Formation de Bacchus
Étiquette stratigraphique : [ppro]bc
Symbole cartographique : pPbc
 

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Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
pPbc16 Mudstone ou schiste graphiteux et pyriteux
pPbc15 Basalte schisteux et chloriteux, communément pyriteux; interstratifications de dolomie localement
pPbc14 Basalte coussiné
pPbc13 Basalte massif
pPbc12 Rhyolite, tuf felsique
pPbc11 Schiste à biotite-muscovite, schiste à biotite-grenat ± graphite, quartzite à biotite, schiste à biotite-amphibole ± graphite
pPbc10 Basalte amphibolitisé, amphibolite; un peu de paragneiss et de marbre localement
pPbc9 Vacant
pPbc8 Marbre, chert
pPbc7 Basalte hyaloclastique
pPbc6 Pyroclastites mafiques : agglomérat, tuf, schiste chloriteux
pPbc5 Basalte massif et coussiné; interstratifications de mudstone graphiteux
pPbc4 Dolomie
pPbc3 Grès impur, grauwacke, grès quartzeux; interstratifications de conglomérat ou de mudstone localement
pPbc2 Mudstone, ardoise, siltstone, grauwacke silteuse et phyllade, localement graphiteux et pyriteux; un peu de dolomie et de grès localement
pPbc1 Conglomérat polygénique et monogénique; grauwacke silteuse et sableuse localement
 
Auteur : Dimroth, 1972, 1978
Âge : Paléoprotérozoïque
Stratotype : La localité type est située dans la partie NW de la région du lac Bacchus (feuillet SNRC 23O07) où le membre volcanique de la formation affleure. Cependant, les membres sédimentaires sont beaucoup mieux exposés entre les lacs Otelnuk et des Coussinets (feuillet SNRC 24C08)
Région type : Région du lac Bacchus (feuillet SNRC 23O07)
Province géologique : ​Province de Churchill
Subdivision géologique : Orogène du Nouveau-Québec (Fosse du Labrador)
Lithologie : Basalte, flysch
Catégorie : ​Lithostratigraphique
Rang : Formation
Statut : Formel
Usage : Actif

Historique

Le nom de Formation de Bacchus a été introduit par Dimroth (1972, 1978) pour désigner une unité d’ardoise, de grès impur, de wacke quartzeux et de basalte localisée au centre de la Fosse du Labrador. L’unité tire son nom du lac Bacchus où le membre volcanique de la formation est affleurant. Les roches de la Formation de Bacchus, ainsi que celles corrélées ultérieurement avec la Formation de Bacchus, ont également été décrites par Baragar (1967), Dimroth (1964, 1965, 1966, 1969, 1970a, 1970b) et Dimroth et al. (1970) dans la partie sud de la Fosse du Labrador, et par Fahrig (1955, 1956, 1965), Roscoe (1957), Hashimoto (1964, 1968), Dressler (1973, 1975, 1979), Clark (1977, 1978, 1986), Penrose (1978), Kheang (1984) et Girard (1984a, b, c, 1988) au nord du secteur cartographié par Dimroth. La Formation de Bacchus était auparavant assignée au « Sous-groupe d’Attikamagen » (Baragar, 1967; Dimroth, 1970b, 1971; Dimroth et al., 1970; Wardle et Bailey, 1981), redéfini plus tard comme le Groupe d’Attikamagen (Clark et Wares, 2004). D’après Dimroth (1978), la Formation de Bacchus constituait en partie la base du Groupe d’Attikamagen. Il a également noté que le Bacchus est interdigité avec la Formation de Le Fer vers l’ouest. En raison des affinités naturelles entre ces formations, Clark et Wares (2004) ont proposé d’intégrer la Formation de Bacchus au Groupe de Swampy Bay.

Une séquence de roches basaltiques, gabbroïques et sédimentaires, située au nord de la latitude 56° 30´ N, a été assignée à la « Formation de Mistamisk » par Dimroth (1978). Dimroth (1972, 1978) avait évoqué des similitudes lithologiques entre les formations de Bacchus et de « Mistamisk » et indiqué que la « Formation de Mistamisk » pouvait soit surmonter la Formation de Bacchus, soit représenter sa partie supérieure. Il avait d’ailleurs établi arbitrairement le contact entre ces formations. Le nom de « Formation de Mistamisk » a également été utilisé par Dressler (1979), Girard (1984b, c, 1988) et Clark (1986) qui ont, eux aussi, suivi l’interprétation de Dimroth (1972, 1978) quant à la situation stratigraphique de la Formation de Bacchus par rapport à celle de « Mistamisk ». Les roches de la « Formation de Mistamisk » ont été incorporées ultérieurement dans le Bacchus par Clark et Wares (2004) et le nom de « Formation de Mistamisk » a été abandonné. Clark et Wares (2004) ont également proposé l’abandon de la « Formation de Nachicapau » (Dressler, 1979) puisque cette unité est, selon eux, équivalente en partie à la Formation de Bacchus.

Enfin, Kheang (1984) a évalué l’importance métallogénique des zones rouillées dans la séquence volcanique felsique de la Formation de Bacchus située dans la région des lacs La Lande et Douay (feuillets 24F01 et 24F03).

Unité actuelle Girard (1984b, 1988) Clark (1986) Girard (1984c) Kheang (1984) Dressler (1979) Clark (1978) Dimroth (1978) Penrose (1978) Clark (1977) Hashimoto (1964)
pPbc1         18a (Formation de Nachicapau)   10e (1/100 000)      
pPbc2 3h (Formation de Mistamisk)

8b
9c (Formation de Mistamisk)

    9c
14a (Formation de Menihek)
15b (Formation de Mistamisk)
18b (Formation de Nachicapau)
19f (Formation de Murdoch)
  10f (1/100 000)
16a
21b (Formation de Mistamisk)
5c   5a, 6d, 7a
pPbc3 3f (Formation de Mistamisk)       15c (Formation de Mistamisk)   10d (1/100 000)     5a
pPbc4         9d
15f (Formation de Mistamisk)
        7b
pPbc5 3a (Formation de Mistamisk) 8a
9a (Formation de Mistamisk)
    9a
15a (Formation de Mistamisk)
19b (Formation de Murdoch)
  10g (1/100 000)
16b
21a (Formation de Mistamisk)
5b    
pPbc6 3d (Formation de Mistamisk) 9b (Formation de Mistamisk) 7b (Formation de Mistamisk) 9 (Formation de Murdoch) 15d (Formation de Mistamisk)
19a (Formation de Murdoch)
  10h (1/100 000)      
pPbc7             16c      
pPbc8   9d (Formation de Mistamisk)                
pPbc10             16e      
pPbc11             16d      
pPbc12 4a, 4b (Formation de Mistamisk)   6a (Formation de Mistamisk) 5 (Formation de Murdoch) 15g (Formation de Mistamisk)
19e (Formation de Murdoch)
7a       6b
pPbc13           8a        
pPbc14           8b        
pPbc15           8a     12 (Groupe de Montagnais)  
pPbc16 3g (Formation de Mistamisk)   7c (Formation de Mistamisk)   15b (Formation de Mistamisk)          

Description

La Formation de Bacchus est une unité allochtone volcano-sédimentaire. Elle est essentiellement composée de mudstone localement graphiteux et pyriteux et de coulées de basalte, avec quelques niveaux de grès, de conglomérat et de grauwacke silteuse ou sableuse (Baragar, 1967; Dimroth, 1970b, 1978; Dimroth et al., 1970; Dressler, 1979). La formation comprend également de la dolomie, des roches pyroclastiques mafiques, du schiste localement graphiteux et pyriteux ainsi que des proportions mineures de paragneiss, de marbre et de chert (Hashimoto, 1964; Dimroth, 1978; Dressler, 1979; Penrose, 1978; Clark, 1978, 1986). Les coulées basaltiques coussinées ou massives, d’affinité tholéiitique océanique, sont caractéristiques de la formation et constituent la majeure partie des roches volcaniques (Baragar, 1967; Wardle et Bailey, 1981). Localement, elle contient des proportions mineures de rhyolite et de volcanites felsiques (Dressler, 1979; Kheang, 1984). Ces roches volcaniques felsiques se trouvent dans la partie supérieure de la Formation de Bacchus (Dimroth, 1978; Clark et Thorpe, 1990; Clark et Wares, 2004). La formation est injectée par un volume important de filons-couches gabbroïques d’affinité tholéiitique (Suite de Wakuach). Ces derniers sont pétrographiquement et chimiquement semblables aux laves et sont généralement interprétés comme étant contemporains et comagmatiques (Baragar, 1967; Dimroth, 1978; St. Seymour et al., 1991; Rohon et al., 1993; Skulski et al., 1993; Findlay et al., 1995). Les roches de la Formation de Bacchus sont généralement métamorphisées au faciès des schistes verts. Dans la région au NE du lac Romanet, elles sont fortement métamorphisées et atteignent le faciès des amphibolites (Dimroth, 1978; Dimroth et Dressler, 1978).

Le volcanisme de la Formation de Bacchus a été interprété comme étant le résultat d’un rifting le long de la marge du continent archéen (Wardle et Bailey, 1981). D’après Dimroth (1978), les roches de la Formation de Bacchus se seraient déposées dans un bassin marin relativement profond. La Formation de Bacchus est l’hôte de plusieurs minéralisations filoniennes d’argent-plomb-zinc et semble présenter un potentiel pour les minéralisations de type sulfures massifs volcanogènes (Kheang, 1984; Clark et Wares, 2004).

Formation de Bacchus 1 (pPbc1) : Conglomérat polygénique et monogénique; grauwacke silteuse et sableuse localement

Le conglomérat polygénique et monogénique forme la base de la Formation de Bacchus (Dimroth, 1978; Dressler, 1979). Dans la région des lacs Cramolet et Ribero (feuillet 23O13), le conglomérat basal est formé d’une alternance de lits (0,6 à 10 m d’épaisseur) composés de grès à granules grossier gris, localement rose ou rouge, et de conglomérat à cailloux et blocs de dolomie et de grès dolomitique gris à patine brune (Dimroth, 1978). D’après Dimroth (1978), ce conglomérat basal est semblable à celui de la Formation de Romanet. Un conglomérat à blocs affleure également sur une petite île du lac Ribero. Les blocs, pouvant atteindre 30 cm, sont constitués de dolomie rose de type Dunphy et baignent dans une matrice constituée de siltstone vert. Dimroth (1978) souligne que ce conglomérat de dolomie a été métamorphisé au contact d’un filon-couche de gabbro (Suite de Wakuach) sur la rive nord du lac Ribero. La roche est maintenant largement recristallisée en un assemblage de silicate de calcium (actinote), de calcite et de quartz. En lame mince, les seuls minéraux reconnus sont la trémolite-actinote, le diopside, la chlorite, le quartz et la calcite (Baragar, 1967). Dans le secteur au SW du lac Cramolet et au NW du lac Musset, Dimroth (1978) a observé, par endroits, des grès à granules gris entre les roches du Groupe de Seward et de la Formation de Bacchus. Dans ce secteur, il n’a pas pu déterminer clairement les relations stratigraphiques à la base du Bacchus, sa cartographie n’étant pas suffisamment détaillée. D’après Dimroth (1978), les roches clastiques inférieures de la formation sont habituellement sus-jacentes aux roches clastiques grossières du Groupe de Seward. Leur teinte gris foncé ou pourpre foncé, la relative absence de feldspath, la structure lâche des fragments clastiques ainsi qu’une fraction argileuse peu abondante, mais caractéristique, les distinguent des roches du Seward. D’après Baragar (1967), les strates inférieures de la Formation de Bacchus sont généralement concordantes aux strates sous-jacentes du Groupe de Seward.

Dans la région du lac Nachicapau (feuillet 24C09), le conglomérat est interstratifié localement avec des lits de grauwacke silteuse à sableuse que Dressler (1979) a associé à des turbidites. Le conglomérat est peu ou non stratifié et ne présente pas de granoclassement et d’imbrication. Les fragments qui le constituent sont anguleux à arrondis, de la taille de galets (64 à 256 mm) et de composition variée : grauwacke silteuse et sableuse, grès quartzeux ou conglomérat fin. La matrice présente une structure empâtée ou sableuse. Les fragments de conglomérat contiennent des débris (1 à 2 cm) constitués d’arkose, de granite et de basalte dans une matrice finement grenue formée de cristaux anguleux à subarrondis de plagioclase, de quartz, et d’une proportion moindre de feldspath potassique (Dressler, 1979). La grauwacke silteuse et sableuse est gris foncé et présente des structures sédimentaires telles que des laminations convolutées, du granoclassement et des stratifications entrecroisées. Par endroits, Dressler (1979) note de petits fragments de 1 à 3 cm dans la grauwacke. Ces fragments forment 2 à 5 % de la roche et sont constitués de grauwacke silteuse ou sableuse. Quelques fragments subarrondis, atteignant parfois 1 m de diamètre, sont également rapportés par Dressler (1979).

Formation de Bacchus 2 (pPbc2) : Mudstone, ardoise, siltstone, grauwacke silteuse et phyllade, localement graphiteux et pyriteux; un peu de dolomie et de grès localement

L’unité pPbc2 est essentiellement composée de mudstone, d’ardoise, de siltstone, de grauwacke silteuse et de phyllade. Ces roches sont grises à gris foncé ou noires, localement graphiteuses et pyriteuses, et finement litées ou laminées (Hashimoto, 1964; Dimroth, 1978; Clark, 1978, 1986; Dressler, 1979). Les roches de l’unité pPbc2 forment des niveaux sédimentaires (3 à 30 m d’épaisseur) généralement interstratifiés avec des coulées de basalte (pPbc5) et des filons-couches de gabbro (Dressler, 1979; Dimroth, 1978; Clark, 1986). Aux lacs Cramolet et Nachicapau, elles sont sus-jacentes au conglomérat et à la grauwacke de l’unité pPbc1. Dans la région des lacs Mistamisk et Romanet, l’ardoise est caractérisée par un clivage ardoisier et un ou plusieurs clivages de crénulation (Clark, 1986). La grauwacke silteuse, rarement sableuse, est à grain fin à moyen et montre un granoclassement par endroits (Dressler, 1979; Clark, 1986). Au NE du lac Romanet, Clark (1986) a observé des interstratifications d’ardoise et de grauwacke atteignant 50 cm d’épaisseur. À un endroit, Clark (1986) note également la présence de lits granoclassés (2 à 3 m d’épaisseur) de wacke à quartz gris renfermant des grains de quartz bleu de 0,5 à 3 mm de diamètre. En lame mince, la grauwacke est essentiellement composée de plagioclase et de quartz dans une matrice formée de biotite, de séricite, de fragments à grain très fin et d’une proportion mineure de carbonate. Les minéraux opaques constituent les minéraux accessoires (Dressler, 1979).

Des interstratifications de dolomie et de grès sont observées par endroits dans les roches de l’unité pPbc2 (Dressler, 1979; Dimroth, 1978; Girard, 1984b, Clark, 1977, 1978, 1986). Dans la région du lac Cramolet, l’unité pPbc1 est surmontée de mudstone et de siltstone interstratifiés avec des lits de grès et de wacke quartzeux impurs (Dimroth, 1978). Dans le secteur du lac Cramolet, Dimroth (1978) a également observé une brèche de mudrock et un grès à boulettes arrondies de mudrock dans la partie inférieure de la Formation de Bacchus. Le grès montre un granoclassement très bien développé et des structures (p. ex. chenaux d’érosion, laminations convolutées) témoignant d’une déformation synsédimentaire. La présence de lits massifs de grès au sommet de la formation est également mentionnée par Dimroth (1978). Au NE du lac Otelnuk, cet auteur a également observé des lits (1 à 2 m d’épaisseur) de dolomie grise, massive ou bréchique, à patine brune. Clark (1986) rapporte également quelques minces interstratifications de dolomie blanche et de chert gris pâle dans l’ardoise et la grauwacke au NE du lac Romanet.

Dans la région du lac Colombet, des veines de carbonate et de quartz minéralisées en pyrite et chalcopyrite coupent le grès et le siltstone (Girard, 1984b).

Formation de Bacchus 3 (pPbc3) : Grès impur, grauwacke, grès quartzeux; interstratifications de conglomérat ou de mudstone localement

L’unité pPbc3 est surtout constituée de grès impur, de grauwacke et de grès quartzeux (Dimroth, 1978; Dressler, 1979; Girard, 1984b, 1988). Dans la région de Fort McKenzie (feuillet 24C16), l’unité pPbc3 fait partie de ce que Dressler (1979) a nommé la « Formation de Mistamisk ». Cette formation a été intégrée à la Formation de Bacchus par Clark et Wares (2004). Dans la région du lac Colombet (feuillets 24C15 et 24F02), l’unité pPbc3 se présente sous forme de lits métriques (3 à 50 m) de grauwacke et de quelques bancs de grès interstratifiés dans les basaltes (pPbc5). L’épaisseur des lits de grauwacke augmente vers l’ouest. La grauwacke est de composition basaltique. Elle possède un bon clivage et une granulométrie moyenne. La roche se compose de 30 % de quartz subarrondis et de 10 % de feldspath altéré dans une matrice finement grenue formée de chlorite, d’épidote, d’oxyde de fer et de fragments de sphène (Girard, 1984b, 1988). Des interstratifications de conglomérat, d’arkose ou de mudstone sont localement rapportées (Dimroth, 1978; Dressler, 1979).

Formation de Bacchus 4 (pPbc4) : Dolomie

La dolomie est une roche massive, grise en surface fraîche et chamois ou rouille en surface altérée. Elle peut se présenter sous forme de lit et contient plusieurs minces veines de quartz. La couleur de la surface altérée indique que la roche contient un peu de fer (Hashimoto, 1964; Dressler, 1979). D’après Hashimoto (1964), la composition de la dolomie se rapproche beaucoup de celle d’une ferrodolomie.

Formation de Bacchus 5 (pPbc5) : Basalte massif et coussiné; interstratifications de mudstone graphiteux

Selon Dimroth (1978), il n’est pas possible de faire la distinction lithologique entre les laves de la Formation de Bacchus et celles des formations de Menihek, de Thompson Lake et de Willbob. L’auteur a également souligné un passage graduel, latéral ou vertical, entre des basaltes massifs ou coussinés à grain fin et des gabbros à grain moyen à grossier, et qu’il est souvent impossible de faire la distinction entre les variétés extrusives et intrusives. Les laves se présentent sous la forme d’une alternance de coulées massives et coussinées de basalte tholéiitique. Les coulées ont une épaisseur de 2 à 20 m ou plus et possèdent une épaisseur de ~600 m au lac Bacchus et de >1500 m dans la région du lac Mistamisk (Dimroth, 1978). La présence de matériel hyaloclastique sur une épaisseur de quelques centimètres est courante à la base ou au sommet des coulées (Dimroth, 1978). Des interstratifications de mudstone graphiteux (quelques centimètres à un plus d’un mètre) se trouvent habituellement entre les coulées (Dimroth, 1978; Dressler, 1979; Girard, 1984a). Le basalte est gris en surface fraîche et gris-vert clair ou vert à gris foncé en surface altérée. Localement, la patine d’altération est légèrement brun rouille en raison de l’oxydation des sulfures disséminés ou dans les fissures. La roche est à grain fin à aphanitique, homogène et localement vacuolaire (Dimroth, 1978, Girard, 1984b, 1988; Kheang, 1984). Par endroits, la roche est cisaillée et montre une foliation bien marquée (Hashimoto, 1964; Girard, 1984b, 1988). De nombreuses veinules de chlorite, de carbonate et de quartz coupent le basalte (Girard, 1988). Des structures en colonnes sont courantes dans les coulées massives (Dimroth, 1978). Les coussins présentent généralement une bordure de refroidissement et sont entourés d’une bordure noire de matériel hyaloclastique (Dimroth, 1978; Kheang, 1984). Ceux-ci renferment communément des cavités de forme tabulaire remplies de quartz (Dimroth, 1978). Par endroits, Girard (1984b, 1988) souligne qu’il est difficile de déterminer la polarité des coulées en raison de la nature très déformée des coussins. Le basalte est composé principalement de plagioclase (albite), d’actinote, de chlorite, d’épidote et de sphène (Dimroth, 1978; Girard, 1984b, 1984c, 1988).

En lame mince, le basalte est constitué d’albite (~50 %) et d’actinote (15 à 20 %) dans une matrice à grain fin formée d’un enchevêtrement de cristaux de chlorite comptant pour 25 % de la roche (Girard, 1984c). Des microlites (jusqu’à 0,2 mm) ou des phénocristaux (2 cm de longueur et 0,5 mm de largeur) d’albite sont également observés (Dimroth, 1978). L’albite se présente en cristaux légèrement séricitisés. L’actinote est formée par l’ouralitisation des pyroxènes et se présente en agrégats fibreux. Des pseudomorphes de pyroxènes sont possiblement présents. Les minéraux accessoires forment ~5 à 10 % de la roche et sont représentés par le sphène, l’épidote, la magnétite, la pyrrhotite, la pyrite et rarement la chalcopyrite (Girard, 1984c; 1988). De la calcite est également rapportée en proportion mineure (Hashimoto, 1964).

Localement, la minéralisation en sulfures est associée à un métasomatisme sodique (albitisation) (Girard, 1988). Près de la rivière Romanet, les basaltes (pPbc5) et les roches sédimentaires associées à la Formation de Bacchus ont subi un métasomatisme sodique (pPmik3) et ont été minéralisées en cuivre et or (Clark, 1986).

Formation de Bacchus 6 (pPbc6) : Pyroclastites mafiques : agglomérat, tuf, schiste chloriteux

Les roches pyroclastiques mafiques comprennent des niveaux d’agglomérat, de tuf, de tuf à lapillis et de brèche. Des agglomérats mafiques se présentent dans la partie supérieure de la Formation de Bacchus (Dimroth, 1978). Les pyroclastites mafiques sont formées de fragments et de blocs anguleux (<1 cm à 50 cm) de composition mafique à intermédiaire, dans une matrice foncée chloriteuse à grain fin (Clark, 1978, 1986; Dressler, 1979). Les fragments sont vert pâle et à patine blanche à grise, allongés à équidimensionnels, et montrent communément une bordure d’altération. Des fragments vésiculaires ovoïdes gris foncé (jusqu’à 20 cm de largeur) sont parfois observés (Clark, 1986). Les fragments volcaniques contenus dans les roches pyroclastiques sont pour la plupart de composition basaltique (Dressler, 1979; Clark, 1986). Par endroits, Dressler (1979) a observé de la stratification dans les roches pyroclastiques à grain plus fin. En lame mince, les fragments et la matrice des roches pyroclastiques sont composés d’actinote, d’albite, de chlorite, d’épidote, de leucoxène et de minéraux opaques. Le stilpnomélane et la biotite sont également observés (Dressler, 1979).

Les schistes chloriteux se présentent en niveaux de 3 à 20 m d’épaisseur interstratifiés avec les métabasaltes de l’unité pPbc5. Ces roches sont vert pâle à vert foncé, finement grenues, schisteuses, friables et fortement chloritisées. Elles sont très fragiles à l’érosion et se débitent facilement en feuillets. Les plans de schistosité ont la même direction que la schistosité régionale. Les schistes chloriteux sont composés de chlorite (65 %), d’actinote, d’épidote (15 %), de quelques petits phénocristaux d’albite (5 à 10 %) et de sphène (10 %) (Girard, 1984a, b, c, 1988). Des sulfures sont observés localement. Il s’agit de traces de pyrite associée à des veinules de carbonate, d’un peu de pyrrhotite et de quelques grains de chalcopyrite (Girard, 1984a, 1988). Les schistes chloriteux représentent probablement l’équivalent métamorphisé d’un tuf mafique (Hashimoto, 1968; Girard, 1988).

Formation de Bacchus 7 (pPbc7) : Basalte hyaloclastique

L’unité pPbc7 a été observée entre autres au sud du lac Bertin (feuillet 24B05), où elle est représentée par une coulée de métabasalte et un niveau de basalte hyaloclastique (Dimroth, 1978; Chevé, 1985). Le basalte hyaloclastique consiste en une brèche coussinée composée de coussins plats (50 cm de longueur et 10 cm d’épaisseur), de petits coussins de forme sphérique (jusqu’à 5 cm de diamètre) ainsi que de fragments de coussins, le tout dans une matrice formée d’éclats de verre dévitrifié partiellement cimentés et de verre à structures variées (Dimroth, 1978).

Les hyaloclastites sont couramment constituées de plages de chlorite et d’épidote, d’amygdales ou de filonnets remplis de calcite, de chlorite ou d’épidote ainsi que de phénocristaux de plagioclase (5 mm de longueur) dans une matrice à grain fin et de fins cristaux de sphène disséminés (Dimroth, 1978).

Formation de Bacchus 8 (pPbc8) : Marbre, chert

Cette unité est composée de marbre et de chert. Elle a été cartographiée par Clark (1986) à l’ouest du lac Mistamisk.

Formation de Bacchus 10 (pPbc10) : Basalte amphibolitisé, amphibolite; un peu de paragneiss et de marbre localement

L’unité pPbc10 se compose essentiellement de basalte amphibolitisé et d’amphibolite, et peut inclure des proportions moindres de paragneiss et de marbre. Cette unité a été cartographiée localement par Dimroth (1972, 1978) dans le secteur du lac Villandré (feuillet 24B05). À cet endroit, les coulées basaltiques de l’unité pPbc5 passent graduellement aux roches amphibolitisées de l’unité pPbc10, lesquelles sont interstratifiées avec les schistes de l’unité pPbc11 (Dimroth, 1964, 1972, 1978). L’amphibolitisation du basalte débute au sommet et à la base des coulées ainsi que près des failles. Les coulées de basalte présentent des zones de bordure amphibolitisées et un cœur de basalte (Dimroth, 1964). Le basalte amphibolitisé est vert, vert foncé ou noir, à grain fin à très fin, homogène, massif ou schisteux (Dimroth, 1978). D’après Dimroth (1978), les structures sont bien conservées. Par endroits, des veines et amas irréguliers de matériel pegmatitique et aplitique sont observés (Dimroth, 1964, 1978). En lame mince, le basalte amphibolitisé est composé de hornblende ou d’actinote, d’albite, d’épidote et de proportions mineures de chlorite, de calcite, de sphène et de minéraux opaques tels que l’ilménite ou la magnétite (Dimroth, 1978).

Formation de Bacchus 11 (pPbc11) : Schiste à biotite-muscovite, schiste à biotite-grenat ± graphite, quartzite à biotite, schiste à biotite-amphibole ± graphite

L’unité pPbc11 représente l’équivalent métamorphique de l’unité pPbc2. Dans la région au NE du lac Romanet, Dimroth (1978) distingue une unité de schiste à biotite, laquelle comprend trois unités de schiste (c.-à-d. à biotite-muscovite, à biotite-grenat et à biotite-amphibole) ainsi qu’une unité de quartzite à biotite.

Le schiste à biotite-muscovite est gris foncé à noir et à grain fin à moyen. Il est composé de biotite, de muscovite et de quartz avec des quantités mineures d’apatite, d’épidote, de zircon et de minéraux opaques. Le schiste à biotite et grenat est gris foncé à noir et à grain fin. Il est caractérisé par l’absence de muscovite et par la présence de graphite en quantité moindre. Le schiste à amphibole et biotite est une roche noire. Il est également caractérisé par l’absence de muscovite et par la présence d’une quantité mineure de graphite. En lame mince, la biotite est brun foncé ou brun rouge et forme de grands porphyroblastes xénomorphes légèrement pœciloblastiques. Elle n’est pas déformée et contient des inclusions de graphite qui soulignent la schistosité de la roche. La hornblende est couramment bleu-vert foncé et nématoblastique. Les cristaux sont habituellement zonés. La hornblende renferme peu de graphite. Le quartz est observé en grains anguleux, polygonaux ou allongés parallèlement à la schistosité. Les feldspaths forment de petits grains allongés parallèlement à la schistosité. Les grains sont cependant trop petits pour identifier le type de feldspath. Ils renferment des paillettes de graphite. Le grenat forme des porphyroblastes poeciloblastiques plus ou moins arrondis. Ces derniers renferment de nombreuses inclusions alignées de quartz qui marquent la schistosité antérieure de la roche. Des quantités mineures de zoïsite avec des inclusions de graphite sont également observées. L’apatite et le zircon sont les principaux minéraux accessoires (Dimroth, 1978).

Le quartzite à biotite est une roche finement recristallisée, grise en surface fraîche et à patine d’altération blanche. Il est composé principalement de quartz, de biotite et de quantités moindres de plagioclase. En lame mince, le quartz se présente sous forme de grains plus ou moins polygonaux, allongés parallèlement à la schistosité. La biotite est présente en lamines également orientées parallèlement à la schistosité. Elle contient habituellement du graphite, lequel révèle la lamination de l’ancien clivage ardoisier. Dimroth (1978) note que ce dernier peut être oblique à la schistosité de la roche.

L’unité pPbc11 est équivalente à la sous-unité de paraschiste à biotite et muscovite ± grenat de la Suite de Freneuse (pPfru1a) décrite plus à l’est par Charette et al. (2016).

Formation de Bacchus 12 (pPbc12) : Rhyolite, tuf felsique

Les roches volcaniques felsiques sont peu abondantes au sein de la Formation de Bacchus. Elles sont constituées de rhyolite et localement de tuf felsique, interstratifiés avec les basaltes de l’unité pPbc5 (Hashimoto, 1964; Dressler, 1979; Kheang, 1984; Girard, 1988). Dans le secteur du lac La Lande, les volcanites felsiques sont nettement dominées en volume par les basaltes et représentent entre 5 et 10 % de la séquence volcanique (Kheang, 1984). La rhyolite forme des coulées atteignant 10 m d’épaisseur, d’orientation NNW, généralement discontinues (Dressler, 1979). La roche est gris foncé, noire, beige ou grisâtre, et s’altère en beige clair, localement en brun rouille en raison de la présence de sulfures. La rhyolite est une roche très dure, à grain très fin à aphanitique, massive, rarement porphyrique, à structure fluidale et à cassure conchoïdale (Dressler, 1979; Kheang, 1984; Girard, 1984b, 1984c, 1988). Les variétés finement litées (lits de 1 à 3 mm), vacuolaires ou bréchiques sont localement observées (Clark, 1978; Dressler, 1979; Kheang, 1984; Girard, 1984c, 1988). La rhyolite se compose surtout de quartz et de feldspath microcristallin. L’albite constitue le feldspath dominant et elle s’altère en épidote. De petites vacuoles déformées et étirées parallèlement aux lamines représentent localement jusqu’à 1 % de la roche. Ces vacuoles sont remplies d’albite, de quartz et d’une quantité mineure de calcite (Girard, 1988). En lame mince, la rhyolite est formée de quelques phénocristaux de plagioclase, de quartz et de microcline, dans une matrice leucocrate à mélanocrate à grain très fin. Des quantités mineures de chlorite, de biotite ou de stilpnomélane, d’apatite, de sphène et de leucoxène sont également observées. Les minéraux opaques consistent en magnétite, pyrite et pyrrhotite (Dressler, 1979; Girard, 1984c).

Le tuf felsique est une roche aphanitique, localement cisaillée et bréchifiée. Il se compose de fragments anguleux à subarrondis de rhyolite rosée, d’une taille variant de 1 mm à 10 cm, dans une matrice mélanocrate microcristalline formée d’albite et de quartz. Certains fragments ont une forme allongée et sont fracturés (Girard, 1984c, 1988).

La rhyolite et le tuf felsique ont localement été altérés par un métasomatisme sodique (albitisation), lequel a induit une composition calco-alcaline aux roches initialement de composition tholéiitique. La rhyolite altérée présente alors une granulométrie plus grossière et la structure fluidale est partiellement à complètement oblitérée par l’altération métasomatique (Girard, 1988). Les roches volcaniques felsiques présentent une faible minéralisation en pyrite et chalcopyrite disséminées ou dans des veines de quartz-ankérite-calcite (Kheang, 1984; Girard, 1988). La minéralisation est associée au métasomatisme sodique (albitisation) (Girard, 1988).

Formation de Bacchus 13 (pPbc13) : Basalte massif

Le basalte massif se présente sous forme de coulées, d’une puissance de 30 m, interstratifiées avec les laves coussinées (pPbc14) et les pyroclastites mafiques (pPbc6). L’unité pPbc5 comprend également des coulées de basalte massif (pour une description détaillée, voir Dimroth, 1978). Les laves massives sont vertes à vert foncé et à grain fin. Elles passent localement à une roche gabbroïque à grain moyen (Clark, 1978). Par endroits, Clark (1978) a observé que des coulées massives adjacentes sont séparées par des zones de brèche de sommet de coulée de 1 à 2 m d’épaisseur.

Formation de Bacchus 14 (pPbc14) : Basalte coussiné

Les laves coussinées sont interstratifiées avec les coulées massives (pPbc13) et les roches pyroclastites mafiques (pPbc6). L’unité pPbc5 comprend également des coulées de basalte coussiné (pour une description détaillée, voir Dimroth, 1978). Les coussins sont allongés, très légèrement aplatis par endroits, d’une longueur de ~1 m et atteignant 3 m localement. Les coussins associés aux basaltes massifs ne sont généralement pas vésiculaires, tandis que les coussins observés dans les roches pyroclastiques sont fortement vésiculaires (Clark, 1978).

Formation de Bacchus 15 (pPbc15) : Basalte schisteux et chloriteux, communément pyriteux; interstratifications de dolomie localement

L’unité pPbc15 forme une bande de ~1 à 2 km de largeur, orientée NW-SW, située près de la rivière Caniapiscau (feuillet 24F06). Elle est principalement constituée de basalte schisteux et chloriteux, gris verdâtre à gris, renfermant communément une proportion mineure de pyrite disséminée. Des phénocristaux de feldspath et de petits fragments lenticulaires cherteux noirs sont observés par endroits (Clark, 1977). Les roches volcaniques comprennent localement des interstratifications de dolomie (Clark, 1977, 1978).

Formation de Bacchus 16 (pPbc16) : Mudstone ou schiste graphiteux et pyriteux

L’unité pPbc16 a été décrite dans le secteur du lac Colombet par Dressler (1979) et Girard (1984b, 1984c, 1988) qui l’assignaient alors à la « Formation de Mistamisk ». L’unité pPbc5 comprend également des niveaux de mudstone graphiteux intercalés entre les coulées de basalte (pour une description, voir Dimroth, 1978). Dans le secteur du lac Colombet, l’unité pPbc16 est constituée de minces niveaux très déformés de mudstone ou de schiste graphiteux, de 2 à 10 m d’épaisseur, interstratifiés avec le basalte (pPbc5). L’unité pPbc16 affleure peu puisqu’elle s’érode facilement. La roche est généralement noire, d’aspect lustré, fissile et à grain très fin à aphanitique. Elle est formée de matériel pélitique et peut contenir jusqu’à 3 % de pyrite disséminée ainsi qu’une proportion mineure d’oxydes de fer. Le schiste graphiteux est coupé par des veines de quartz, de carbonate ou les deux, de ~0,5 à 10 cm d’épaisseur, minéralisées localement en pyrite et rarement en chalcopyrite (Girard, 1984b, 1988). Le schiste graphiteux présente une schistosité bien développée qui suit une direction générale N-NE (Girard, 1984a). Les schistes graphiteux représentent des sédiments pélitiques, riches en matière organique, qui se seraient déposés entre deux épisodes de volcanisme (Girard, 1984b).

Épaisseur et distribution

La Formation de Bacchus appartient aux zones lithotectoniques de Howse et de Romanet (Wheeler), telles que définies par Clark et Wares (2004). Elle occupe une grande portion des parties centrale et orientale de l’orogène entre les latitudes 55° N et 57° 30´ N. Elle s’étend en direction NW-SE sur une distance de ~315 km. L’épaisseur et la largeur totales du Bacchus sont difficiles à estimer en raison des nombreux filons-couches gabbroïques (Supersuite de Montagnais) intercalés dans la formation. L’unité basaltique (pPbc5), laquelle montre une épaisseur de ~600 m au lac Bacchus, constitue la majeure partie de la formation (Dimroth, 1978). Au lac Tait, l’unité basaltique mesure 300 m d’épaisseur (Baragar, 1967). Au SE du lac Mistamisk, une séquence de basalte, de gabbro et de niveaux de roche sédimentaire de ~1700 m d’épaisseur totale a été assignée à la « Formation de Mistamisk » par Dimroth (1978). Ce dernier pensait que cette séquence constituait soit la formation sus-jacente à la Formation de Bacchus, soit la partie sommitale de cette formation. Clark et Wares (2004) ont incorporé cette séquence dans la Formation de Bacchus, abandonnant ainsi le nom de « Formation de Mistamisk ».

Datation

Un dyke de rhyolite coupant le sommet de la Formation de Bacchus au lac Colombet a donné un âge U-Pb sur zircons de 2142 +4/-2 Ma (T. Krogh et B. Dressler, données non publiées citées par Clark, 1984, page 4).

Relations stratigraphiques

La Formation de Bacchus forme la partie sommitale du Groupe de Swampy Bay, d’après les recommandations de Clark et Wares (2004). D’après Dimroth (1978), l’interprétation de cette formation constitue un problème très complexe. Les relations à la base de la formation sont peu exposées et mal connues. Dans la partie centrale de l’orogène, la Formation de Bacchus est, par endroits, sus-jacente aux formations de Chakonipau, de Portage et de Dunphy (Groupe de Seward) ainsi que de Lace Lake (Groupe de Pistolet).

Afin d’expliquer ces relations stratigraphiques, Dimroth (1978) a suggéré la présence d’une discordance d’érosion entre la Formation de Bacchus et les unités lithostratigraphiques sous-jacentes. Selon l’auteur, cette discordance est présente au moins dans le secteur entre les lacs Romanet et Otelnuc, au nord de la latitude 56° N. Toutefois, la nature de la base de la Formation de Bacchus est difficile à évaluer. Dimroth (1978) a constaté les similitudes lithologiques entre la Formation de Lace Lake et les roches sédimentaires à la base du Bacchus. De plus, dans la région du lac Mistamisk et de la rivière Romanet, Clark (1986) a souligné qu’il n’est pas possible de déterminer la nature du contact Lace Lake-Bacchus étant donné que ce dernier n’est pas exposé. Les basaltes et les roches sédimentaires intercalées de la Formation de Bacchus sont en contact de faille avec les roches de la vallée des lacs Mistamisk et Romanet (Dimroth, 1978; Chevé, 1985; Clark, 1986; Clark et Wares, 2004). Dans la partie sud de la Fosse du Labrador, la Formation de Bacchus est interdigitée vers l’ouest avec la Formation de Le Fer. Dans la région des lacs Hurst et Chassin (feuillet 23O10), elle est recouverte en concordance par la dolomie de la Formation de Denault (Dimroth, 1978). Ainsi, Dimroth (1978) a proposé que la plus grande partie de la Formation de Bacchus soit l’équivalent temporel de la Formation de Le Fer et, possiblement, d’une partie des formations d’Otelnuc, de Du Chambon et de Romanet.

Des interprétations légèrement différentes ont été présentées par Le Gallais et Lavoie (1982) et Clark (1986). Essentiellement, ces auteurs ont proposé que la séquence contenant la Formation de Bacchus ait été déposée à l’est des roches de plateforme du Groupe de Pistolet. Également, que la Formation de Bacchus soit l’équivalent temporel de ces roches de plateforme, en plus d’avoir été charrié au-dessus les groupes de Seward et de Pistolet sur des failles de chevauchement majeures de Ferrum River et d’Argencourt.

De nombreux filons-couches gabbroïques de la Suite de Wakuach (Supersuite de Montagnais) sont intercalés dans l’empilement volcano-sédimentaire de la Formation de Bacchus (Dimroth, 1978; Wardle et Bailey, 1981).

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Publications accessibles dans SIGÉOM Examine

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Citation suggérée

Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN). Formation de Bacchus. Lexique stratigraphique du Québec. http://gq.mines.gouv.qc.ca/lexique-stratigraphique/province-de-churchill/formation-de-bacchus [cité le jour mois année].

Collaborateurs

Première publication

Charles St-Hilaire, géo. stag., M.Sc. charles.st-hilaire@mern.gouv.qc.ca (rédaction)

Mehdi A. Guemache, géo., Ph.D. (coordination); Thomas Clark, géo., Ph.D. (lecture critique); Simon Auclair, géo., M.Sc. (révision linguistique); Nathalie Bouchard (montage HTML).

 

 

20 janvier 2020