Complexe de Manitou
Étiquette stratigraphique : [mpro]mnt
Symbole cartographique : mPmnt
 

Première publication :  
Dernière modification :
Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
mPmnt7 Amphibolite et/ou métagabbro amphibolitique à pyroxènes, foliés à gneissiques
mPmnt7c Métagabbro coronitique à grenat ± biotite, massif
mPmnt7b Gabbronorite et gabbro, faiblement foliés à mylonitiques
mPmnt7a Leuconorite, norite, anorthosite, gabbro à hornblende, troctolite coronitique et pyroxénite, massives à mylonitiques
mPmnt6 Roches intrusives de composition felsique à intermédiaire
mPmnt6g Syénite rubanée, syénite à néphéline foliée
mPmnt6f Syénite
mPmnt6e Mangérite massive à faiblement foliée, localement gneissique
mPmnt6d Granite à biotite-hornblende-titanite, massif
mPmnt6c Granite à hornblende, folié à gneissique
mPmnt6b Leucogranite à magnétite
mPmnt6a Granite à feldspath alcalin et à pyroxènes
mPmnt5 Paragneiss, localement roches calcosilicatées ou marbre
mPmnt4 Gneiss à clinopyroxène-orthopyroxène-hornblende ± biotite ± grenat
mPmnt3 Orthogneiss granitique œillé ou porphyroclastique
mPmnt2 Gneiss granitique
mPmnt1 Gneiss quartzo-feldspathique
mPmnt1b Alternance de gneiss quartzo-feldspathique et de gneiss à clinopyroxène-orthopyroxène-hornblende
mPmnt1a Alternance de gneiss quartzo-feldspathique et de paragneiss
 
Auteur(s) :
Chevé et al., 1999
Âge :
Mésoprotérozoïque 
Stratotype :
Aucun
Région type :
Région du lac Manitou (feuillet SNRC 22I14)
Province géologique :
Subdivision géologique :
Lithologie : Roches gneissiques
Catégorie :
Lithodémique
Rang :
Complexe
Statut : Formel
Usage : Actif

Historique

Les roches majoritairement gneissiques appartenant au Complexe de Manitou sont d’abord cartographiées comme des unités indifférenciées de roches (gneiss) métasédimentaires (paragneiss), de gneiss granitique et de roches anorthositiques et gabbroïques associées (amphibolite) (Greig, 1940, 1945; Faessler, 1945; Grenier, 1952; Blais, 1953, 1960; Hogan, 1953, 1971; Klugman, 1954, 1955; Jenkins, 1956, 1957; voir tableau ci-dessous pour les détails). Dans leur cartographie régionale des feuillets SNRC 22I, 22J et 22P, Franconi et al. (1971, 1975), Franconi et Sharma (1973), Sharma et Franconi (1975), puis Avramtchev (1984), identifient des unités de migmatite, de paragneiss mixte et d’amphibolite, de gneiss chanockitique et, en proportions moindres, de granite avec pegmatite, de mangérite ainsi que de gabbro, de métagabbro et d’amphibolite.

Le Complexe de Manitou est officiellement introduit dans les travaux de cartographie et de compilation du Ministère à l’échelle 1/50 000 des feuillets 22I et 22P (Gobeil, 1997; Gobeil et al., 1997a-b, 1999, 2000, 2002a-c, 2003a-c; Bilodeau et al., 1999; Chevé et al., 1999, 2001; Nadeau et al., 2002a-b; Grant, 2003a-b). Il est alors divisé en unités gneissiques (pPmPmnt1a à pPmPmnt1h), en unités intrusives felsiques (pPmPmnt2a à pPmPmnt2g) et en unités intrusives mafiques à ultramafiques (pPmPmnt3a à pPmPmnt3c) (voir tableau ci-dessous). Dans leur synthèse de la géologie de la Moyenne-Côte-Nord (feuillets 22I et 22P), Gobeil et al. (2002a, 2003a) déterminent des unités gneissiques similaires sans toutefois les numéroter, et n’individualisent pas la plupart des unités intrusives. Par contre, les lithologies correspondantes de la partie ouest du complexe (feuillet 22J) demeurent indifférenciées (Bilodeau et Gobeil, 2000a-c; voir tableau ci-dessous). Elles sont associées au Complexe de Manitou dans le cadre de la rédaction de cette fiche stratigraphique, alors que les unités informelles sont remaniées afin de bien distinguer les unités gneissiques et de tenir compte de l’abondance des différentes lithologies sur toute l’étendue du complexe. L’âge paléoprotérozoïque à mésoprotérozoïque est également modifié pour un âge mésoprotérozoïque à la suite des datations effectuées par Wodicka et al. (2003). Le nom fait référence au lac Manitou (feuillet 22I14).

Unité actuelle

Gobeil et al. 2002a, 2003a

(feuillets 22I-22P)

Chevé et al., 1999; Grant, 2003b

(euillet 22I14)

Gobeil et al., 1999, 2003c

(feuillet 22I13)

Gobeil et al., 2000, 2002b-c, 2003b

(feuillets 22I12, 22I15-22I16)

Gobeil et al., 2000; Grant, 2003a

(feuillet 22I11)

Nadeau et al., 2002a-b

(feuillets 22I05-22I06)

Bilodeau et Gobeil, 2000c

(feuillet 22J16)

Bilodeau et Gobeil, 2000b

(feuillet 22J09)

Bilodeau et Gobeil, 2000a

(feuillet 22J08)

Bilodeau et al., 1999

(feuillet 22I10)

Gobeil, 1997; Gobeil et al., 1997a-b; Chevé et al., 2001

(feuillets 22P02 à 22P04)

Franconi et Sharma, 1973; Sharma et Franconi, 1975; Avramtchev, 1984

(feuillets 22P-22I)

Franconi et al., 1971, 1975

(feuillet 22J)

Jenkins, 1957

(partie ouest du feuillet 22I14)

Jenkins, 1956

(centre du feuillet 22I11)

Klugman, 1954, 1955

(partie est du feuillet 22I05, partie ouest du feuillet 22I06)

Blais, 1953, 1960

(feuillet 22P04)

Grenier, 1952; Hogan, 1953, 1971

(partie ouest des feuillets 22I12 et 22I13, partie est du feuillet 22J09)

Faessler, 1945

(feuillet 22J08)

Greig, 1940, 1945

(feuillet 22I05)

mPmnt1 Gneiss quartzo-feldspathique à biotite, hornblende et pyroxène, localement à grenat Unités gneissiques – pPmPmnt1a : prédominance de gneiss quartzo-feldspathique contenant généralement <30 % de minéraux colorés; paragenèse dominante à biotite, à hornblende et/ou à pyroxènes (clinopyroxène ± orthopyroxène); présence locale de grenat (<5 %). Quantités subordonnées (niveaux de puissance décamétrique à hectométrique et de continuité longitudinale limitée, non cartographiables au 1/50 000) de gneiss des unités pPmPmnt1b et pPmPmnt1d. Niveaux mineurs, centimétriques à décimétriques, d’amphibolite de l’unité pPmPmnt1e; pointements isolés de calcaire cristallin Unités gneissiques – pPmPmnt1a : prédominance de gneiss quartzo-feldspathique contenant généralement <15 % de minéraux colorés; paragenèse dominante à biotite, à hornblende et/ou à pyroxènes (clinopyroxène ± orthopyroxène). Quantités subordonnées (niveaux de puissance décamétrique à hectométrique et de continuité longitudinale limitée, non cartographiables au 1/50 000) de gneiss à pyroxènes et à hornblende (unité pPmPmnt1b) et de gneiss granitique (unité pPmPmnt1d). Niveaux mineurs, centimétriques à décimétriques, d’amphibolite. Quelques pointements de paragneiss à grenat avec, par endroits, de la sillimanite et/ou du graphite Unités gneissiques – pPmPmnt1a : prédominance de gneiss quartzo-feldspathique (mylonitique) contenant généralement <15 % de minéraux colorés; paragenèse dominante à biotite, à hornblende; présence locale de grenat (<5 %). Quantités subordonnées (niveaux de puissance décamétrique à hectométrique et de continuité longitudinale limitée, non cartographiables à l’échelle 1/50 000) de gneiss à hornblende (± biotite ± grenat) et de gneiss granitique. Niveaux mineurs, centimétriques à décimétriques, d’amphibolite de l’unité pPmPmnt1e Unités gneissiques – pPmPmnt1a : prédominance de gneiss quartzo-feldspathique contenant généralement <15 % de minéraux colorés; paragenèse dominante à biotite, à hornblende et/ou à pyroxènes (clinopyroxène ± orthopyroxène); présence locale de grenat (<5 %). Quantités subordonnées de gneiss des unités pPmPmnt1b et pPmPmnt1d. Niveaux mineurs, centimétriques à décimétriques, d’amphibolite de l’unité pPmPmnt1e Unités gneissiques – pPmPmnt1a : prédominance de gneiss quartzo-feldspathique contenant généralement <15 % de minéraux colorés (paragenèse dominante à biotite, à hornblende et/ou à clinopyroxène ± orthopyroxène); présence locale de grenat (<5 %); quantités subordonnées de gneiss des unités pPmPmnt1b et pPmPmnt1d et niveaux mineurs d’épaisseur centimétrique à décimétrique d’amphibolite de l’unité pPmPmnt1e; pointements isolés de paragneiss à grenat ± sillimanite ± graphite ou de calcaire cristallin Migmatites (M22) Paragneiss (M4) Complexe de migmatite, gneiss granitique et paragneiss (M22a)   mpPmnt1a : gneiss quartzo-feldspathique à biotite, hornblende et/ou pyroxènes (clinopyroxène ± orthopyroxène); et localement à grenat (<5 %). Niveaux mineurs de gneiss de l’unité mpPmnt1b et d’amphibolite de l’unité mpPmnt1e Paragneiss mixtes, amphibolite (5)


Granite avec pegmatite (19)


Migmatites (20)


Gabbro, métagabbro, amphibolite (10)

Migmatites (20) Granite gneissique à teinte rose prédominante et gneiss d’injection; paragneiss communs; amphibolites communes (2)


Syénite (6)


Orthogneiss injecté (7)

Gneiss granitiques (2)


Roches métasédimentaires, en partie paragneiss (1)


Roches syénitiques (4)

Gneiss métasédimentaires, amphibolite et migmatites   Paragneiss de type Grenville (1)


Norite (3)

  Granite (5a), gneiss granitique (5b), à grain fin
mPmnt1a Gneiss quartzo-feldspathique et paragneiss


Gneiss granitique généralement magnétique

      Unités gneissiques – pPmPmnt1g : quantités plus ou moins égales de gneiss quartzo-feldspathique de l’unité pPmPmnt1a et de paragneiss (gneiss quartzeux et gneiss quartzo-feldspathique à biotite et à grenat, localement à graphite). Quantités subordonnées de gneiss à orthopyroxène, à clinopyroxène et à hornblende de l’unité pPmPmnt1b, de gneiss granitique de l’unité pPmPmnt1d et d’amphibolite de l’unité pPmPmnt1e Unités gneissiques – pPmPmnt1g : quantités plus ou moins égales de gneiss quartzo-feldspathique de l’unité pPmPmnt1a et de paragneiss (gneiss quartzeux et gneiss quartzo-feldspathique à biotite et à grenat localement graphiteux); quantités subordonnées de gneiss à clinopyroxène, à orthopyroxène et à hornblende de l’unité pPmPmnt1b, de gneiss granitique de l’unité pPmPmnt1d et d’amphibolite de l’unité pPmPmnt1e           Paragneiss mixtes, amphibolite (5)


Gneiss charnockitiques (4)


Migmatites (20)


Granite avec pegmatite (19)

    Gneiss granitiques (2)


Roches métasédimentaires, en partie paragneiss (1)


Roches syénitiques (4)

         
mPmnt1b Gneiss quartzo-feldspathique à biotite, hornblende et pyroxène, localement à grenat                   mpPmnt1h : unité mixte de gneiss quartzo-feldspathique (mpPmnt1a) et de gneiss à clinopyroxène, orthopyroxène et hornblende (unité mpPmnt1b). Quantités mineures de gneiss granitique (mpPmnt1d) et d’amphibolite (mpPmnt1e) Paragneiss mixtes, amphibolite (5)         Paragneiss à quartz, feldspath et biotite (1cd)


Gneiss ou migmatite mélangés (2a)


Paragneiss à feldspath, biotite et hornblende (1c)

     
mPmnt2 Gneiss granitique généralement magnétique


Gneiss quartzo-feldspathique et paragneiss

Unités gneissiques – pPmPmnt1d : prédominance de gneiss granitique (<10 % minéraux colorés : clinopyroxène et/ou orthopyroxène, hornblende, biotite ou magnétite). Quantités subordonnées de gneiss quartzo-feldspathique de l’unité pPmPmnt1a et de gneiss à clinopyroxène, à orthopyroxène et à hornblende de l’unité pPmPmnt1b; quelques pointements de roches métasomatiques à magnétite Unités gneissiques – pPmPmnt1d : prédominance de gneiss granitique (<10 % minéraux colorés : clinopyroxène et/ou orthopyroxène, hornblende, biotite ou magnétite). Quantités subordonnées de gneiss quartzo-feldspathique de l’unité pPmPmnt1a et de gneiss à clinopyroxène, à orthopyroxène et à hornblende de l’unité pPmPmnt1b Unités gneissiques – pPmPmnt1d : prédominance de gneiss granitique (<10 % minéraux colorés : clinopyroxène et/ou orthopyroxène, hornblende, biotite ou magnétite). Quantités subordonnées de gneiss quartzo-feldspathique de l’unité pPmPmnt1a et de gneiss à clinopyroxène, à orthopyroxène et à hornblende (de l’unité pPmPmnt1b) Unités gneissiques – pPmPmnt1d : prédominance de gneiss granitique (<10 % minéraux colorés : clinopyroxène et/ou orthopyroxène, hornblende, biotite ou magnétite). Quantités subordonnées de gneiss quartzo-feldspathique de l’unité pPmPmnt1a et de gneiss à clinopyroxène, à orthopyroxène et à hornblende de l’unité pPmPmnt1b   Gneiss granitiques (M6)


Migmatites (M22)

Gneiss granitique (M6)


Complexe de migmatite, gneiss granitique et paragneiss (M22a)

  Unités gneissiques – pPmPmnt1d : prédominance de gneiss granitique contenant <10 % minéraux colorés (clinopyroxène et/ou orthopyroxène, hornblende, biotite ou magnétite); quantités subordonnées de gneiss quartzo-feldspathique de l’unité pPmPmnt1a et de gneiss à clinopyroxène, à orthopyroxène et à hornblende de l’unité pPmPmnt1b; quelques pointements de roches métasomatiques à magnétite mpPmnt1d : gneiss granitique Paragneiss mixtes, amphibolite (5)


Granite avec pegmatite (19)


Migmatites (20)

Migmatites (20)   Gneiss granitiques (2)


Roches métasédimentaires, en partie paragneiss (1)


Roches syénitiques (4)

    Complexe de migmatite, gneiss granitique et paragneiss (2)


Gneiss œillé (6a)


Paragneiss (1)

   
mPmnt3 Orthogneiss œillé granitique ou charnockitique


Orthogneiss granitique, leucogranite, mangérite

  Unités gneissiques – pPmPmnt1f : orthogneiss granitique œillé Unités gneissiques – pPmPmnt1f : orthogneiss granitique œillé Unités gneissiques – pPmPmnt1f : orthogneiss granitique œillé ou porphyroclastique localement grenatifère contenant par endroits des niveaux centimétriques à métriques de gneiss rubané mafique à biotite, à amphibole et à pyroxènes; un peu de mangérite Unités gneissiques – pPmPmnt1f : orthogneiss granitique œillé ou porphyroclastique, localement grenatifère, contenant par endroits des niveaux centimétriques à métriques de gneiss rubané mafique à biotite, à amphibole et à pyroxènes; présence d’un peu de mangérite Migmatites (M22) Gneiss granitique et gneiss œillé (M6a)


Gneiss granitique (M6)

Gneiss granitique, gneiss œillé, pegmatite, aplite (M6a)     Granite avec pegmatite (19)


Migmatites (20)


Gneiss charnockitiques (4)

Migmatites (20)


Mangérite (12)

Granite gneissique à teinte rose prédominante et gneiss d’injection; paragneiss communs; amphibolites communes (2)


Gabbro (4)

Gneiss granitiques (2)


Roches métasédimentaires, en partie paragneiss (1)

Gneiss œillé rose à biotite Paragneiss à quartz, feldspath et biotite (1cd) Gneiss œillé (6a)


Gneiss granitique (6b)


Paragneiss (1)


Norite (3)

Série du gneiss granitique : gneiss granitique, gneiss œillé, pegmatite, aplite Gneiss granitique et porphyrique (1)


Gneiss granitique œillé

mPmnt4 Gneiss quartzo-feldspathique et paragneiss


Gneiss quartzo-feldspathique à biotite, hornblende et pyroxène, localement à grenat

Unités gneissiques – pPmPmnt1b : prédominance de gneiss à clinopyroxène, à orthopyroxène et à hornblende (± biotite ± grenat); niveaux centimétriques à décimétriques d’amphibolite à pyroxènes de l’unité pPmPmnt1e; développement local de niveaux décimétriques riches en magnétite. Quantités subordonnées de gneiss quartzo-feldspathique (pPmPmnt1a) et de gneiss granitique (pPmPmnt1d) Unités gneissiques – pPmPmnt1b : gneiss à orthopyroxène, à clinopyroxène et à hornblende verte (± biotite ± grenat); niveaux centimétriques à décimétriques d’amphibolite à pyroxènes et de gneiss quartzo-feldspathique   Unités gneissiques – pPmPmnt1b : prédominance de gneiss à clinopyroxène, à orthopyroxène et à hornblende (± biotite ± grenat); niveaux centimétriques à décimétriques d’amphibolite à pyroxènes de l’unité pPmPmnt1e; développement local de niveaux décimétriques riches en magnétite. Quantités subordonnées de gneiss quartzo-feldspathique (pPmPmnt1a) et de gneiss granitique (unité pPmPmnt1d)           mpPmnt1b : gneiss à clinopyroxène, orthopyroxène et hornblende (± biotite, ± grenat) Paragneiss mixtes, amphibolite (5)


Gabbro, métagabbro, amphibolite (10)


Granite avec pegmatite (19)


Migmatites (20)

               
mPmnt5 Gneiss quartzo-feldspathique et paragneiss


Gneiss quartzo-feldspathique à biotite, hornblende et pyroxène, localement à grenat

Unités gneissiques – pPmPmnt1c : Paragneiss : Prédominence de paragneiss : unité composite où alternent des niveaux décimétriques à décamétriques de gneiss quartzeux ou quartzo-feldspathique à biotite et grenat (<35 %), localement à graphite, et de gneiss s’apparentant à l’unité pPmPmnt1b dont la paragenèse varie entre l’assemblage à biotite-grenat-clinopyroxène (± orthopyroxène ± hornblende) et l’assemblage à hornblende-orthopyroxène (± clinopyroxène ± grenat ± biotite); quelques niveaux de gneiss à biotite-grenat-sillimanite-orthose (± graphite), de quartzite et de roches calcosilicatées à scapolite. Lentilles métriques locales enrichies en grenat (>35 %) et, en quantités variables, d’orthopyroxène et/ou de hornblende     Unités gneissiques – pPmPmnt1c : paragneiss : roche calcosilicatée et calcaire cristallin Unités gneissiques – pPmPmnt1c : paragneiss : roche calcosilicatée et calcaire cristallin         mpPmnt1c : paragneiss Paragneiss mixtes, amphibolite (5)   Granite gneissique à teinte rose prédominante et gneiss d’injection; paragneiss communs; amphibolites communes (2) *non cartographiée          
mPmnt6   Unités intrusives felsiques Unités intrusives felsiques   Unités intrusives felsiques         Unités intrusives felsiques                    
mPmnt6a *non individualisée en carte (gneiss quartzo-feldspathique et paragneiss) pPmPmnt2f : granitoïdes syncinématiques à tardicinématiques, de composition granitique à tonalitique     pPmPmnt2f : granitoïdes syncinématiques à tardicinématiques, de composition granitique à tonalitique, à grain fin à moyen, généralement foliés et au faciès charnockitique         pPmPmnt2f : granitoïdes syncinématiques à tardicinématiques de composition granitique à tonalitique, à grain fin à moyen, généralement foliés et au faciès charnockitique   Paragneiss mixtes, amphibolite (5)


Migmatites (20)

               
mPmnt6b *non individualisée en carte (gneiss granitique généralement magnétique) pPmPmnt2b : leucogranite rose à magnétite, folié     pPmPmnt2b : leucogranite rose à magnétite, folié             Granite avec pegmatite (19)


Gabbro, métagabbro, amphibolite (10)

    Gneiss granitiques (2)          
mPmnt6c Orthogneiss granitique, leucogranite, mangérite   pPmPmnt2c : granite folié à gneissique                 Migmatites (20)


Paragneiss mixtes, amphibolite (5)

          Granite à hornblende (9)    
mPmnt6d *non individualisée en carte (gneiss quartzo-feldspathique à biotite, hornblende et pyroxène, localement à grenat) pPmPmnt2g : granite à biotite, à hornblende et à sphène; roche massive, homogène et à grain moyen, tardicinématique à postcinématique                   Gabbro, métagabbro, amphibolite (10) Gabbro, métagabbro, amphibolite (10)              
mPmnt6e Orthogneiss granitique, leucogranite, mangérite pPmPmnt2a : mangérite massive à faiblement foliée, localement gneissique                   Paragneiss mixtes, amphibolite (5)                
mPmnt6f *non individualisée en carte (gneiss quartzo-feldspathique à biotite, hornblende et pyroxène, localement à grenat) pPmPmnt2d : syénite                   Paragneiss mixtes, amphibolite (5)                
mPmnt6g *non cartographiée pPmPmnt2e : syénite à néphéline (syénite rubanée et syénite foliée à néphéline)                   Anorthosite, anorthosite gabbroïque (8)                
mPmnt7 *non individualisée en carte Unités gneissiques – pPmPmnt1e : amphibolite à pyroxènes (± grenat ± biotite) et/ou métagabbro folié à gneissique, localement à olivine Unités gneissiques – pPmPmnt1e : métagabbronorite foliée à gneissique, localement à olivine, et/ou amphibolite à pyroxènes (± grenat ± biotite) Unités gneissiques – pPmPmnt1e : Amphibolite foliée à gneissique et/ou métagabbro amphibolitique à pyroxènes (± grenat ± biotite) Unités gneissiques – pPmPmnt1e : amphibolite foliée à gneissique et/ou métagabbro amphibolitique à pyroxènes (± grenat ± biotite)           mpPmnt1e : Amphibolite et/ou métagabbro folié à gneissique Paragneiss mixtes, amphibolite (5)


Gabbro, métagabbro, amphibolite (10)


Gneiss charnockitiques (4)


Anorthosite, anorthosite gabbroïque (8)

  Gabbro (4) *non cartographiée     Amphibolite (4b)


Gabbro (4a)

   
mPmnt7a Leuconorite, norite, gabbro, gabbronorite Unités intrusives mafiques à ultramafiques – pPmPmnt3c : leuconorite, norite, anorthosite, gabbronorite à olivine coronitique et pyroxénite, à grain moyen à grossier, localement très grossier; roches massives, foliées ou mylonitiques Unités intrusives mafiques à ultramafiques – pPmPmnt3c : leuconorite, norite, anorthosite, gabbronorite à olivine coronitique et pyroxénite, à grain moyen à grossier, localement très grossier; roches massives, foliées ou mylonitiques   Unités intrusives mafiques à ultramafiques – pPmPmnt3c : leuconorite ou gabbro Unités intrusives mafiques à ultramafiques – pPmPmnt3c : leuconorite, norite, anorthosite, gabbronorite à olivine coronitique et pyroxénite, à grain moyen à très grossier, massives, foliées ou mylonitiques           Gabbro, métagabbro, amphibolite (10)


Paragneiss mixtes, amphibolite (5)

    Roches anorthositiques et gabbroïques (3) Roches anorthositiques et gabbroïques        
mPmnt7b Leuconorite, norite, gabbro, gabbronorite Unités intrusives mafiques à ultramafiques – pPmPmnt3b : gabbronorite et gabbro à grain fin à moyen; roches massives, foliées ou mylonitiques Unités intrusives mafiques à ultramafiques – pPmPmnt3b : métagabbro et/ou amphibolite     Unités intrusives mafiques à ultramafiques – pPmPmnt3b : gabbronorite, métagabbro et/ou amphibolite, à grain fin à moyen, massifs, foliés ou mylonitiques           Paragneiss mixtes, amphibolite (5)


Gabbro, métagabbro, amphibolite (10)

      Gneiss métasédimentaires, amphibolites et migmatites        
mPmnt7c *non individualisée en carte Unités intrusives mafiques à ultramafiques – pPmPmnt3a : métagabbro coronitique à grenat ± biotite, massif, homogène et à grain moyen à grossier     Unités intrusives mafiques à ultramafiques – pPmPmnt3a : métagabbronorite coronitique à grenat ± biotite, à grain moyen à grossier, massive et foliée à son contact             Paragneiss mixtes, amphibolite (5)                

Description

Le terme Complexe de Manitou s’applique à un ensemble déformé et métamorphisé de roches gneissiques et de roches intrusives felsiques, mafiques et ultramafiques, localisé sur le plateau à l’est du lac Manitou (feuillet 22I14) (Chevé et al., 1999, 2001; Gobeil et al., 1999, 2000, 2003a; Wodicka et al., 2003). La signature magnétique de ces roches permet de les suivre vers l’ouest jusqu’à la vallée de la rivière Nipissis (feuillets 22I12, 22I13, 22J08 et 22J09) et vers le sud, jusqu’au lac des Eudistes (feuillets 22I06 et 22I11). Le gneiss quartzo-feldspathique (mPmnt1), le gneiss granitique (mPmnt2), localement œillé (mPmnt3), et le gneiss à orthopyroxène, clinopyroxène et hornblende (mPmnt4) dominent dans le Complexe de Manitou. Ils sont accompagnés de paragneiss à sillimanite ou à graphite, de quartzite, de marbre, de roche calcosilicatée, de grenatite (mPmnt5) et d’amphibolite (équivalent à mPmnt7). Il est bon de noter que, dans le cadre d’un levé géologique à l’échelle 1/50 000, la mise en carte d’unités lithologiques de puissance métrique et d’extension longitudinale limitée (c’est-à-dire difficiles à tracer d’un cheminement à un autre) ne peut se faire sans nuire, le plus couramment, à la clarté de la carte (Chevé et al., 1999). En conséquence, les unités gneissiques ci-mentionnées (mPmnt1 à mPmnt5) sont définies à partir de la prédominance d’une lithologie. Les roches intrusives sont de composition felsique à intermédiaire (mPmnt6) et mafique à ultramafique (mPmnt7). Ces roches intrusives sont peu à très déformées et vraisemblablement syncinématiques à postcinématiques.

De façon générale (feuillets 22I et 22P), les roches d’origine typiquement sédimentaire dominent dans un secteur plus ou moins circulaire délimité par les lacs des Eudistes, du Caribou et Boudreau au sud, à l’ouest et au nord, et par la rivière Manitou à l’est (feuillet 22I11) (Gobeil et al., 2003a). Ces affleurement sont dominés par du gneiss quartzo-feldspathique à biotite et/ou hornblende et/ou pyroxènes avec ou sans grenat, du paragneiss à biotite et/ou grenat et/ou sillimanite et graphite, et par endroits, du quartzite (mPmnt1a). Un peu de roches calcosilicatées et de marbres cristallins affleurent dans la région du lac des Eudistes. La présence de conducteurs formationnels dans cet assemblage sédimentaire permet de mettre en évidence la complexité de la déformation qui affecte ces roches. Le pourtour extérieur de la zone typiquement sédimentaire est constitué majoritairement de gneiss granitique (mPmnt2), en général faiblement magnétique. Enfin, la partie SW du Complexe de Manitou est représentée par un orthogneiss granitique œillé, localement porphyroclastique (mPmnt3) qui contient, par endroits, des niveaux centimétriques à métriques de gneiss rubané mafique ou d’amphibolite (mPmnt7). Cette unité contient également quelques pointements de mangérite.

Les roches du Complexe gneissique de Manitou présentent des assemblages minéralogiques stables au faciès supérieur des amphibolites et au faciès des granulites (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 1999, 2000, 2003a). Un gradient métamorphique croissant d’ouest en est se dégage dans la région du complexe (Gobeil et al., 2003a). L’assemblage à quartz, orthose, plagioclase, grenat, sillimanite et biotite marque la transition entre le faciès supérieur des amphibolites et le faciès des granulites (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 1999, 2000). Il correspond approximativement à des pressions de l’ordre de 3,5 à 5 kbar et à des températures de l’ordre de 650 à 700 °C (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 1999). En outre, l’assemblage à orthopyroxène, clinopyroxène, plagioclase, grenat qui est commun dans les roches métamorphiques mafiques de part et d’autre du lac Manitou (feuillet 22I14) et au nord du lac des Eudistes (feuillet 22I11) est diagnostique du faciès des granulites, tout comme l’est la présence d’orthopyroxène dans les lits de mobilisat (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000, 2003a). Dans la région du lac Nipisso (feuillet 22I13) et au sud (partie ouest du feuillet 22I12), le pyroxène est pratiquement absent dans les assemblages métamorphiques. Les paragenèses communes sont typiques des faciès moyen à supérieur des amphibolites. Ce sont, entre autres, les assemblages à quartz, microcline, sillimanite, biotite et plagioclase ou encore ceux à quartz, plagioclase, hornblende et biotite (Chevé et al., 1999).

Les roches gneissiques du Complexe de Manitou sont, en général, très déformées (Gobeil et al., 2003a). Une foliation et une gneissosité anciennes associées à un métamorphisme précoce ont été reprises par une déformation plus récente donnant lieu à la formation d’une structure planaire très régulière de type « gneiss droit ». Une linéation minérale et d’étirement et de nombreux indicateurs cinématiques indiquent un transport tectonique important vers le NW. Le métamorphisme ancien en question n’a pas été reconnu à travers les minéraux qui ont été datés. Il peut représenter les premières manifestations du métamorphisme grenvillien qui a culminé vers 1080 Ma (Wodicka et al., 2003). Ce métamorphisme peut être plus vieux (d’âge pinwarien [~1,52–1,45 Ga] ou labradorien [~1,71–1,60 Ga]) et complètement masqué par les effets du métamorphisme grenvillien [~1,09–0,98 Ga].

Complexe de Manitou 1 (mPmnt1) : Gneiss quartzo-feldspathique

L’unité mPmnt1 à prédominance de gneiss quartzo-feldspathique constitue l’unité dominante du Complexe de Manitou dans sa partie nord, par exemple dans le secteur des lacs Manitou et Nipisso (feuillets 22I13 et 22I14, partie nord du feuillet 22I15, coin NW du feuillet 22I16, coin SW du feuillet 22P02, partie sud du feuillet 22P03 et coin SE du feuillet 22P04 (Chevé et al., 1999, 2001; Gobeil et al., 2000). Des niveaux, non cartographiables à l’échelle 1/50 000, de puissance décamétrique à hectométrique et de continuité longitudinale limitée, de gneiss à clinopyroxène, orthopyroxène et hornblende (mPmnt4), de gneiss granitique (mPmnt2) et de paragneiss (mPmnt5) accompagnent le gneiss quartzo-feldspathique. Toutes ces lithologies sont communément l’hôte de niveaux centimétriques à décimétriques de métagabbro et d’amphibolite semblables à ceux qui caractérisent l’unité mPmnt7. Le comportement rhéologique de ces derniers, plus compétents, révèle dans une large mesure les effets des premières déformations (Chevé et al., 1999). Toutes ces roches sont caractérisées par une excellente gneissosité montrant une alternance de lits foncés et de lits pâles qui se définissent par des pourcentages différents de minéraux ferromagnésiens ou par la présence de lits de mobilisat quartzo-feldspathique (Gobeil et al., 1999, 2000). La foliation est mise en évidence par l’alignement des lamelles de biotite ou de hornblende, si elles sont présentes, ou encore dans les faciès plus déformés par l’étirement des grains de quartz qui, à la limite, forment des rubans.

Typiquement, le gneiss quartzo-feldspathique est folié à rubané, à grain fin à moyen et de couleur pâle à moyenne dans des teintes de gris, de rose ou de vert (Chevé et al., 1999). En lame mince, il montre une texture granoblastique isogranulaire à hétérogranulaire. Il est composé de 35 à 50 % de quartz, 15 à 40 % de feldspaths et <30 % (généralement <15 %) de minéraux ferromagnésiens (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 1999). Le plagioclase, l’orthose perthitique et localement le microcline se partagent la composante feldspathique de la roche en des proportions variables l’un par rapport à l’autre, mais communément avec une dominance plagioclasique. La biotite, vert brunâtre à brun-rouge, constitue le minéral ferromagnésien commun, mais pas nécessairement le plus abondant. Elle est accompagnée dans la paragenèse métamorphique d’un ou de plusieurs des minéraux suivants : hornblende, pyroxènes (clinopyroxène et/ou orthopyroxène), grenat (<5 %), muscovite, sillimanite et/ou graphite.

Le gneiss à sillimanite-muscovite-graphite forme des affleurements isolés ou des bandes dans la région du lac Nipisso (feuillet 22I13) (Gobeil et al., 1999). Il est de couleur rouille en surface altérée et gris pâle à gris foncé en surface fraiche. Le liant entre les grains ayant été détruit, la roche se désintègre très facilement. Elle contient du quartz, de la biotite, du plagioclase, du microcline, de la muscovite, du graphite et du grenat. La sillimanite se présente en grappes d’aiguilles très fines ou en cristaux isolés. Les minéraux accessoires du gneiss quartzo-feldspathique sont la titanite, l’apatite, le zircon et des minéraux opaques (magnétite et/ou pyrite; ≤5 %) (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 1999). 

Les effets de la déformation régionale intense ont conduit à la genèse de gneiss droit (Chevé et al., 1999). Sans affecter véritablement la paragenèse, cette déformation se manifeste au microscope par une microgranulation périphérique des grains de la trame quartzo-feldspathique qui conduit à une texture cloisonnée. L’intensité de la déformation augmentant, celle-ci évolue vers une véritable texture mylonitique. Les réajustements minéralogiques tardifs les plus prononcés régionalement se manifestent par la damouritisation du plagioclase à des degrés divers, mais généralement peu intense, et par la chloritisation de la biotite.

 

Complexe de Manitou 1a (mPmnt1a) : Alternance de gneiss quartzo-feldspathique et de paragneiss

L’unité mPmnt1a remplace l’unité mPmnt1 comme la toile de fond du socle rocheux dans la région au nord du lac des Eudistes (feuillet 22I11) (Gobeil et al., 2000). Elle se distingue de l’unité mPmnt1 par des proportions sensiblement égales de gneiss quartzo-feldspathique et de paragneiss, alors que le premier domine largement le second dans l’unité mPmnt1. Ailleurs, elle forme des niveaux d’épaisseur et d’extension limitée. À l’instar de l’unité mPmnt1, l’unité mPmnt1a contient également des proportions subordonnées de gneiss à orthopyroxène, clinopyroxène et hornblende (mPmnt4), de gneiss granitique (mPmnt2) et d’amphibolite (mPmnt7).

Le gneiss quartzo-feldspathique est similaire à celui décrit dans l’unité mPmnt1 (Gobeil et al., 2000). Il contient généralement <15 % de minéraux ferromagnésiens, soit la biotite, la hornblende et/ou les pyroxènes (clinopyroxène et/ou orthopyroxène), avec présence locale de grenat (<5 %). En lame mince, la roche montre une texture granoblastique saccharoïdale à interlobée; la granulométrie est isogranulaire à hétérogranulaire. Le gneiss se compose de quartz, de plagioclase et de feldspath potassique. Le plagioclase domine généralement l’orthose perthitique. Le microcline est absent. La biotite, vert brunâtre à brun-rouge, constitue le minéral ferromagnésien le plus commun. Elle peut être accompagnée de hornblende et plus rarement de clinopyroxène et/ou d’orthopyroxène, de grenat, de sillimanite ou de muscovite. La minéralogie accessoire est constituée de minéraux opaques (magnétite ou sulfures), de titanite, d’apatite, de zircon et rarement d’allanite. Parmi les phénomènes de rétrométamorphisme les plus communs, il faut noter la séricitisation du plagioclase et la chloritisation de la biotite. La muscovite, en porphyroblastes de faible dimension, apparaît comme un minéral tardif.

Le paragneiss est commun et il est intimement associé au gneiss quartzo-feldspathique dans la partie centrale du feuillet 22I11 (Gobeil et al., 2000). Il consiste en gneiss quartzo-feldspathique à biotite et/ou grenat et, localement, à graphite et/ou sillimanite, en gneiss quartzeux et en quartzite. La présence de graphite dans cette lithologie est à l’origine des nombreux conducteurs dans cette unité, en particulier de part et d’autre de la rivière Manitou entre le lac des Eudistes, au sud, et les lacs Boudreau et du Canot, au nord. L’affleurement typique de paragneiss est gris, gris brunâtre ou brun rouille due à la présence de graphite ou de sulfures. Il est caractérisé par un rubanement centimétrique à décimétrique mis en évidence par un pourcentage variable des minéraux leucocrates et mélanocrates ou par la présence de lits centimétriques de mobilisat. La présence de lits de gneiss quartzeux (≤80 % de quartz) ou de quartzite associés au paragneiss est commune. L’érosion différentielle des lits de paragneiss par rapport aux lits de gneiss quartzeux ou de quartzite a pour effet d’amener les premiers en dépression par rapport aux seconds.

En lame mince, le paragneiss montre une texture lépidoblastique à granoblastique caractérisée par des lamelles de biotite distribuées dans une matrice quartzo-feldspathique, granoblastique, saccharoïdale à interlobée et isogranulaire à hétérogranulaire (Gobeil et al., 2000). La matrice quartzo-feldspathique est composée de quartz, de plagioclase et d’orthose mésoperthitique ou, très rarement, de microcline. La proportion de feldspath alcalin est toujours largement inférieure à celle du plagioclase. La biotite est brune à brun-rouge et se présente généralement en fines lamelles définissant la foliation ou, plus rarement, en agrégats. Le grenat et la sillimanite sont intimement associés à la biotite. Le grenat forme des porphyroblastes qui peuvent atteindre 1 cm de diamètre. Les grains, généralement craquelés, sont par endroits pœciloblastiques et remplis d’inclusions de quartz, de feldspaths, de biotite ou de sillimanite. La sillimanite forme des prismes allongés parallèles à la foliation ou des sections losangiques. Le graphite (≤5 %) se présente en fines paillettes allongées le long de la foliation. Les minéraux accessoires sont les minéraux opaques (magnétite ou sulfures), la titanite, l’apatite, le zircon et rarement l’allanite. Les phénomènes de rétrométamorphisme sont les mêmes que ceux décrits dans le gneiss quartzo-feldspathique (séricitisation du plagioclase et la chloritisation de la biotite). Enfin, la muscovite secondaire apparaît sous la forme de porphyroblastes de faible dimension. Le gneiss quartzeux montre la même minéralogie que le paragneiss; il ne s’en distingue que par la proportion de quartz qui peut atteindre 80 %. Le quartzite comporte >80 % de quartz. 

 

Complexe de Manitou 1b (mPmnt1b) : Alternance de gneiss quartzo-feldspathique et de gneiss à clinopyroxène-orthopyroxène-hornblende

L’unité mPmnt1b est introduite au niveau de l’extrémité nord (feuillets 22P02 à 22P04) du complexe par Chevé et al. (2001) pour définir une entité peu exposée qui apparaît comme une unité mixte entre les unités mPmnt1 et mPmnt4. Elle se compose en effet de proportions sensiblement égales de gneiss quartzo-feldspathique (mPmnt1) et de gneiss à clinopyroxène, orthopyroxène et hornblende (mPmnt4) au travers desquels sont identifiées des proportions mineures, non cartographiables à l’échelle 1/50 000, de gneiss granitique (mPmnt2) et d’amphibolite (mPmnt7).

Complexe de Manitou 2 (mPmnt2) : Gneiss granitique

Le gneiss granitique constitue la lithologie prédominante de l’unité mPmnt2 (Chevé et al., 1999, 2001; Gobeil et al., 1999, 2000). Comme pour les autres unités gneissiques, ces terrains exposent des proportions mineures, non cartographiables au à l’échelle 1/50 000, de gneiss quartzo-feldspathique et de gneiss à clinopyroxène, orthopyroxène et hornblende semblables respectivement à ceux des unités mPmnt1 et mPmnt4. Ces gneiss constituent communément 10 à 35 % des affleurements en s’intercalant plus ou moins régulièrement en bandes de puissance décimétrique entre des niveaux décimétriques à décamétriques de gneiss granitique (Chevé et al., 1999). De telles relations suggèrent que l’unité mPmnt2 correspond à une zone d’intense injection de dykes ou de filons-couches de matériel granitique dans un protolite semblable à celui des unités mPmnt1 et/ou mPmnt4. L’unité mPmnt2 comprend également des granitoïdes syntectoniques à tarditectoniques de l’unité mPmnt6a et de la mangérite de l’unité mPmnt6e. Le gneiss granitique peut représenter des intrusions granitiques déformées et métamorphisées lors de la déformation régionale (Gobeil et al., 2000). Il peut également représenter des unités volcano-sédimentaires de composition appropriée, telles des roches arkosiques dans un environnement sédimentaire ou des roches rhyolitiques dans un environnement volcanique. Enfin, le gneiss granitique contient des lits d’amphibolite ou de gabbro (Gobeil et al., 1999).

Le gneiss granitique est rosé à franchement rose et de granulométrie hétérogène variant de fine à moyenne (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 1999, 2000). Il contient généralement <10 % de minéraux ferromagnésiens. Il est constitué d’un assemblage, dans des proportions très variables, de quartz (20 à 35 %), de microcline et d’orthose faiblement perthitique à mésoperthitique (10 à 60 %) et de plagioclase (10 à 30 %; albite probable). Ces minéraux s’agencent dans une texture granoblastique hétérogranulaire, interlobée à saccharoïde selon le degré d’interpénétration des grains (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). La déformation de ces roches est très perceptible en affleurement par la coloration bleutée et par l’étirement des grains de quartz (Chevé et al., 1999). En lame mince, elle se reflète par le développement de rubans de quartz à extinction ondulante, par l’allongement préférentiel des feldspaths ainsi que par la néoformation de petits cristaux de quartz et de feldspaths alcalins, libres de déformations internes, à la périphérie des grains de la trame quartzo-feldspathique.

Les minéraux ferromagnésiens sont représentés par la biotite, la hornblende et localement le grenat (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 1999, 2000). Les minéraux accessoires sont les minéraux opaques, la titanite, l’apatite, le carbonate et le zircon. Les minéraux ferromagnésiens sont généralement instables et montrent des évidences d’altération intense (Chevé et al., 1999). La hornblende est déstabilisée : elle laisse apparaître de nombreuses aiguilles de minéraux opaques dans les plages les moins altérées, alors que de fines plaquettes de biotite secondaire s’insinuent le long des plans de clivage et/ou de fracture (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). À un stade plus avancé, la biotite (tant celle de la matrice que celle secondaire) est profondément chloritisée et saupoudrée de fines inclusions de leucoxène et d’épidote. De la calcite accompagne généralement cette altération qui, lorsque très prononcée, laisse un agrégat pœcilitique qui délimite le grain de hornblende initial (Chevé et al., 1999). Parallèlement à ce processus, les minéraux opaques s’enveloppent d’une couronne de titanite/leucoxène (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). La trame feldspathique est peu affectée au cours de ce processus. Les plagioclases révèlent une saussuritisation ou une séricitisation du même ordre d’intensité que celle du gneiss quartzo-feldspathique (mPmnt1) ou du gneiss à clinopyroxène, orthopyroxène et hornblende (mPmnt4).

L’unité de gneiss granitique située près de la bordure nord du Complexe de Matamec, dans la partie nord du feuillet 22I13, est fortement déformée et mylonitisée (Gobeil et al., 1999). Le quartz se présente en rubans polycristallins et la taille des autres minéraux, soit les feldspaths et la hornblende, a été considérablement réduite. La biotite se présente en lamelles allongées dans la foliation. La sillimanite et des porphyroclastes d’orthose et de hornblende sont présents par endroits.

 

Complexe de Manitou 3 (mPmnt3) : Orthogneiss granitique œillé ou porphyroclastique

L’unité mPmnt3 forme de gros massifs d’orthogneiss granitique œillé ou porphyroclastique (Gobeil et al., 1999, 2000). L’orthogneiss granitique œillé est généralement rosé, par endroits gris pâle, de granulométrie fine à grossière et folié à fortement gneissique et bien recristallisé. Il est composé de porphyroclastes communément œillés de feldspath potassique (microcline) perthitique, localement rapakivique, et de plagioclase dans une matrice granoblastique constituée de quartz, de feldspaths (microcline et plagioclase), de biotite, de hornblende et, localement, de grenat. Les clastes contiennent des inclusions de quartz, de plagioclase et de biotite (Gobeil et al., 1999). Le quartz se présente en grains suturés et contient des inclusions de plagioclase et de biotite. Le plagioclase contient des antiperthites en taches et il est localement séparé du microcline par une couronne d’albite. La hornblende verte et la biotite se présentent en grappes ou en lentilles orientées dans la foliation. La biotite est postérieure à la hornblende. Les minéraux accessoires sont l’apatite, le zircon, la titanite, l’allanite et la magnétite. La titanite est très abondante et associée à la hornblende verte. Hogan (1971) note que le grenat et la hornblende sont abondants dans le gneiss granitique œillé le long de son contact nord avec le gneiss quartzo-feldspathique (mPmnt1) (centre du feuillet 22I13). L’alignement des feldspaths déformés et des yeux de quartz donne une linéation reconnaissable sur la plupart des affleurements. Le gneiss œillé est coupé par des dykes foliés de composition granodioritique constitués de quartz, de plagioclase, de microcline, de biotite et de hornblende. L’unité mPmnt3 comprend également des niveaux centimétriques à décimétriques de gneiss rubané mafique à biotite, amphibole et pyroxènes ainsi que quelques pointements de mangérite (Gobeil et al., 2000).

 

Complexe de Manitou 4 (mPmnt4) : Gneiss à clinopyroxène-orthopyroxène-hornblende ± biotite ± grenat

L’unité mPmnt4 à prédominance de gneiss à clinopyroxène, orthopyroxène et hornblende définit des bandes peu épaisses, 500 m à 1 km généralement, qui se suivent latéralement sur quelques kilomètres de longueur en suivant le grain tectonique dans la région du lac Manitou (partie nord du feuillet 22I11, coin NE du feuillet 22I13, feuillet 22I14 et partie sud du feuillet 22P03) (Chevé et al., 1999, 2001; Gobeil et al., 1999, 2000). Soulignons la présence de cette lithologie en des niveaux non cartographiables de quelques centimètres à quelques mètres d’épaisseur dans les unités à prédominance de gneiss quartzo-feldspathique (mPmnt1) et de gneiss granitique (mPmnt2) (Chevé et al., 2001). Par ailleurs, des niveaux non cartographiables de gneiss quartzo-feldspathique (mPmnt1) et de gneiss granitique (mPmnt2) complètent la définition de l’unité mPmnt4 qui, en outre, se caractérise par l’omniprésence de bandes centimétriques à décimétriques d’amphibolite ou de gneiss amphibolitique (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000).

Le gneiss de référence de l’unité mPmnt4 est gris à verdâtre à brunâtre, à grain moyen, folié plutôt que rubané (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). La nature gneissique de cette lithologie est définie par l’alternance de lits amphibolitiques plus ou moins mélanocrates qui représentent communément 10 à 20 % des surfaces exposées et de lits centimétriques de gneiss quartzo-feldspathique ou de mobilisat (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 1999, 2000). Les grains de quartz des lits clairs sont allongés et prennent l’aspect de rubans (Gobeil et al., 1999). Ce matériel pourrait représenter du matériel felsique injecté dans une roche mafique et transposé par la suite lors d’épisodes de déformation.

En lame mince, le gneiss à pyroxène est à grain moyen et montre une texture granoblastique saccharoïdale, généralement isogranulaire (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). La composante felsique du gneiss représente 50 à 60 % de la roche; elle est constituée principalement de plagioclase et, par endroits, de traces de feldspath potassique ou de quartz, ce dernier n’excédant que rarement 10 % (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 1999, 2000). La scapolite est présente localement (Chevé et al., 1999). Les minéraux ferromagnésiens constituent 35 à 45 % de la minéralogie du gneiss (Chevé et al., 1999). Le clinopyroxène, incolore à faiblement verdâtre, en est le minéral caractéristique, mais pas nécessairement le plus abondant (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). Il est typiquement accompagné de proportions variables (trace à 20 % individuellement) d’orthopyroxène et de hornblende verte et de proportions mineures (<2 %) de biotite brune et de grenat (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 1999, 2000). Localement, toutefois, ces deux derniers minéraux constituent, avec le clinopyroxène, la paragenèse caractéristique du gneiss (Chevé et al., 1999). La hornblende verte semble en équilibre avec les pyroxènes et le plagioclase (Gobeil et al., 2000). Quel que soit l’assemblage métamorphique principal, la minéralogie accessoire primaire est définie, en ordre d’abondance décroissante, par des minéraux opaques (<10 %, magnétite principalement), de l’apatite (<2 %) et du zircon (traces) (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000).

Les effets du rétrométamorphisme et/ou de l’altération se manifestent à des degrés variables (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000), mais généralement peu intenses dans la région du lac Manitou (feuillets 22I14) (Chevé et al., 1999). Les minéraux les plus sensibles sont l’orthopyroxène et la biotite. Le premier s’entoure alors de matériel microcristallin jaune orangé à brun rougeâtre (iddingsite) au travers duquel il apparaît localement en reliques, alors que le second subit différents degrés de chloritisation (chloritisation contrôlée par le clivage et accompagnée de fines granules de minéraux opaques et/ou de titanite) (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). Les réajustements minéralogiques de la hornblende, du clinopyroxène et du plagioclase sont plus limités. Lorsqu’ils se manifestent, la hornblende s’enveloppe généralement d’une couronne plus ou moins importante d’actinote, de biotite secondaire et de chlorite; il en est de même pour le clinopyroxène avec une couronne d’ouralite, alors que le plagioclase subit une saussuritisation ou une séricitisation interne d’intensité variable.

 

Complexe de Manitou 5 (mPmnt5) : Paragneiss, localement roches calcosilicatées ou marbre

L’unité mPmnt5 à prédominance de paragneiss est l’unité qui, géographiquement, est la plus restreinte des unités gneissiques du Complexe de Manitou; elle se limite à des bandes hectométriques se suivant latéralement sur quelques kilomètres de longueur (Chevé et al., 1999, 2001). Plusieurs niveaux de ces paragneiss étant porteurs de graphite, ces bandes sont particulièrement bien mises en évidence sur les levés géophysiques par la concentration d’anomalies électromagnétiques (Chevé et al., 1999). Des niveaux métriques à décamétriques de gneiss à clinopyroxène, orthopyroxène et hornblende et, en proportion moindre, de gneiss quartzo-feldspathique, semblables respectivement à ceux des unités mPmnt4 et mPmnt1, s’intercalent dans le paragneiss. La présence de gneiss quartzeux et de lentilles (quelques décimètres de puissance et quelques mètres de longueur) composées de grenat (>35 %), d’orthopyroxène et/ou de hornblende constitue des particularités locales rencontrées sur le plateau dominant la partie SE du lac Manitou (coin SE du feuillet 22I14).

Le paragneiss se caractérise en affleurement par un rubanement centimétrique assez régulier marqué essentiellement par des variations dans le pourcentage relatif des minéraux quartzo-feldspathiques et des minéraux ferromagnésiens (Chevé et al., 1999). Il s’agit d’une roche communément à grain fin, gris brunâtre qui devient nettement brun rouille et friable sur les sites où une fine dissémination pyriteuse et/ou graphiteuse est présente. En lame mince, le paragneiss commun présente une texture lépidogranoblastique caractérisée par des lamelles de biotite plus ou moins orientées, serties dans une matrice quartzo-feldspathique hétérogranulaire à texture granoblastique interlobée. Cette matrice (50 à 70 % du gneiss) est composée essentiellement de quartz et de plagioclase. Des variations significatives dans le rapport de ces deux minéraux s’observent d’une lame mince à l’autre, leur abondance respective variant généralement de 20 à 50 %. Des proportions mineures d’orthose faiblement perthitique accompagnent localement le quartz et le plagioclase. Le développement significatif de ce minéral (20 à 40 %) dans des bandes d’épaisseur millimétrique à centimétrique est le reflet soit de lits arénacés du protolite sédimentaire, soit de veinules ou veines précoces de matériel granitique entraînées dans la déformation du gneiss.

La biotite (5 à 25 %) du paragneiss est typiquement brune à brun rougeâtre et parsemée de nombreux grains de zircon de faible dimension (10 à 200 µm de diamètre) (Chevé et al., 1999). Dans les faciès pauvres en minéraux ferromagnésiens, elle se présente généralement en petites lamelles isolées, disposées plus ou moins parallèlement les unes aux autres et au rubanement. Dans les faciès les plus riches (35 à 40 % de minéraux ferromagnésiens), elle forme plutôt des agrégats irréguliers, peu orientés, de lamelles enchevêtrées. Quelques lamelles de muscovite accompagnent localement la biotite dans chacun de ces deux habitus. Le grenat et la sillimanite s’associent inégalement à la biotite dans la paragenèse métamorphique du paragneiss. En effet, si la présence du grenat est commune, localement même abondante (20 à 35 %), celle de la sillimanite est plus restreinte. Tout comme pour son abondance, la granulométrie du grenat est très variable. Les grains les plus grossiers, de 3 à 8 mm, voire localement 1 cm, sont très craquelés, faiblement pœcilitiques, et présentent communément des pourtours arrondis profondément échancrés. Il s’agit de porphyroclastes d’où sont probablement nés, par granulation, les grains irréguliers plus petits, millimétriques, qui les accompagnent dans le paragneiss. Si présente, la sillimanite est bien cristallisée et forme des prismes aciculaires à sections transverses losangiques presque carrées et de taille variable (arêtes de quelques millimètres pour les plus gros). La sillimanite est rarement en grains isolés; ceux-ci tendent à former de petits agrégats très étirés parallèlement à la foliation, seuls, ou, plus communément, avec de la biotite et du grenat. Où présents, les phénoclastes de grenat contiennent des inclusions de sillimanite, isolés ou en agrégats, de biotite, d’orthose, de plagioclase et de quartz. Le graphite constitue rarement >5 % de l’assemblage minéralogique du paragneiss. Par endroits, il se présente en fins granules irréguliers ou, plus rarement, en un film à la périphérie des grains de quartz et de feldspath de la matrice. Ce dernier habitus est probablement à l’origine de la friabilité des faciès les plus graphiteux.

Des paragenèses à clinopyroxène et/ou orthopyroxène et/ou hornblende verte en présence de biotite et/ou de grenat définissent bon nombre de bandes mésocrates, d’épaisseur millimétrique à centimétrique, intimement interrubanées dans le gneiss à biotite et grenat (Chevé et al., 1999). Ces bandes s’apparentent minéralogiquement au gneiss de l’unité mPmnt4. Il s’agit là probablement de variations de composition liées au protolite sédimentaire. La présence de scapolite et de carbonate dans la trame granoblastique felsique traduit probablement un autre type de variation, carbonaté celui-là, dans l’empilement sédimentaire. Le paragneiss observé dans le feuillet 22P03 diffère également quelque peu du paragneiss typique décrit ci-dessus (Chevé et al., 2001). Il se définit essentiellement par du gneiss (quartzo-feldspathique) mésocrate à biotite dans lequel s’intercalent des couches de gneiss mélanocrate à biotite et, plus rarement, des niveaux peu épais (<15 cm) de roches calcosilicatées. Toutes ces roches sont à grain fin et semblent dériver de couches de pélites et de sédiments fins calcareux, interstratifiées dans une séquence majeure siltogréseuse ou semi-pélitique impure. Aucune présence de graphite ou de conducteur électromagnétique n’est associée à ces gneiss. Quelques pointements sont par contre les hôtes d’une fine minéralisation sulfurée disséminée de Cu ± Zn ± Pb ± Ag.

Des affleurements de roches calcosilicatées ou de marbre ont été cartographiés sur la rive ouest du lac Brézel et sur les rives est et ouest du lac des Eudistes (feuillet 22I11; Gobeil et al., 2000). Cette séquence se présente en lits centimétriques à décimétriques et est associée à des roches typiquement sédimentaires, soit du quartzite, du gneiss quartzeux, du paragneiss alumineux avec ou sans graphite et de l’amphibolite grenatifère (Gobeil et al., 2000). Le marbre est gris pâle à beige crème et à grain moyen à grossier. Il est composé principalement de calcite accompagnée de diopside, de scapolite, de plagioclase, de quartz et de titanite. Les roches calcosilicatées sont constituées de scapolite, de quartz, de plagioclase, de diopside, de grenat, de calcite et de titanite. Le grenat se présente en couronnes qui s’insèrent entre la scapolite et les autres silicates. Par endroits, il semble que la scapolite se soit développée aux dépens du plagioclase. Enfin, les lits riches en diopside sont typiquement pauvres en quartz. Sur la rive ouest du lac Brézel, l’unité de roches calcosilicatées forme une brèche constituée de fragments de marbre, de roches calcosilicatées et de roches felsiques très déformées et mylonitisées. Cette brèche est caractérisée par un rubanement mylonitique et est probablement associée au développement de la tectonite qui marque le contact au sud entre la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre et les unités gneissiques du Complexe de Manitou au nord.

 

Complexe de Manitou 6 (mPmnt6) : Roches intrusives de composition felsique à intermédiaire  

Complexe de Manitou 6a (mPmnt6a) : Granite à feldspath alcalin et à pyroxènes

L’unité mPmnt6a consiste en une série de petites masses de granite à feldspath alcalin et à pyroxènes syncinématiques à tardicinématique d’apparence bien circonscrites et de l’ordre de 0,5 à 4 km de diamètre (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). Les roches qui les composent sont grises à rosées à brunâtres, à grain fin à moyen et porphyriques à porphyroclastiques. Elles présentent communément une foliation conforme à celle des unités gneissiques encaissantes (mPmnt1 à mPmnt5). Toutefois, le développement de cette foliation varie beaucoup d’une masse à une autre et à l’intérieur d’une même masse; certaines adoptent une structure générale massive suggérant l’absence de déformation ou une faible emprise de cette dernière (Chevé et al., 1999).

En lame mince, la roche montre une paragenèse commune à quartz (20 à 25 %), orthose-microcline perthitique à mésoperthitique (45 à 60 %), plagioclase (<5 %), clinopyroxène (12 à 15 %), orthopyroxène (2 à 3 %), minéraux opaques (1 à 2 %) et, accessoirement, apatite, zircon, titanite et allanite (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). Les variations minéralogiques conduisent à des lithofaciès marqués par le développement de grenat (10 à 15 %) ou de hornblende verte (1 à 3 %) et de biotite brune (<7 %). Des assemblages finement cristallisés de ces deux derniers minéraux témoignent en outre des effets d’une altération des minéraux ferromagnésiens antérieurs, plus particulièrement de l’orthopyroxène (Chevé et al., 1999). Notons également dans ces masses la présence de pointements de leucogabbro scapolitisé. Les interstices de la trame felsique de ce dernier logent des agrégats de hornblende-actinote fibreuse, incolore à vert-bleu, et de biotite brune, communément en voie de chloritisation. De telles variations pétrographiques suggèrent la présence d’enclaves de matériel de composition intermédiaire à mafique en voie d’assimilation par le matériel granitique, ou encore, les effets d’une diatexie incomplète.

 

Complexe de Manitou 6b (mPmnt6b) : Leucogranite à magnétite

Le leucogranite à magnétite (mPmnt6b) forme une masse principale ovoïde NNW-SSE de ~3 km de longueur sur 1,5 km de largeur située au SE du lac Manitou (feuillets 22I11 et 22I14; Chevé et al., 1999; Wodicka et al., 2003). Il forme également quelques lentilles allongées parallèlement au grain tectonique régional à l’est et à l’ouest du lac Gad (partie nord du feuillet 22I11; Gobeil et al., 2000). Le leucogranite à magnétite est associé à une anomalie magnétique régionale et il est l’hôte de minéralisations en fer et en terres rares (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). La présence de fluorine dans l’échantillon du leucogranite daté (AG-96-2110), fluorine récupérée avec les différentes fractions de minéraux lourds extraites aux fins de datation, est compatible avec l’interprétation que certaines lithologies composant le Complexe de Manitou, notamment la mangérite (mPmnt6e) et la syénite (mPmnt6f et mPmnt6g), représentent une suite intrusive à caractère alcalin (Wodicka et al., 2003).

En affleurement, la roche est à grain fin, nettement rosé et pauvre en minéraux silicatés ferromagnésiens (<5 %) (Chevé et al., 1999). Une fine dissémination de minéraux opaques cubiques et magnétiques qui, en certains endroits peut atteindre près de 10 %, fait exception à cette règle. Plusieurs affleurements sont sans structure interne particulière, conférant à la roche un aspect massif et homogène (Chevé et al., 1999; Wodicka et al., 2003). De nombreux autres, par contre, laissent apparaître une amorce de rubanement centimétrique à la faveur d’une variation des teintes rosées à rougeâtres de la roche. Une foliation discrète, surtout révélée par l’alignement des minéraux opaques, accompagne communément ce rubanement. Des veines quartzeuses irrégulières, de quelques centimètres d’épaisseur et d’extension longitudinale métrique, et des veines de matériel pegmatitique rose à rougeâtre, de dimensions semblables, parcourent par endroits le granite plus ou moins parallèlement au rubanement et/ou à la foliation (Chevé et al., 1999). Bon nombre de ces veines ont été disloquées et reprises par la déformation. Des agrégats centimétriques de magnétite-hématite marquent occasionnellement le contact des veines de quartz avec l’encaissant. D’autre part, près des contacts avec les roches encaissantes foliées, le leucogranite isole des enclaves métriques à décamétriques de ces roches.

En lame mince, les faciès non ou peu déformés révèlent une texture grenue marquée par l’agencement de grains xénomorphes de feldspaths (70 à 85 %) plus ou moins engrenés et au travers desquels se logent des grains de quartz (15 à 25 %) plus petits (Chevé et al., 1999). Des variations s’observent, d’un échantillon à l’autre, dans la distribution et l’abondance relative des feldspaths. L’un des pôles est illustré par un assemblage de grains d’orthose perthitique (35 à 50 %) et de plagioclase (25 à 35 %) frangés tous les deux de microcline. Cette trame feldspathique laisse des interstices continus et jointifs, occupés par des grains plus petits de microcline (~10 %) et de quartz. L’autre pôle, dépourvu de plagioclase, exhibe un assemblage de microcline (50 à 60 %) et d’orthose (10 à 20 %), tous les deux perthitiques, qui isolent communément les grains de quartz les uns des autres. Les minéraux ferromagnésiens ont été profondément altérés. Ils ont été pour la plupart remplacés par un agrégat microgrenu de chlorite, de biotite verte, de séricite et d’épidote. Quelques reliques de hornblende verte émergent à l’occasion de ces agrégats, permettant de postuler qu’il s’agit là du minéral pseudomorphosé. Les effets de l’altération sont également enregistrés dans les minéraux opaques. La magnétite initiale, tant de la fine minéralisation disséminée que des agrégats centimétriques, est remplacée à des degrés divers par de l’hématite.

Une syénite quartzifère mélanocrate caractérise la bordure SE de la masse principale de l’unité mPmnt6b (Chevé et al., 1999). Cette roche particulière contient ~35 % de minéraux ferromagnésiens distribués dans une matrice de perthite (~50 %), de plagioclase (~10 %) et de quartz (~5 %). La perthite est une mésoperthite en bandelettes. Celle-ci est limitée à sa périphérie par une couronne de plagioclase en continuité optique avec celui des bandelettes plagioclasiques de la perthite qui, par endroits, a été soumise à un processus de recristallisation (extinction optique floue et ondulante mettant en évidence des plages ou sous-grains irréguliers). Des petits grains de plagioclase et de quartz marquent de façon discontinue la limite des grains de perthite et comblent les rares interstices de la roche. Une texture coronitique recristallisée et spectaculaire caractérise la syénite quartzifère mélanocrate. Le clinopyroxène est systématiquement l’hôte d’épaisses lamelles parallèles qui suggèrent des exsolutions initiales d’orthopyroxène. Ces lamelles, qui représentent 25 à 30 % du grain de pyroxène, sont actuellement remplacées par une hornblende verte très sombre et un cortège de granules plus ou moins régulièrement espacés de quartz et/ou de minéraux opaques bien cristallisés. Une couronne réactionnelle de hornblende vert foncé marque aussi systématiquement le contact du clinopyroxène et de la mésoperthite. Cette couronne est communément séparée du pyroxène par un chapelet de petits grains de quartz engagés dans une texture granoblastique en mosaïque. Une telle texture met clairement en évidence les effets d’une recristallisation à haute température d’une texture réactionnelle coronitique antérieure. Une relation texturale comparable, également recristallisée, mais en partie déstabilisée minéralogiquement, caractérise le contact des agrégats de magnétite et de microcline du leucogranite. Cette couronne se compose d’épidote, de chlorite, de quartz et de spinelle.

La minéralogie accessoire des différents faciès de l’unité mPmnt6b consiste essentiellement en minéraux opaques, apatite et zircon (Chevé et al., 1999). Dans la syénite quartzifère mélanocrate de bordure, le zircon présente communément de belles formes cristallines prismées. Des grains isolés d’allanite et de minéraux bruns métamictes (minéraux de terres rares?) parsèment la roche.

 

Complexe de Manitou 6c (mPmnt6c) : Granite à hornblende, folié à gneissique

À l’est du lac Nipisso (feuillet 22I13), le gneiss granitique œillé de l’unité mPmnt3 est injecté par un granite à hornblende, folié à gneissique et montrant une forte linéation (mPmnt6c) (Gobeil et al., 1999). C’est une roche à grain moyen à grossier composée de microcline perthitique, de plagioclase, de quartz, de hornblende et de biotite qui remplace la hornblende. Les minéraux accessoires sont l’apatite, le zircon et la magnétite.

 

Complexe de Manitou 6d (mPmnt6d) : Granite à biotite-hornblende-titanite, massif

Le granite de l’unité mPmnt6d réfère à une masse limitée de ~0,5 km² située immédiatement au sud du ruisseau à l’Épinette, sur la rive ouest du lac Manitou (feuillet 22I14; Chevé et al., 1999). Les relations géologiques de cette masse avec les lithologies encaissantes sont inconnues. La présence d’enclaves mafiques planaires de quelques centimètres d’épaisseur et de quelques décimètres de longueur présentant une foliation non dérangée en attitude par rapport à celle des unités gneissiques encaissantes suggère une injection paraconforme. Toutefois, il est possible qu’il s’agisse de matériel granitique tardif. La roche massive, homogène et à grain moyen qui le caractérise ne montre en effet aucune d’évidence de déformation.

L’examen microscopique confirme cette absence de déformation et met en évidence une roche à texture grenue, grossièrement équigranulaire et composée de grains xénomorphes d’orthose (20 à 25 %), de microcline (15 à 20 %) et de grains hypidiomorphes, de taille comparable, de plagioclase (15 à 20 %) entre lesquels s’insinuent des grains plus petits de quartz (10 à 15 %) (Chevé et al., 1999). L’orthose est faiblement perthitique et montre communément une résorption périphérique plus ou moins profonde par le microcline. Les mêmes relations existent également entre la plupart des grains de plagioclase et le microcline. Les premiers montrent, en outre et au hasard des grains, des gouttelettes d’exsolution d’orthose (antiperthite), des macles de Carlsbad ou une extinction zonée.

La biotite verte (15 à 20 %) constitue la principale phase des minéraux ferromagnésiens (Chevé et al., 1999). Elle est seule ou forme, avec la hornblende verte (5 à 10 %), de petits amas millimétriques qui incluent une partie des minéraux accessoires; l’autre partie est distribuée dans la matrice feldspathique. Par ordre d’importance décroissante, cette minéralogie accessoire se compose de minéraux opaques (~3 %; magnétite probablement), de titanite (~2 %) et de proportions nettement moindres (<0,5 %) d’apatite et de zircon. Les effets de l’altération sont restreints. Ils se manifestent surtout par le développement de lamelles de chlorite interstratifiées dans ou à la bordure de la biotite et par une légère saussuritisation du plagioclase en séricite, calcite et petits granules d’épidote.

 

Complexe de Manitou 6e (mPmnt6e) : Mangérite massive à faiblement foliée, localement gneissique

La mangérite de l’unité mPmnt6e définit une masse ovoïde, bien circonscrite et à susceptibilité magnétique élevée de ~4,5 km de longueur N-S et de 2 km de largeur E-W, située au SE du feuillet 22I14 (Chevé et al., 1999). En affleurement, la mangérite du cœur de cette masse est massive, faiblement foliée et à grain moyen. Sa patine brun cassonade caractéristique accompagne une épaisse croûte d’altération brun orangé. La roche acquière progressivement une foliation nette et devient subgneissique en périphérie, sur quelques centaines de mètres.

En lame mince, la roche présente un assemblage de feldspath alcalin, de plagioclase et de quartz agencés dans une texture grenue hétérogranulaire qui isole des agrégats irréguliers de minéraux ferromagnésiens (Chevé et al., 1999). Le feldspath alcalin constitue la phase dominante (40 à 50 %) et la plus grossière de la roche; il s’agit d’une perthite plus ou moins riche en gouttelettes ou bandelettes d’albite. Ce bâti de perthite enserre, dans ses interstices, des grains plus fins de plagioclase (~5 %) et de quartz (3 à 10 %). Peu de minéraux ferromagnésiens sont isolés dans la trame quartzo-feldspathique. Ces derniers (30 à 45 %) ont nettement tendance à former des agrégats millimétriques à centimétriques à texture granoblastique où se côtoient l’orthopyroxène, la hornblende verte, le clinopyroxène, la magnétite, l’apatite et le zircon. L’orthopyroxène et la hornblende, en proportions sensiblement égales (10 à 20 % chacun), constituent la minéralogie de base de cet assemblage auquel s’adjoignent systématiquement 3 à 5 % de magnétite. Le clinopyroxène n’est pas présent dans tous les échantillons et il excède rarement 10 %. La minéralogie accessoire d’apatite et de zircon est associée aux agrégats de minéraux ferromagnésiens.

Le développement limité de la biotite en petites plaquettes lamellaires dans les fractures, les plans de clivage et les bordures des grains de hornblende traduit les premiers effets de la déstabilisation rétrograde de la hornblende. Dans les faciès nettement altérés, la biotite, brune à brun rougeâtre, prend en effet le pas dans la paragenèse des minéraux secondaires, principalement à la périphérie des grains de magnétite et aux dépens de la hornblende. Au cours de ce processus, l’orthopyroxène est profondément altéré en trémolite, elle-même entourée d’une mince couronne d’amphibole vert bleuté (amphibole sodique?). L’altération du clinopyroxène est plus limitée, celui-ci s’entourant d’actinote et, ultimement, d’une couronne d’amphibole vert bleuté. La minéralogie, tant primaire que d’altération, de la mangérite foliée ou subgneissique de bordure est semblable à celle de la mangérite du cœur. Les différences texturales résident essentiellement dans le démembrement des agrégats de minéraux ferromagnésiens qui conduit à la formation d’agrégats plus petits, nettement allongés et distribués plus uniformément dans la roche.

 

Complexe de Manitou 6f (mPmnt6f) : Syénite

La syénite de l’unité mPmnt6f forme un stock subcirculaire de 1 km de diamètre situé ~2 km à l’est du lac Manitou (tiers nord) (Chevé et al., 1999). La syénite y est relativement homogène, de patine beige, à grain moyen et localement quartzifère. Elle présente une tectonique en « L » localement très prononcée et une foliation ignée peu prononcée définie par une orientation plus ou moins marquée des bâtonnets millimétriques de feldspath potassique. Les feldspaths ont une distribution et une dimension homogènes et des bordures irrégulières. Ils sont en partie recristallisés et de forme lenticulaire dans les zones montrant une forte linéation. Les minéraux ferromagnésiens (hornblende et biotite essentiellement) sont interstitiels, de granulométrie moyenne et distribués de façon homogène.

Des enclaves microgrenues dioritiques (hornblende, biotite, magnétite), centimétriques à décimétriques, équantes et bulbeuses ou asymétriques et amiboïdes, coupent la foliation ignée (Chevé et al., 1999). Sur une même enclave, le contact peut comprendre des bordures en festons ou être fracturé. Quelle que soit la composition de l’enclave, les contacts demeurent francs. Ces relations entre enclaves et syénite révèlent un magmatisme bimodal. Les magmas de composition mafique à intermédiaire des enclaves ont été injectés dans la syénite après sa mise en place. Ces injections se sont produites après l’acquisition de la charpente feldspathique et le développement de la foliation ignée (recoupement de la foliation), mais avant la cristallisation complète du magma (bordure en festons indiquant le caractère magmatique du contact entre les deux faciès et fracturation compétente de l’enclave). L’évolution des magmas mafiques, par différenciation ou par felsification associée à du mélange avec des magmas felsiques, a eu lieu, quant à elle, avant leur injection au présent niveau d’érosion. 

 

Complexe de Manitou 6g (mPmnt6g) : Syénite rubanée, syénite à néphéline foliée

Une série d’affleurements syénitiques (mPmnt6g) d’apparence gneissique définissent une lentille de quelques dizaines de mètres d’épaisseur concordante avec le contact sud du lobe ouest de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre (Chevé et al., 1999). Les faciès varient d’une syénite rubanée, localement quartzifère, à une syénite à néphéline foliée avec faciès pegmatitoïde massif. Entre les pôles extrêmes que sont la syénite rubanée et la syénite à néphéline, les assemblages minéralogiques varient quelque peu, les principaux étant : orthopyroxène-oxydes-grenat-zircon-apatite, clinopyroxène-amphibole-oxydes-grenat-zircon-rutile-apatite et amphibole-néphéline-feldspath potassique-plagioclase-feldspath alcalin-oxydes-zircon-apatite. À la différence du gneiss encaissant (mPmnt4), la syénite n’est pas migmatisée. Elle montre une foliation et un rubanement qui témoignent d’une structuration primaire d’origine ignée; les textures varient de typiquement ignées à recristallisées, préservant dans ce dernier cas la structure/texture ignée.

La syénite rubanée présente en affleurement une patine beige et sa granulométrie varie de moyenne à fine (Chevé et al., 1999). Elle est caractérisée par un litage modal rythmique de quelques cm de puissance où alternent cycliquement un faciès mésocrate et un faciès leucocrate. Dans ce dernier faciès, les bâtonnets de feldspath potassique de ~5 mm de longueur définissent une foliation ignée, figée par les minéraux ferromagnésiens interstitiels. Les textures précoces, bien qu’encore observables mégascopiquement, sont complètement pseudomorphisées suite à la recristallisation des bâtonnets de feldspath alcalin en un assemblage granoblastique de feldspath potassique et de plagioclase. Quant aux minéraux ferromagnésiens (individus isolés, xénomorphes et interstitiels, ou regroupés en amas interstitiels), aux oxydes (interstitiels) et aux minéraux accessoires (le zircon et l’apatite idiomorphes et, localement, le rutile interstitiel), ils préservent leur distribution et leur texture ignées. La syénite rubanée passe à une syénite leucocrate plus homogène.

La syénite à néphéline foliée et d’apparence gneissique affleure à proximité du gneiss encaissant (Chevé et al., 1999). Elle est leucocrate, blanche en surface altérée et grise en cassure fraiche. La foliation, particulièrement prononcée dans ce faciès, est définie par l’alignement de petits agrégats de grains d’amphibole. La syénite à néphéline se différencie surtout des autres faciès par une bimodalité granulométrique définie par des minéraux quartzo-feldspathiques et ferromagnésiens à grain fin et par des porphyroblastes/porphyroclastes centimétriques de néphéline et d’amphibole. En un endroit, un faciès de syénite à néphéline pegmatitoïde, massive et très leucocrate, coupe franchement la foliation de la syénite à néphéline hôte à la faveur d’un contact très irrégulier. Des cristaux de néphéline atteignant 10 cm de longueur et des grains de zircon idiomorphes de l’ordre de 6 mm ont été observés dans ce faciès.

Complexe de Manitou 7 (mPmnt7) : Amphibolite et/ou métagabbro amphibolitique à pyroxènes, foliés à gneissiques

L’unité mPmnt7 définit un cortège de roches vertes mafiques, omniprésentes dans le Complexe de Manitou, mais pour la plupart non cartographiables à l’échelle 1/50 000 (Chevé et al., 1999, 2001; Gobeil et al., 1999, 2000). Les niveaux majeurs, d’épaisseur hectométrique et de continuité longitudinale hectométrique à kilométrique, sont individualisés. Toutefois, ces roches forment communément des niveaux mineurs, d’épaisseur centimétrique à métrique, dans les autres unités du complexe, particulièrement dans les unités mPmnt1 et mPmnt4. La lithologie la plus commune de l’unité mPmnt7 est une amphibolite à grain moyen, verte à vert foncé à noire et de susceptibilité magnétique variable, dont la structure varie de massive à foliée, voire gneissique (Chevé et al., 1999, 2001; Gobeil et al., 2000).

En lame mince, l’amphibolite est composée de 40 à 45 % de plagioclase et 25 à 45 % de hornblende agencés dans une texture némato-granoblastique au travers de laquelle s’enchevêtrent 5 à 30 % de lamelles de biotite brune (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). Des proportions accessoires d’orthopyroxène, de clinopyroxène, de grenat, de minéraux opaques, d’épidote, de titanite/leucoxène, de zircon et d’apatite accompagnent généralement cet assemblage minéralogique. Des reliques de texture ignée intergranulaire s’observent localement dans l’unité mPmnt7 (Chevé et al., 1999). Une paragenèse à plagioclase (40 à 50 %), orthopyroxène (10 à 20 %), clinopyroxène (5 à 10 %) et des proportions moindres (<5 %), mais toujours présentes, de hornblende, de grenat, de biotite et de minéraux opaques caractérisent ces roches (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000) d’origine gabbroïque (Chevé et al., 1999). Des traces d’apatite et de zircon accompagnent communément cet assemblage minéralogique.

Dans la région du lac Nipisso (feuillet 23I13), Gobeil et al. (1999) définissent l’unité mPmnt7 comme des amas allongés ou en filons-couches de métagabbronorite. Cette roche montre une recristallisation très poussée et précède donc la déformation régionale. La métagabbronorite est de granulométrie moyenne à grossière et on peut y reconnaître la trace d’une texture ophitique même si la roche est fortement recristallisée. L’orthopyroxène et le clinopyroxène sont présents en proportions variables. En général, ils forment le cœur de grains de hornblende verte ou brune qui les remplacent graduellement. Le plagioclase a généralement retenu sa forme originale en lattes, mais il est recristallisé en tout ou en partie. Il contient de nombreuses inclusions de pyroxène, de hornblende ou de spinelle. Par endroits, la hornblende montre une texture en passoire et elle est remplie de grains de quartz. La biotite se trouve généralement en agrégats à proximité des minéraux opaques ou se forme aux dépens du pyroxène ou de la hornblende. Par endroits, le grenat se développe entre le plagioclase et la hornblende. L’olivine est présente localement (Hogan, 1971; Gobeil et al., 1999). Les descriptions microscopiques de Hogan (1971) suggèrent des réactions de déséquilibre entre l’olivine et le plagioclase qui ont formé des couronnes d’orthopyroxène et de grenat entre les deux minéraux en déséquilibre (Gobeil et al., 1999).

L’extension modérée des roches mafiques de l’unité mPmnt7 limite le type des ensembles lithologiques auxquels leurs protolites devaient appartenir, mais leur origine n’est pas bien connue (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). Elles peuvent représenter les vestiges boudinés et démembrés de filons-couches et/ou de dykes, transposés dans le grain tectonique régional. Si une origine ignée intrusive comme celle du métagabbro ne peut être écartée, leur présence en niveaux mineurs de puissance centimétrique à décimétrique, interstratifiés dans les autres unités gneissiques du Complexe de Manitou, permet d’inférer d’autres origines. Il est en effet possible que les roches mafiques soient d’origine volcano-sédimentaire et puissent représenter des protolites mafiques, tels des laves ou des niveaux de roches volcanoclastiques mafiques ou des roches sédimentaires terrigènes de type grauwacke.

 

Complexe de Manitou 7a (mPmnt7a) : Leuconorite, norite, anorthosite, gabbro à hornblende, troctolite coronitique et pyroxénite, massives à mylonitiques

L’unité mPmnt7a regroupe un cortège de roches mafiques à ultramafiques à grain moyen à grossier que l’on trouve généralement dans des fuseaux tectoniques d’extension kilométrique, localement enchassés dans l’unité gabbroïque mPmnt7b (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 1999, 2000). Quoique limités par des zones de cisaillement ou d’intense mylonitisation, ces fuseaux exposent généralement des roches peu déformées dans leur partie centrale. Parmi celles-ci, la leuconorite, la norite et, en moindre proportion, l’anorthosite ressemblent aux lithologies de même composition minéralogique que l’on trouve associées à la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre et à l’Intrusion anorthositique de Tortue adjacentes (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 1999). Ces roches sont composées d’orthopyroxène, de clinopyroxène et de plagioclase. Les pyroxènes sont transformés à divers degrés en hornblende brune (Gobeil et al., 1999). 

Parmi les lithologies plus spécifiques, notons en particulier le gabbro à hornblende, la troctolite coronitique et la pyroxénite (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). Le gabbro à hornblende forme une petite masse au nord du lac à Nazaire (centre du feuillet 22I11; Gobeil et al., 2000). En s’éloignant du contact entre le gneiss (mPmnt1a) et le gabbro, la foliation s’atténue rapidement pour passer à une roche massive, non déformée à texture ophitique. Cette dernière est composée de hornblende et de plagioclase. La présence de hornblende en passoire suggère que cette dernière a remplacé un clinopyroxène. Les phénomènes de rétrométamorphisme sont omniprésents : le plagioclase est transformé en zoïsite, la hornblende en pistachite et la biotite en chlorite accompagnée de titanite.

La troctolite est une roche faiblement colorée (Chevé et al., 1999). En affleurement, elle montre 20 à 30 % d’agrégats circonscrits millimétriques à centimétriques de minéraux ferromagnésiens vert pâle au cœur desquels se loge systématiquement un minéral altéré brun rouille. En lame mince, ces cœurs correspondent à des agrégats monocristallins à polycristallins d’olivine craquelée. Un mélange d’antigorite, d’iddingsite et de minéraux opaques remplace à des degrés divers l’olivine ou s’infiltre dans le réseau de fractures. En général, la couronne qui se développe autour de l’olivine est démesurée par rapport à celle-ci. Dans sa plus simple expression, elle est définie, du centre vers l’extérieur, par une bande d’orthopyroxène suivie d’une couronne de clinopyroxène. Alors que l’épaisseur de la première bande se restreint à quelques grains, la seconde a un développement nettement plus important et plus complexe. Les exsolutions symplectiques vermiculées de spinelle vert (hercynite?) sont, en raison de leur diversité d’expression, à l’origine de cette complexité. Leur recristallisation polygonale qui expulse le spinelle à la limite des grains et dans les espaces interstitiels entre les grains du clinopyroxène secondaire y contribue également. Une texture grenue et hétérogranulaire de plagioclase xénomorphe et hypidiomorphe caractérise la trame qui lie les grains d’olivine et leur couronne réactionnelle. Ces couronnes se distinguent de celles de l’unité mPmnt7 par l’absence de grenat (Gobeil et al., 1999).

La pyroxénite est la lithologie la moins commune de celles de l’unité mPmnt7a (Chevé et al., 1999). Il s’agit d’une roche d’aspect massif et de teinte vert foncé. En lame mince, elle montre une imbrication étroite de gros cristaux xénomorphes de clinopyroxène et d’orthopyroxène engagés, en proportions sensiblement égales, dans une texture grenue qui présente les apparences d’une texture magmatique d’adcumulat. Une hornblende brun verdâtre comble le faible pourcentage (<10 %) d’interstices laissés par les pyroxènes; elle peut être accompagnée de petits grains (post-cumulus?) d’olivine (≤15 %). Ainsi, dans la mesure où la minéralogie reconnue est le reflet de la minéralogie ignée primaire, cette roche est plus spécifiquement définie comme une webstérite.

 

Complexe de Manitou 7b (mPmnt7b) : Gabbronorite et gabbro, faiblement foliés à mylonitiques

L’unité mPmnt7b consiste en une bande de gabbronorite et de gabbro d’une trentaine de km de longueur pincée à ses extrémités SE et NW et présentant un renflement central de ~3,5 km de largeur à la limite des feuillets 22I13 et 22I14 (Chevé et al., 1999). Cette bande de roche très tectonisée se situe à peu de distance, voire en contact avec le Complexe de Matamec au sud. Les observations de terrain alliées à l’interprétation des images satellitaires, des photographies aériennes et à la signature aéromagnétique conduisent à limiter cette bande par deux zones de cisaillement majeurs. Ces zones de cisaillement se rapprochent à leurs extrémités NW et se fondent en un réseau anastomosé qui s’engage dans le couloir tectonique du ruisseau Plat.

Typiquement, la roche de cette unité est à grain fin et faiblement à modérément foliée (Chevé et al., 1999). En lame mince, elle présente une texture granoblastique isogranulaire parsemée de fines lamelles de biotite brune à brun verdâtre (5 à 10 %). Le fond granoblastique est composé essentiellement de microblastes subpolygonaux de plagioclase (~50 %), de hornblende verte (10 à 15 %) et de minéraux opaques (~5 %). Quelques pœciloblastes de grenat finement granulés participent à la paragenèse de cette roche; à proximité, la biotite y est nettement brune et plus abondante. Des reliques de plagioclase et de clinopyroxène s’individualisent au travers de cette trame. Il s’agit de grains de taille plus grossière que leur équivalent granoblastique et qui ont probablement préservé quelques caractériques ignées. Il en est de même de la forme prismatique des reliques de plagioclase et de la présence de nombreuses aiguilles d’exsolution cristallographique de minéraux opaques sur les reliques de clinopyroxène.

Les effets de la déformation ont donné naissance à toute une gamme de modifications texturales (Chevé et al., 1999). L’anisotropie a généré un gneiss rubané et une mylonite qui ont préservé dans une large mesure la minéralogie préexistante. Dans le premier cas, la ségrégation tectonométamorphique a conduit à des leucosomes centimétriques de plagioclase (± quartz) parcourus par des lamines de biotite et de hornblende et qui alternent plus ou moins régulièrement avec des bandes mésocrates à plagioclase, hornblende, clinopyroxène et minéraux opaques. Dans le second cas, la déformation a réduit la granulométrie moyenne de la roche en une matrice intensément foliée à grain fin qui moule des porphyroclastes ovoïdes monocristallins ou polycristallins de hornblende verte, de clinopyroxène, d’orthopyroxène et, en moindre proportion, de plagioclase. À l’opposé, certains affleurements ont été particulièrement bien préservés des effets de la recristallisation métamorphique et de la déformation. On y observe encore clairement l’enchevêtrement des grains de plagioclase d’une texture intergranulaire qui laisse dans ses interstices des plages de clinopyroxène. L’amorce de la recristallisation granoblastique et la minéralogie associée permettent de faire clairement le lien entre les roches déformées de l’unité mPmnt7b et celles massives de l’unité mPmnt7c. 

 

Complexe de Manitou 7c (mPmnt7c) : Métagabbro coronitique à grenat ± biotite, massif

Le métagabbro de l’unité mPmnt7c forme le sommet de collines dont la base est marquée par une zone de gneiss droit traduisant un contact tectonique entre le gneiss quartzo-feldspathique (mPmnt1) et le feuillet de métagabbronorite qui la coiffe (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). La base de l’intrusion mafique est marquée par une foliation très forte et l’amphibolitisation complète des minéraux ferromagnésiens (Gobeil et al., 2000). Graduellement, on passe vers le sommet à une roche non déformée, sombre, verdâtre à violacée et à grain moyen à grossier (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000).

Le microscope révèle une texture ignée ophitique bien préservée, mais assujettie à d’importants réajustements minéralogiques tardimagmatiques ou métamorphiques (Chevé et al., 1999). L’habitus du plagioclase (10 à 30 %) se partage à peu près également entre, d’une part, des cristaux prismatiques englobés isolément dans des oïkocristaux de clinopyroxène (30 à 40 %) et, d’autre part, des agrégats interstitiels de cristaux hypidiomorphes enchevêtrés. Dans les deux cas, il se caractérise par des macles polysynthétiques fines et distinctes et une myriade de cristallites variées et d’inclusions fluides qui rendent subopaque le cœur de la plupart des cristaux. Des granules verts de spinelle parsèment les bordures limpides de ces mêmes cristaux.

Un rééquilibrage minéralogique systématique marque le contact clinopyroxène-plagioclase (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000). Celui-ci se traduit par la formation d’une couronne réactionnelle complexe qui s’exprime par une couche à texture polygonale d’orthopyroxène et par une chaînette périphérique de grenat (~20 %). Dans sa couronne, l’orthopyroxène est accompagné de grains isolés et/ou de plages polycristallines de hornblende verte (~10 %) et de biotite brune (~3 %) au sein desquelles se logent les minéraux opaques (~3 %). Les effets de l’altération sur ces roches se manifestent essentiellement par le développement de trémolite-actinote aux dépens de l’orthopyroxène (Chevé et al., 1999). Ce dernier, comme la hornblende et la biotite, se trouve alors à l’état de reliques dispersées au travers d’un mélange fibreux incolore à vert pâle, frangé d’une couronne vert bleuté qui incorpore la couronne de grenat préexistante.

 

Épaisseur et distribution

Le Complexe de Manitou est situé sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, une dizaine de kilomètres au NE de la ville de Sept-Îles (partie est du feuillet 22I05, ouest des feuillets 22I06 et 22I10, feuillet 22I11, partie ouest du feuillet 22I12, feuillets 22I13 et 22I14, partie nord des feuillets 22I15 et 22I16, feuillet 22J08, partie est des feuillets 22J09 et 22J16, coin SW du feuillet 22P02, partie sud du feuillet 22P03 et coin SE du feuillet 22P04). Le complexe a la forme d’un fer à cheval légèrement incliné vers le NNE et ouvert vers le SSW. Il s’étend sur ~80 km selon une orientation E-W et sur ~110 km selon une orientation NNE-SSW. Sa « largeur » varie de quelques km à 30 km. Au nord, le complexe s’étire vers l’est sur 65 km (partie nord des feuillets 22I15 et 22I16) en un niveau filiforme de ≤1,6 km de largeur.

 

Datation

Plusieurs datations U-Pb et Pb-Pb ont été effectuées sur différentes lithologies du Complexe de Manitou par Wodicka et al. (2003). Un leucogranite à magnétite (mPmnt6b : AG-96-2110) a révélé un âge de cristallisation de 1168 ±6 Ma, tandis qu’un gneiss granitique œillé (mPmnt3 : AG97-2509) a donné un âge de 1143 +9/-6 Ma , ce qui suggère que l’activité magmatique s’est étendue sur une durée d’au moins 30 Ma (Gobeil et al., 2003a). L’âge maximum de dépôt à 1590 à 1550 Ma obtenu pour un gneiss quartzo-feldspathique (mPmnt1 : AG-99-1311) est situé dans cet intervalle. Finalement, plusieurs âges métamorphiques allant de 1100 à 1056 Ma ont été obtenus sur différents minéraux.

Unité Échantillon Système isotopique Minéral/Matériel Âge de cristallisation (Ma) (+) (-) Âge maximum de dépôt (Ma) (+) (-) Âge métamorphique (Ma) (+) (-) Référence(s)
mPmnt1 AG-99-1311A U-Pb Zircon       <1590 à 1550 20 20       Wodicka et al., 2003
Monazite             1100


1076

2


4

2


4

Rutile             950 (refroidissement) 5 5
mPmnt1a AG-98-1331A Pb-Pb Zircon             >1078


1056

3


5

3


5

Wodicka et al., 2003
Monazite             1063


1058


1054


1047

2


2


2


2

2


2


2


2

mPmnt3 AG97-2509A U-Pb Zircon 1143 9 6             Wodicka et al., 2003
Titanite             1071 26 14
mPmnt6b AG-96-2110 U-Pb Zircon 1168 6 6             Wodicka et al., 2003
mPmnt7 AG-96-219A U-Pb Zircon             1083 2 2 Wodicka et al., 2003

Relations stratigraphiques

En carte, le Complexe de Manitou entoure le Complexe de Matamec et l’Intrusion anorthositique de Tortue. Les relations de terrain observées permettent de considérer le Complexe de Matamec comme une nappe de chevauchement ou une écaille tectonique transportée sur le Complexe de Manitou lors de l’orogenèse grenvillienne et ceinturée par une zone de cisaillement ductile (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 1999, 2003a). L’Intrusion anorthositique de Tortue est également majoritairement en contact de faille avec le Complexe de Manitou. Sur son pourtour extérieur, ce dernier est en contact avec la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre, à l’est, le Complexe de Canatiche, au nord, des unités indifférenciées de gneiss, de migmatite et de granite, à l’ouest, et l’Intrusion litée de Sept-Îles, au SW. Il est également en contact avec des unités intrusives de plus petites dimensions, dont le Granite de Cacaoni, à l’ouest, les granites de l’Anse à la Baleine et de l’Anse à Boucher, au sud, l’Intrusion de Philippe-Henley et le granite de Graines, au SE, et l’Intrusion de Laura, à l’est. Les complexes de Manitou et de Matamec sont coupés par le Dyke de Nipisso, au NW. Enfin, des dykes mafiques diabasiques non cartographiables à l’échelle 1/50 000 coupent tant les unités gneissiques du Complexe de Manitou que le cortège de roches de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre et de l’Intrusion anorthositique de Tortue (Chevé et al., 1999). 

L’âge de certains granitoïdes qui coupent le paragneiss du Complexe de Manitou (1168 à 1143 Ma) est très proche de celui du granite qui coupent le gneiss du Complexe de Canatiche (1181 à 1175 Ma) (Gobeil et al., 2003a). Les deux groupes de granite ont également des signatures géochimiques semblables (anorogénique et intraplaque). Si ces granites représentent le même évènement magmatique, il faut conclure que ces deux domaines structuraux (voir Gobeil et al., 2003a) n’étaient pas très éloignés l’un de l’autre avant leur juxtaposition lors de l’orogénie grenvillienne ou encore que ce magmatisme a été actif sur une grande étendue. Enfin, considérant que le Gabbro de Baune, situé au NE, et les composantes mafiques à l’intérieur du Complexe de Manitou ont également une signature géochimique intraplaque, il est possible que ces magmas mafiques soient contemporains du magmatisme granitique des complexes de Canatiche et de Manitou qui couvre une période allant de 1181 à 1143 Ma.

L’interprétation à donner aux unités mafiques à ultramafiques du Complexe de Manitou, plus particulièrement aux unités mPmnt7a et mPmnt7b, est sujet à discussion (Chevé et al., 1999). Au sein du Complexe de Manitou uniquement, elles peuvent être interprétées comme l’expression d’un filon-couche différencié, tectonisé et démembré lors du chevauchement du Complexe de Matamec sur le Complexe de Manitou. Par contre, les similitudes pétrographiques avec la gabbronorite et la gabbronorite à olivine du Complexe de Matamec (Gobeil et al., 1999) suggèrent une hypothèse alternative. Il pourrait en effet s’agir d’unités basales du Complexe de Matamec, démembrées et entraînées, comme des lambeaux de poussée, sous le plan de décollement principal de la nappe de Matamec.

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

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Citation suggérée

Ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF). Complexe de Manitou. Lexique stratigraphique du Québec. https://gq.mines.gouv.qc.ca/lexique-stratigraphique/province-de-grenville/complexe-de-manitou [cité le jour mois année].

 

Collaborateurs

Première publication

Céline Dupuis, géo., Ph. D. celine.dupuis@mrnf.gouv.qc.ca (rédaction)

Philippe Pagé, géo., Ph. D. (coordination); Charles St-Hilaire, géo., M. Sc. (lecture critique); Simon Auclair, géo., M. Sc. (révision linguistique); André Tremblay (montage HTML).

5 mars 2026