BÉRARD, J.Rapport péliminaire sur la région du lac aux Feuilles – Nouveau-Québec. Ministère des Mines, Québec; RP 384, 10 pages.1959RP 384
WARES, R. – GOUTIER, J.Métallogénie des indices de sulfures au nord du 57e paallèle – Fosse du Labrador – Rapport intérimaire – Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; MB 89-38, 114 pages.1989MB 89-38
CHEVÉ, S.Cadre géologique du complexe carbonatitique du lac Castignon – Fosse du Labrador. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; MB 93-64,  88 pages.1993MB 93-64
GIRARD, R.Géologie de la région du lac Déborah, Territoire-du-Nouveau-Québec. Ministère de Ressources naturelles, Québec; MB 95-20, 177 pages.1995MB 95-20
GIRARD, R.Rapport préliminaire sur la région du lac Leopard (moitié est) – Nouveau-Québec. Ministère des Mines, Québec; RP 325, 7 pages.1956RP 325
BERGERON, R.Rapport préliminaire sur la région du lac Gérido – Nouveau-Québec. Ministère des Mines, Québec; RP 291, 10 pages.1953RP 291
DIMROTH, E.Géologie de la région du lac Castignon – Nouveau-Québec. Rapport préliminaire. Ministère de Richesses naturelles, Québec; RP 571, 58 pages.1969RP 571

 

 

31 mai 2018