Pluton de Kinguppak
Étiquette stratigraphique : [ppro]kik
Symbole cartographique : pPkik

Première publication :  
Dernière modification :

 

 

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
Aucune
 
Auteur :
Mathieu et Beaudette, 2019
Âge :
Paléoprotérozoïque
Stratotype :
Aucun
Région type :
Secteur occidental du lac Watts (feuillet SNRC 35G16)
Province géologique :
Province de Churchill
Subdivision géologique :
Orogène de l’Ungava / Domaine Nord
Lithologie :Intrusion litée felsique à mafique, avec ou sans grenat
Type :
Lithodémique
Rang :
Lithodème
Statut :Formel
Usage :Actif

 

 

Historique

Le Pluton de Kinguppak a été créé par Mathieu et Beaudette (2019) pour individualiser un pluton lité de dimension plurikilométrique appartenant à la suite de Cape Smith. Cette intrusion avait déjà été partiellement cartographiée par Lamothe et al. (1984), puis Mathieu et Beaudette (2019) en ont augmenté la superficie. La Suite de Cape Smith a été introduite par Taylor (1982) pour regrouper un cortège d’intrusions tardives de nature variée (granitique à péridotitique). Ces intrusions se retrouvent à l’échelle de l’Orogène de l’Ungava, majoritairement dans le Domaine Nord.

 

Description

 Le Pluton de Kinguppak consiste en une intrusion foliée dont la composition varie de tonalitique à gabbroïque. Le membre tonalitique plus différencié affleure majoritairement dans la moitié SW de l’intrusion et est sous-jacent au gabbro. À l’échelle de l’affleurement, le passage du gabbro à la diorite et de la diorite à la tonalite est graduel sur une dizaine de mètres; l’intrusion est donc considérée comme litée. Le gabbro incorpore également des niveaux métriques de mélanograbbro interprétés comme des cumulats de pyroxène. Ces niveaux sont minéralisés en pyrite jusqu’à 2 % de la roche. Le gabbro et la diorite montrent une patine et une cassure fraîche vertes et blanches du fait de la recristallisation du plagioclase. Pour la même raison, celles de la tonalite sont blanches. Le gabbro a une structure ophitique. Les échantillons sont caractérisés par une faible susceptibilité magnétique.

La roche est à grain moyen et tous les minéraux sont orientés selon la foliation. La proportion de quartz représente 5 à 30 %, tandis que les minéraux ferromagnésiens comptent pour 10 à 45 % de la roche. Ces derniers sont surtout représentés par l’amphibole pœciloblastique à bordure recristallisée et, ponctuellement, à cœur de pyroxène préservé. De la biotite se développe en remplacement de la bordure de l’amphibole, dont le clivage est souligné par des lamelles de minéraux opaques. Le plagioclase, visible dans près de 80 % des échantillons, est systématiquement recristallisé et partiellement remplacé par un assemblage de zoïsite-pistachite et de paillettes de séricite. La présence de grenat millimétrique dans tous les faciès (jusqu’à 5 % de la roche) n’est cependant pas systématique. Le grenat est automorphe, pœciloblastique et les inclusions se cantonnent à sa bordure. Il présente localement une couronne de chlorite. Quelques rares échantillons montrent le grenat totalement rétrogradé en chlorite. Le sphène, l’allanite, la scapolite et le zircon sont présents en trace. 

La déformation se traduit par le développement de queues de recristallisation autour du grenat, lesquelles traduisent une croissance tardicinématique. Elle se manifeste également par la présence de couloirs ayant une granulométrie plus fine.

Épaisseur et distribution

Le Pluton de Kinguppak est de forme ovale et représente une surface de 30 km2 à l’ouest du lac Watts. L’épaisseur apparente minimale, calculée à l’aide des courbes topographiques, est de 450 m.

Datation

Parrish (1989) a obtenu un âge imprécis sur zircon compris entre 1870 et 1880 Ma sur un échantillon décrit comme une tonalite à biotite et muscovite. Dunphy et Ludden (1998) citent un âge de cristallisation réinterprété par Parrish à 1888 +6/-4 Ma.
UnitéÉchantillonLithologieSystème isotopiqueMinéralÂge de cristallisation (Ma)(+)(-)Référence
pPkikP23-87TonaliteU-PbZircon188864Dunphy et Ludden, 1998

Relation(s) stratigraphique(s)

Un dyke de tonalite foliée à grenat s’injecte dans le gabbro mésocrate (unité pPwa3d) du Groupe de Watts.

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Publications accessibles dans Sigéom Examine

Lamothe, D. 2007. Lexique stratigraphique de l’orogène de l’Ungava. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Québec; DV 2007-03, 66 pages et 1 plan. 

Lamothe, D., Picard, C., Moorhead, J. 1984. Région du lac Beauparlant, bande de Cap Smith-Maricourt. MRN. DP-84-39, 2 plans.

MATHIEU, G., BEAUDETTE, M. 2019. Géologie de la région du lac Watts, Domaine Nord, Fosse de l’Ungava, Nunavik, Québec, Canada. MERN. BG 2019-04.

Autres publications

Dunphy, J.M., Ludden, J.N. 1998. Petrological and geochemical characteristics of a Paleoproterozoic magmatic arc (Narsajuaq terrane, Ungava Orogen, Canada) and comparisons to Superior Province granitoids. In Precambrian Research, 91: 109–142. https://doi.org/10.1016/S0301-9268(98)00041-2.

Machado, N., David, J., Scott, D.J., Lamothe, D., Philippe, S., Gariépy, C. 1993. U-Pb geochronology of the western Cape Smith Belt, Canada: new insights on the age of initial rifting and arc magmatism. In Precambrian Research, 63: 211–223. doi:https://doi.org/10.1016/0301-9268(93)90034-Y.

Parrish, R.R. 1989. U-Pb geochronology of the Cape Smith Belt and Sugluk block, northern Quebec. Geoscience Canada, 16: 126–130. doi:10.1016/j.electacta.2016.11.028.

St-Onge, M.R., Lucas, S.B. 1989. Géologie, lac Watts, Québec. Commission géologique du Canada; Carte série « A ». 172A. doi.org/10.4095/127673.

Taylor, F.C. 1982. Reconnaissance geology of a part of the Canadian Shield, northern Quebec and Northwest Territories. Geological Survey of Canada, Memoir 399, 1982, 32 pages (7 sheets). doi.org/10.4095/109241.

 

 

14 juin 2019