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Complexe de Rénia
Étiquette stratigraphique : [arch]rea
Symbole cartographique : Area
 

Première publication :  
Dernière modification : 

 

 

 

 

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
Area2 Diorite et gabbro amphibolitisés
Area1 Gneiss granitique
 
Auteur : Simard et al., 2013
Âge : Archéen
Coupe type : Aucune
Région type : Région de Kuujjuaq (feuillet SNRC 24K)
Province géologique : Province de Churchill
Subdivision géologique : Domaine lithotectonique de Rachel-Laporte
Lithologie : Gneiss
Type : Lithodémique
Rang : Complexe
Statut : Formel
Usage : Actif

 

Unité(s) apparentée(s)

Aucune

 

Historique

Le Complexe de Rénia a été décrit par Gélinas (1965) comme un dôme gneissique au sein de la couverture métasédimentaire du Domaine lithotectonique de Rachel-Laporte. L’auteur propose que ces gneiss forment un dôme structural montrant des roches plus vieilles sur des roches plus jeunes. Le Complexe de Rénia regroupe les roches des complexes de Rénia et de Moyer décrits par Gélinas (1965) et Simard et al. (2013) ainsi que celles d’une partie des « Gneiss de Scattered » décrits par Moorhead et Hynes (1990). Ces trois unités étaient jadis considérées comme faisant partie de nappes de charriage différentes (Moorhead et Hynes, 1990). Toutefois, les travaux de Lafrance et al. (2014) démontrent que ces unités forment une seule et grande unité de gneiss dorénavant assignée au Complexe de Rénia. Ainsi, les termes « Complexe de Moyer » et « Gneiss de Scattered » ont été abandonnés.

Description

Deux unités forment le Complexe de Rénia : une première constituée de gneiss majoritairement de composition granitique (Area1), et une seconde composée de diorite et de gabbro amphibolitisés (Area2).

 

Complexe de Rénia 1 (Area1) : Gneiss granitique

Le gneiss de l’unité Area1 s’apparente à celui de l’unité ApPung4 du Complexe d’Ungava, situé directement à l’est dans le Domaine de Baleine. Il s’agit d’un gneiss granitique, plus localement tonalitique, caractérisé par l’alternance de rubans granitiques gris et roses, moyennement grenus, de largeur millimétrique à centimétrique. Une phase granitique tardive, grossière à pegmatitique, possiblement d’âge paléoprotérozoïque, coupe les gneiss sur la majorité des affleurements. Cette phase s’injecte parallèlement à la gneissosité, accentuant le rubanement. Le gneiss de l’unité Area1 renferme de la biotite (5 à 15 %) brune à verte alignée dans la gneissosité, de l’épidote (<3 %) et de la muscovite. Les principaux minéraux accessoires sont la chlorite, le sphène, l’apatite, les minéraux opaques, l’hématite, le zircon, l’allanite et les carbonates. Les injections granitiques renferment <5 % de minéraux ferromagnésiens, essentiellement de la magnétite et de la biotite.

 

Complexe de Rénia 2 (Area2) : Diorite et gabbro amphibolitisés

Les diorite et gabbro amphibolitisés de l’unité Area2 forment des enclaves et des niveaux démembrés ou boudinés intercalés dans les gneiss de l’unité Area1. Ces enclaves et niveaux sont décimétriques à métriques, mais atteignent par endroits plusieurs centaines de mètres d’épaisseur. La roche est homogène, foliée, moyennement à finement grenue et gris verdâtre foncé. Elle se compose essentiellement de hornblende verte (30 à 60 %) et de plagioclase granoblastique; dans plusieurs secteurs, on note également une proportion importante de grenat (20 à 30 %). Le clinopyroxène a été observé localement et les principaux minéraux accessoires sont la biotite, les sulfures, la magnétite, l’épidote, la chlorite, le sphène et l’apatite.

 

Épaisseur et distribution

Le Complexe de Rénia se situe dans la partie NW de la région du lac Saffray (Lafrance et al., 2014), où il forme une nappe de charriage de ~57 km de longueur sur 18 km de largeur. Celle-ci est allongée selon une direction NW-SE au sein du Domaine lithotectonique de Rachel-Laporte.

Datation

Une datation réalisée sur un échantillon de gneiss tonalitique, assigné auparavant au Complexe de Moyer, a donné un âge néoarchéen précoce de ~ 2883 Ma et un âge métamorphique paléoprotérozoïque de ~1793 Ma relié à l’orogenèse du Nouveau-Québec (Machado et al., 1989). Une datation réalisée sur un échantillon de gneiss granitique à muscovite du Complexe de Rénia a donné un âge néoarchéen tardif de ~2692 Ma et permis de confirmer le métamorphisme autour de 1790 Ma. Les âges archéens sont interprétés comme ceux des protolites des gneiss et suggèrent un contexte géologique similaire à celui du craton archéen de la Province du Supérieur, directement à l’ouest de la Fosse du Labrador, où des tonalites anciennes sont coupées par des plutons granitiques plus jeunes (Simard et al., 2008).

 

Unité Numéro d’échantillon Système isotopique Minéral Âge de cristallisation (Ma) (+) (-) Âge de métamorphisme (Ma)     Référence(s)
Area1 Moyer dome U-Pb Zircon 2883 6 6 1793 13 13 Machado et al., 1989
Area1 2012-MS-0063A U-Pb Zircon 2692 4 4 1790 20 20 Davis et al., 2015

 

Relations stratigraphiques

Le Complexe de Rénia fait partie d’une grande nappe de charriage coupée par une faille de chevauchement délimitant deux complexes, soit celui de Rénia, au nord, et de Highfall, au sud. Cette nappe est constituée de roches possiblement issues du socle archéen. Elle se serait mise en place dans les roches volcano-sédimentaires paléoprotérozoïques du Domaine lithotectonique de Rachel-Laporte durant l’Orogenèse du Nouveau-Québec (1,82 à 1,77 Ga). Elle est donc en contact de faille avec les unités de la Supersuite de Laporte. La partie nord de la nappe est interprétée comme ayant partiellement chevauché la partie sud vers la fin de la déformation. En bordure de la Faille du Lac Turcotte, une intrusion granitique de la Suite de Mercier (pPmrc2) coupe les roches archéennes des complexes de Rénia et de Highfall.

 

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Auteur(s) Titre Année de publication Hyperlien (EXAMINE ou Autre)

DAVIS, D.W. – MOUKHSIL, A., – LAFRANCE, I. – HAMMOUCHE, H. – GOUTIER, J. – PILOTE, P. – TALLA TAKAM, F.

Datations U-Pb dans les provinces du Supérieur, de Churchill et de Grenville effectuées au JSGL en 2012-2013. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec; RP 2014-07, 56 pages.

2015 RP 2014-07
GÉLINAS, L. Région de la région de Fort Chimo et des lacs Gabriel et Thévenet, Nouveau-Québec. Thèse de doctorat, Université Laval, Québec; 212 pages. 1965
LAFRANCE, I. – SIMARD, M. – BANDYAYERA, D. Géologie de la région du lac Saffray (SNRC 24G-24F). Ministère des Ressources naturelles, Québec; RG 2014-02, 49 pages. 2014 RG 2014-02
MACHADO, N. – GOULET, N. – GARIEPY, C. U-Pb geochronology of reactivated Archean basement and of Hudsonian Trough. Canadian Journal of Earth Sciences, volume 26, pages 1–15. 1989
SIMARD, M. – LABBÉ, J.-Y. – MAURICE, C. – LACOSTE, P. – LECLAIR, A. – BOILY, M. Synthèse du nord-est de la Province du Supérieur (M. Simard, coordonnateur). Ministère des Ressources naturelles et de la Faune et des Parcs, Québec; MM 2008-02, 196 pages, 8 plans. 2008 MM 2008-02
SIMARD, M. – LAFRANCE, I. – HAMMOUCHE, H. – LEGOUIX, C. Géologie de la région de Kuujjuaq et de la Baie d’Ungava (SNRC 24J et 24K). Ministère des Ressources naturelles, Québec; RG 2013-04, 60 pages. 2013 RG 2013-04

 

 

13 janvier 2020