Sites géologiques exceptionnels du Québec
En bref
Un site géologique exceptionnel (SGE) est un géosite possédant un statut légal. Il se définit, en vertu de l'article 1 de la Loi
sur les mines (L.R.Q., chapitre M-13.1), il est défini comme:
« Un terrain dont les caractéristiques géologiques, géomorphologiques, paysagères ou biologiques présentent un intérêt du point de vue de l'enseignement, de la recherche scientifique ou de la conservation et qui mérite d'être protégé en raison notamment d'une menace, de sa rareté ou de sa vulnérabilité ».
Les lignes directrices pour la gestion des SGE prévoient le processus de désignation de ces sites, le régime d'activité et les démarches préalables à leur désignation, notamment le dépôt de propositions.
À la suite de l'appel général à propositions du MRNF qui s'est conclu en 2015, 11 SGE ont été désignés au Québec. Voici la liste des sites géologiques exceptionnels officialisés entre 2010 et 2015 :
- Pointe-des-Monts
- Rivière-au-Tonnerre
- Esker-de-la-Pointe-Wedge
- Rivière-aux-Anglais
- Rivière-du-Sault-Plat
- Cannelures-de-Baie-Comeau
- Stromatolites-de-la-Rivière-des-Outaouais
- Cap-Crow
- Chenal-Sous-Marin-de-l'Islet
- Complexe-Récifal-Laurin
- Mont-Chaudron
Ceux-ci peuvent être visualisés sur la carte interactive du SIGÉOM ou en format PDF (2,74 Mo).

Origine
En décembre 2005, la Loi sur les mines du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles (MERN) a été modifiée afin d'ajouter de nouvelles dispositions qui visaient à reconnaître et à protéger légalement les géosites du Québec possèdant un caractère exceptionnel.
En bref, les principaux articles de loi qui permettent d'atteindre ces objectifs sont l'article 305.1 qui permet au ministre de classer un géosite comme un SGE officiel, l'article 30.1 qui soustrait le SGE classé de toute activité minière et l'article 314 qui permet d'émettre un constat d'infraction à quiconque contrevient à l'article 30.1.
Le terme de géosite provient de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) qui l'a défini en 2000 comme :
« Un site ponctuel ou une aire de quelques mètres carrés à quelques kilomètres carrés qui peut s'étendre au niveau du paysage, qui possède une importance d'un point de vue géologique (minéral, structural, géomorphologique, physiographique) et qui répond à un ou plusieurs critères d'exception, soit précieux, rare, vulnérable ou menacé ».
Cependant, un géosite n'a pas de statut de protection légale au même titre qu'un SGE; toutefois, le MRNF s'est inspiré de cette définition pour mieux définir le concept de sites géologiques exceptionnels au Québec.
Cette notion de géosite a été introduite et reconnue mondialement par l'UNESCO à la suite de la mise en place de son « Programme Géoparcs » en 1999. L'UNESCO visait à promouvoir un réseau mondial de géoparcs permettant de préserver et de mettre en valeur des zones présentant des caractéristiques géologiques particulières dans le cadre de stratégies locales de développement durable. L'UNESCO a défini un géoparc comme :
« Une zone nationale protégée comprenant un certain nombre de sites du patrimoine géologique (géosites) d'une importance particulière, en raison de leur rareté ou de leur aspect esthétique. Ces sites du patrimoine de la Terre font partie d'un concept intégré de protection, d'éducation et de développement durable. Un géoparc atteint ses objectifs par le biais d'une approche à trois volets : conservation, éducation et géotourisme ».
Ainsi des géosites et des SGE peuvent faire partie d'un géoparc.