Suite de Secondon
Étiquette stratigraphique : [ppro]sec
Symbole cartographique : pPsec

Première publication: 20 octobre 2016
Dernière modification: 8 novembre 2017

 

 

Subdivision(s) informelle(s)

La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
pPsec1 Méta-arkose et méta-arénite conglomératique à muscovite, hématite et spécularite.
 
Auteur :Charette et al., 2016
Âge :Paléoprotérozoïque
Coupe type :Aucune
Région type :Région du lac Jeannin (SNRC 24B)
Province géologique :Province de Churchill
Subdivision géologique :Zone noyau
Lithologie :Méta-arkose et méta-arénite conglomératique
Type :Lithodémique
Rang :Suite
Statut :Formel
Usage :Actif

 

 

Historique

La Suite de Secondon a été introduite dans la région du lac Jeannin (Charette et al., 2016) pour regrouper des séquences de métasédiments bien préservés principalement situées dans la Zone noyau du sud-est de la Province de Churchill. Elle a été prolongée vers le sud, dans la région du lac Résolution, par Lafrance et Charette en 2017 dans le cadre de la synthèse du sud-est de la Province de Churchill.

Description

La Suite de Secondon est constituée de méta-arkose, de méta-arénite conglomératique, de métaconglomérat et de schiste à muscovite, hématite et spécularite. Les métasédiments sont finement grenus, non magnétiques, peu à bien foliés et de couleur pâle, beige verdâtre, gris beige ou rose. Ils montrent un rubanement de composition (litage) centimétrique à métrique exprimé par des variations du contenu en quartz et en feldspath et de la quantité de muscovite, ainsi que par la présence ou l’absence de fragments felsiques. Les méta-arkoses et les méta-arénites lithiques sont généralement riches en quartz (30 à 65 %), pauvres en minéraux mafiques (2 à 5 %) et renferment entre 10 et 40 % de feldspath potassique et 15 à 60 % de plagioclase. Ils contiennent aussi de la muscovite (5 à 25 %), des petits amas disséminés d’hématite (2 à 5 %) et de la spécularite (2 à 15 %). Cette dernière phase se présente sous forme disséminée, en amas, en lamines ou en rubans disposés régulièrement le long des plans définis par l’alignement des paillettes de muscovite ou en bordure de fragments. Dans certains secteurs, la roche est plus riche en muscovite et forme alors un schiste. Des rubans centimétriques de schiste à muscovite sont aussi interstratifiés dans les séquences de méta-arkose et de méta-arénite conglomératique. Localement, les métasédiments sont un peu plus grenus et font penser à une roche granitique. La présence d’intrusions granitiques au sein de cette suite ne peut être complètement écartée, toutefois, les phases minérales présentes dans ces lithologies sont identiques.

 

Les métasédiments sont constitués d’une matrice quartzofeldspathique à grain fin équigranulaire composée de grains de quartz subarrondis à arrondis. Le plagioclase est faiblement séricitisé et comporte régulièrement des inclusions de quartz. La biotite, lorsque présente, est en petits feuillets très pâles rarement chloritisés. Au moins deux générations de muscovite, l’une transparente et l’autre jaunâtre (ferrifère) en paillettes plus trapues, sont observées en lames minces. Les micas sont le plus souvent alignés dans la foliation, mais on observe aussi des variétés disposées aléatoirement, sous une forme fibroradiée ou surimposées à la foliation principale. La muscovite forme localement des nodules lenticulaires millimétriques à centimétriques en association avec le quartz et l’hématite. Certains niveaux renferment aussi de la sillimanite en amas flexueux ou en fines aiguilles dans le quartz. Les minéraux accessoires comprennent l’épidote, l’apatite, le zircon et les carbonates.

 

Les méta-arénites conglomératiques sont matures et renferment des fragments subarrondis de 0,3 à 3 cm de longueur sur 0,1 à 1 cm de largeur (localement jusqu’à 10 x 3 cm). Ces derniers consistent en cailloux et clastes blancs, gris ou rosés, composés de quartz, de feldspath potassique, de granite et de granodiorite. Dans les zones plus déformées, les cailloux sont lenticulaires avec des queues de recristallisation.

 

 

Localement, les métasédiments renferment des nodules de quartz et de sillimanite (faserkiesel), dont l’abondance varie selon les niveaux, reflétant possiblement un litage primaire. La sillimanite se présente sous la forme d’amas flexueux et en fines aiguilles dans une matrice (quartz ± feldspath) très fine. Selon Tippett (1984), ces nodules sont couramment observés dans les grandes ceintures métamorphiques; toutefois, leur origine reste énigmatique. Plusieurs chercheurs ont associé la présence de faserkiesel à différentes réactions métamorphiques, mais le processus de formation est encore incertain.

 

Épaisseur et distribution

La Suite de Secondon forme des séquences métasédimentaires de moins de 5 km de largeur, principalement localisées dans la partie centre-sud de la Zone noyau, à l’ouest du Batholite de De Pas et de la Zone de cisaillement de la rivière George. Quelques lambeaux ont aussi été observés dans la Zone de Rachel-Laporte.

Datation

Non datée.

Relations stratigraphiques

Les contacts entre les métasédiments de la Suite de Secondon et les autres unités de la Zone noyau n’ont pas été observés sur le terrain. Malgré les évidences de recristallisation partielle et la présence de zones déformées (schiste à muscovite et allongement des clastes), les métasédiments du Secondon ne semblent pas avoir été affectés par la migmatitisation et la recristallisation métamorphique importantes qui caractérisent les paragneiss de la Suite de False. Il est possible que cette préservation soit reliée à la composition plus quartzeuse du Secondon et n’implique pas nécessairement que la mise en place de cette unité soit postérieure à l’épisode de fusion. Par contre, la recristallisation partielle, ainsi que la présence de sillimanite et de zones de déformation indiquent clairement que les métasédiments ont subi un épisode métamorphique. Ces caractéristiques laissent plutôt croire qu’il s’agit de métasédiments synorogéniques enfouis durant l’Orogénèse du Nouveau-Québec. Toutefois, ceux-ci n’ont vraisemblablement pas suivi la même évolution géologique et n’ont pas subi les mêmes conditions de pression et de température au pic du métamorphisme que les paragneiss de la Suite de False. Une étude approfondie du métamorphisme est nécessaire pour lever cette incertitude.

La Suite de Secondon a également été observée dans la Zone de Rachel-Laporte, principalement à proximité des nappes de charriage constituées de roches archéennes. Dans ce secteur, la Suite de Secondon pourrait être en partie équivalente à la Formation de Milamar définie par Dimroth (1978) dans la Fosse du Labrador et constituée d’arkose, de conglomérat et de quartzite. Dans le secteur du Complexe de Wheeler, le Milamar est présentement interprété comme résultant de l’érosion des roches archéennes du Wheeler qui formaient alors un dôme en relief positif (Dimroth, 1978). Le Complexe de Wheeler, ainsi que sa couverture de roches sédimentaires (Milamar) auraient par la suite été charriés (sous forme de nappes) sur les roches volcano-sédimentaires de la Supersuite de Laporte (Clark et Wares, 2004).

Paléontologie

Non applicable.

Références

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)
CHARETTE, B. – LAFRANCE, I. – MATHIEU, G.Géologie de la région du lac Jeannin (SNRC 24B). Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec.2016

Rapport géologique électronique

CLARK, T. – WARES, R.

Synthèse lithotectonique et métallogénique de l’Orogène du Nouveau-Québec (Fosse du Labrador). Ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Québec; MM 2004-01, 182 pages, 1 plan.2004MM 2004-01
DIMROTH, E.Région de la Fosse du Labrador, Ministère des Richesses naturelles, Québec; RG 193, 396 pages.1978RG 193

 

 

20 octobre 2016