Suite de Préville
Étiquette stratigraphique : [ppro]prv
Symbole cartographique : pPprv

Première publication: 20 octobre 2016
Dernière modification: 5 décembre 2017

 

 

Subdivision(s) informelle(s)

La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
pPprv2 Roches calcosilicatées mafiques à porphyroblastes d’amphibole
pPprv1 Gneiss carbonaté à biotite, amphibole et grenat, possiblement d’origine sédimentaire

Auteur :

Charette et al., 2016
Âge :Précambrien / Protérozoïque / Paléoprotérozoïque
Coupe type : 
Région type :Région du lac Jeannin (SNRC 24B)
Province géologique :Province de Churchill
Subdivision géologique :Orogène du Nouveau-Québec / Zone de Rachel-Laporte
Lithologie :Roches calcosilicatées mafiques et gneiss carbonaté
Type d’unité :Unité lithodémique
Rang :Suite
Statut :Unité formelle
Usage :Unité active

 

 

Historique

La Suite de Préville a été introduite dans la région du lac Jeannin (Charette et al., 2016). Penrose (1978) avait déjà décrit des gneiss basiques lités à hornblende et trémolite dans une partie du secteur actuellement couvert par la Suite de Préville.

Description

La Suite de Préville comprend différents faciès de roches calcosilicatées, déformées et métamorphisées. Deux sous-unités, souvent interstratifiées, ont été distinguées : une unité de gneiss carbonaté à biotite, amphibole et grenat d’origine possiblement sédimentaire (pPprv1) et une unité de roches calcosilicatées mafiques à porphyroblastes d’amphibole d’origine incertaine (pPprv2). L’unité pPprv2 représente l’unité principale de cette suite. Les roches des deux unités sont bien foliées et localement schisteuses. À proximité des failles et du contact avec la Fosse du Labrador, on observe l’apparition de porphyroclastes d’amphiboles et de grenat associés à des ombres de pression de muscovite (en remplacement de la biotite). La granulométrie de la roche est alors réduite et la chlorite est abondante.

Suite de Préville 1 (pPprv1) : Gneiss carbonaté à biotite, amphibole et grenat, possiblement d’origine sédimentaire

L’unité pPprv1 est une roche rubanée montrant une alternance de rubans millimétriques à centimétriques clairs et vert foncé (20 à 35 %). Les rubans clairs sont finement à très finement grenus et montrent des microstructures témoignant d’une recristallisation partielle. Ils sont constitués de plagioclase, de quartz, de biotite et de carbonate avec localement de la muscovite, de l’épidote et de l’apatite. Les carbonates se présentent en cristaux idiomorphes ou en plages interstitielles. Les rubans foncés sont plus grenus, régulièrement lenticulaires et de composition variée. Ces rubans peuvent être à biotite seulement ou à biotite, amphibole (hornblende et actinote) et grenat. Les amphiboles et le grenat sont communément pœciloblastiques et renferment des inclusions de quartz, de muscovite, de minéraux opaques, de chlorite et de carbonate. Les rubans foncés contiennent occasionnellement de la scapolite et des minéraux opaques. Les carbonates se trouvent aussi en remplissage de fractures. La biotite est localement altérée en chlorite, alors que la hornblende est pseudomorphisée par endroits en biotite ± chlorite. Lorsque présente, la kyanite forme de gros cristaux coupant le rubanement et la foliation. Enfin, certains rubans renferment de petites baguettes de sillimanite à extinction commune (ancien gros cristal).

Un faciès particulier observé localement qui présente certaines ressemblances avec une formation de fer a également été assigné à la Suite de Préville. Cette lithologie pourrait aussi représenter une zone fortement silicifiée. La roche est plissé et est constituée d’une alternance de rubans de diverse composition, principalement des rubans de quartz grenu interstratifiés avec environ 30 % de rubans de grunérite ± carbonate et 5 % de rubans de magnétite. Le quartz est xénomorphe à subidiomorphe. La grunérite forme des pœciloblastes à bordure de hornblende.

 

Suite de Préville 2 (pPprv2) : Roches calcosilicatées mafiques à porphyroblastes d’amphibole

L’unité principale de la Suite de Préville est caractérisée par la présence de porphyroblastes d’amphibole aciculaire (hornblende, actinote ± pargasite ± arfvedsonite) de 1 à 10 cm de longueur. Les gerbes croissent dans le plan de foliation, définissant une structure de garbenschiefer remarquable. Les amphiboles sont généralement pœciloblastiques avec de nombreuses inclusions de plagioclase et, plus localement, de carbonate, d’épidote et de chlorite. L’unité pPprv2 est composée de deux faciès principaux qui se présentent en alternance à l’échelle décimétrique à décamétrique. Dans le premier faciès, les porphyroblastes baignent dans une matrice blanchâtre très fine constituée de plagioclase et de carbonate associés à une quantité non négligeable de zoïsite dans la matrice et en inclusions dans les amphiboles. Le deuxième faciès montre un rubanement centimétrique à décimétrique marqué par l’alternance de niveaux très riches en amphibole et grenat et de niveaux lenticulaires à amphibole, grenat et biotite. Ces niveaux comprennent de 5 à 40 % de matrice recristallisée très fine constituée de plagioclase, de carbonate, de petits feutres de biotite brune accompagnés localement de quartz et de minéraux opaques. Des minéraux secondaires comme la kyanite, la sillimanite, la staurotide, la muscovite et la scapolite sont observés en quantité variable dans ce faciès. L’épidote, la tourmaline, le zircon (en inclusions dans la biotite), le sphène et l’apatite sont les principaux minéraux accessoires.

Deux générations d’amphiboles sont observées dans l’unité pPprv2 : une première composée d’amphibole finement grenue alignée dans la foliation et une seconde formant des porphyroblastes non orientés qui se développent principalement sur les plans de foliation. La bordure des amphiboles est localement remplacée par de la biotite. Le grenat forme communément des porphyroblastes qui se superposent à la foliation. Les amphiboles et le grenat constituent généralement des amas de plusieurs centimètres intégrant des cristaux interstitiels de quartz et de carbonate.

Les schistes inclus dans l’unité pPprv2 sont vert foncé et finement à moyennement grenus. Ils sont constitués d’actinote, de plagioclase, de chlorite, de carbonates et de biotite. Penrose mentionne aussi la présence de niveaux de marbre à trémolite blanc à gris clair à granulométrie moyenne à grossière. Ce marbre pourrait correspondre au premier faciès décrit dans l’unité pPprv2.

Épaisseur et distribution

La Suite de Préville forme une séquence d’environ 30 km de longueur sur 10 km de largeur dans la partie ouest de la région du lac Jeannin, plus précisément dans les feuillets SNRC 24B11 et 24B12.

Datation

Non datée.

Relations stratigraphiques

La Suite de Préville se trouve dans le prolongement structural du Complexe de Lemoyne, localisé dans la Fosse du Labrador à environ 60 km au nord-ouest, au contact avec la Zone de Rachel-Laporte. Ce secteur présente un grain structural qui passe rapidement d’une orientation générale NW-SE à E-W, un changement probablement associé à la présence de plissements régionaux au contact des complexes de Horseshoe et de Wheeler.

Les roches du Préville pourraient correspondre à des unités de métavolcanoclastites carbonatées possiblement en lien avec la carbonatite et les tufs mafiques du Complexe de Lemoyne. Toutefois, sa présence au sein des roches volcano-sédimentaires de la Supersuite de Laporte ne permet pas d’écarter l’hypothèse qu’il puisse s’agir d’une zone d’altération métamorphisée majeure coupant les roches mafiques de la Suite de Klein et les métasédiments de la Suite de Freneuse.

Penrose (1978) et Dressler (1979) mentionnent que les gneiss mafiques pouvaient représenter des sédiments clastiques interstratifiés avec des coulées mafiques de laves et de cendres en milieu sous-marin. Dans la région du lac Déborah, Girard (1995) décrit des roches calcosilicatées présentant aussi une structure de garbenschiefer (gerbes d’amphibole grenue dans une matrice fine) similaire à celle observée dans la sous-unité pPprv2. Dans ce secteur, ces roches ont été assignées à une sous-unité de roches calcosilicatées de la Suite de Klein (pPkle1c).

La composition caractéristique et la lithogéochimie de ces roches justifient pour l’instant la décision de distinguer le Préville comme une unité stratigraphique particulière. Par contre, il n’est pas possible d’exclure la possibilité d’une association avec les autres unités de la Supersuite de Laporte (suites de Freneuse et de Klein).

Paléontologie

Non applicable.

Références

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)
CHARETTE, B. – LAFRANCE, I. – MATHIEU, G.Géologie de la région du lac Jeannin (SNRC 24B). Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec.2016

Rapport géologique électronique

DRESSLER, B.Région de la Fosse du Labrador. Ministère des Richesses naturelles, Québec; RG 195, 117 pages.1979RG 195
GIRARD, R.Géologie de la région du lac Déborah, territoire du Nouveau-Québec. Ministère des Ressources naturelles, Québec; MB 95-20, 185 pages, 2 cartes.1995MB 95-20
PENROSE, B.Région du lac Horseshoe, Nouveau-Québec. Ministère des Richesses naturelles, Québec; DPV-573, 35 pages.1978DPV 573

 

 

20 octobre 2016