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Suite de Siimitalik
Étiquette stratigraphique : [arch][ppro]sik
Symbole cartographique : ApPsik

Première publication: 15 novembre 2017
Dernière modification: 17 avril 2018

 

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
ApPsik3 Diorite quartzifère et monzodiorite quartzifère mouchetées à hornblende
ApPsik2 Tonalite, granodiorite et monzogranite, homogènes
ApPsik2a Tonalite et granodiorite, homogènes
ApPsik2b Monzogranite homogène
ApPsik1 Granodiorite et monzogranite, hétérogènes et foliés
 
Auteur :Lafrance et al., 2015
Âge :Précambrien / Archéen ; Précambrien / Protérozoïque / Paléoprotérozoïque
Coupe type : 
Région type :Région du lac Henrietta (feuillet SNRC 24H)
Province géologique :Province de Churchill
Subdivision géologique :Zone noyau
Lithologie :Granitoïdes
Type :Lithodémique
Rang :Suite
Statut :Formel
Usage :Actif

 

Historique

La Suite de Siimitalik a été introduite par Lafrance et al. (2015) dans la région du lac Henrietta (SNRC 24H). Elle a été prolongée vers le sud par Lafrance et al. (2016) dans la région du lac Brisson (SNRC 24A) et vers le nord dans les régions de la rivière Koroc et de Pointe Le Droit (Mathieu et al., 2018).

 

Description

La Suite de Siimitalik comprend trois unités : 1) une unité de granodiorite et de monzogranite, hétérogènes et foliés (ApPsik1); 2) une unité de monzogranite, de granodiorite et de tonalite, homogènes (ApPsik2); et 3) une unité de diorite et de monzodiorite, quartzifères mouchetées à hornblende (ApPsik3).

Les différentes unités de la Suite de Siimitalik sont couramment observées ensembles sur les affleurements, passant de zones hétérogènes à homogènes en contact diffus. Les contacts entre ces unités ont été tracés selon la lithologie qui domine en surface. Même si la Suite de Siimitalik est globalement associé à une anomalie magnétique positive, la susceptibilité magnétique des roches des différentes unités est variable. De façon générale, la majorité des affleurements de l’unité hétérogène ApPsik1 sont magnétiques alors que c’est plutôt l’inverse pour les unités ApPsik2 et ApPsik3.

Suite de Siimitalik 1 (ApPsik1) : Granodiorite et monzogranite, hétérogènes et foliés

L’unité ApPsik1 présente un aspect hétérogène et rubané mais non gneissique, associé à la présence de rubans centimétriques à décimétriques de compositions différentes. Ceux-ci sont majoritairement de couleur gris moyen et de composition granodioritique à monzogranitique mais comprennent aussi une phase tonalitique et de nombreuses injections millimétriques à décimétriques, concordantes et discordantes, de granite rose foncé, en contact net ou diffus. Le rubanement et les injections granitiques sont couramment plissés, suivant la foliation régionale. La phase tonalitique est difficile à différencier de la granodiorite et du monzogranite, seules les colorations ont permis de mettre en évidence la distribution variable du microcline (2 à 40 %). Sur plusieurs affleurements, des enclaves de diorite sont observées. Elles sont décimétriques à métriques et plus finement grenue que le reste de la roche qui est de granulométrie moyenne à grossière.

Sur le terrain, la roche est souvent décrite comme un gneiss ou une migmatite, toutefois l’aspect intrusif et grenu est préservé et aucune évidence claire de fusion partielle n’a été observée. Même s’il est impossible d’écarter la possibilité qu’une partie des rubans roses représente du leucosome, plusieurs indications suggèrent toutefois qu’il s’agit plutôt d’intrusions polyphasées: 1) les injections granitiques discordantes au rubanement ne montrent pas (ou très peu) de lisérés mafiques (Sawyer, 2008); 2) le lien génétique entre la phase grise (tonalite, granodiorite et monzogranitique) et la phase rose (granite) est difficile à établir; 3) les études géochronologiques révèlent que les grains de zircon présentent peu d’évidences de surcroissance métamorphique, suggérant que s’il y a eu fusion partielle, celle-ci serait d’âge archéen; et 4) la présence de grandes zones d’affleurements homogènes de tonalite, de granodiorite et de monzogranite, similaires en tous points aux lithologies observées en mélange sur les affleurements hétérogènes.

Au microscope, la roche montre aussi un aspect hétérogène avec de grands cristaux de feldspaths et de quartz aux pourtours irréguliers entourés de zones plus finement recristallisées de même composition. Le quartz (18 à 30 %) forme de grandes plages xénomorphes à microstructure en mortier et à extinction roulante prononcée. Les bordures de grains sont localement interpénétratives et lobées. Les minéraux mafiques (8 à 20 %) sont représentés essentiellement par la biotite brune avec un peu de hornblende verte (<5 %). Ils forment des amas discontinus alignés dans la foliation. Les structures myrmékitiques et antiperthitiques sont communes. Les minéraux accessoires sont abondants (3 à 7 %), souvent grossiers et associés aux amas ferromagnésiens. Ils comprennent l’épidote, l’apatite, le sphène, la magnétite, la muscovite, le zircon et l’allanite, plus rarement de l’hématite, du grenat et des sulfures.

 

Suite de Siimitalik 2 (ApPsik2) : Tonalite, granodiorite et monzogranite, homogènes

L’unité ApPsik2 comprend les secteurs homogènes de la Suite de Siimitalik. Étant donné leur grande ressemblance, la distinction entre les deux sous-unités est impossible à faire sur le terrain. Les colorations, les analyses géochimiques et les lames minces ont permis de faire ressortir la présence de roches riches et d’autres pauvres en feldspath potassique. Les roches sont gris beige en surface altérée et gris moyen à gris rosé en cassure fraîche. Elles sont massives ou foliées, selon les secteurs. Elles possèdent un aspect intrusif avec de gros grains et des cristaux plus fins partiellement recristallisés entre ceux-ci. Le quartz (20 à 30 %) forme de grandes plages xénomorphes à extinction roulante localement en lentilles ou en rubans dans les secteurs les plus déformés. Les minéraux mafiques (5 à 15 %) forment souvent des amas étirés moulant les minéraux quarzofeldspathiques. La biotite, brune à brun verdâtre, représente la phase mafique dominante mais on trouve aussi de la hornblende en proportion variable (<3 %). Le plagioclase est faiblement à moyennement séricitisé.

Suite de Siimitalik 2a (ApPsik2a) : Tonalite et granodiorite, homogènes

La sous-unité ApPsik2a est majoritairement constituée de tonalite et de granodiorite (souvent à la limite entre les deux) mais comprend localement un peu de diorite quartzifère. Cette sous-unité est caractérisée par une répartition hétérogène du feldspath potassique (2 à 17 %) en grains isolés, interstitiels ou se concentrant le long de certains rubans. Les microstructures d’intercroissance sont fréquentes entre la biotite et le plagioclase. Les minéraux accessoires sont nombreux et généralement associés avec la biotite. L’épidote (zoisite et pistachite), les minéraux opaques, l’apatite et l’allanite sont toujours présents en proportions importantes (<3 %). Les autres minéraux accessoires observés comprennent le sphène, la muscovite, le zircon, la chlorite, l’hématite et les carbonates.

Suite de Siimitalik 2b (ApPsik2b) : Monzogranite homogène

La sous-unité ApPsik2b est principalement de composition monzogranitique, localement syénogranitique. Elle se distingue de la sous-unité ApPsik2a par la présence de 25 à 40 % de microcline réparti uniformément dans la roche. Du clinopyroxène a été observé localement au coeur de la hornblende. Au microscope, les microstructures myrmékitiques sont nombreuses. Le minéraux accessoires sont similaires à ceux observés dans la sous-unité ApPsik2a, quoiqu’en proportion moins importante.

 

Suite de Siimitalik 3 (ApPsik3) : Diorite quartzifère et monzodiorite quartzifère mouchetées à hornblende

La composition de l’unité ApPsik3 est variable. Elle est majoritairement constituée de diorite quartzifère et de monzodiorite quartzifère mais comprend aussi de la tonalite, de la syénite quartzifère, du monzogranite et de la granodiorite. Ces roches sont caractérisées par une patine d’altération mouchetée blanc et noir, due à la présence d’amas de minéraux ferromagnésiens (15 à 25 %) constitués de hornblende et de biotite. Elles sont à grain moyen, homogènes et massives, foliées ou linéées. Elles sont aussi observées en amas ou masses diffuses décimétriques à l’intérieur des autres unités de la Suite de Siimitalik. À l’instar de la sous-unité ApPsik2a, le microcline est réparti de façon inégale (3 à 25 %) et se présente sous forme interstitielle, en inclusions dans le plagioclase ou en grains isolés. Elle contient aussi une forte quantité des mêmes minéraux accessoires que ceux mentionnés dans la sous-unité ApPsik2a. Le plagioclase est faiblement séricitisé. Les roches de l’unité ApPsik3 ont préservé leur aspect igné même si une recristallisation partielle est présente en bordures des grains. Le quartz (10 à 22 %) a une extinction roulante prononcée et commence à recristalliser en échiquier. Des perthites et des myrmékites sont aussi observées en lames minces.

 

Épaisseur et distribution

La Suite de Siimitalik couvre une superficie importante généralement associée à des anomalies magnétiques positives, orientées nord-sud à NW-SE, dans les régions du lac Henrietta (SNRC 24H), du lac Brisson (SNRC 24A) et de la rivière Koroc (SNRC 24I). Elle est limitée à l’ouest par la Zone de cisaillement de Moonbase (ZCM) et à l’est par le Couloir de déformation de Blumath (CDB). Les unités ApPsik1 et ApPsik2 forment des bandes de plusieurs kilomètres de largeur suivies sur plusieurs kilomètres de longueur alors que l’unité ApPsik3 forme des lambeaux de dimensions beaucoup plus restreintes.

Datation

Les âges archéens anciens de la Suite de Siimitalik suggèrent que la partie détachée de la Province du Supérieur ne se poursuit pas à l’est du Batholite de De Pas, puisqu’aucune roche potassique de cet âge n’a été identifiée à l’ouest de la Fosse du Labrador.

Système isotopiqueMinéralUnitéÂge de cristallisation (Ma)(+)(-)Âge d’héritage (Ma)(+)(-)Référence(s)
U-PbZirconApPsik2a284066   Davis et al., 2018 (2013-CB-5175A)
U-PbZirconApPsik2b283677   Corrigan et al., 2018 (13-CB-5063)
U-PbZirconApPsik2b27397728371212Corrigan et al., 2018 (13-LP-2049)

Relation(s) stratigraphique(s)

La Suite de Siimitalik représente une des unités les plus anciennes de la partie est de la Zone noyau. Sa relation avec les gneiss du Complexe de Kangiqsualujjuaq (ApPkan) est mal comprise, le contact étant parfois diffus. La limite entre ces deux unités est difficile à tracer de façon précise. La Suite de Siimitalik est coupée par les intrusions mafiques et ultramafiques de la Suite de Nuvulialuk (pPnuv) et par les intrusions granitiques de la Suite de Qarliik (pPkiq).

Paléontologie

Ne s’applique pas. 

Références

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)
CORRIGAN, D. – WODICKA, N. – McFARLANE, C., LAFRANCE, I. –  VAN ROOYEN, D. – BANDYAYERA, D. – BILODEAU, C.Lithotectonic framework of the Core Zone, Southeastern Churchill Province. Geoscience Canada; volume 45, pages 1-24.2018Source
DAVIS, D. –    LAFRANCE, I. – GOUTIER, J. – TALLA TAKAM, F. –  BANDYAYERA, D. – GIGON, J.Datations U-Pb dans les provinces de Churchill et du Supérieur effectuées au JSGL en 2013-2014. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec; RP 2017-01, 62 pages2018RP 2017-01
LAFRANCE, I. – BANDYAYERA, D. – BILODEAU, C.Géologie de la région du lac Henrietta (SNRC 24H). Ministère des Ressources naturelles, Québec; RG 2015-01, 62 pages.2015RG 2015-01
LAFRANCE, I. – BANDYAYERA, D. – CHARETTE, B. – BILODEAU, C. – DAVID, J.Géologie de la région du lac Brisson (SNRC 24A). Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec; RG 2016-05; 61 pages.2016RG 2015-05
MATHIEU, G. – LAFRANCE, I. – VANIER, M.A.Géologie de la région de Pointe le Droit, sud-est de la Province de Churchill, Nunavik, Québec, Canada. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec.2018Bulletin géologiQUE
SAWYER, E.E.Atlas of Migmatites. The Canadian Mineralogist, Special Publication 9. NRC Research Press, Ottawa, Canada. 386 pages2008Source

 

 

 

 

15 novembre 2017