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Dykes de Biscotasing
Étiquette stratigraphique : [ppro]bis
Symbole cartographique : pPbis

Première publication:  

 

 

Subdivision(s) informelle(s)

La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
Aucune
 
Auteur :Buchan et al., 1993
Âge :Précambrien / Protérozoïque / Paléoprotérozoïque
Coupe type :Dyke B2 de Buchan et al. (1993) qui coupe les roches archéennes dans les environs du village de Biscotasing en Ontario, situé à 145 km à l’WSW de Timmins. Dans le canton de Munro (feuillet SNRC 42E09), en Ontario, ce dyke affleure aux coordonnées suivantes : UTM, NAD 83, zone 17, 573272 mE, 5322331 mN.
Région type :Les Dykes de Biscotasing sont présents dans le NE ontarien et en Abitibi au Québec.
Province géologique :Province du Supérieur
Subdivision géologique :

Sous-province d’Abitibi (et de Wawa en Ontario), Sous-province d’Opatica

Lithologie :Gabbronorite à quartz
Type d’unité :Lithodémique
Rang :Suite
Statut :Formel
Usage :Actif

 

Historique

Dès le début de la cartographie géologique au Québec et en Ontario, les géologues ont identifié des dykes et des filons-couches de diabase tardifs (par ex. Murray et al., 1897). L’Espérance (1948) et Gill et L’Espérance (1952) avaient noté que ces intrusions, présentes dans tout le Bouclier canadien, étaient très probablement d’âge keweenawien (Mésoprotérozoïque) et qu’elles pouvaient être classées en trois catégories : 1) diabase indifférenciée ou ordinaire; 2) diabase à quartz; 3) diabase à olivine. Moore (1929) a conclu que les diabases à olivine étaient systématiquement plus jeunes que les diabases à quartz. La carte de Fahrig et West (1986), réalisée à partir de compilations et de l’interprétation des levés aéromagnétiques, présente la distribution des essaims de dykes de diabase du Bouclier canadien et leur chronologie basée sur des âges isotopiques. Sur cette carte, les dykes d’orientation NE de la partie ouest du Québec ont été associés à l’Essaim de Preissac. Par la suite, les travaux de paléomagnétisme et de géochronologie de Buchan et al. (1993) ont permis de diviser ces dykes en deux ensembles : les Dykes de Senneterre et les Dykes de Biscotasing.

Description

Les Dykes de diabase de Biscotasing ont été tracés à partir de la distribution des affleurements et de la carte du gradient vertical du champ magnétique. Ces intrusions mafiques orientées du NNE au NE s’étendent de manière rectiligne sur des distances kilométriques.

L’épaisseur des dykes varie de quelques mètres à 133 m. La diabase présente une patine brune et une cassure fraîche verte. Le contact avec les roches encaissantes est franc et correspond généralement à une bordure de trempe aphanitique d’une épaisseur de un à quelques centimètres. Le centre des dykes est à grain moyen. La roche est massive, homogène et peu déformée. On reconnaît des réseaux de fractures disposés perpendiculairement à l’orientation des dykes.

Les Dykes de Biscotasing sont composés d’une gabbronorite à grain moyen d’augite, de plagioclase et d’orthopyroxène dessinant une microstructure intergranulaire à ophitique. Les minéraux accessoires sont la magnétite-ilménite (1 à 3 %), le quartz (1 à 4 %), l’apatite et des traces de biotite. Le degré d’ouralisation et de séricitisation varie de faible à élevé. L’orthopyroxène est plus altéré (chlorite, serpentine, amphibole) et est donc plus difficile à reconnaître en lames minces. En Ontario, Halls et al. (2005) rapportent que le Dyke de Hillport, l’un des dykes les plus épais de cette famille, contient des cristaux de plagioclase atteignant un centimètre de longueur.

Épaisseur et distribution

Les Dykes de Biscotasing ont été reconnus dans une région s’étendant de Kistingan Lake au Manitoba jusqu’à Senneterre au Québec, soit sur une superficie de 450 000 km2 (calculée à partir de la figure 17.1 de Hamilton et Stott, 2008, en excluant la région des monts Otish). Ils coupent les roches archéennes de la Province du Supérieur, ainsi que les roches clastiques du Groupe de Cobalt du canton de Fallon en Ontario (Pyke, 1972) et celles au nord d’Elliot Lake (Halls et Davis, 2004).

Datation

L’âge des Dykes de Biscotasing varie de 2174,6 Ma à 2166,7 Ma. Leur mise en place est contemporaine à celle des filons-couches gabbroïques des Otish (2172,2 ±1,7 Ma à 2162,5 ±6,2 Ma, Hamilton et Buchan, 2016; Milidragovic et al., 2016), des Dykes de la rivière Payne (2170 à 2160 Ma, cité dans Hamilton et Buchan, 2016) et des Filons-couches de Montagnais dans la région du lac Cramolet dans la Fosse du Labrador (pPmon; 2169 ±2 Ma, Rohon et al., 1993).
 

Système isotopiqueMinéralÂge de cristallisation (Ma)(+)(-)Référence(s)
U-PbBaddeleyite2170,71,11,1Davis et Stott, 2003; Halls et al., 2005
U-PbBaddeleyite2167,82,22,2Halls et Davis, 2004
U-PbBaddeleyite2171,61,21,2Halls et Davis, 2004
U-PbBaddeleyite2174,63,23,2Hamilton et Stott, 2008
U-PbBaddeleyite2166,71,41,4Buchan et al., 1993

 

Relation(s) stratigraphique(s)

Les dykes de Biscotasing coupent les roches archéennes de la Province du Supérieur. Ils se mettent parfois en place dans des zones de cisaillement ou des failles régionales majeures.  

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)
BUCHAN, K.L. – MORTENSEN, J.K. – CARD, K.D.Northeast-trending Early Proterozoic dykes of the southern Superior Province: multiple episodes of emplacement recognized from integrated paleomagnetism and U-Pb geochronology. Canadian Journal of Earth Sciences; volume 30, pages 1286-1296.  1993Source
DAVIS, D.W. – STOTT, G.M.Geochronology of two Proterozoic mafic dike swarms in northwestern Ontario. In: Summary of Field Work and Other Activities 2003. Ontario Geological Survey; Open File Report 6120, pages 12-1 – 12-7.2003Source
FAHRIG, W.F. – WEST, T.D.Diabase dykes swarms of the Canadian Shield – Essaims de dykes diabasiques du Bouclier canadien. Geological Survey of Canada; map 1627A.1986Source
GILL, J.E. – L’ESPÉRANCE, R.Diabase Dykes in the Canadian Shield. Transactions of the Royal Society of Canada; volume XLVI, series III, section four, pages 25-36.1952
HALLS, H.C. – DAVIS, D.W.Paleomagnetism and U–Pb geochronology of the
2.17 Ga Biscotasing dyke swarm, Ontario, Canada: evidence for vertical-axis crustal rotation across the Kapuskasing Zone. Canadian Journal of Earth Sciences; volume 41, pages 255-269.
2004Source
HALLS, H.C. – STOTT, G.M. – DAVIS, D.WPaleomagnetism, geochronology and geochemistry of several Proterozoic mafic dike swarms in northwestern Ontario. Ontario Geological Survey; Open File Report 6171, 59 pages.2005Source
HAMILTON, M.A. – BUCHAN, K.L.A 2169 Ma U–Pb baddeleyite age for the Otish Gabbro, Quebec: implications for correlation of Proterozoic magmatic events and sedimentary sequences in the eastern Superior Province. Canadian Journal of Earth Sciences; volume 53, pages 119-128.2016Source
HAMILTON, M.A. – STOTT, G.M.Project Unit 04-018. The Significance of New U/Pb Baddeleyite Ages from Two Paleoproterozoic Diabase Dikes in Northern Ontario. In: Summary of Field Work and Other Activities 2008. Ontario Geological Survey; Open File Report 6226, pages 17-1 – 17-10.2008Source
L’ESPÉRANCE, R.L.
 
A study of the diabase dykes of the Canadian Shield. Master thesis, McGill university, Montreal, Canada, 48 pages, 1 carte.1948TH0306
MILIDRAGOVIC, D. – BEAUDOIN, G. – HAMILTON, M.A. – KING, J.J.The Paleoproterozoic Otish Gabbro suite and coeval dyke swarms of the Superior Province: Probing the ca. 2.17 Ga mantle. Precambrian Research; volume 278, pages 126–144.2016Source
MOORE, E.S.Keweenawan Olivine Diabase of the Canadian Shield. Transactions of the Royal Society of Canada; section IV, pages 39-45.1929
MURRAY, A – BELL, R. – BARLOW, A.E.Province of Ontario, Nipissing, Algoma and Parry Sound districts, French River sheet. Geological Survey of Canada; map 570.1897Source
PYKE, D.E.Geology of Fallon and Fasken Townships, District of Timiskaming. Ontario Division of Mines; GR104, 32 pages, accompanied by Map 2253.1972Source
ROHON, M.-L. – VIALETTE, Y. – CLARK, T. – ROGER, G. – OHNENSTETTER, D. – VIDAL, P.Aphebian mafic–ultramafic magmatism in the Labrador Trough (New Quebec): its age and the nature of its mantle source. Canadian Journal of Earth Sciences; volume 30, pages 1582–1593.1993Source

 

 

15 septembre 2017