
| Auteur(s) : | Schuchert et Twenhofel, 1910 |
| Âge : | Ordovicien moyen |
| Stratotype : |
La coupe type composite de la Formation de Mingan comprend une coupe type sur l’île du Fantôme (feuillet SNRC 12L04; UTM NAD83, zone 20 : 450800 m E, 5564000 m N; affleurements dans les falaises côtières) et trois coupes de référence supplémentaires situées au cap du Corbeau sur l’île du Havre (feuillet 12L04; UTM NAD83, zone 20 : 457600 m E, 5563700 m N; affleurement dans les falaises côtières), sur l’île aux Perroquets (feuillet 22I01; UTM NAD83, zone 20 : 413900 m E, 5563700 m N; affleurements dans les falaises côtières et sur l’estran) et à la Grande Pointe (feuillet 12L03; UTM NAD83, zone 20 : 467500 m E, 5563900 m N; affleurement dans les falaises côtières).
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| Région type : |
Région de l’archipel de Mingan (feuillet SNRC 12L04)
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| Province géologique : | Plate-forme du Saint-Laurent |
| Subdivision géologique : | Plate-forme d’Anticosti |
| Lithologie : | Wackestone, packstone, grainstone, calcaire récifal, mudstone, grès et shale |
| Catégorie : |
Lithostratigraphique
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| Rang : |
Formation
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| Statut : | Formel |
| Usage : | Actif |
- Formation de Romaine
- Membre de Grande Pointe
- Membre de Fantôme
- Membre de Perroquet
- Membre de Corbeau
Historique
Les premiers travaux portant sur les strates ordoviciennes de l’archipel de Mingan sont associés avec ceux entrepris sur l’île d’Anticosti (Richardson, 1857; Logan, 1863; Schuchert et Twenhofel, 1910). Richardson (1857) fournit la première description, quoique succincte, de la séquence de Mingan et il collectionne des fossiles qui sont identifiés par Billings (1865). Logan (1863), dans son ouvrage classique sur la géologie du Canada, décrit brièvement deux coupes stratigraphiques mesurées sur la Grande Île et à la Grande Pointe. Schuchert et Twenhofel (1910) introduisent les termes de Formation de Romaine (d’après le nom d’une île à l’embouchure de la rivière Romaine) et de Formation de Mingan (d’après l’archipel de Mingan) et subdivisent ces formations en sept unités lithologiques distinctes. Twenhofel (1926, 1931) discute de la stratigraphie (secteur ouest) et de la géomorphologie de l’archipel de Mingan. Twenhofel (1938) publie ultérieurement une synthèse de ses travaux dans l’archipel, incluant la paléontologie systématique et la description de nombreuses coupes stratigraphiques. Il a corrélé respectivement les formations de Romaine et de Mingan avec la partie supérieure du Groupe de Beekmantown et le Groupe de Chazy de la vallée du lac Champlain, dans le NE des États-Unis.
Cooper (1956) révise et complète la liste de brachiopodes déjà publiée par Twenhofel (1938). Shaw (1980) examine les relations entre les lithofaciès et les biofaciès à trilobites dans les calcaires de la Formation de Mingan. De plus, cet auteur remarque la présence d’une discordance (référée sous le terme « intra-mingan ») à l’intérieur de la Formation de Mingan, qu’il interprète comme un ancien « ravinement » (c.-à-d. une surface résultant d’une rapide transgression marine en l’absence de sédiments). Cette séquence sera interprétée par Desrochers (1988) comme une surface paléokarstique. Nowlan (1981) présente les résultats préliminaires d’une étude sur la stratigraphie et la faune à conodontes de la séquence de Mingan. Il suggère que la majeure partie de la Formation de Romaine est d’âge Canadien tardif (Ordovicien; ∼485 à 443 Ma), tandis que la Formation de Mingan est d’âge Chazy (principalement Ordovicien moyen; ∼480 à 450 Ma). Il rapporte également des conodontes d’âge Whiterock (Ordovicien moyen à tardif) au sommet de la Formation de Romaine, dans le secteur ouest de l’archipel de Mingan.
En plus de ces études, des projets de cartographie effectués par le Ministère sur les terrains précambriens avoisinants ont aussi couvert l’archipel de Mingan; cependant, la stratigraphie de la séquence sédimentaire ordovicienne y est discutée de façon succincte (Longley, 1944; Longley et Waddington, 1950; Dépatie, 1966, 1967; Franconi et Sharma, 1973; Sharma et Franconi, 1975; Avramtchev, 1984). De plus, quelques études sommaires sont entreprises sur les calcaires de la région afin de déterminer leur potentiel en tant que minéraux industriels (Longley et Waddington, 1950; Bergeron, 1980, 1981; Nissaire, 1981).
Desrochers (1988) publie une étude complète sur la stratigraphie de l’Ordovicien de l’archipel de Mingan, dont les résultats préliminaires sont d’abord publiés sous la forme de cartes annotées (Desrochers, 1983a-b). Certains aspects de l’évolution des milieux de déposition de la séquence ordovicienne sont aussi présentés sous la forme de communications scientifiques externes au Ministère (Desrochers, 1984, 1985, 1987; Desrochers et James, 1985, 1987). Desrochers (1988) considère que la stratigraphie proposée par Twenhofel (1938) n’est pas satisfaisante, car elle ne tient pas compte des nombreux changements de lithofaciès présents à l’intérieur de la séquence. Il conserve la Formation de Romaine, mais introduit quatre nouveaux membres formels : les membres de Corbeau, de Perroquet, de Fantôme et de Grande Pointe. La plupart de ces membres ne sont cartographiables que localement et, par conséquent, ne sont pas individualisés en carte.
Dans les cartes de compilation du Ministère, les membres de la Formation de Mingan ne sont pas considérés et celle-ci est constituée de dolomie, de grès, de siltstone, de packstone, de wackestone, de grainstone, de calcaire et de mudstone (feuillets 12L03, 12L04, 22I01 et 22I08; Nadeau et Perreault, 1998a-b; Bilodeau et al., 2002; Nadeau et al., 2002). Dans leur synthèse de la Moyenne-Côte-Nord, Gobeil et al. (2002, 2003) décrivent ensemble les formations de Romaine et de Mingan comme du calcaire, de la dolomie et du grès. Récemment, Shaw et Bolton (2011) publient une nouvelle étude sur les trilobites des formations de Romaine et de Mingan.
Description

Les strates de la Formation de Mingan ne sont pas déformées et reposent en discordance sur le socle précambrien avec un très léger pendage (1 à 2°) vers le sud (Desrochers, 1988). La Formation de Mingan est composée principalement de lithofaciès calcaires, mais une unité silicoclastique se trouve à sa base. Elle comprend, à la base, le Membre de Corbeau (silicoclastique) recouvert par l’un des membres calcaires suivants : Perroquet, Fantôme ou Grande Pointe (Desrochers, 1988). La coupe type composite de la Formation de Mingan comprend une coupe type sur l’île du Fantôme et trois coupes de référence supplémentaires situées au cap du Corbeau, sur l’île du Havre, l’île aux Perroquets et à la Grande Pointe. La coupe type située à l’île du Fantôme contient tous les membres à l’exception du Membre de Perroquet. D’une importance toute particulière est la discordance paléokarstique à l’intérieur de la Formation de Mingan, car elle contrôle la distribution des membres.
Les principaux lithofaciès du Membre de Corbeau sont de la dololaminite silteuse, du shale laminé, du grès laminé, du grès à stratifications entrecroisées et du grès chenalisé (Desrochers, 1988). Ces lithofaciès forment généralement une séquence à granulométrie décroissante vers le haut. Des lentilles calcaires contenant de nombreux bioclastes (échinodermes, brachiopodes, bryozoaires) sont présentes à quelques endroits.
Le Membre de Perroquet est constitué de packstone et de wackestone gris bioturbés, en lits minces (3 à 10 cm) et à débit irrégulier. On note des unités lenticulaires de grainstone à bioclastes contenant localement des stratifications entrecroisées. Du calcaire récifal (calcaire à galets jointifs [« rudstone »] à éponges, bryozoaires et coraux) forme une unité biostromale sur l’île Nue de Mingan.
Le Membre de Fantôme est composé principalement de mudstone œillé (birdseye) gris, en lits moyens (10 à 30 cm). Les autres lithofaciès associés sont de la laminite cryptalgaire, du grainstone à intraclastes, du packstone à gastéropodes et du wackestone à bioclastes.
Le Membre de Grande Pointe consiste en un ensemble hétérogène de lithofaciès calcaires comprenant, par ordre d’importance, du wackestone-packstone à bioclastes, du grainstone à bioclastes et à ooïdes et du calcaire récifal. Les calcaires récifaux sont des biostromes ou des biohermes construits par des éponges lithistidées, des bryozoaires et des coraux tabulés. Du mudstone nodulaire et des coquinas à brachiopodes sont présents localement à la base de ce membre.
Dans l’archipel de Mingan, la Formation de Mingan comprend un large éventail de lithofaciès silicoclastiques et calcaires déposés lors d’une transgression marine au début de l’Ordovicien moyen (Desrochers, 1988). Elle est composée de trois ensembles de lithofaciès : un ensemble inférieur, formé de roches silicoclastiques déposées en milieux péritidal; un ensemble médian, constitué de calcaires déposés en milieux péritidal et infratidal et un ensemble supérieur, comprenant des calcaires déposés uniquement en milieu infratidal. Bien qu’elle comprenne de nombreuses régressions mineures, cette formation constitue un exemple classique d’une séquence transgressive avec une unité silicoclastique de base. Une discordance intraformationnelle, d’origine karstique, est présente dans la Formation de Mingan. Elle sépare généralement les calcaires de l’ensemble médian de ceux de l’ensemble supérieur.




La Formation de Mingan est subdivisée en seize différents lithofaciès (Desrochers, 1988). Ces lithofaciès représentent des dépôts de plate-forme peu profonde, où l’on peut distinguer de nombreux milieux de dépôt regroupés comme suit : des lithofaciès silicoclastiques de milieux péritidaux; des lithofaciès calcaires de milieux péritidaux; et des lithofaciès calcaires de milieux infratidaux. Le lecteur est invité à consulter la publication de Desrochers (1988) disponible dans SIGÉOM EXAMINE pour une description et une interprétation complètes de ces lithofaciès.
Épaisseur et distribution
La Formation de Mingan s’étend sur 93 km selon une orientation E-W sur la rive nord du golfe du Saint-Laurent, au sud de Havre-Saint-Pierre, dans l’archipel de Mingan (feuillets 12L03, 12L04, 22I01 et 22I08). Elle disparaît sous les eaux du fleuve au sud, de sorte que la largeur N-S maximale qui est visible mesure ∼6 km. Elle a une épaisseur maximale de 50 m dans l’archipel (Desrochers, 1988). Les trente premiers mètres à partir de la base sont accessibles et bien exposés dans d’excellents affleurements côtiers, tandis que les 20 m supérieurs affleurent peu, sauf dans certains secteurs, sur certaines îles.
Le Membre de Corbeau se trouve à la Grande Pointe, à la pointe Enragée et sur la côte nord des îles du large, à l’exception de l’île à Bouleaux de Terre (Desrochers, 1988). L’épaisseur du Membre de Corbeau est relativement constante à travers l’archipel de Mingan et varie de 4,0 à 6,0 m. Toutefois, à l’île Innu, ce membre a une épaisseur de 1,5 m seulement, ce qui pourrait refléter la présence d’un paléorelief associé avec la discordance sous-jacente. Des épaisseurs variant de 0,5 à 3,0 m ont aussi été mesurées à la Grande Pointe et sur la Grosse Île au Marteau. À ces deux endroits, le sommet du membre est défini par la discordance intra-Mingan.
Le Membre de Perroquet est restreint au secteur à l’extrême ouest de l’archipel de Mingan et affleure seulement dans les îles aux Perroquets, de la Maison, et Nue de Mingan, où il a une épaisseur de ∼8 m (Desrochers, 1988).
Le Membre de Fantôme peut être tracé à la grandeur de l’archipel de Mingan, sauf là où la discordance intra-Mingan a érodé plus profondément les niveaux à l’intérieur de la Formation de Mingan (Desrochers, 1988). En général, ce membre est exposé sur les îles du large et à la pointe Enragée. Son épaisseur varie de 0 à 25 m.
Le Membre de Grande Pointe est exposé à la Grande Pointe, à la pointe Enragée et sur les îles au large de ces dernières (Desrochers, 1988). Il a une épaisseur de ∼25 m.
Datation
Aucune.
Relations stratigraphiques
La limite inférieure de la Formation de Mingan (Membre de Corbeau) est définie comme étant le contact avec la dolomie sous-jacente de la Formation de Romaine (Desrochers, 1988). Le sommet de la formation n’est pas exposé et se trouve sous les eaux du golfe du Saint-Laurent. La limite supérieure du Membre de Corbeau est définie par le sommet de l’unité de dololaminite silteuse où le contact est concordant avec le calcaire sus-jacent des membres de Perroquet ou de Fantôme. Dans certains cas, comme à la Grosse Île du Marteau, à l’île Saint-Charles, et à la Grande Pointe, le sommet est une surface d’érosion qui coïncide avec la discordance intra-Mingan. Le Membre de Perroquet passe latéralement et verticalement aux calcaires du Membre de Fantôme. Le contact entre les membres de Perroquet et de Fantôme est défini par l’apparition de mudstone à « birdseye » ou autres lithofaciès du Membre de Fantôme dans le secteur le plus à l’ouest de l’archipel. Ce contact est net et concordant. Dans les autres secteurs, le contact inférieur du Membre de Fantôme, net et concordant, est avec les roches silicoclastiques du Membre de Corbeau. La limite supérieure est la discordance avec le calcaire sus-jacent du Membre de Grande Pointe qui correspond à la discordance intra-Mingan. Le style de la discordance intra-Mingan change rapidement et peut varier d’une discordance angulaire plus ou moins prononcée à une discordance stratigraphique (« disconformity » dans le vocabulaire anglophone).
La biostratigraphie et la chronostratigraphie de l’Ordovicien inférieur et moyen, de même que les équivalences entre les séries britanniques et nord-américaines et la position de la séquence de l’archipel de Mingan sont résumées par Desrochers (1988). Le grès du Membre de Corbeau a fourni le conodonte Phragmodus qui leur confère un âge Chazy (c.-à-d. zones 5 et 6 du Mid-continent). Les Membres de Perroquet, de Fantôme et de Grande Pointe contiennent des faunes à conodontes identiques qui indiquent un âge Chazy. En plus de la faune à conodontes, des macrofossiles confirment aussi l’âge Chazy de la Formation de Mingan. La discordance à l’intérieur de la Formation de Mingan représente un bris dans la sédimentation qui s’est produit durant le Chazy. La composition de la faune à conodontes n’est pas modifiée de façon marquante de part et d’autre de cette discordance.
L’histoire du dépôt des strates ordoviciennes de l’archipel de Mingan peut être subdivisée en cinq périodes bien distinctes : dépôt de la Formation de Romaine, développement de la discordance post-Romaine, dépôt des roches silicoclastiques et des calcaires inférieurs de la Formation de Mingan, développement de la discordance intra-Mingan et dépôt des calcaires supérieurs de la Formation de Mingan (Desrochers, 1988). Le lecteur est invité à consulter la publication de Desrochers (1988) disponible dans EXAMINE pour une description complète de ces périodes.
Paléontologie
La faune du Membre de Corbeau, peu diversifiée, est restreinte aux lithofaciès gréseux et comprend des brachiopodes inarticulés et de petits brachiopodes rhynchonellidés. Les traces fossiles verticales Skolithos et Diplocraterion sont communes dans ce grès. En un seul endroit, des bryozoaires et des échinodermes ont été observés dans le Membre de Corbeau.
L’assemblage fossilifère des membres de Perroquet et de Grande Pointe est diversifié et comprend des brachiopodes, des trilobites, des éponges lithistidées, des bryozoaires, des coraux tabulés, des échinodermes, des gastéropodes, des céphalopodes, des algues calcaires et des ostracodes. Les traces fossiles les plus communes sont des Chondrites, des Palaeophycus et des Planolites.
La faune du Membre de Fantôme est caractérisée par un assemblage peu diversifié (ostracodes léperditiidés, gastéropodes), mais pouvant être abondant localement. De plus, des trilobites (seulement des bathyuridés), des brachiopodes et des algues codiacées sont présents en quelques endroits. La partie inférieure de ce membre se distingue généralement par du calcaire à gastéropodes en lits moyens (10 à 20 cm).
Références
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BERGERON, M., 1981. EXPLORATION, RAPPORT FINAL, PROJET DOLOMIE. QIT-FER ET TITANE INC, CARRIÈRE BECCA, rapport statutaire soumis au gouvernement du Québec; GM 37341, 143 pages, 4 plans.
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Autres publications
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Citation suggérée
Ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF). Formation de Mingan. Lexique stratigraphique du Québec. https://gq.mines.gouv.qc.ca/lexique-stratigraphique/plate-forme-du-saint-laurent/formation-de-mingan [cité le jour mois année].
Collaborateurs
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Première publication |
Céline Dupuis, géo., Ph. D. celine.dupuis@mrnf.gouv.qc.ca (rédaction) Philippe Pagé, géo., Ph. D. (coordination); Charles St-Hilaire, géo., M. Sc. (lecture critique); Simon Auclair, géo., M. Sc. (révision linguistique); André Tremblay (montage HTML). |
