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Suite de Qarliik
Étiquette stratigraphique : [ppro]qik
Symbole cartographique : pPqik

Première publication:  
Dernière modification:

 

 

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
pPqik3 Granite pegmatitique rose
pPqik2 Granite rose
pPqik1 Granite beige
 
Auteur :Mathieu et al., 2018
Âge :Précambrien / Protérozoïque / Paléoprotérozoïque
Coupe type : 
Région type :Région de la rivière Koroc (feuillet SNRC 24I)
Province géologique :Province de Churchill
Subdivision géologique :Zone noyau
Lithologie :Granite
Type d’unité :Lithodémique
Rang :Suite
Statut :Formel
Usage :Actif

 

 

Historique

La Suite de Qarliik a été introduite par Mathieu et al. (2018) dans la région de la rivière Koroc et de Pointe Le Droit afin de regrouper l’ensemble des intrusions granitiques paléoprotérozoïques situées entre la Zone de cisaillement de Moonbase (ZCM) et le Couloir de déformation de Blumath (CDB). Ces intrusions étaient auparavant assignées au Complexe de Baudan (Verpaelst et al., 2000) pour définir une unité de gneiss granitique et d’intrusions granitiques. Ce nom d’unité n’a par la suite pas été utilisé par Simard et al. (2013) et Lafrance et al. (2015) qui ont préféré distinguer les gneiss des intrusions tardives. Les gneiss gris de composition tonalitique à granitique ont alors été assignés au Complexe d’Ungava alors que les intrusions étaient regroupées par ces auteurs dans la Suite de Dancelou. Toutefois, dans le cadre de la synthèse du sud-est de la Sous-province de Churchill (SEPC), différents domaines lithotectoniques ont été identifiés et il apparait que les unités observées à l’est de la ZCM sont distinctes de celles identifiées dans la région de Kuujjuaq et de la baie d’Ungava, à l’ouest de cette faille. De nouvelles unités ont donc été définies, dont la Suite de Qarliik, qui regroupe les roches intrusives plus tardives.

Description

La Suite de Qarliik comprend trois unités informelles: 1) une unité de granite beige (pPqik1); 2) une unité de granite rose (pPqik2); et 3) une unité de granite pegmatitique rose (pPqik3). Les affleurements de granite renferment entre 1 et 20 % d’enclaves de gneiss du Complexe de Kangiqsualujjuaq (ApPkan) et de migmatites du Complexe de Fougeraye (pPfog1).

Suite de Qarliik1 (pPqik1) : Granite beige

Le granite de l’unité pPqik1 est homogène, de couleur beige ou gris pâle, peu ou pas magnétique et de granulométrie moyenne à fine. Il a préservé un aspect igné mais une recristallisation partielle est observée en lame mince, particulièrement en bordure des grains. La foliation (ou la linéation) est généralement bien développée et définie par l’alignement des micas et un début d’orientation de la matrice, surtout le quartz (25 à 30 %). Ce dernier forme localement des lentilles ou des rubans discontinus dans les zones les plus déformées. Il est à extinction ondulante et la bordure montre un bourgeonnement par recristallisation dynamique. Le feldspath potassique (30 à 35 %) est perthitique et souvent bordé de myrmékites. Les minéraux mafiques (5 à 10 %) sont représentés par la biotite brune, la muscovite et la chlorite (altération de la biotite). Le plagioclase est faiblement à moyennement séricitisé. Les minéraux accessoires comprennent l’épidote, l’allanite, les minéraux opaques, le zircon (en inclusions dans la biotite) et le sphène.

Suite de Qarliik2 (pPqik2) : Granite rose

Le granite de cette unité est caractérisé par sa couleur rose pâle à foncé et une granulométrie généralement moyenne à grossière. Il est homogène, de susceptibilité magnétique variable, équigranulaire et massif à modérément folié. Lorsqu’elle est présente, la foliation est donnée par l’alignement des minéraux mafiques et un début d’orientation du quartz. Des amas et des dykes décimétriques de granite pegmatitique de l’unité pPqik3 sont observés à plusieurs endroits et sont interprétés comme une phase tardive de l’unité. L’aspect igné est bien préservé avec très peu de recristallisation en bordures de grains. Les phases felsiques sont xénomorphes et le quartz (22 à 30 %) forme des plages à extinction ondulante qui commencent à faire des sous-grains.

Le granite renferme entre 1 et 12 % de minéraux ferromagnésiens qui consistent en feuillets de biotite brune à verte (variablement chloritisée), en fines poussières d’hématite et localement en hornblende. Il renferme aussi jusqu’à 2 % de feuillets de muscovite et montre une séricitisation faible à modéré du plagioclase. Les minéraux mafiques sont dispersés dans la roche ou forment des amas millimétriques à centimétriques. Les myrmékites sont fréquentes et le feldspath potassique (30 à 45 %) est dominé par le microcline, lequel est localement perthitique et à inclusions de quartz, de plagioclase et de muscovite. Le microcline est un peu plus grenu que les autres phases minérales. Les minéraux accessoires peuvent être assez nombreux et consistent, en ordre d’importance, en épidote, allanite, minéraux opaques, sphène, apatite et zircon (en inclusions dans la biotite).

Suite de Qarliik3 (pPqik3) : Granite pegmatitique rose

La pegmatite se présente sous trois formes: en dykes coupant les roches encaissantes, en masses métriques à kilométriques et en amas ou dykes dans l’unité de granite pPqik2. Leur aspect est généralement massif mais certaines pegmatites sont foliées et plissées. Elle est de couleur rose ou tachetée rose, noir et blanc. La pegmatite renferme entre 20 et 40 % de quartz mais est localement beaucoup plus riche, ressemblant même à des veines de quartz. Le quartz forme de grandes plages à extinction roulante. Le microcline (25 à 38 %) est perthitique et les myrmékites sont nombreuses. Le plagioclase est localement séricitisé et une légère recristallisation est observée en bordure de grains. La pegmatite renferme entre 5 et 12 % de minéraux ferromagnésiens, qui forment des amas centimétriques répartis de façon hétérogène dans la roche. La biotite domine les minéraux mafiques et de la muscovite y est presque toujours associée. Les minéraux accessoires sont abondants et représentés par l’épidote, l’allanite, l’apatite, la magnétite, le sphène et le zircon. 

Épaisseur et distribution

La Suite de Qarliik forme généralement des intrusions allongées de 2 à 20 km de longueur sur moins de 3 km de largeur. Une intrusion plus importante de 23 km sur 15 km a été observée dans la partie nord-est de la Zone noyau. Le Qarliik est limité à l’ouest par la ZCM, qui vient buter au nord contre la Zone de cisaillement de la rivière George (ZCRG), et à l’est par le CDB. Il se trouve en proportion plus importante dans les régions de la rivière Koroc et de Pointe Le Droit (Mathieu et al., 2018).

Datation

Trois datations effectuées dans chacune des unités de la Suite de Qarliik ont donné des âges autour de 1830 Ma, indiquant que la mise en place de ces intrusions s’est effectuée vers la fin de l’édification de l’Orogène des Torngat (1885 à 1800 Ma; Charette, 2016), qui a affecté la partie est de la Zone noyau.

Système isotopiqueMinéralUnitéÂge de cristallisation (Ma)(+)(-)Référence(s)
U-PbZirconpPqik11829,73,53,5David et al., 2009 (98-PV1-011)
U-PbZirconpPqik2182822David et al., 2009 (98-SP-4044C)
U-PbZirconpPqik318321111David et al., 2009 (98-SP-4079B)

Relation(s) stratigraphique(s)

Les intrusions granitiques de la Suite de Qarliiq coupent les unités archéennes du Complexe de Kangiqsualujjuaq (ApPkan) et de la Suite de Baudan (nAban). Sa relation avec la Suite de Siimitalik (ApPsik) est plus difficile à cerner puisque cette unité comprend aussi une phase granitique rose similaire à celle du pPqik2, la première étant toutefois d’âge archéen. Il est possible qu’une partie des granites roses de l’unité ApPsik2 appartiennent en fait à la Suite de Qarliik.

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)
CHARETTE, B.Long-lived Anatexis in the Exhumed Middle Crust from the Torngat Orogen and Eastern Core Zone: Constraints from Geochronology, Petrochronology, and Phase Equilibria Modeling. Thèse de maîtrise, University of Waterloo, 389 pages.2016Source
DAVID, J. –  MAURICE, C. –  SIMARD, M.Datations isotopiques effectuées dans le nord-est de la Province du Supérieur – Travaux de 1998, 1999 et 2000. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Québec; DV 2008-05.2009DV 2008-05
LAFRANCE, I. – BANDYAYERA, D. – BILODEAU, C.Géologie de la région du lac Henrietta (SNRC 24H). Ministère des Ressources naturelles, Québec; RG 2015-01, 62 pages.2015RG 2015-01
MATHIEU, G. – LAFRANCE, I. – VANIER, M.A.Géologie de la région de Pointe le Droit, sud-est de la Province de Churchill, Nunavik, Québec, Canada. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec.2018Bulletin géologiQUE
SIMARD, M. – LAFRANCE, I. – HAMMOUCHE, H. – LEGOUIX, C.Géologie de la région de Kuujjuaq et de la baie d’Ungava (SNRC 24J et 24K). Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec; RG 2013-04, 60 pages.2013RG 2013-04
VERPAELST, P. – BRISEBOIS, D. – PERREAULT, S. – SHARMA, K.N.M. et DAVID, J.Géologie de la région de la rivière Koroc et d’une partie de la région de Hébron (SNRC 24I et 14L). Ministère des Ressources naturelles, Québec; RG 99-08, 62 pages, 10 plans.2000RG 99-08

 

 

17 avril 2018