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Complexe de Lomier
Étiquette stratigraphique : [ppro]lom
Symbole cartographique : pPlom

Première publication:  
Dernière modification:

 

 

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
pPlom2 Gneiss granitique
pPlom1 Gneiss à hypersthène
pPlom1b Gneiss charnockitique
pPlom1a Gneiss enderbitique
 
Auteur :Girard, 1990
Âge :

Précambrien / Protérozoïque / Paléoprotérozoïque

Coupe type : 
Région type :Région du lac Courdon (feuillet SNRC 14E12)
Province géologique :Province de Churchill
Subdivision géologique :Orogène des Torngat
Lithologie :Gneiss à hypersthène
Type d’unité :Lithodémique
Rang :Complexe
Statut :Formel
Usage :Actif

 

 

Historique

Le Complexe de Lomier a été défini par Girard (1990) dans la région du lac Courdon (SNRC 14E12) pour regrouper des gneiss granulitiques, de compositions variées, caractérisés par une signature aéromagnétique prononcée, un grain tectonique nord-sud et longeant la frontière entre le Québec et le Labrador. Ce complexe a aussi été décrit dans la région du lac Henrietta (Lafrance et al., 2015) et poursuivi vers le nord dans la région de la rivière Koroc et de Hébron (Verpaelst et al., 2000) ainsi que dans la région de Pointe le Droit (Mathieu et al., 2018), où il se pince sur la Zone de cisaillement d’Abloviak (ZCA) qui bifurque vers l’ouest-nord-ouest dans ce secteur.  

Description

Le Complexe de Lomier est constitué de deux ensembles intimement liés sur le terrain: une séquence supracrustale, rattachée au Groupe de Koroc River (pPko), laquelle est recoupée par la Suite intrusive de Courdon (pPcou). Girard (1990) a regroupé les roches dont le protolite n’est plus reconnaissable étant donné leur hétérogénéité ainsi que celles ayant développé un rubanement tectonique intense dans les unités de gneiss du Complexe de Lomier (pPlom). Cet auteur considère les roches de la Suite de Courdon et du Groupe de Koroc River comme étant les protolites de ces gneiss, soit par une alternance des unités, soit par la présence de nombreuses injections granitiques subconcordantes accentuant l’aspect gneissique. Le Complexe de Lomier comprend deux unités: une unité de gneiss granulitique (pPlom1) et une unité de gneiss granitique (pPlom2).

Complexe de Lomier 1 (pPlom1) : Gneiss à hypersthène

 Les gneiss du Complexe de Lomier sont considérés comme représentant une alternance de niveaux millimétriques à décamétriques des roches du Koroc River et du Courdon dans les zones de déformation. Ils contiennent régulièrement des niveaux décimétriques mieux préservés et en contact graduel de ces unités. L’ensemble des gneiss montre une foliation et une linéation bien développées, souvent mylonitique avec formation de rubans et de tiges de quartz. Selon Girard (1990), le gneiss représente des zones de mélange entre différentes lithologies pré- à syntectoniques. Le protolite d’enderbite y domine (60 %) et est entremêlée avec des amphibolites (30 %) et des paragneiss (10 %). Le rubanement se produit à toutes les échelles, de décamétrique à millimétrique, les rubans étant continus hectométriques ou en lambeaux, réguliers ou hétérogènes. Les contacts sont parallélisés et transposés dans la foliation. La minéralogie des gneiss est similaire à celle de leurs protolites (Suite intrusive de Courdon et Groupe de Koroc River).

Les gneiss du Complexe de Lomier montrent un rubanement net à alternance de rubans et niveaux millimétriques à décamétriques d’enderbite, de diorite, de charnockite et d’opdalite, toutes ces phases sont finement à très finement grenues et fortement magnétiques. Les roches sont affectées par une réduction de la granulométrie d’intensité variable, soulignée par des corridors à grain fin entre des porphyroclastes quartzo-feldspathiques (Charette et Guilmette, 2014). Les phases minérales présentent une extinction ondulante, des macles déformées et des bordures cristallines dentelées, indiquant une déformation intense. La gneissosité est définie par la concentration de l’orthopyroxène en lamines et la présence de rubans de quartz à extinction en sous-grains. Localement, il a été possible de départager des gneiss à dominance enderbitique (pPlom1a) ou à dominance charnockitique (pPlom1b).

Complexe de Lomier 1a (pPlom1a) : Gneiss enderbitique

 La sous-unité pPlom1a est caractérisée par la dominance de niveaux enderbitiques dans le gneiss (50 à 65 %). Ces niveaux sont leucocrates (5 à 12 % de minéraux mafiques), de teinte cassonade ou verdâtre et comprennent de l’orthopyroxène ainsi que de l’apatite et du zircon en minéraux accessoires. Le gneiss comprend aussi 20 à 35 % de niveaux intermédiaires et mafiques (diorite à hypersthène et gabbronorite), généralement un peu plus fins que les niveaux felsiques. Ceux-ci renferment de 35 à 55 % de minéraux mafiques, dominés par les pyroxènes (orthopyroxène et clinopyroxène). Le gneiss enderbitique contient aussi des rubans centimétriques diffus d’enderbite et de charnockite un peu plus grenues, qui pourraient représenter du leucosome. Les minéraux accessoires observés dans les différentes phases du gneiss sont l’apatite, le zircon, les minéraux opaques et l’épidote. L’orthopyroxène est variablement rétrogradé en hornblende et biotite. De l’iddingsite est aussi observée en bordures et dans les fractures de l’orthopyroxène.

Complexe de Lomier 1b (pPlom1b) : Gneiss charnockitique

 Le gneiss charnockitique est de couleur cassonade clair et renferme 4 à 10 % de minéraux mafiques, essentiellement des pyroxènes. L’étirement des minéraux est souvent plus développé que le rubanement et la foliation. Le rubanement, peu visible en affleurement, est donné par la variation du pourcentage de feldspath potassique (charnockite à opdalite à farsundite) et de la granulométrie (très fine à fine), facilement observable sur les échantillons colorés. Entre 5 et 15 % de rubans ou injections diffuses de charnockite leucocrate et grenue sont parallélisés dans la déformation. Le feldspath potassique est perthitique et souvent bordé de myrmékites. Les minéraux mafiques du gneiss charnockitique sont dominés par de l’orthopyroxène fragmentaire, non altéré ou partiellement remplacé par un mélange d’iddingiste et de carbonates. Le gneiss renferme aussi de fins feuillets de biotite et jusqu’à 2 % de magnétite finement disséminée. Les minéraux accessoires principaux sont l’apatite, le zircon, l’amphibole (en remplacement sur le pyroxène) et les carbonates interstitiels. Du clinopyroxène et du grenat sont aussi observés de façon sporadique.

Complexe de Lomier 2 (pPlom2) : Gneiss granitique

 L’unité de gneiss granitique forme une bande de 3 à 5 km de largeur à la bordure ouest du Complexe de Lomier et représente probablement une zone de rétromorphisme reliée à la Zone de cisaillement du lac Pilliamet. Cette unité comprend une alternance de deux phases déformées en niveaux décimétriques à métriques : une phase grise dioritique (parfois granitique) et une phase de granite rose plus grenu. La phase granitique est généralement dominante. La diorite est granoblastique et renferme entre 15 et 35 % de minéraux mafiques, qui consistent en hornblende verte et en biotite brune chloritisée. Le granite rose est hololeucocrate et non granoblastique. Il est légèrement folié à ultramylonitique et hématitisé le long des failles. D’après Girard (1990), la phase granitique représente des veines et lentilles de leucosome aux contacts francs avec le gneiss (paléosome). Un mince mélanosome biotitique forme parfois un liséré millimétrique à l’interface entre le granite et le gneiss encaissant. Le granite est dominé par des lentilles riches en microcline partiellement recristallisées alternant avec des rubans de quartz à extinction roulante. Il contient un peu de biotite, de teinte brune ou verte, à inclusions de zircon et d’opaques, ainsi que de la muscovite et de la chlorite.

Épaisseur et distribution

Le Complexe de Lomier forme une bande nord-sud de 10 à 15 km de largeur suivie sur plus de 200 km de longueur et qui longe la frontière entre le Québec et le Labrador. Il est limité par la Zone de cisaillement du lac Pilliamet (ZCLP), à l’ouest, et la Zone de cisaillement d’Abloviak (ZCA), à l’est. Dans la partie nord du sud-est de la Province de Churchill, la ZCLP converge vers la ZCA, qui bifurque alors vers l’ouest-nord-ouest dans ce secteur. Le Complexe de Lomier vient alors se pincer à la jonction des deux failles.

Datation

Un âge d’environ 1877 Ma a été obtenu au Labrador dans un gneiss enderbitique localisé à la bordure est du Complexe de Lomier (Bertrand et al., 1993).

Système isotopiqueMinéralÂge de cristallisation (Ma)(+)(-)Âge métamorphique (Ma)(+)(-)Référence(s)
U-PbZircon1876,911

1822,5

1,1

1,1

Bertrand et al., 1993

Relations stratigraphiques

Le Complexe de Lomier est en contact tectonique avec le Complexe de Sukaliuk, à l’ouest (ZCLP), et le Complexe de Tasiuyak, à l’est (ZCA).

Le contact transitionnel et diffus entre la Suite intrusive de Courdon et les gneiss du Complexe de Lomier ont mené Girard (1990) à considérer que les gneiss représentent des zones plus déformées des unités de la Suite intrusive de Courdon et du Groupe de Koroc River. Selon Girard (1990), le Complexe de Lomier pourrait être l’équivalent du « Eastern Basement Complex » défini plus au sud par Ryan et al. (1988) et Wardle et al. (1990).

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

 

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)
BERTRAND, J.M. – RODDICK, J.C. – VAN KRANENDONK, M.J. – ERMANOVICS, I.U-Pb geochronology of deformation and metamorphism across a central transect of the Early Proterozoic Torngat Orogen, North River map area, Labrador. Canadian Journal of Earth Sciences; volume 30, pages 1470–1489.1993Source
CHARETTE, B. – GUILMETTE, C.Pétrologie métamorphique de l’Orogène des Torngat et de la marge est de la Zone noyau – Province de Churchill Sud-Est. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles. MB 2014-34; 48 pages.2014MB 2014-34
GIRARD, R.Géologie de la région du lac Courdon, territoire du Nouveau-Québec. Ministère des Ressources naturelles, Québec; MB 90-24, 60 pages.1990MB 90-24
MATHIEU, G. – LAFRANCE, I. – VANIER, M.A.Géologie de la région de Pointe le Droit, sud-est de la Province de Churchill, Nunavik, Québec, Canada. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec.2018Bulletin géologiQUE
LAFRANCE, I. – BANDYAYERA, D. – BILODEAU, C.Géologie de la région du lac Henrietta (SNRC 24H). Ministère des Ressources naturelles, Québec; RG 2015-01, 62 pages.2015RG 2015-01
RYAN, B. –  LEE, D. –  DUNPHY, D.The discovery of probable Archean rocks within the Labrador arm of the Trans-Hudson orogen near the Labrador-Québec border In: Current reserach, Newfoundland Department of Mines, 88-1, pages 1-14.1988Source
VERPAELST, P. – BRISEBOIS, D. – PERREAULT, S. – SHARMA, K.N.M. – DAVID, J.Géologie de la région de la rivière Koroc et d’une partie de la région de Hébron (24I et 14L). Ministère des Ressources naturelles, Québec; RG 99-08, 62 pages, 10 plans.2000RG 99-08
WARDLE, R.J. – RYAN, B. – NUNN, G.A.G. – MENGEL, F.C.Labrador segment of the Trans-Hudson Orogen: crustal development through oblique convergence and collision. In: The Early Proterozoic Trans-Hudson Orogen of North America (Lewry, J.F. and Stauffer, M.R., editors). Geological Association of Canada; Special Paper 37, pages 353-369.1990

 

 

18 avril 2018