Pluton de Gémini-Saint-Éloi
Étiquette stratigraphique : [narc]gem
Symbole cartographique : nAgem
 

Première publication :  
Dernière modification :

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
nAgem2 Syénite à augite-ægyrine-hornblende, monzonite à augite-biotite ± hornblende
nAgem1 Granitoïde
 
Auteur(s) :
Rive, 1994
Âge :
Néoarchéen
Stratotype :
Aucun
Région type :
Région des collines Gémini et Saint-Éloi (feuillet SQRC 32D16-200-0201)
Province géologique :
Subdivision géologique :
Sous province de l’Abitibi
Lithologie : Granitoïdes
Catégorie :
Lithodémique
Rang :
Lithodème
Statut : Formel
Usage : Actif

Historique

Le Pluton de Gémini-Saint-Éloi a d’abord été inclus dans une intrusion batholitique felsique de grande dimension avec l’Intrusion de Bernetz dans les cantons de Desboues, Miniac et Coigny (Joannes, 1918). Plusieurs années plus tard, Hocq (1981) décrit les collines Saint-Éloi et Gémini (feuillet 32D16-200-0201) comme de la syénite ou de la diorite (?) foncée, massive et peu recristallisée. Des Rivières (1983, 1985) rapporte la présence de monzonite précoce et de syénite plus tardive. C’est dans les travaux de Rive (1994) que le nom formel de Pluton de Gémini-Saint-Éloi est introduit en référence aux collines Gémini et Saint-Éloi. Rive (1994) décrit de la monzonite à pyroxène et de la monzodiorite à pyroxène-hornblende, alors que Beausoleil et Doucet (1999a-b) définissent une intrusion de syénite, de monzonite et de gabbro similaire à celle rapportée par Des Rivières (1985). Par la suite, Deschênes (2011a-b) et Deschênes et Allard (2014) ont regroupé la monzonite et la syénite (dykes) dans une même unité (Agem1). En se basant sur les travaux historiques et les données géophysiques, ils ont également défini une unité formée d’intrusions de gabbro (Agem2). Guemache (2020) a révisé ces subdivisions et redéfini les deux unités informelles vers des compositions plus felsiques : une unité granitique ou plus généralement granitoïde (nAgem1) et une unité alcaline de composition intermédiaire (syénite et monzonite) localisée en bordure du pluton (nAgem2).

Description

La carte aéromagnétique (Keating et al., 2010; Keating et d’Amours, 2010) révèle deux phases intrusives principales caractérisant le Pluton de Gémini-Saint-Éloi, l’une en périphérie marquée par une intensité du champ magnétique particulièrement forte, l’autre dans la partie centrale caractérisée par un magnétisme plus faible avec ici et là quelques îlots de plus forte intensité. La phase fortement magnétique est constituée de syénite à augite-ægyrine-hornblende et de monzonite à augite-biotite ± hornblende et correspond à l’unité nAgem2, alors que la partie centrale moins magnétique est formée de roche granitoïde (unité nAgem1).

 

Pluton de Gémini-Saint-Éloi 1 (nAgem1) : Granitoïde

L’unité nAgem1 est constituée de granite rosé à blanchâtre, de granulométrie fine à moyenne et massif. L’unité renferme également de la pegmatite à magnétite rose en surface fraiche et grisâtre clair en surface altérée, massive, à structure pegmatitique et de granulométrie grossière. La roche présente une hématitisation.

 

Pluton de Gémini-Saint-Éloi 2 (nAgem2) : Syénite à augite-ægyrine-hornblende, monzonite à augite-biotite ± hornblende

L’unité nAgem2 est constituée de syénite et de monzonite. La syénite représente la lithologie dominante de l’unité (90 %, Des Rivières, 1985; Guemache, 2020). La roche rose pâle à rose saumon (rougeâtre) est de granulométrie fine à grossière, voire pegmatitique (Rive, 1994; Guemache, 2020). Elle peut être localement porphyroïde en raison de la présence de phénocristaux de feldspath potassique. Des enclaves de basalte coussiné et d’amphibolite massive sont observées (Des Rivières, 1985; Deschênes et Allard, 2014; Guemache, 2020). En lame mince, la syénite est composée de feldspath potassique, par endroits de phénocristaux perthitiques, de plagioclase plus rare (<15 %), d’ægyrine (≤60 %), d’augite occasionnellement zonée et ouralitisée, de hornblende, d’hypersthène en trace, de titanite, d’apatite, de zircon et de magnétite (Rive, 1994; Guemache, 2020). Les minéraux d’altération comprennent l’actinote, la chlorite, l’épidote (pistachite et allanite pouvant atteindre 10 mm), la séricite et l’hématite. La hornblende est fortement pléochroïque dans les tons bleu-vert lavande, indiquant une composition plus sodique. L’ægyrine se présente généralement en grands cristaux faiblement pléochroïques vert jaunâtre contenant des inclusions de titanite, d’apatite, de pistachite et de minéraux opaques.

La monzonite est généralement grise et de granulométrie variable, fine à grossière, mais généralement moyenne (Guemache, 2020). Elle peut présenter une structure équigranulaire, porphyroïde ou gloméroporphyrique (Des Rivières, 1985). L’assemblage minéralogique inclut le feldspath potassique, qui forme par endroits des phénocristaux perthitiques, le plagioclase, l’augite, la biotite et le quartz. La hornblende est rare. Les phases accessoires sont la titanite, l’apatite, le zircon et la magnétite. L’hématite, l’épidote, la séricite, la calcite et l’actinote-trémolite constituent les minéraux secondaires. Des traces de pyrite et de chalcopyrite sont également visibles.

Des dykes de syénite et de syénite quartzifère coupent la monzonite ainsi que les roches volcaniques (Formation de Desboues) et sédimentaires (Groupe de Chicobi) encaissantes (Des Rivières, 1985). Trois zones minéralisées en or (Gemini Hills, Carrière (Desboues-Berry-Sud) et Novack) et une zone minéralisée en terres rares (Adam) se trouvent dans la syénite de la bordure SE du Pluton de Gémini-Saint-Éloi (Guemache, 2020).

 

Épaisseur et distribution

Le Pluton de Gémini-Saint-Éloi est localisé dans la partie sud de la Sous-province de l’Abitibi (feuillets 32D16-200-0101 et 32D16-200-0201). Il présente une forme quasi circulaire, légèrement étirée vers le sud (environ 6 km sur 5 km).

Datation

Aucune.

Relations stratigraphiques

Le Pluton de Gémini-Saint-Éloi est intrusif dans les roches volcaniques de la Formation de Desboues au nord, à l’est et au SE, ainsi que dans les roches sédimentaires du Groupe de Chicobi à l’ouest et au SW. Selon Chown et al. (1992), il ferait partie des plutons syntectoniques de la Zone Volcanique Nord (ZVN) de la Sous-province de l’Abitibi, qui se seraient mis en place autour de 2703 Ma à 2690 Ma.

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Publications accessibles dans SIGÉOM Examine

BEAUSOLEIL, C., DOUCET, P., 1999a. Compilation géologique 1/20 000 – 32D16-200-0101 GUYENNE. In : MRNF, 2010. CARTE(S) GÉOLOGIQUE(S) DU SIGEOM – feuillet 32D. CG SIGEOM32D, 56 plans.

BEAUSOLEIL, C., DOUCET, P., 1999b. Compilation géologique 1/20 000 – 32D16-200-0201 RIVIÈRE OCTAVE. In : MRNF, 2010. CARTE(S) GÉOLOGIQUE(S) DU SIGEOM – feuillet 32D. CG SIGEOM32D, 56 plans.

DES RIVIERES, J., 1983. RAPPORT GEOLOGIQUE ET EVALUATION DU POTENTIEL AURIFIERE DES CANTONS DE LIGNERIS ET DESBOUES. EXPLORATIONS NORANDA LTEE, DORA EXPLS LTD, rapport statutaire soumis au gouvernement du Québec; GM 40586, 50 pages, 3 plans.

DESCHENES, P L., 2011a. GEOLOGIE – GUYENNE. MRNF; CG-32D16A-2011-01, 1 plan.

DESCHENES, P. L., 2011b. GEOLOGIE – RIVIERE OCTAVE. MRNF; CG-32D16C-2011-01, 1 plan.

DESCHENES, P. L., ALLARD, G., 2014. GEOLOGICAL REVISION OF THE RIVIERE OCTAVE REGION (NTS 32D16 AND 32E01). MRN; RP 2014-02-A, 1 page.

DESCHENES, P. L., ALLARD, G., 2014. REVISION DE LA GEOLOGIE DE LA REGION DE LA RIVIERE OCTAVE (32D16 ET 32E01). MRN; RP 2014-02, 14 pages.

GUEMACHE, M. A., 2020. Synthèse géologique de la région de rivière Octave, Abitibi. MERN; RG 2018-01, 68 pages, 1 plan.

HOCQ, M., 1981. CARTE GEOLOGIQUE PRELIMINAIRE DE LA REGION DE JOUTEL – GUYENNE (COMTES D’ABITIBI-EST ET D’ABITIBI-OUEST). MRN; DP 851, 1 plan.

KEATING, P., D’AMOURS, I., 2010. Réédition des données numériques en format Géosoft (profils) des levés aéroportés de l’Abitibi, au Québec. MRNF, COMMISSION GEOLOGIQUE DU CAN; DP 2010-09, 6 pages.

KEATING, P., LEFEBVRE, D., RAINSFORD, D., ONESCHUCK, D., 2010. SERIE DES CARTES GEOPHYSIQUES, PARTIES DES SNRC 31, 32, 41 ET 42, CEINTURE DE ROCHES VERTES DE L’ABITIBI, QUEBEC ET ONTARIO. COMMISSION GEOLOGIQUE DU CAN; DP 2010-05, 8 pages, 2 plans.

RIVE, M., 1994. INVENTAIRE DES ROCHES GRANITOIDES DES SOUS-PROVINCES DE L’ABITIBI ET DU PONTIAC. MRN; MB 92-14, 184 pages, 1 plan.

Autres publications

Chown, E.H., Daigneault, R., Mueller, W., Mortensen, J.K. 1992. Tectonic evolution of the Northern Volcanic Zone, Abitibi belt, Quebec. Canadian Journal of Earth Sciences; volume 29, pages 2211-2225. https://doi.org/10.1139/e92-175

Des Rivières, J. 1985. Étude de l’intrusif et de la minéralisation aurifère des collines de Gémini et St-Éloi, Canton Desboues, Abitibi, Québec. École Polytechnique de Montréal; mémoire de maîtrise, 160 pages.

Joannes, A. 1918. Harricanaw-Turgeon Basin, Abitibi, Timiskaming and Pontiac, Quebec. Commission géologique du Canada, Carte série « A » 183A, 1 feuille. https://doi.org/10.4095/107525

Citation suggérée

Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN). Pluton de Gémini-Saint-Éloi. Lexique stratigraphique du Québec. https://gq.mines.gouv.qc.ca/lexique-stratigraphique/province-du-superieur/pluton-de-gemini-saint-eloi [cité le jour mois année].

Collaborateurs

Première publication

Céline Dupuis, géo., Ph. D. celine.dupuis@mern.gouv.qc.ca (rédaction)

Mehdi A. Guemache, géo., Ph. D. (coordination); Charles St-Hilaire, géo. stag., M. Sc. (lecture critique et révision linguistique).

 

4 octobre 2021