Géologie de la région du lac Jalobert, Province de Grenville, région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Québec, Canada

Projet visant les feuillets 22D10 et 22D15
Francis Talla Takam et Abdelali Moukhsil
BG 2023-11
Publié le  

 

 

 

À la UNE

 

L’Essentiel

 

Un levé géologique à l’échelle 1/50 000 a été effectué dans la région du lac Jalobert (feuillets SNRC 22D10 et 22D15), dans le secteur des monts Valin, au cours de l’été 2023. La région cartographiée fait partie de l’Allochtone de la Province de Grenville. Le socle cristallin de cette région est constitué par le Complexe gneissique de Saguenay (1506 ±13 Ma) que l’on retrouve en lambeaux dans les roches du Complexe gneissique de Cap à l’Est (1391 +8/-7 Ma). Cette dernière unité occupe la partie sud-est du feuillet 22D10. Ces unités sont injectées par de nombreuses intrusions : la Suite anorthositique de Lac-Saint-Jean (1169 à 1135 Ma), qui affleure sur une grande partie des feuillets 22D10 et 22D15, la Mangérite de Chicoutimi (1082 ±3 Ma) au sud-ouest du 22D10, l’Anorthosite de Vanel (1080 ±2 Ma) au centre et au nord du 22D15, la Mangérite de Poulin-de-Courval (1068 ±3 Ma) à l’est du 22D15, le Granite de La Baie (1067 ±4 Ma) au sud du 22D10, l’Anorthosite de Mattawa (1016 ±2 Ma) au nord-est du 22D15 et la Mangérite de La Hache (1010 ±3 Ma). Toutes ces roches d’âge mésoprotérozoïque sont coupées par des dykes de pegmatite granitique à syénitique. Elles ont connu plusieurs phases de déformation et sont coupées par des failles et des zones de cisaillement dont la plus importante est la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. D’orientation NE-SW, cette structure majeure marque la bordure de la Suite anorthositique de Lac-Saint-Jean et se poursuit vers le NE sur plus de 100 km. Le grain structural régional s’en trouve fortement influencé; il est essentiellement orienté NE-SW et contrôle la mise en place des intrusions. Le métamorphisme régional est au faciès des granulites, mais on observe par endroits un métamorphisme rétrograde au faciès des amphibolites marqué par une ouralitisation de l’orthopyroxène dans les leuconorites de la Suite anorthositique de Lac-Saint-Jean. Plusieurs minéralisations à oxydes de Fe-Ti-V ont été mises au jour en bordure de la Suite anorthositique de Lac-Saint-Jean dans le feuillet 22D10. Une importante zone minéralisée en ETR a été identifiée dans les granites à feldspath alcalin du Complexe gneissique de Cap à l’Est, au contact avec les roches métasédimentaires du Complexe gneissique de Saguenay, ainsi que dans des dykes pegmatitiques de syénogranite à l’est dans le feuillet 22D10. À l’est du feuillet 22D15, une zone minéralisée en ETR a été également identifiée dans la Mangérite de Poulin-de-Courval.

 

Méthode de travail

La région a été cartographiée en utilisant la méthode établie pour les levés effectués dans les zones forestières desservies par un réseau de chemins secondaires. Les travaux de cartographie géologique ont été réalisés par trois géologues, deux stagiaires en géologie, une ingénieure en géologie et dix étudiants du 2 juin au 18 août 2023. La cartographie géologique du projet Jalobert a permis de produire et de mettre à jour les éléments d’information présentés dans le tableau ci-contre.

 

Laboratoire de terrain

La prise de mesures sur les échantillons de roche en cassure fraîche et en face sciée a été effectuée en continu durant le programme de cartographie. Les données recueillies sont la densité, la susceptibilité magnétique (tableau ci-contre) ainsi que la calcicité des plagioclases par XRF portatif. Les échantillons ont également été photographiés de manière systématique. Sous la supervision du chef d’équipe, des étudiants préalablement formés ont réalisé les mesures sur la majorité des lithologies principales observées en affleurement et sur certaines lithologies secondaires jugées significatives, comme celles minéralisées. Les mesures de la susceptibilité magnétique et de la densité ont été acquises selon les protocoles établis par Christian Dupuis (Université Laval).

 

 

Données et analyses
Élément Nombre
Affleurement décrit (géofiche) 870 affleurements
Analyse lithogéochimique totale 173 échantillons
Analyse lithogéochimique des métaux d’intérêt économique 20 échantillons
Analyse géochronologique 6 échantillons
Lame mince standard 152
Lame mince polie 21
Fiche stratigraphique 9
Fiche structurale 5
Fiche de substances minérales métalliques 16
Fiche de substances minérales non métalliques 4
Mesure de susceptibilité magnétique 545
Mesure de densité 515
Photo d’échantillon 1178

 

 

Travaux antérieurs

 

Le tableau ci-dessous présente une liste des travaux réalisés dans le secteur à l’étude. Une liste plus exhaustive peut être trouvée dans la base de données documentaire EXAMINE.

 

Travaux antérieurs dans la région d’étude
Auteur(s) Type de travaux Contribution
Laurin et Sharma, 1975 Cartographie et reconnaissance géologique à l’échelle 1/250 000 Premiers travaux d’inventaire géologique couvrant la région à l’étude. Projet de cartographie échelonné sur plusieurs années (1965 à 1967).

Intissar et al., 2021

Levé magnétique et spectrométrique aéroporté dans le secteur du Lac-Saint-Jean est, Province de Grenville Couverture géophysique à haute résolution
Benahmed et al., 2021 Levé magnétique et spectrométrique aéroporté dans les secteurs de la rivière Saguenay et du Lac-Saint-Jean, Province de Grenville

Hébert et Lacoste, 1998c

Hébert et Cadieux, 2003

El Bourki et Moukhsil, 2023

Cartographie géologique à l’échelle 1/50 000 Géologie des feuillets 22D10, 22E01, 22E02 et 22E05

Hébert et al., 2009

Géologie de la région du réservoir Pipmuacan Synthèse géologique feuillet 22E

Stratigraphie

 

Cette section présente succinctement les différentes unités cartographiées de la région du lac Jalobert dans leur cadre stratigraphique et temporel. Le schéma stratigraphique et la frise chronologique ci-contre accompagnent cette discussion. La chronologie relative de mise en place des unités, illustrée dans ce schéma, tient compte des relations de recoupement observées sur le terrain. Ces observations sont appuyées par les données géochronologiques U-Pb sur zircons. Ce schéma offre un portrait très idéalisé de la géologie de la région étudiée et illustre les relations de recoupement des unités ainsi que leurs positions relatives. La dimension des unités représentées sur le schéma respecte plus ou moins les superficies cartographiées.

Une description lithologique des unités est présentée dans leur fiche stratigraphique respective qui peut être consultée grâce à l’hyperlien associé à leur nom.

Le secteur du lac Jalobert, dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, est situé dans l’Allochtone de la Province de Grenville. Cette région regroupe des roches d’âge mésoprotérozoïque (1506 à 1010 Ma; Hervet et al., 1994; Higgins et van Breemen, 1996; Hébert et Lacoste, 1998c; Hébert et van Breemen, 2004; Hébert et al., 2005; van Breemen, 2009; Papapavlou, 2020).

Socle mésoprotérozoïque

Le Complexe gneissique de Saguenay (mPsag; 1506 ±13 Ma; Hébert et van Breemen, 2004) constitue l’unité stratigraphique la plus ancienne de la région. Il est divisé en trois unités. La première (mPsag1) est formée par un ensemble de paragneiss à biotite-grenat-sillimanite-cordiérite, de quartzite à grenat-cordiérite, de roches calcosilicatées, de marbre et d’amphibolite. La deuxième (mPsag2) est composée de tonalite, de diorite et de gabbro gneissiques, alors que la troisième (mPsag3) regroupe des gabbros et des amphibolites. À l’issue de nos travaux et comme proposé par Hébert et al. (2005), nous avons rattaché les gabbros et les amphibolites de l’Intrusion mafique du Cap de la Mer à l’unité mPsag3 du Complexe gneissique de Saguenay. Nous recommandons donc l’abandon du terme « Intrusion mafique du Cap de la Mer » pour désigner ces roches dans la région cartographiée.  

Les fragments de ce socle cristallin affleurent sous la forme de lambeaux dans les roches du Complexe gneissique de Cap à l’Est (mPcpe; 1391 +8/-7 Ma; Hébert et van Breemen, 2004), lesquelles occupent la majeure partie des portions sud et est du feuillet 22D10. Ce complexe se compose de gneiss granulitique, monzonitique, granitique, granodioritique, mangéritique et syénitique (mPcpe1) et d’un ensemble de gneiss droit (mPcpe1a) représentant l’équivalent très déformé du mPcpe1 qui forme une bande au contact de la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence.

 

Intrusions mésoprotérozoïques

Les roches sédimentaires et intrusives du mPsag et du mPcpe constituent les lithologies encaissantes des nombreuses intrusions du secteur. Parmi celles-ci, la Suite anorthositique de Lac-Saint-Jean (mPlsj; 1169 à 1135 Ma; Higgins et van Breemen, 1996; Papapavlou, 2020) occupe environ la moitié de la carte, dans la portion centrale et ouest des feuillets 22D10 et 22D15. Seules trois unités de cette suite affleurent dans la région cartographiée : 1) l’unité mPlsj1 composée de gabbronorite, localement à oxydes de Fe-Ti-P, et de leuconorite coronitique; 2) l’unité mPlsj2 qui regroupe un ensemble d’anorthosite localement enrichie en Fe-Ti, de leuconorite porphyroclastique à plagioclase mauve, bleuté ou gris clair à blanc, de gabbro, de norite, de niveaux de roches ultramafiques et de gabbronorite à oxydes de Fe-Ti; et 3) l’unité mPlsj3 dont seulement la composante formée de magnétitite à ilménite ± vanadifère-spinelle ± chromifère-apatite (1 à 20 %) a été cartographiée.

La Mangérite de Chicoutimi (mPchc; 1082 ±3 Ma; Hervet et al., 1994; Higgins et van Breemen, 1996) occupe le sud-ouest du 22D10 et est formée de mangérite rose porphyroïde, massive à foliée, de granite à feldspath alcalin (mPchc3) et de mangérite verte porphyroïde, massive à foliée (mPchc4). L’Anorthosite de Vanel (mPnel; 1080 ±2 Ma; van Breemen, 2009) affleure au centre et au nord du feuillet 22D15. Elle est constituée de leuconorite, d’anorthosite, de leucotroctolite, de norite, de gabbronorite (mPnel1), ainsi que d’anorthosite et de leuconorite à plagioclase rose et pyroxène oïkocristique (mPnel2). La Mangérite de Poulin-de-Courval (mPpdc; 1068 ±3 Ma; Hébert et al., 1998), cartographiée dans la portion est du feuillet 22D15, est composée de mangérite, de charnockite et de syénite (mPpdc1) porphyroïdes; elle inclut localement une brèche magmatique de composition monzonitique à enclaves de gabbro et de diorite (mPpdc2) ainsi que des roches mylonitisées de l’unité mPpdc1 (mPpdc4) à proximité de la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. Le Granite de La Baie (1067 ±4 Ma; Higgins et van Breemen, 1996), ceinturé par la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence, comprend des charnockites et des mangérites œillées. Il affleure au sud du feuillet 22D10. Au nord-est du feuillet 22D15, l’Anorthosite de Mattawa (mPmtw; 1016 ±2 Ma; Hébert et al., 2005) comprend les unités mPmtw1 et mPmtw2 formées respectivement d’une anorthosite mégaporphyrique et porphyroclastique et d’une gabbronorite à Fe-Ti-P. La Mangérite de La Hache (mPhae; 1010 ±3 Ma; Hébert et al., 2005) affleure à l’ouest du feuillet 22D15 et inclut des mangérites, des charnockites, des syénites et des granites à feldspath alcalin (mPhae1) ainsi que des gabbronorites à Fe-Ti-P (mPhae1a).

Toutes ces roches sont coupées par des dykes de pegmatite granitique à syénitique.

 

Lithogéochimie

La lithogéochimie des unités géologiques de la région du lac Jalobert est présentée séparément sous forme de tableaux.

 

Géologie structurale

 

Les roches de la région ont connu plusieurs phases de déformation et sont coupées par des failles et des zones de cisaillement, dont la plus importante est la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. Cette structure d’orientation NE-SW affecte particulièrement les roches le long de la bordure est de la Suite anorthositique de Lac-Saint-Jean. Elle se poursuit vers le NE à l’extérieur de la zone cartographiée sur une distance de >100 km.

À partir de l’analyse des linéaments interprétés des cartes aéromagnétiques (Intissar et al., 2021; Benahmed et al., 2021) ainsi que de la distribution des structures planaires et linéaires attribuées à la déformation principale (foliation minérale secondaire tectonométamorphique, foliation ou rubanement mylonitique, gneissosité) mesurées sur le terrain, la région du lac Jalobert (feuillets 22D10 et 22D15) a été subdivisée en cinq domaines structuraux : les domaines de Valin (DSval), de Laflamme (DSfla), de Mattawa (DSmat), de Sainte-Marguerite (DSmar) ainsi que la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence (ZCsfu). Les limites entre ces domaines correspondent généralement à des changements d’orientation soit de la fabrique planaire principale (Sn), soit du tracé de la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. 

Le Domaine structural de Valin (DSval) occupe la portion centre et ouest des feuillets 22D10 et 22D15 (soit plus du deux tiers de ces feuillets). Il s’étend dans les feuillets adjacents à l’ouest et au SW du secteur cartographié (feuillets 22D11 et 22D06). Il est délimité au SE par la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence qui le sépare du Domaine structural de Sainte-Marguerite (DSmar), et au NE par les domaines structuraux de Laflamme (DSfla) et de Mattawa (DSmat). Dans le Domaine structural de Valin (DSval), la foliation primaire magmatique (Sn-1 = So) est encore bien reconnaissable et est marquée soit par l’alignement des porphyroclastes de plagioclase violacé dans l’anorthosite, soit par une alternance de niveaux d’anorthosite et de leuconorite dans les roches de la Suite anorthositique de Lac-Saint-Jean. La fabrique planaire Sn s’exprime principalement par une foliation tectonométamorphique pénétrative marquée par l’alignement préférentiel des cristaux d’orthopyroxène dans la leuconorite, ou par un rubanement mylonitique au contact de la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. La projection stéréographique des pôles de Sn présente une certaine dispersion; un plan moyen est déterminé à 28°/87°. Cette orientation traduit probablement l’empreinte de la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. La foliation Sn porte une linéation Ln d’attitude très variable. Le plissement qui affecte cette foliation est constitué d’antiformes et de synformes droites ou déversées.

Le Domaine structural de Sainte-Marguerite (DSmar) occupe le coin SE du feuillet 22D10 et se prolonge dans les feuillets 22D09 et 22D16. Il est limité à l’ouest par la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence qui le sépare des domaines structuraux de Valin (DSval) et de Laflamme (DSfla). Les structures primaires dans les roches sédimentaires du Complexe gneissique de Saguenay, prenant la forme de radeaux dans le Complexe gneissique de Cap à l’Est ont été transposées lors de la ou des phases de déformation antérieures à la déformation principale. Elles ont été oblitérées par la déformation associée à l’Orogenèse grenvillienne (Dn). La fabrique planaire principale Sn est marquée principalement par une foliation minérale secondaire tectonométamorphique caractérisée généralement par une orientation préférentielle des minéraux ferromagnésiens (orthopyroxène, biotite, hornblende) et de la magnétite dans les roches du Complexe gneissique de Cap à l’Est, par une gneissosité dans les roches sédimentaires du Complexe gneissique de Saguenay, ou encore par un rubanement mylonitique dans les roches à proximité de la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. Sur la projection stéréographique des pôles de Sn, cette fabrique planaire pénétrative montre une certaine dispersion, mais un groupe situé dans le quadrant NW du canevas est dominant et le plan moyen est orienté à 17°/63°. L’attitude de la linéation Ln portée par la foliation Sn est très variable, mais elle se dispose généralement de façon concentrique suivant un plan moyen de 21°/59° qui est comparable à l’orientation de la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. Ceci correspond à l’attitude moyenne du plan axial, révélant ainsi une schistosité de plan axial dont l’axe est à faible plongement à 35°/11°. En fait, cette variabilité de l’attitude de la linéation Lserait le résultat du plissement de la foliation Sn à l’échelle régionale. Les lambeaux de roches du Complexe gneissique de Saguenay forment des lentilles transposées qui décrivent des plis isoclinaux (voir 23-GS-6067 et 23-GS-6092) dont le plan axial est subparallèle à la fabrique planaire dans les gneiss encaissants du Complexe gneissique de Cap à l’Est. Nos observations de terrain montrent que la gneissosité et le rubanement migmatitique dans les roches du Complexe gneissique de Saguenay sont couramment plissés et coupés par une foliation Sn+1 discrète généralement superposée à la Sn. Cette foliation Sn+1 est soulignée par l’aplatissement et l’allongement dans une direction préférentielle des cristaux de quartz et de sillimanite, mais aussi des amas de biotite.

Le Domaine structural de Mattawa (DSmat) occupe le coin NE du feuillet 22D15 et s’étend au nord dans le coin SE du feuillet 22E02, suivant un axe long NE-SW. Il est délimité au sud et à l’ouest par le Domaine structural de Valin (DSval), et à l’est par le Domaine structural de Laflamme (DSfla). Une fabrique planaire est moins observable dans l’Anorthosite de Mattawa (mPmtw1) qui est généralement mégaporphyroïde. Néanmoins, l’alternance compositionnelle entre les lits d’anorthosite et de leuconorite marque sans doute une foliation minérale primaire de type magmatique (Sn-1 = So). La fabrique planaire Sn est par contre présente dans la leuconorite (mPmtw1), une roche à grain moyen à grossier, et marquée par un alignement des minéraux ferromagnésiens (orthopyroxène, biotite, clinopyroxène) et par endroits de la magnétite et de l’ilménite. On trouve également une fabrique planaire dans la gabbronorite fortement magnétique (mPmtw2) qui ceinture le dôme intrusif de l’Anorthosite de Mattawa. À l’ouest de l’intrusion, la foliation est redressée et se matérialise par un rubanement mylonitique au contact d’une zone de cisaillement pratiquement N-S. La projection stéréographique des pôles de Sn présente une concentration des pôles dans la zone centrale du canevas avec une attitude moyenne de 28°/78°. La linéation Ln portée par la Sn a une attitude très variable; par contre, la disposition des pôles de Sn dans la projection stéréographique rappelle celle d’un pli ouvert de plan axial 18°/88° avec un axe d’attitude 199°/13°. Le plissement des structures primaires dans l’anorthosite a rarement été observé. Ceci pourrait s’expliquer par la compétence de la roche. On note la présence de plis déversés dans le coin SE du domaine, au contact avec la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. Sur les cartes du champ magnétique total et de ses dérivées (Intissar et al., 2021; Benahmed et al., 2021), l’allure du Domaine structural de Mattawa fait penser à un porphyroclaste en rotation senestre. Il semble que l’Anorthosite de Mattawa joue un rôle de contrefort à la Mangérite de La Hache, qui montre un mouvement de rotation dextre.

Le Domaine structural de Laflamme (DSfla) occupe la partie est du feuillet 22D15, une fine portion du coin NE du feuillet 22D10 et s’étend dans les parties ouest et sud des feuillets 22D16 et 22E01, respectivement. Il est délimité à l’ouest par le Domaine structural de Valin (DSval), au NW par le Domaine structural de Mattawa (DSmat) et au sud et à l’est par la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. Les roches intermédiaires à felsiques porphyroïdes de la Mangérite de Poulin-de-Courval qui constituent ce domaine ne présentent pas d’alignement préférentiel net des phénocristaux de feldspath. La foliation minérale primaire de type magmatique S0 n’est pas bien définie. La fabrique planaire Sn est marquée principalement par une foliation minérale secondaire tectonométamorphique caractérisée généralement par une orientation préférentielle des minéraux, en particulier les minéraux ferromagnésiens (orthopyroxène, clinopyroxène, biotite) ainsi que la magnétite. Elle se matérialise localement par un rubanement mylonitique dans les zones cisaillées, lequel est caractérisé par l’allongement des grains de quartz dans la charnockite et le granite à feldspath alcalin. Les roches porphyroïdes présentent ainsi un aspect œillé, le feldspath étant déformé et entouré de biotite allongée. La projection stéréographique des pôles de Sn présente une concentration des pôles dans la zone ouest du canevas et un plan moyen d’attitude 15°/57°. La linéation Ln portée par la foliation Sn est représentée par les linéations minérale secondaire et d’étirement. Son attitude est très variable, mais elle est généralement disposée suivant un plan porteur moyen à 14°/51°. Ceci n’est pas très différent du plan moyen (15°/57°) qui matérialise ainsi le plan axial d’un pli régional.

Nos observations et l’analyse structurale démontrent que la trame structurale de la région est fortement tributaire de la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence, une importante zone de déformation anastomosée d’orientation NE-SW. La région est également traversée par des failles associées au graben du Saguenay. Ces failles sont cassantes et de forte extension (Hébert et Lacoste, 1998a, 1998b, 1998c et 1998d). Elles sont orientées NW-SE à WNW-ESE et coupent la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. Il s’agit certainement du système de failles le plus jeune de la région. La présence de ces failles est soulignée sur le terrain par de fines fractures millimétriques à centimétriques, hématitisées et épidotisées. 

Afin de montrer les relations entre les différentes unités lithostratigraphiques de la région du lac Jalobert, une coupe structurale simplifiée dénotée AB a été réalisée selon une orientation NW-SE. 

 

Métamorphisme

Les observations minéralogiques et structurales à l’échelle macroscopique et microscopique (152 lames minces d’échantillons représentatifs des unités) indiquent que les conditions métamorphiques du secteur à l’étude sont comprises entre le faciès des granulites et celui des amphibolites (carte métamorphique simplifiée). 

Les roches intrusives felsiques à intermédiaires contiennent couramment de l’orthopyroxène, ce qui témoigne de l’atteinte des conditions du faciès des granulites. La présence de grains de myrmékite développés en bordure des cristaux de feldspath potassique ainsi que l’abondance de perthite en flammes indiquent également des conditions de haute température.

Les roches de la région présentent également un métamorphisme rétrograde au faciès des amphibolites comme l’indique le remplacement partiel ou total de l’orthopyroxène par l’amphibole (ouralitisation) dans les roches de la Suite anorthositique de Lac-Saint-Jean. Localement, l’orthopyroxène est coronitique avec des bordures de clinopyroxène ± amphibole ± grenat.

Les roches ont systématiquement subi un rétrométamorphisme dans le faciès des amphibolites près des zones de déformation, comme la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence, certainement en raison d’une importante circulation hydrothermale. On trouve également de la chlorite dans certaines de ces roches cisaillées.

Cependant, les roches sédimentaires du Complexe gneissiques du Saguenay sont migmatitisées à différents degrés et sont caractérisées par des paragenèses à biotite, grenat et sillimanite, des assemblages typiques des conditions métamorphiques associées au faciès des amphibolites.

 

Géologie économique

La région du lac Jalobert présente des zones favorables pour trois types de minéralisations :

  • minéralisation de Fe-Ti dans des anorthosites;
  • minéralisation magmatique à Ni-Cu dominants (± Co ± EGP) associée aux massifs anorthositiques-troctolitiques;
  • minéralisation en éléments de terres rares (ETR) associée aux dykes de pegmatite granitique, de syénite et de granite à feldspath alcalin.

Le tableau des zones minéralisées ci-dessous présente les résultats d’analyses pour les 15 zones minéralisées connues dans le secteur.

 

Zones minéralisées dans la région du lac Jalobert
Nouvelle zone
Nom Teneurs Commentaires
Minéralisation associée aux pegmatites granitiques
GS-6034 2029 ppm ETR (G); 1385 ppm Zr (G)  
Jalobert sud-est 8422 ppm ETR (G); 3000 ppm Ce (G); 1080 ppm Th (G)  
Minéralisation de fer et titane dans des anorthosites
JD-4142 1490 ppm V (G); 259 200 ppm Fe (G); 68 900 ppm Ti (G); 127 ppm Co (G)  
LM-8134 218 857 ppm Fe (G); 684 ppm V (G); 121 118 ppm Ti (G)  
 
Zone connue
Nom Teneurs
Minéralisation de fer et titane dans des anorthosites
Buttercup 512 000 ppm Fe (G); 110 000 ppm Ti (G); 3 200 ppm V (G); 20,17 % TiO2 sur 38,8 m (R); 73,33 % Fe2O3t sur 12,5 m (R)
La Hache-Est On estime des réserves de 20,32 Mt à 24,75 % Fe, 5,12 % TiO2 et 5,21 % P2O5 (GM 23270) (non conforme au règlement 43-101); 300 000 ppm Fe (G)
Lac Kanekatshonanuts 3,21 Mt probables à 48,98 % Fe, 18,98 % TiO2 et 0,67 % V2O5 (non conforme au règlement 43-101)
Lac Le Marié Ouest 307 000 ppm Fe sur 1 m (D); 1519 ppm V sur 8 m (D)
Lac Le Marié Vanadium 300 000 ppm Fe (G); 1580 ppm V (G)
Lac du Braconnier 425 000 ppm Fe sur 1,5 m (D); 73 000 ppm Ti sur 1,5 m (D)
Lac Élan 426 000 ppm Fe (G); 131 100 ppm Ti (G); 3697 ppm V (G)
Lac Élan Nord 300 000 ppm Fe (G); 104 900 ppm Ti (G); 2073 ppm V (G)
Moncouche 302 500 ppm Fe sur 1,6 m (D)
Rivière Saint-Louis 499 200 ppm Fe sur 1 m (D); 127 800 ppm Ti (G); 2 960 ppm V sur 3 m (D)
Minéralisation magmatique, Ni-Cu dominant (±Co ±EGP)
Le Marié 2709 ppm Cu (G); 4110 ppm Ni (G); 393 000 ppm Fe (G); 1525 ppm V (G); 635 ppm Co (G)
Minéralisation magmatique, Ni-Cu dominant (±Co ±EGP), associée aux massifs anorthositiques-troctolitiques
Lac Le Marié Nord 1820 ppm Cu (G); 1850 ppm Ni (G)
La Hache-Est 5,21 % P2O5. La minéralisation en apatite, magnétite, ilménite et hématite est massive et disséminée. Le meilleur concentré d’apatite a donné à l’analyse 39,80 % P2O5 (sondages de SOQUEM, GM 23170).
Martin Valin Chemin L-200 Les données d’analyse chimique sur deux échantillons de ferrogabbro à apatite indiquent 0,99 % P2O5 soit 2,24 % apatite (échantillons E 650 5151) et 0,90 % P2O5 soit 2,04 % apatite (E 650 5152) (GM 73039).
Mine du lac Xavier Aucune teneur n’a été rapportée. La minéralisation en muscovite, grenat et béryl est disséminée. On a remarqué la présence de cristaux de béryl, dont un qui mesurait 0,9 m de longueur par 12,5 cm de diamètre, et possiblement de minéraux radioactifs (DP-184).

(D) Forage au diamant, (G) Échantillon choisi, (R) Rainure – échantillon en éclats

 

Le tableau des analyses lithogéochimiques des métaux d’intérêt économique donne la localisation, la description et les résultats d’analyse pour 20 échantillons choisis dans le but d’évaluer le potentiel économique de la région.

Minéralisations connues de la région d’étude

La région cartographiée est l’hôte de plusieurs minéralisations connues. Le tableau ci-haut inclut les liens menant vers les fiches descriptives des zones minéralisées.

 

Minéralisations méconnues et découvertes lors des présents travaux

 

Nouvelle minéralisation en éléments de terres rares (ETR) associée aux dykes pegmatitiques de syénogranite et de granite à feldspath alcalin

 

La zone favorable de Jalobert sud-est regroupe un ensemble de dykes pegmatitiques de syénogranite et de granite à feldspath alcalin qui coupent des lambeaux de roches du Complexe gneissique du Saguenay, dans la partie est du feuillet 22D10. Une mesure par spectrométrie du rayonnement gamma (RS-230) sur des dykes pegmatitiques de syénogranite a donné 1105 cps et 125,5 ppm eTh pour l’affleurement 23-GS-6089 et 2276 cps et 424,2 ppm eTh pour l’affleurement 23-GS-6090, alors que les valeurs de 2738 cps et 140,3 ppm eTh ont été obtenues sur un autre dyke pegmatitique de granite à feldspath alcalin à l’affleurement 23-GS-6094. Les dykes décimétriques à métriques sont concordants ou coupent la fabrique planaire de la roche encaissante et sont déformés. Une observation en lame mince montre que les terres rares sont concentrées dans les cristaux millimétriques de monazite (par exemple 23-GS-6090). La zone minéralisée de Jalobert sud-est englobe les affleurements 23-MK-5060, 23-GS-6090 et 23-GB-10082. L’échantillon 23-MK-5060B1 a révélé > 8421,08 ppm ETR (principalement des TR légères dont > 3000 ppm Ce) et 1030 ppm Th. L’échantillon 23-GS-6090C1 a donné 4101,182 ppm ETR (principalement des TR légères dont 1920 ppm Ce) et 849 ppm Th. L’échantillon 23-GB-10082B1 contenait 3672,704 ETR (principalement des TR légères dont 1640 ppm Ce) et 1080 ppm Th.

 

Nouvelle minéralisation en éléments de terres rares (ETR) associée à une intrusion alcaline

 

Cette nouvelle zone d’intérêt est représentée par la zone minéralisée GS-6034. La minéralisation en ETR est contenue dans une syénite quartzifère de la Mangérite de Poulin-de-Courval. La roche foliée à granulométrie moyenne à grossière est constituée de feldspath alcalin, de quartz, de biotite, de magnétite et, accessoirement, d’orthopyroxène.

L’échantillon 23-GS-6034A1 a livré des teneurs indicielles en éléments des terres rares et anomales en zirconium, soit 2029,096 ppm ETR (principalement des TR légères) et 0,14 % Zr.

 

 

Nouvelle minéralisation en Fe-Ti-V associée aux leuconorites

Nos travaux ont permis également de mettre au jour des indices minéralisés, de type magmatique, en oxydes de fer en bordure de la Suite anorthositique de Lac-Saint-Jean, au contact avec la Mangérite de Chicoutimi dans le feuillet 22D10. La minéralisation forme des niveaux décimétriques (23-LM-8134) ou des amas décimétriques (23-JD-4142) de magnétitite au sein de leuconorites.

La minéralisation, constituée essentiellement de magnétite et d’un peu d’ilménite, est contenue dans un niveau ultramafique continu, composé de plus de 90 % d’oxydes de fer dans la zone minéralisée LM-8134. L’échantillon 23-LM-8134B1 a révélé des teneurs indicielles en Ti (12 %) et anomales en Fe (22 %) et V (684 ppm). La minéralisation forme des amas continus dans la zone minéralisée JD-4142 et a également livré des teneurs indicielles en V (1490 ppm), anomales en Fe (26 %) et significatives en Ti (7 %) et Co (127 ppm) pour l’échantillon 23-JD-4142B1.

 

Problématiques à aborder dans le cadre de futurs travaux

Cette nouvelle carte géologique au 1/50 000 améliore notablement le niveau de connaissances sur la stratigraphie, la structure et la métallogénie de la région du lac Jalobert. Les intrusions intermédiaires à felsiques de la région rebroussent la foliation de la roche encaissante et leur orientation NE-SW est parallèle à la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. Tout cela nous amène à penser que la mise en place de ces plutons est contemporaine à la déformation régionale et qu’elle a été favorisée par la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. Celle-ci, un important couloir de déformation dans la région, nécessite une étude approfondie afin de déterminer ses relations structurales et métamorphiques avec la mise en place de la Suite anorthositique de Lac-Saint-Jean, des autres intrusions ainsi que des minéralisations associées.

Sur la carte de haute résolution de la dérivée verticale du champ magnétique total (Intissar et al., 2021; Benahmed et al., 2021), la portion de la Suite anorthositique de Lac-Saint-Jean de la région à l’étude présente une texture contrastée, chagrinée à l’ouest et lisse à l’est au contact avec la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. Des études complémentaires sont nécessaires afin de vérifier s’il ne pourrait s’agir de deux lobes distincts de la Suite anorthositique de Lac-Saint-Jean.

 

Collaborateurs

 
Auteurs Francis Talla Takam, géo., Ph. D. francis.tallatakam@mrnf.gouv.qc.ca
Abdelali Moukhsil, géo., Ph. D. abdelali.moukhsil@mrnf.gouv.qc.ca
Géochimie Olivier Lamarche, géo., M. Sc.
Géophysique Rachid Intissar, géo., M. Sc.
Évaluation de potentiel Hanafi Hammouche, géo., M. Sc.
Logistique Marie Dussault, coordonnatrice 
Géomatique

Dominique Plante 

Julie Sauvageau
Kathleen O’Brien

Conformité du gabarit et du contenu François Leclerc, géo., Ph. D.
Accompagnement
/mentorat et lecture critique
Abdelali Moukhsil, géo., Ph. D et Mhamed El Bourki, géo., M. Sc.
Organisme Direction générale de Géologie Québec, Ministère des Ressources naturelles et des Forêts, Gouvernement du Québec

Remerciements :

Ce Bulletin géologique est le fruit de la collaboration de nombreuses personnes qui ont activement pris part aux différentes étapes de la réalisation du projet. Nous tenons à remercier les professeurs de l’UQAC, Renée Luce Simard et Réal Daigneault, qui nous ont fait profiter de leurs connaissances sur la Zone de cisaillement de Saint-Fulgence. La visite de Marc Leblanc (directeur général de Géologie Québec), Andrea Amortegui (directrice de la DACG) et James Moorhead a été très appréciée par tous les membres de l’équipe. Un remerciement à Samuel Coulombe pour la rédaction des fiches du lexique stratigraphique.

Références

 

Publications du gouvernement du Québec

BENAHMED, S., INTISSAR, R., KHAN, K., 2021. Levé magnétique et spectrométrique aéroporté dans les secteurs de la rivière Saguenay et du Lac-Saint-Jean, Province de Grenville. MERN, Geo Data Solutions GDS; DP 2021-04, 69 pages, données numériques.

EL BOURKI, M., MOUKHSIL, A., 2023. Géologie de la région des lacs Bellemare et Chausson, Province de Grenville, région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Québec, Canada. MRNF; BG 2023-01, 1 plan.

INTISSAR, R., BENAHMED, S., BATES, M., 2021. Levé magnétique et spectrométrique aéroporté dans le secteur du Lac-Saint-Jean est, Province de Grenville. MERN, Sander Geophysics; DP 2021-03, 108 pages, données numériques.

HÉBERT, C., VAN BREEMEN, O., CADIEUX, A.-M., 2009. Région du réservoir Pipmuacan (SNRC 22E) : synthèse géologique. MRNF, Commission géologique du Canada; RG 2009-01, 59 pages, 1 plan.

HÉBERT, C., CADIEUX, A.-M., 2003. Géologie de la région des lacs Portneuf et Maria-Chapdelaine, 22E/01 et 22E/02. MRN; RG 2002-13, 46 pages, 2 plans.

HÉBERT, C., LACOSTE, P., 1998a. Géologie de la région de Jonquière-Chicoutimi (22D/06). MRN; RG 96-08, 34 pages, 1 plan.

HÉBERT, C., LACOSTE, P., 1998b. Géologie de la région de Poulin-de-Courval, 22D/16. MRN; RG 97-03, 15 pages, 1 plan.

HÉBERT, C., LACOSTE, P., 1998c. Géologie de la région de lac Jalobert (22D/10). MRN; RG 97-05, 17 pages, 1 plan.

HÉBERT, C., LACOSTE, P., 1998d. Géologie de la région de Bagotville (22D/07). MRN; RG 97-06, 24 pages, 1 plan.

LAURIN, A.F., SHARMA, K.N.M., 1975. Région des rivières Mistassini, Péribonka, Saguenay (Grenville 1965-1967). MRN; RG 161, 103 pages, 10 plans.

PAPAPAVLOU, K., 2020. U-Pb geochronology report, Grenville 2019-2020. GEOTOP, MERN; MB 2020-09, 25 pages, données numériques.

VAN BREEMEN, O., 2009. Report on the U-Pb geochronology for the Pipmuacan Reservoir region. MRN, Geological Survey of Canada; MB 2009-04, 13 pages.

Autres publications

HÉBERT, C., CADIEUX, A-M., VAN BREEMEN, O., 2005. Temporal evolution and nature of Ti–Fe–P mineralization in the anorthosite–mangerite–charnockite–granite (AMCG) suites of the southcentral Grenville Province, Saguenay–Lac St. Jean area, Quebec, Canada. Canadian Journal of Earth Sciences; volume 42, pages 1865-1880. https://doi.org/10.1139/e05-050 

HÉBERT, C., VAN BREEMEN, O., 2004. Mesoproterozoic basement, the Lac-St. Jean anorthosite suite and younger Grenvillian intrusions in the Saguenay region (Quebec): structural relationships and U–Pb geochronology. In: Proterozoic tectonic evolution of the Grenville orogen in North America (Tollo, R.P., Corriveau, L., McLelland, J, Bartholomew, M., editors). Geological Society of America; Memoir 197, pages 65–79. https://doi.org/10.1130/0-8137-1197-5.65

HÉBERT, C., VAN BREEMEN, O., LACOSTE, P., 1998. Tectonic setting and U-Pb zircon age of the Poulin-de-Courval Mangerite, Saguenay-Lac-Saint-Jean area, Grenville, Quebec In: Radiogenic Age and Isotopic Studies: Report 11. Geological Survey of Canada; Current Research 1998-F. Source

HERVET, M.D., VAN BREEMEN, O., HIGGINS, M., 1994. U–Pb igneous crystallization age of intrusive rocks near the southeastern margin of the Lac-St. Jean Anorthositic Complex, Grenville Province, Québec. In: Radiogenic age and isotopic studies, Report 8. Geological Survey of Canada; Paper 1994-F, pages 115–124. https://doi.org/10.4095/195163 

HIGGINS, M.D., VAN BREEMEN, O., 1996. Three generations of AMCG magmatism, contact metamorphism and tectonism in the Saguenay–Lac St. Jean region, Grenville Province, Canada. Precambrian Research; volume 79, pages 327-346. https://doi.org/10.1016/0301-9268(95)00102-6

 
18 novembre 2025