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Suite de Gastrin
Étiquette stratigraphique : [arch][ppro]gan
Symbole cartographique : ApPgan
 

Première publication :  
Dernière modification : 

 

 

 

 

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
ApPgan4 Monzodiorite quartzifère et monzonite quartzifère mouchetées
ApPgan3 Monzodiorite et monzonite
ApPgan2 Gabbro amphibolitisé
ApPgan1 Pyroxénite amphibolitisée
 
Auteur(s) :
Vanier et Lafrance, 2020
Âge :
Archéen à Paléoprotérozoïque
Stratotype :
Aucun
Région type :
Région de la rivière Guichaud (feuillet SNRC 35K01)
Province géologique :
Subdivision géologique :
Orogène de l’Ungava / Domaine lithotectonique de Kovik
Lithologie : Roche intrusive mafique à intermédiaire
Catégorie :
Lithodémique
Rang :
Suite
Statut : Formel
Usage : Actif

 

 

 

Historique

La Suite de Gastrin a été introduite dans la région du lac Gastrin afin de regrouper des roches intrusives intermédiaires à ultramafiques du Domaine lithotectonique de Kovik. La suite tire son nom du lac Gastrin situé dans la portion SE du feuillet 35K01, où cette unité a été définie.

 

Description

La Suite de Gastrin comprend quatre unités : 1) une unité de pyroxénite amphibolitisée; 2) une unité de gabbro amphibolitisé; 3) une unité de monzodiorite et de monzonite; et 4) une unité de monzodiorite et de monzonite quartzifères mouchetées. Ces différentes unités sont couramment associées sur les mêmes affleurements.

Les lithologies mafiques et ultramafiques ont été observées en enclaves centimétriques à métriques au sein des unités intermédiaires. Localement, le gabbro coupe aussi l’unité ApPgan3. Il semble donc s’agir de phases intrusives contemporaines qui s’entrecoupent. Des zones de mélange de magmas ont aussi été observées au contact entre des niveaux de roche ultramafique et une monzodiorite quartzifère. Dans ces secteurs hétérogènes, une alternance de niveaux centimétriques de ces lithologies est notée sur quelques mètres de largeur. La roche ultramafique est localement fortement assimilée aux unités intermédiaires, et ne représente que des amas lenticulaires ou des rubans discontinus centimétriques au sein de la monzodiorite quartzifère et de la monzodiorite.  

Les affleurements assignés à la Suite de Gastrin comprennent aussi 2 à 40 % de granite grenu à pegmatitique sous forme d’injections et de dykes centimétriques à métriques. Le granite est massif et a assimilé de la hornblende à proximité du contact avec les roches de la Suite de Gastrin. Il est localement boudiné et montre une déformation linéaire. Lorsqu’il s’injecte dans l’encaissant mafique ou ultramafique, on observe des enclaves anguleuses de ce dernier au sein du granite.

 

Suite de Gastrin 1 (ApPgan1) : Pyroxénite amphibolitisée

La pyroxénite forme des lambeaux de largeur hectométrique ainsi que des niveaux métriques à décamétriques au sein des autres unités de la Suite de Gastrin. La phase principale est dominée par de la hornblende vert foncé en plus d’être fortement magnétique et moyennement foliée. La roche renferme 15 à 25 % de phénocristaux arrondis de clinopyroxène de teinte plus claire. En lame mince, ce dernier est variablement ouralitisé et la matrice est dominée par de la hornblende partiellement recristallisée et par des amas encore plus fins comprenant un assemblage d’actinote et de chlorite. La hornblende est aussi visible en plus gros cristaux à inclusions de plagioclase et de minéraux opaques. Des zones renfermant de nombreux petits cristaux de minéraux opaques pourraient représenter des vestiges d’olivine. Quelques échantillons renferment également jusqu’à 5 % de carbonate interstitiel.

L’unité ApPgan1 comprend aussi des niveaux de pyroxénite avec près de 55 % d’oïkocristaux d’orthopyroxène (1 à 3 cm de diamètre). L’orthopyroxène renferme des inclusions de hornblende et de minéraux opaques. La matrice est similaire à celle de l’autre phase de pyroxénite, mais renferme en plus 3 % de fins cristaux d’olivine et ~1 % de spinelle vert foncé et un peu de plagioclase interstitiel. L’olivine est partiellement remplacée par de l’iddingsite. La phase à orthopyroxène peut aussi comprendre du grenat et du carbonate.

Localement, du gabbro mélanocrate (>80 % de minéraux ferromagnésiens) a été assigné à cette unité. Le gabbro est majoritairement constitué de hornblende avec des proportions moindres de clinopyroxène et de plagioclase. Les minéraux accessoires sont le grenat, la chlorite et les minéraux opaques.

Suite de Gastrin 2 (ApPgan2) : Gabbro amphibolitisé

Le gabbro est homogène, folié et à grain fin à moyen. Il est localement coupé par des injections à clinopyroxène millimétriques à centimétriques, blanchâtres et diffuses, qui pourraient représenter du leucosome, ainsi que par du granite rose grenu à pegmatitique. Le gabbro renferme 45 à 65 % de minéraux ferromagnésiens largement dominés par la hornblende verte. Il renferme aussi du clinopyroxène (<10 %), lequel est généralement remplacé par un assemblage de minéraux très fins majoritairement constitué d’actinote. Le gabbro possède une microstructure nématoblastique à granoblastique orientée. La présence de quartz en plages xénomorphes a été observée dans de fins rubans millimétriques plus clairs qui contiennent aussi du microcline (leucosomes et injections). Le plagioclase est localement saussuritisé. Les minéraux accessoires sont nombreux et comprennent le sphène, l’épidote, la zoïsite, la chlorite, l’apatite, la magnétite et le zircon. L’épidote et la chlorite se présentent sous forme interstitielle. Par endroits, la chlorite est en remplacement de la hornblende.

Suite de Gastrin 3 (ApPgan3) : Monzodiorite et monzonite

En affleurement, l’unité ApPgan3 peut ressembler au gabbro de l’unité ApPgan2 mais elle se distingue par la présence d’un peu plus de quartz (~5 %), de feldspath potassique (20 à 30 %) et de biotite. Sa composition est majoritairement monzodioritique et monzonitique mais elle comprend aussi de la monzodiorite quartzifère, de la monzonite quartzifère, de la diorite et de la diorite quartzifère. Des niveaux et rubans centimétriques à décimétriques de gabbro sont fréquemment intercalés dans la monzodiorite et la monzonite. Le pourcentage de minéraux ferromagnésiens varie entre 20 et 40 % sur un même affleurement. Les phases qui en contiennent le moins prennent un aspect moucheté qui rappelle l’unité ApPgan4, mais à grain plus fin. La monzodiorite et la monzonite renferment localement une phase plus grenue à hornblende ± clinopyroxène qui forme des amas ou des rubans discontinus diffus. Cette phase pourrait représenter du leucosome; cependant, sa ressemblance avec les roches de l’unité ApPgan4 suggère un mélange de magma.

Au microscope, la roche est assez bien recristallisée et le plagioclase est faiblement saussuritisé. Les minéraux ferromagnésiens consistent en biotite et hornblende, cette dernière étant légèrement plus abondante et formant de petits phénocristaux allongés localement. Le clinopyroxène peut représenter la phase dominante par endroits. Il est alors variablement remplacé par la hornblende, ou par des amas tardifs de feuillets de biotite, formant un angle avec la foliation. Les minéraux accessoires comptent pour 3 % de la roche et consistent en sphène, allanite, épidote, apatite, minéraux opaques et zircon (en inclusions dans la biotite et la hornblende). L’épidote semble tardive et remplace localement la hornblende. Du carbonate en remplissage et de la chlorite rétrograde (sur la biotite) sont aussi présents dans certains échantillons.

Suite de Gastrin 4 (ApPgan4) : Monzodiorite quartzifère et monzonite quartzifère mouchetées

L’unité ApPgan4 se distingue des autres unités par un aspect moucheté et une granulométrie un peu plus grossière. La composition de la roche est similaire à celle de l’unité ApPgan3, mais elle est plus riche en quartz (<10 %). Elle est homogène et renferme 25 à 35 % de minéraux ferromagnésiens formant des amas de quelques millimètres qui sont allongés dans la foliation. Le feldspath potassique (8 à 33 %) est couramment observé en lentilles, mais aussi localement en fins cristaux interstitiels, tout comme le quartz (3 à 10 %).

En lame mince, la majorité des grains sont subautomorphes à xénomorphes. Les minéraux ferromagnésiens sont dominés par la hornblende ou le clinopyroxène, les deux étant localement observés en proportions similaires. On note aussi des proportions moindres de biotite (5 à 10 %). La hornblende semble être en remplacement du clinopyroxène. Le feldspath potassique consiste en du microcline et de l’orthose perthitique. Des myrmékites sont aussi observées en bordure des grains de feldspath. Le quartz est en plages xénomorphes à extinction ondulante. À l’instar de l’unité ApPgan3, la proportion de minéraux accessoires est élevée et les phases minérales sont les mêmes. La hornblende renferme couramment des inclusions des autres minéraux mentionnés.

Épaisseur et distribution

La Suite de Gastrin forme des bandes d’une largeur maximale de 4 km, dans la partie sud de la région du lac Sirmiq (Vanier et Lafrance, 2020). Elle est limitée au Domaine lithotectonique de Kovik, soit le secteur au sud de la Zone de cisaillement de Sugluk.

Datation

En attente.

Relation(s) stratigraphique(s)

La Suite de Gastrin est coupée par le syénogranite et le granite pegmatitique du Complexe de Kovik. Les relations avec les autres unités du Domaine de Kovik n’ont pas été observées.

Paléontologie

Ne s’applique pas. 

Références

Publications accessibles dans SIGÉOM Examine

VANIER, M.-A., LAFRANCE, I. 2020. GÉOLOGIE DE LA RÉGION DU LAC SIRMIQ, OROGÈNE DE L’UNGAVA, NUNAVIK, QUÉBEC, CANADA. MERN. BG 2020-02, 1 plan.

 

Citation suggérée

Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN). Suite de Gastrin. Lexique stratigraphique du Québec. http://gq.mines.gouv.qc.ca/lexique-stratigraphique/province-de-churchill/suite-de-gastrin [cité le jour mois année].

 

Collaborateurs

Première publication

Isabelle Lafrance, géo., M. Sc. isabelle.lafrance@mern.gouv.qc.ca; Marc-Antoine Vanier, ing. jr., M. Sc. marc-antoine.vanier@mern.gouv.qc.ca (rédaction)

Mehdi A. Guemache, géo., Ph. D. (coordination); Benoit Charette,  géo., M. Sc. (lecture critique); Simon Auclair, géo., M. Sc. (révision linguistique); Céline Dupuis, géo., Ph. D. (version anglaise); Ricardo Escobar Moran (montage HTML).

 
23 octobre 2020