Complexe volcanique de Castignon
Étiquette stratigraphique : [ppro]cas
Symbole cartographique : pPcas
 

 
Première publication :  
Dernière modification :

 

 

 

 

 

 

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
pPcas4 Lamprophyre ultramafique sous la forme de cheminées ou de dykes
pPcas3 Mélilitite à olivine (meiméchite) sous forme de tufs et de filons-couches
pPcas2 Carbonatite sous forme de brèche de diatrème hétérolithique, de brèche pyroclastique, de tuf à lapillis et à blocs, et de tuf
pPcas1 Carbonatite à phlogopite sous forme de dyke, de pipe ou de filon-couche; peut contenir jusqu’à 10 % d’enclaves hétérolithiques
 
Auteurs : Dimroth, 1969, 1970a; Dressler, 1975, 1979; Chevé, 1993
Âge : Paléoprotérozoïque
Stratotype :

Aucun

Région type :

Secteurs des lacs Castignon et de l’Hématite (feuillet SNRC 24C)

Province géologique : Province de Churchill
Subdivision géologique : Orogène du Nouveau-Québec (Fosse du Labrador) / Zones lithotectoniques de Bérard, de Cambrien et de Schefferville
Lithologie : Roches volcaniques et intrusives ultramafiques et ultrabasiques
Catégorie : Lithodémique
Rang : Complexe volcanique
Statut : Formel
Usage : Actif

 

 

 

 

Historique

Les roches maintenant assignées au Complexe volcanique de Castignon ont été découvertes par E. Dimroth en 1966 au cours de la cartographie géologique du secteur situé à l’ouest et au NW du lac Castignon (feuillet 24C) (Dimroth, 1969, 1978; voir l’historique dans Dimroth, 1970a). Elles ont ensuite été cartographiées dans le secteur au nord de la latitude 56° 30′ N (feuillet 24C) par Dressler (1973, 1979). Certains affleurements de cette unité ont été étudiés en détail par Chevé (1993).

Selon les époques, les géologues ont désigné le Complexe volcanique de Castignon de plusieurs façons :

  • « Carbonatite », sous la forme de brèche volcanique et de dyke (Dimroth, 1969);
  • « Complexe du Lac Castignon », sous la forme de dykes et de diatrèmes de composition meiméchitique et carbonatitique (Dimroth, 1970a);
  • « Roches extrusives et intrusives de chimie carbonatitique et kimberlitique » (Dimroth, 1970b);
  • « Complexe intrusif-extrusif de roches ultramafiques-alcalines et carbonatitiques à l’ouest du lac Castignon » (Dimroth, 1978);
  • « Complexe carbonatitique du lac Castignon » (Chevé, 1993);
  • « Complexe de Castignon » (Clark et Wares, 2004).

Étant donné cette unité représentent un ensemble de diverses roches volcaniques et intrusives associées (voir ci-dessous), le complexe est ici désigné comme le « Complexe volcanique de Castignon ». Cette désignation est conforme à l’utilisation du terme « complexe volcanique » telle que formulée par le Code stratigraphique nord-américain (NACSN, 1983, 2005; MERQ, 1986).

 

Description

Dimroth (1970a) décrit le Complexe volcanique de Castignon comme un ensemble de cônes volcaniques, de diatrèmes et de dykes subvolcaniques de composition carbonatitique et meiméchitique. Dressler (1979) a ajouté des dykes de lamprophyre ultramafique à ces lithologies. Chevé (1993) a reconnu la présence de filons-couches carbonatitiques.

 

D’après la terminologie de Dimroth (1970a), le terme « meiméchite » désigne une roche ignée composée d’olivine serpentinisée ± biotite (probablement phlogopite) ± augite altérée dans une matrice de talc, de serpentine et de <10 % de carbonate. Le terme « meiméchite » est l’équivalent d’une « mélilitite à olivine », tel qu’utilisé par Dressler (1979) et Chevé (1993). Une « meiméchite carbonatée » correspond à la même roche mais avec 10 à 30 % de carbonate matriciel, et « carbonatite meiméchitique » désigne une roche composée de >50 % de carbonate dans une matrice meiméchitique. La « carbonatite » fait référence à une roche ignée formée de >50 % de carbonate. Toutes les variations entre les meiméchites et les carbonatites existent. Dimroth (1970a) réfère aux roches du complexe constituées d’olivine serpentinisée-phlogopite-grenat comme étant des « kimberlites ».

La plupart des tufs ainsi que tous les diatrèmes, et certains dykes de faible extension, sont constitués de brèche. La roche encaissante de certains diatrèmes est fortement cataclasée. Régionalement, les dykes sont situés en périphérie des cônes volcaniques et des diatrèmes.   

Les fragments des différentes brèches ignées sont de compositions diverses. Les fragments les plus abondants et les plus gros proviennent des roches sédimentaires encaissantes. Des fragments de formation de fer (Formation de Sokoman) sont communs, et la plupart des brèches contiennent de petits fragments de gneiss archéen. Par contre, on note l’absence de fragments provenant des formations stratigraphiquement au-dessus du Sokoman.

La composition chimique des roches du complexe montre toutes les variations entre les carbonatites et les roches ultramafiques alcalines (meiméchites). Ces roches appartiennent à une série riche en Al2O3, TiO2, CaO, P2O5, CO2, H2O et F avec un rapport Mg/Fe faible. Elles ressemblent chimiquement à de la kimberlite, avec toutefois des teneurs en fer total anormalement élevées et des teneurs en MgO+CaO anormalement basses pour ce groupe (Dimroth, 1970a, 1978). D’après Chevé (1993), la géochimie des roches massives du complexe (c’est-à-dire les roches mélilititiques homogènes, les carbonatites, les ultramafites micacées, les ultramafites serpentinisées et les lamprophyres) semble indiquer que celles-ci s’apparentent à des lamprophyres ultramafiques (aillikites et alnoïtes) plutôt qu’à des kimberlites. Les teneurs en éléments alcalins (sodium et potassium) sont généralement très faibles (Dimroth, 1970a; Chevé, 1993). Les lithologies fortement altérées auraient subi une désalcalinisation d’origine deutérique, d’après Dimroth (1970a, 1978). Chevé (1993), par contre, n’a émis aucun commentaire sur la possibilité d’une perte d’alcalis postcristallisation. En ce sens, on note que les roches encaissantes du complexe sont peu fénitisées (Dimroth, 1970a). Les profils des éléments des terres rares normalisés aux chondrites indiquent un fort enrichissement des terres rares légères par rapport aux terres rares lourdes, et des spectres qui correspondent assez bien à celui des kimberlites (Chevé, 1993). En prenant compte de l’ensemble de ses résultats chimiques, Chevé (1993) constate que, à l’exception des carbonatites, les roches du complexe se rapprochent plus des lamprophyres ultramafiques que des kimberlites. Quant aux carbonatites, Dimroth (1970a) fait remarquer que ces roches sont considérablement moins riches en Sr, Ba et Nb que la carbonatite moyenne.

Pour Dimroth (1970a), le Complexe volcanique de Castignon représente différentes sections traversant des systèmes volcaniques fortement explosifs qui montrent des dykes nourriciers, des diatrèmes et des cônes volcaniques. Au cours de son ascension dans la croûte, le magma du complexe aurait subi une différenciation par séparation (unmixing) de liquides immiscibles. D’après Dimroth (1970a), la séparation à grande profondeur de deux liquides immiscibles serait à l’origine des meiméchites (mélilitites à olivine) carbonatées et des carbonatites à phlogopite. Les premières prennent surtout la forme de filons-couches, de dykes et de tufs, alors que les secondes forment des diatrèmes et des dykes. Les carbonatites à ankérite représenteraient des intrusions subvolcaniques, tandis que les tufs à lapillis meiméchitiques (tufs mélilititiques à olivine) et les carbonatites à calcite se seraient mis en place en surface ou près de la surface. La formation de brèches tufacées du complexe serait générée par fluidisation d’un système gaz-solide riche en H2O et CO2. La fluorine (CaF2) n’apparaît que dans les magmas les plus différenciés. Dimroth (1970a) propose que la composition du magma primitif à l’origine du complexe corresponde à celle d’une kimberlite carbonatée. Chevé (1993, p. 77), pour sa part, conclut que « les roches autres que les carbonatites montrent une affiliation avec la branche des lamprophyres ultramafiques, et non avec la branche des kimberlites. »

Dimroth (1970a) considère que l’activité volcanique est postorogénique. Par contre, Dressler (1979), appuyé par Chevé (1993), avance que l’activité volcanique était synchrone avec le dépôt de la partie supérieure de la Formation de Sokoman. Chevé (1993) croit, tout comme Dressler (1979), qu’une période de déformation (D1) d’intensité relativement faible a affecté les roches d’âge pré-Wishart (soit les roches du premier cycle volcano-sédimentaire) et que cette période représente les premières pulsions de l’Orogenèse hudsonienne dans la Fosse du Labrador. Cette déformation aurait été la cause des plis ouverts et du clivage tectonique dans les roches sédimentaires de la Formation de Savigny, à l’ouest du lac Castignon, ainsi que dans certains fragments de la Formation de Savigny incorporés dans les brèches de diatrème. La déformation principale de l’orogenèse, qui est associée aux grands systèmes de failles de chevauchement et de plis (D2), aurait affecté les deux cycles volcano-sédimentaires de la Fosse, y compris les roches du Complexe volcanique de Castignon.

En ce qui concerne le potentiel économique du Complexe volcanique de Castignon, Clark et Wares (2004, p. 111) font les constations suivantes : « Aucune concentration minérale d’importance économique n’a été rapportée par Chevé (1993) dans le Complexe volcanique de Castignon. Toutefois, il a mentionné la présence locale, dans les roches mélilititiques, de 3 % de sulfures, principalement la pyrite et accessoirement la chalcopyrite et la pyrrhotite. Chevé (1993) considère que le potentiel du complexe pour des gîtes d’EGP ou d’or est faible. Il considère également que l’affiliation lithochimique du complexe avec les lamprophyres ultramafiques diminue son potentiel diamantifère. Dimroth (1978), pour sa part, a noté que la composition ankéritique du Complexe carbonatitique de Castignon n’est pas favorable pour des gîtes de Nb ou des ETR. Toutefois, il souligne la présence d’apatite et de fluorine dans une intrusion juste à l’ouest du lac de la Brèche (20 km à l’est du lac Cambrien). Des traces de Nb ont été détectées à ce site minéralisé (site Lac Savigny). »

Dans le cadre d’une cartographie à l’échelle 1/50 000, Dimroth (1978) a subdivisé les roches du Complexe volcanique de Castignon en fonction de leur composition lithologique et en faisant abstraction de leur mode de mise en place. Travaillant également à l’échelle 1/50 000, Dressler (1979) a construit une légende basée à la fois sur les lithologies et le style de mise en place. Chevé (1993) a également opté pour une classification combinant les caractéristiques lithologiques et le style de mise en place. La classification adoptée ici représente une synthèse de ces différentes légendes.

Complexe volcanique de Castignon non subdivisé (pPcas) : carbonatite, mélilitite à olivine (tuf ou filon-couche), meiméchite

Cette unité regroupe tous les lithofaciès constituant le Complexe volcanique de Castignon.                                                                                                         

Complexe volcanique de Castignon 1 (pPcas1) : Carbonatite à phlogopite sous forme de dyke, de pipe ou de filon-couche; peut contenir jusqu’à 10 % d’enclaves hétérolithiques

Cette unité regroupe les lithologies suivantes : 1) carbonatite à phlogopite et olivine; 2) carbonatite à ankérite; 3) carbonatite à fluorine-apatite; 4) carbonatite à structure d’écoulement (flow-layering); et 5) veine de carbonate-quartz (Dimroth, 1970a). Les petits dykes et diatrèmes peuvent montrer une structure porphyrique par endroits. Les phénocristaux de phlogopite, d’ankérite, de magnétite et d’olivine flottent dans une matrice à grain très fin composée de serpentine, de talc et d’ankérite.

La carbonatite à phlogopite et olivine forment communément des dykes de niveau profond en plus de quelques petits diatrèmes. La roche contient des phénocristaux ou de grands cristaux pœcilitiques de phlogopite et des phénocristaux d’olivine serpentinisée logés dans une matrice d’ankérite, de chlorite, de serpentine et d’oxydes de fer (Dimroth, 1970a, 1978; Chevé, 1993). La carbonatite à ankérite contient des phénocristaux millimétriques d’ankérite dans une matrice très finement grenue. La carbonatite à apatite et fluorine renferme des phénocristaux d’ankérite de 1 à 2 cm de diamètre et des prismes d’apatite atteignant 5 mm de longueur, lesquels reposent dans une matrice finement grenue d’ankérite et d’oxydes de fer. La fluorine est interstitielle. La carbonatite à structures d’écoulement formées de carbonate (avec ou sans agrégats de chlorite et de serpentine) montre un rubanement millimétrique à centimétrique parallèle aux contacts des intrusions.

Complexe volcanique de Castignon 2 (pPcas2) : Carbonatite sous forme de brèche de diatrème hétérolithique, de brèche pyroclastique, de tuf à lapillis et à blocs, et de tuf

Cette unité comprend des unités de brèche de diatrème hétérolithique, de brèche pyroclastique, de tuf à lapillis et à blocs et de tuf, toutes de composition carbonatitique (Dimroth, 1970a; Chevé, 1993). Ces roches représentent les parties supérieures des systèmes volcaniques, tels que les cônes volcaniques. Le cône volcanique situé au SW du lac de l’Hématite est composé, à la base, de tuf carbonatitique surmonté de brèche pyroclastique hétérolithique (Chevé, 1993). La plus grande partie du cœur de la structure volcanique est composée de tuf à lapillis meiméchitique (Dimroth, 1970a). La majorité des fragments dans les niveaux de brèche hétérolithique proviennent de l’encaissant. La matrice est constituée de calcite à des niveaux élevés dans les systèmes volcaniques; par contre, elle est composée de carbonatite/meiméchite à des niveaux profonds (Dimroth, 1970a).         

Complexe volcanique de Castignon 3 (pPcas3) : Mélilitite à olivine (meiméchite) sous forme de tufs et de filons-couches

La mélilitite à olivine (meiméchite) est intrusive ou extrusive. Chevé (1993) a observé que le tuf mélilititique dans le secteur du lac de l’Hématite (feuillets 24C07 et 24C10) est, en général, concordant à la stratification de la Formation de Sokoman encaissante. Du tuf à lapillis de cette composition forme le cœur d’un cône volcanique situé au SW du lac de l’Hématite (Dimroth, 1970a; Chevé, 1993). Quelques niveaux mineurs de tuf carbonatitique se présentent localement dans le tuf mélilititique (Chevé, 1993). Comme indiqué en forage, l’épaisseur des niveaux de tuf mélilititique et des filons-couches mélilititiques mis en place dans la partie supérieure de la Formation de Sokoman, près du lac de l’Hématite, varie de 15 à 95 m (Neal et al., 1977).

Dressler (1979, p. 39) décrit la pétrographie du tuf mélilititique à olivine comme suit : « Les roches mélilititiques sont composées d’une masse compacte, finement grenue, de serpentine et de minéraux opaques, de lapillis cimentés par une délicate serpentine verte, ou de lapillis cimentés par des quantités variables de calcite. Les lapillis sont composés d’olivine idiomorphe ou hypidiomorphe, serpentinisée ou, par endroits, carbonatisées [sic], et entourée de lattes de mélilite, de minéraux opaques ou d’un peu de carbonate. Les lattes de mélilite sont remplacées, soit par du carbonate soit, plus généralement, par une chlorite incolore […] Il s’agissait bien, à l’origine, de mélilitites et que la roche est donc correctement appelée mélilitite à olivine. »

Complexe volcanique de Castignon 4 (pPcas4) : Lamprophyre ultramafique sous la forme de cheminées ou de dykes

L’unité de lamprophyre ultramafique se présentent sous la forme de cheminées ou de dykes. Deux dykes de lamprophyre ultramafique, de direction N-S, affleurent au SW du lac Canichico (feuillet 24C10) (Dressler, 1979). Les dykes se sont mis en place dans les lits de dolomie de la Formation d’Uvé et de formation de fer de la Formation de Sokoman. Dans le même secteur, une petite cheminée de lamprophyre ultramafique de ~20 m de diamètre s’est injectée dans du mudstone de la Formation de Ruth. Dressler (1979) a également mentionné un affleurement de lamprophyre métamorphisé situé dans la ceinture orientale de la Fosse.

Les dykes de lamprophyre sont à grain fin et porphyriques. La roche est formée d’olivine (complètement serpentinisée), de phlogopite pœcilitique, de grenat (andradite), de calcite et de minéraux opaques (magnétite et sulfures). Les phénocristaux d’olivine présentent une orientation préférentielle définissant une structure fluidale. Sous forme de cheminée, le lamprophyre porphyrique est composé de phénocristaux d’olivine altérée en serpentine ± talc ± trémolite et de pyroxène chloritisé, le tout baignant dans une matrice finement grenue de grenat (andradite) sphérolitique, de phlogopite, d’apatite et de minéraux opaques (magnétite et sulfures). Les cristaux d’olivine et de pyroxène présentent une structure fluidale.

 

Épaisseur et distribution

Le Complexe volcanique de Castignon est présent uniquement dans la Fosse du Labrador où il forme de nombreuses aires cartographiques distribuées entre les latitudes 56° 5′ N et 57° 4′ N, soit sur une distance de 100 km (feuillets 24C et 24F). Les aires se situent dans les zones lithotectoniques autochtones-parautochtones de Bérard et de Cambrien et dans la Zone allochtone de Schefferville, telles que définies par Clark et Wares (2004).

Datation

Dimroth (1969, 1970a, 1970b, 1978) a assigné un âge postorogénique à cette unité, basé sur les considérations suivantes : 1) les brèches du Complexe volcanique de Castignon contiennent des fragments d’ardoise de la Formation de Savigny; 2) des dykes carbonatitiques non déformés et non métamorphisés se sont injectés le long du clivage ardoisier dans les roches hôtes; et, 3) les diatrèmes coupent des plis et se situent généralement dans des anticlinaux. Il reconnaît toutefois que certains diatrèmes injectés à des niveaux plus superficiels ont été fortement affectés par des failles (Dimroth, 1978).

Dressler (1975, 1979), pour sa part, signale que : 1) un lamprophyre associé aux carbonatites et injecté dans la Formation de Ruth (sous-jacente à la Formation de Sokoman) a donné un âge K/Ar de 1873 ±53 Ma; 2) des lits de tuf mélilititique à olivine sont interstratifiés avec les unités ferrifères de la Formation de Sokoman; 3) aucune roche du clan carbonatitique n’est observée dans les roches sédimentaires de la Formation de Menihek (stratigraphiquement sus-jacente à la Formation de Sokoman) dans la région qu’il a cartographiée; 4) certains tufs mélilititiques montrent des preuves de déformation tectonique; 5) des roches mélilititiques à olivine se présentent à divers niveaux stratigraphiques dans la partie supérieure de la Formation de Sokoman; et 6) un dyke de lamprophyre exposé dans la partie est de la Fosse du Labrador est déformé et métamorphisé. Il en a déduit que ces roches prédatent la Formation de Menihek et sont synchrones à la mise en place de la partie supérieure de la Formation de Sokoman. Dressler (1979) a expliqué la présence de fragments d’ardoise dans des brèches carbonatitiques par un épisode de déformation faible d’âge pré-Wishart – c’est-à-dire compris entre le dépôt des roches du premier et deuxième cycles. La possible existence de cette déformation avait déjà été évoquée par Dimroth et al. (1970) et Le Gallais et Lavoie (1982).

Chevé (1993) présente plusieurs preuves de terrain indiquant que cette unité est contemporaine du dépôt de la Formation de Sokoman : 1) des niveaux de tuf mélilititique sont concordants aux strates de la Formation de Sokoman; 2) des lits volcanoclastiques carbonatitiques sont visibles dans la Formation de Sokoman; 3) des fragments d’ardoise provenant de la Formation de Savigny (premier cycle) sont incorporés dans une brèche de diatrème et possèdent un clivage tectonique; et 4) certaines unités du complexe se sont injectées le long d’un plan tectonique prédatant la Formation de Sokoman.

Enfin, Chevé et Machado (1988) ont obtenu un âge concordant U-Pb de 1880 ±2 Ma pour un mégacristal de zircon provenant d’un dyke nourricier de carbonatite à fluorine situé à leur localité 16 (Chevé, 1993), à l’ouest du lac Castignon. Ils ont interprété ce résultat comme l’âge de cristallisation du dyke. Cette datation correspond également à l’âge de la Formation de Sokoman dans ce secteur.

Système isotopique

Minéral

Âge de cristallisation (Ma)

(+)

(-)

Références

K/Ar

Roche totale (note 1)

 1873

53

 53

 Dressler, 1975

U-Pb

Zircon (note 2)

1880

2

2

Chevé et Machado, 1988

Notes : 1) roche datée : lamprophyre provenant d’un culot volcanique intrusif dans les roches sédimentaires de la Formation de Ruth; 2) source du zircon daté : dyke de carbonatite à fluorine de la localité 16 de Chevé (1993).

Relations stratigraphiques

Dimroth (1970a, 1978) décrit des diatrèmes carbonatitiques qui, à certains endroits, se sont mis en place dans la Formation de Savigny bréchifiée. Cet auteur a observé des dykes carbonatitiques à meiméchitiques, généralement orientés N-S, qui coupent la Formation de Savigny. Chevé (1993) a observé que certains de ces « dykes » sont en fait concordants au litage de l’encaissant, ce qui en fait plutôt des filons-couches. D’après Dimroth (1970a), les dykes les plus au sud se sont mis en place à des niveaux stratigraphiques relativement profonds dans les systèmes volcaniques.

À l’ouest du lac de l’Hématite (feuillet 24C10), Dressler (1979) rapporte la présence de deux lits de tuf mélilititique à olivine interstratifiés dans les unités ferrifères de la Formation de Sokoman. Dressler (1979) a souligné le fait que, dans le secteur du lac de l’Hématite, les roches mélilititiques à olivine sont présentes à divers niveaux stratigraphiques dans la partie supérieure de la Formation de Sokoman. Toutefois, les roches du complexe n’ont jamais été observées dans la Formation de Menihek ou dans les autres unités sus-jacentes stratigraphiquement à la Formation de Sokoman. Dressler (1979) et Chevé (1993) pensent donc que la mise en place du complexe est contemporaine du dépôt de la Formation de Sokoman.

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Publications accessibles dans SIGÉOM Examine

CHEVE, S. 1993. CADRE GEOLOGIQUE DU COMPLEXE CARBONATIQUE DU LAC CASTIGNON – FOSSE DU LABRADOR. MRN. MB 93-64, 100 pages et 1 plan.

CLARK, T., WARES, R. 2004. SYNTHESE LITHOTECTONIQUE ET METALLOGENIQUE DE L’OROGENE DU NOUVEAU-QUEBEC (FOSSE DU LABRADOR). MRNFP. MM 2004-01, 182 pages et 1 plan.

DIMROTH, E. 1966. GEOLOGIE DE LA REGION DU LAC DUNPHY, TERRITOIRE DU NOUVEAU-QUEBEC. MRN. RP 557, 24 pages et 1 plan.

DIMROTH, E. 1966. PRELIMINARY REPORT, GEOLOGY OF DUNPHY LAKE AREA, NEW QUEBEC TERRITORY. MRN. RP 557(A), 21 pages et 1 plan.

DIMROTH, E. 1969. GEOLOGIE DE LA REGION DU LAC CASTIGNON, TERRITOIRE DU NOUVEAU-QUEBEC. MRN. RP 571, 62 pages et 7 plans.

DIMROTH, E. 1969. PRELIMINARY REPORT, GEOLOGY OF THE CASTIGNON LAKE AREA, NEW QUEBEC TERRITORY. MRN. RP 571(A), 58 pages et 7 plans.

DIMROTH, E. 1978. REGION DE LA FOSSE DU LABRADOR ENTRE LES LATITUDES 54° 30′ ET 56° 30′. MRN. RG 193, 417 pages et 16 plans.

DRESSLER, B. 1973. GEOLOGIE DE LA REGION DU LAC PATU, TERRITOIRE DU NOUVEAU-QUEBEC. MRN. RP 603, 26 pages et 1 plan.

DRESSLER, B., CIESIELSKI, A. 1979. REGION DE LA FOSSE DU LABRADOR. MRN. RG 195, 136 pages et 14 plans.

MERQ. 1986. CODE STRATIGRAPHIQUE NORD-AMERICAIN. DV 86-02, 76 pages.

NEAL, H.E. AND ASSOCIATES LTD., 1977.  Preliminary investigation 1975-1976 December lake iron property, Quebec Ungava Mining Company. Rapport statutaire soumis au gouvernement du Québec. GM 33386, 363 pages et 37 plans.

 

Autres publications

CHEVÉ, S.R., MACHADO, N. 1988. Reinvestigation of the Castignon Lake carbonatite complex, Labrador Trough, New Québec. Joint Annual Meeting of the Geological Association of Canada and the Mineralogical Association of Canada, St. John’s, Newfoundland; Program with Abstracts, volume 13, page 20.

DIMROTH, E. 1970a. Meimechites and carbonatites of the Castignon Lake Complex, New Quebec. Neues Jahrbuch für Mineralogie, Abhandlungen; volume 112, pages 239-278.

DIMROTH, E. 1970b. Evolution of the Labrador Geosyncline. Geological Society of America Bulletin; volume 81, pages 2717-2742. doi.org/10.1130/0016-7606(1970)81[2717:EOTLG]2.0.CO;2

DIMROTH, E., BARAGAR, W.R.A., BERGERON, R., JACKSON, G.D. 1970. The filling of the Circum-Ungava geosyncline. In Symposium on Basins and Geosynclines of the Canadian Shield (A.J. Baer, editor). Commission géologique du Canada; Études 70-40, pages 45-172. doi.org/10.4095/124922

DRESSLER, B. 1975. Lamprophyres of the north-central Labrador Trough, Quebec, Canada. Neues Jahrbuch für Mineralogie, Monatshefte; volume 6, pages 268-280.

LE GALLAIS, C.J., LAVOIE, S. 1982. Basin evolution of the Lower Proterozoic Kaniapiskau Supergroup, central Labrador miogeocline (Trough), Quebec. Bulletin of Canadian Petroleum Geology, volume 30, pages 150-166. bcpg.geoscienceworld.org/content/30/2/150

NORTH AMERICAN COMMISSION OF STRATIGRAPHIC NOMENCLATURE (NACSN). 1983. North American Stratigraphic Code. American Association of Petroleum Geologists Bulletin; volume 67, pages 841-875. archives.datapages.com/data/bulletns/1982-83/data/pg/0067/0005/0800/0841.htm

NORTH AMERICAN COMMISSION OF STRATIGRAPHIC NOMENCLATURE (NACSN). 2005. North American Stratigraphic Code. American Association of Petroleum Geologists Bulletin, volume 89, pages 1547-1591. nacsn.americangeosciences.org/sites/default/files/2018-08/AAPG_Bull-89_NACSN-Code.pdf

 

Citation suggérée

 

Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN). Complexe volcanique de Castignon. Lexique stratigraphique du Québec. https://gq.mines.gouv.qc.ca/lexique-stratigraphique/province-de-churchill/complexe-de-castignon [cité le jour mois année].

Collaborateurs

Première publication

Thomas Clark, géo., Ph. D. (rédaction)

Mehdi A. Guemache, géo., Ph. D. (coordination); Charles St-Hilaires, géo. stag., M. Sc. (lecture critique); Simon Auclair, géo., M. Sc. (révision linguistique); Yan Carette et André Tremblay (montage HTML). 

 
3 décembre 2020