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Pluton de Martel
Étiquette stratigraphique : [narc]mrt
Symbole cartographique : nAmrt

Première publication: 27 février 2018
Dernière modification: 14 mai 2018
Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.

Aucune

Auteur :Beauchamp et Massei, 2018
Âge :Précambrien / Archéen / Néoarchéen
Coupe type : 
Région type :Région de l’île Bohier (feuillet SNRC 33A01)
Province géologique :Province du Supérieur
Subdivision géologique :Sous-province d’Opinaca
Lithologie :Granite
Type d’unité :Lithodémique
Rang :Lithodème
Statut :Formel
Usage :Actif

Historique

Les roches du Pluton de Martel ont initialement fait partie du Massif du lac Barou décrit par Hocq (1985). Ce massif a été décomposé en plusieurs unités par Beauchamp et Massei à la suite des travaux de cartographie de l’été 2017 menés par le Ministère. Ils séparent les roches du Pluton de Martel qui, contrairement aux autres granites affleurant sur les monts Otish, présentent un aspect rubané et davantage de séricite.

 

Description

Le Pluton de Martel est entièrement constitué de granite blanc-gris assez clair ayant parfois des teintes verdâtres en surface altérée et blanc rosé clair en cassure fraîche. Ce granite est à grain moyen à grossier, massif à légèrement folié, avec des amas pegmatitiques par endroits. Le Pluton de Martel se distingue des autres granites du secteur par la quantité de mica blanc qu’il contient, et par l’aspect rubané que cela lui confère. En effet, il contient de 1 à 4 % de muscovite primaire et bien cristallisée. Localement, on l’observe en lame mince sous forme de faisceaux symplectiques (17-SB-4044), ce qui marque une cristallisation rapide et primaire. Le mica blanc apparaît également sous forme de filonnet. Ces filonnets représentent en fait des fractures qui se sont ouvertes lors d’un épisode de déformation fragile, et qui ont ensuite été remplies par de la séricite secondaire. La déformation ductile précoce est également marquée par l’extinction ondulante du quartz. La roche contient par ailleurs 1 à 2 % de grenat et environ 1 % de biotite. Il n’est pas rare d’observer une structure graphique sur l’affleurement. Les principales altérations sont une hématitisation et une damouritisation de faible à moyenne intensité affectant toutes deux le plagioclase.

La composition chimique des roches du Pluton de Martel est très homogène et marquée par une faible teneur en Fe2O3 total (0,75 à 1,94 %) et MgO (0,06 % à 0,21 %) ainsi qu’une plus forte teneur en K2O (3,91 à 5,14 %) que les autres intrusions felsiques de la région (Intrusion de Barou, Pluton de Cadieux, Pluton de l’Île Bohier, Suite de Kaaispaach, Pluton de Misasque). Au niveau des éléments en traces, les échantillons analysés se démarquent par leur très faible concentration en Sr (13 à 43 ppm), Ba (18 à 98 ppm) et V (inférieure au seuil de détection). Le Pluton de Martel est peralumineux et s’apparente aux granitoïdes de type S (Maniar et Piccoli, 1989). Il est d’affinité surtout transitionnelle (Ross et Bédard, 2009). Dans le diagramme Y+Nb vs Rb (Pearce et al., 1984), les roches du Pluton de Martel se placent dans le champ des granites d’arc volcanique.

Le spectre des terres rares est relativement plat, mis à part une forte anomalie négative en Eu. Les profils remontent légèrement au niveau des terres rares les plus lourdes à cause de la présence de grenat dans la roche. Par ailleurs, la concentration totale en terres rares est très inférieure à celle des autres granites du secteur, avec des teneurs allant de 18 à 39 ppm.

  

 

 

Épaisseur et distribution

Le Pluton de Martel a été observé à l’extrême ouest du relief des monts Otish, sur une quinzaine de kilomètres. Il se situe donc dans la partie ouest du feuillet SNRC 33A01 et se poursuit vraisemblablement dans le feuillet SNRC 33A02.

Datation

Aucune.

Relations stratigraphiques

Les relations cartographiques permettent d’affirmer que le Pluton de Martel s’est mis en place après l’Intrusion de Barou (nAbru). Il est également postérieur au Complexe de Laguiche (nAlgi). Les contacts sont de nature intrusive avec ces deux unités. Le Pluton de Martel est par ailleurs coupé par un dyke de diabase appartenant à l’essaim de Mistassini (nAmib).

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)
BEAUCHAMP, A.-M. – MASSEI, F.Géologie de la région de l’île Bohier, au contact entre les sous-provinces d’Opatica, d’Opinaca et le bassin d’Otish, au nord de Mistassini, municipalité Eeyou Istchee Baie-James, Québec, Canada. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec.2018Bulletin géologiQUE
HOCQ, M.Géologie de la région des lacs Campan et Cadieux, Territoire-du-Nouveau-Québec. Ministère des Ressources naturelles, 188 pages.1985ET 83-05
MANIAR, P. D. – PICCOLI, P. M.Tectonic discrimination of granitoids. Geological Society of America Bulletin, volume 101, pages 635-643.1989Source
MCDONOUGH, W. F. – SUN, S. S.The composition of the earth. Chemical Geology, volume 120, pages 223-253.1995Source
PEARCE, J. A. – HARRIS, N. W. – TINDLE, A. G.Trace element discrimination diagrams for the tectonic interpretation of granitic rocks. Journal of Petrology, volume 25, pages 956-983.1984Source
ROSS, P.-S. – BÉDARD, J. H.Magmatic affinity of modern and ancient subalkaline volcanic rocks determined from trace-element discriminant diagrams. Journal Canadien des Sciences de la Terre, volume 46, pages 823-839.2009Source
27 février 2018