Suite intrusive de Marest
Étiquette stratigraphique : [narc]mar
Symbole cartographique : nAmar

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Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
nAmar4 Diorite et diorite quartzifère à hornblende et biotite, localement à phénocristaux de plagioclase
nAmar3 Granite ou granodiorite
nAmar2 Granodiorite à biotite avec enclaves d’amphibolite
nAmar1 Granodiorite et tonalite à biotite ± hornblende
 
Auteur :Masterman et Delagrave, 1981
Âge :Néoarchéen
Stratotype :Aucun
Région type :Feuillets SNRC 32F03, 32F04, 32F05, 32F06 et 32E08
Province géologique :Province du Supérieur
Subdivision géologique :Sous-province de l’Abitibi
Lithologie :Roches grenues felsiques à intermédiaires
Type :Lithodémique
Rang :Suite
Statut :Formel
Usage :Actif

 

Unité(s) apparentée(s)
  • Aucune

 

 

Historique

Bell (1903) décrit, en bordure de la rivière Bell et de ses affluents (extrême NE du feuillet 32F05) des affleurements de granite gris rosé à grain fin et de gneiss qu’il rattache à une unité générale de gneiss. Dans la carte de Tanton (1916), le Pluton de Marest (sans être nommé) est compris dans une bande de granite et de gneiss orientée globalement E-W. En 1940, Freeman établit les limites orientales du Pluton de Marest, toujours sans être nommé, et le décrit comme un ensemble de granite, de granodiorite en partie gneissique, de diorite et de diorite quartzifère. Au début des années 1950, Bélan (1950) et Maurice (1950) effectuent des levés de reconnaissance dans la région du Pluton de Marest, sans pour autant le caractériser formellement. En 1958, Imbault et Remick dessinent l’intrusion dans son entièreté, mais évoquent sans autre précision des roches granitiques. Dans la mise à jour de Remick (1964), la description est davantage précisée : granite, granite gneissique, gneiss granitique et quelques passages de syénite, de diorite et de roches hybrides. La première mention du nom de Marest revient à Masterman et Delagrave (1980 In MER, 1984), qui évoquent dans leurs cartes de compilation géoscientifique du feuillet 32E08 le « Granite de Marest » auquel ils affectent le code « 1G » (granite); cette lithologie demeure jusqu’à présent valide dans ce feuillet (voir MRNF, 2010a). Hocq (1982) nomme l’intrusion « pluton du lac Taïbi » et la présente comme un granitoïde. En 1990, Dussault introduit le nom de « batholite de Marest » et le décrit dans le secteur du lac Taïbi comme une diorite quartzifère porphyrique à hornblende et biotite et, plus au sud, comme une granodiorite à biotite. Sur cette base, Grant (2000 in MRNF, 2010b) distingue trois unités géologiques informelles : la tonalite (Amar), la diorite quartzifère porphyrique (Amar1) et la granodiorite à biotite (Amar2). L’apport de données nouvelles, notamment des forages soniques, et la révision des données existantes dans les feuillets 32F03 et 32F04, permettent à Rhéaume (2008 in MRNF, 2010b) et Rhéaume et al. (2010) de préciser l’âge néoarchéen de l’intrusion et de séparer les différentes lithologies : une unité de tonalite à biotite et hornblende et de granodiorite à biotite (nAmar1) et une unité de granodiorite à biotite (nAmar2). En 2013, dans la continuité des travaux amorcés par Rhéaume, Deschênes ajoute trois unités supplémentaires, qui sont diffusées uniquement dans la carte interactive du SIGÉOM : un granite (nAmar3), une diorite (nAmar4) et une monzodiorite quartzifère (nAmar5). Enfin, Guemache (en préparation) révise les données disponibles et simplifie le découpage stratigraphique de l’intrusion à quatre unités informelles (nAmar1, nAmar2, nAmar3 et nAmar4) qui sont décrites ci-dessous.

Le nom de l’unité, récemment rebaptisée « Suite intrusive de Marest », provient du canton de Marest situé au NW de la ville de Lebel-sur-Quévillon, lequel réfère au père jésuite Pierre-Gabriel Marest (1662 à 1714).

Description

Suite intrusive de Marest 1 (nAmar1) : Granodiorite et tonalite à biotite ± hornblende

L’unité Amar1 est constituée de granodiorite et de tonalite massives à biotite ± hornblende qui, d’après Rhéaume et al. (2010), présentent également un rubanement magmatique fruste. Elle représente l’unité principale du Marest et son contour peut être délimité aisément sur les cartes aéromagnétiques (Keating et al., 2010; Keating et d’Amours, 2010). Les observations provenant de forages soniques et de descriptions d’affleurements (Auger et Longley, 1939; Beland, 1950; Hocq, 1982) permettent de caractériser cette unité. La roche est homogène, leucocrate à mésocrate, généralement massive, localement foliée (en moyenne 35° AC) et à grain moyen, rarement grossier. Elle montre par endroits une structure porphyroïde associée à la présence de phénocristaux de feldspath potassique. Généralement blanche à grise, cette lithologie présente localement une coloration beige en raison de l’hématitisation du feldspath. Des enclaves d’amphibolite sont signalées. La roche contient du quartz (20 à 40 %), du plagioclase zoné par endroits (20 à 30 %), faiblement à fortement altéré en séricite et formant communément des myrkmékites avec le quartz, du microcline (2 à 10 %), de la biotite couramment chloritisée (5 à 10 %) et localement de la hornblende verte (3 à 5 %). L’amphibole présente parfois une structure pœciloblastique. La titanite, automorphe à subautomorphe, est relativement abondante (<5 %). Les minéraux accessoires comprennent la chlorite, l’épidote, l’apatite, le zircon, les minéraux opaques (magnétite), l’hématite et, à l’occasion, la calcite. La déformation de la roche se manifeste par des macles de déformation dans le plagioclase et par l’extinction ondulante du quartz.

Suite intrusive de Marest 2 (nAmar2) : Granodiorite à biotite avec enclaves d’amphibolite

L’unité nAmar2 correspond à une intrusion circulaire d’environ 15 km de diamètre constituée, d’après Rhéaume et al. (2010), de granodiorite massive à biotite caractérisée par un rubanement magmatique. Selon Rhéaume et al. (2010), cette unité coupe l’unité nAmar1 et est donc plus tardive. L’analyse des données provenant de forages soniques démontre que l’unité nAmar2 s’étend sur une surface deux fois moins grande que celle représentée sur la carte de Rhéaume (2008 in MRNF, 2010a). Dans l’ensemble, la roche est mésocrate à leucocrate, à grain moyen, rarement grossière, généralement massive et homogène, mais elle peut être localement foliée et hétérogranulaire. Rhéaume et al. (2010) notent que la couleur blanche à grise de la roche passe au rose rougeâtre de l’est vers l’ouest avec l’apparition de la magnétite et de l’hématite au détriment des minéraux ferromagnésiens. Une épidotisation plus ou moins importante accompagne ce phénomène. Au microscope, la roche est composée de quartz, de plagioclase généralement zoné et moyennement à fortement altéré en séricite, de feldspath potassique, notamment le microcline et, plus rarement, l’orthose et de biotite couramment chloritisée (5 à 10 %). Les minéraux accessoires comprennent la chlorite à inclusions d’oxydes de fer, l’épidote, l’allanite, l’apatite et les minéraux opaques. Les microstructures myrmékitique et microperthitique ne sont pas rares. Contrairement à l’unité nAmar1, la titanite est toujours absente dans l’unité nAmar2.

Suite intrusive de Marest 3 (nAmar3) : Granite ou granodiorite

L’unité nAmar3 est définie uniquement à partir de descriptions historiques très souvent sommaires de quelques affleurements localisés le long des bordures est (Maurice, 1950) et ouest (Gauthier, 1992) de l’intrusion. À l’est, elle est décrite comme étant un granite ou une granodiorite à biotite, au nord-est comme un granite ou une granodiorite à hornblende et à l’ouest comme une granodiorite à magnétite ou un granite montrant par endroits une structure porphyroïde associée à la présence de phénocristaux automorphes de feldspath potassique. Il n’est pas exclu qu’avec l’apport de nouvelles données descriptives détaillées, les affleurements de l’unité nAmar3 soient réassignés, tout ou partie, aux unités nAmar1 et/ou nAmar2.

Suite intrusive de Marest 4 (nAmar4) : Diorite et diorite quartzifère à hornblende et biotite, localement à phénocristaux de plagioclase

L’unité nAmar4 correspond à de petites intrusions de composition intermédiaire, dioritique à quartzo-dioritique, d’environ 5 km de diamètre enchâssées dans l’unité nAmar1. Ces intrusions ressortent assez nettement sur la carte aéromagnétique en raison de leur susceptibilité magnétique générale relativement élevée (Keating et al., 2010; Keating et d’Amours, 2010). Les forages soniques révèlent une roche massive à légèrement foliée (35° à 45° AC), à grain moyen, homogène à hétérogranulaire par endroits, voire porphyroïde à phénocristaux de plagioclase. De couleur noir et blanc, localement beige, cette lithologie mésocrate est localement altérée en épidote et en hématite, notamment le long des fractures. Des enclaves d’amphibolite sont signalées. Le quartz (<15 %), couramment teinté de bleu, présente localement une extinction ondulante. La diorite contient du plagioclase plus ou moins séricitisé comportant par endroits des macles de déformation, du feldspath potassique peu abondant (<5 %), de la hornblende partiellement épidotisée (10 %), de la biotite chloritisée (5 %), des minéraux opaques (magnétite), de l’épidote, de l’allanite, de la calcite (localement jusqu’à 10 %), de l’apatite et de la titanite (localement jusqu’à 2 %). Dans les roches plus altérées, l’amphibole disparaît complètement au profit de l’épidote, la chloritisation de la biotite est plus avancée et la calcite est plus abondante.

Épaisseur et distribution

La Suite intrusive de Marest fait environ 80 km de longueur, suivant un axe globalement E-W, et 45 km de largeur. 

Datation

Une datation par la méthode U-Pb sur zircons d’un échantillon initialement assigné à l’unité nAmar2 par Rhéaume et al. (2010) a retourné un âge de 2705 ±1 Ma. Cet échantillon a été réassigné ultérieurement à l’unité nAmar1 par Guemache (en préparation). 

UnitéSystème isotopiqueMinéralÂge de cristallisation (Ma)(+)(-)Référence(s)
nAmar1U-PbZircon270511Rhéaume et al., 2010

 

Relation(s) stratigraphique(s)

La Suite intrusive de Marest s’injecte dans le Groupe de Vanier-Dalet-Poirier, lequel a été daté à 2722,3 ±1,2 Ma (Rhéaume et al., 2010). Elle est elle-même coupée par des dykes de diabase protérozoïques.

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Publications accessibles dans Sigéom Examine

 

AUGER, P E., LONGLEY, W W. 1939. REGION DE LA RIVIERE LAFLAMME INFERIEURE, TERRITOIRE D’ABITIBI. MRN. RG 002, 43 pages et 1 plan. 

BELAND, R. 1950. REGION DU LAC TAIBI, COMTE D’ABITIBI-EST. MRN. RG 040, 34 pages et 1 plan. 

DUSSAULT, C. 1990. GEOLOGIE DE LA REGION DE VEZZA-LE TARDIF. MRN. MB 90-43, 40 pages et 6 plans.

GAUTHIER, E. 1992. RAPPORT DE CARTOGRAPHIE, PROPRIETE HARRICANA. SOCIETE MINIERE MIMISKA INC, CLAIMS PICARD. Rapport statutaire soumis au gouvernement du Québec. GM 51560, 17 pages et 2 plans.

GUEMACHE, M. A., EN PRÉPARATION. SYNTHÉSE GÉOLOGIQUE DE LA RÉGION DE RIVIÈRE OCTAVE, ABITIBI. MERN. RG 2018-01.

HOCQ, M. 1982. PROJET JOUTEL-QUEVILLON, REGION DU LAC BIGNIBA. MRN. DP-82-05, 1 plan.

IMBAULT, P E., REMICK, J H. 1958. REGION DE TURGEON-MATAGAMI, COMTES D’ABITIBI-EST ET ABITIBI-OUEST. MRN. CARTE 1257, 1 plan. 

KEATING, P., D’AMOURS, I. 2010. REEDITION DES DONNEES NUMERIQUES EN FORMAT GEOSOFT (PROFILS) DES LEVES AEROPORTES DE L’ABITIBI, AU QUEBEC. MRNF, COMMISSION GEOLOGIQUE DU CAN. DP 2010-09, 6 pages.

KEATING, P., LEFEBVRE, D., RAINSFORD, D., ONESCHUCK, D. 2010. SERIE DES CARTES GEOPHYSIQUES, PARTIES DES SNRC 31, 32, 41 ET 42, CEINTURE DE ROCHES VERTES DE L’ABITIBI, QUEBEC ET ONTARIO. COMMISSION GEOLOGIQUE DU CAN. DP 2010-05, 8 pages et 2 plans.

MAURICE, O D. 1950. REGION DE RAZILLY, COMTE D’ABITIBI-EST. MRN. RG 041, 23 pages et 1 plan.

MER. 1984. CARTE DE COMPILATION GEOSCIENTIFIQUE – 032E/08. CG 032E/08, 16 plans.

MRNF. 2010a. CARTE(S) GÉOLOGIQUE(S) DU SIGEOM – feuillet 32E. CG SIGEOM32E, 57 plans.

MRNF. 2010b. CARTE(S) GÉOLOGIQUE(S) DU SIGEOM – feuillet 32F. CG SIGEOM32F, 64 plans.

REMICK, J H. 1964. REGION DE TURGEON-MATTAGAMI, COMTES D’ABITIBI-OUEST ET ABITIBI-EST. MRN. CARTE 1563, 1 plan.

RHEAUME, P., MAURICE, C., PARENT, M., MCNICOLL, V. 2010. GEOLOGIE DE LA REGION DE LA RIVIERE BIGNIBA (PARTIES DES SNRC 32F03, 32F04 ET 32C13). MRNF. MB 2010-06, 47 pages et 1 plan.

Autres publications

BELL, R. 1903. Geological map of the basin of Nottaway River, northwestern Quebec. Commission géologique du Canada, Carte géologique polychrome 702, 1903, 1 feuille. https://doi.org/10.4095/108065.

CHOWN, E.H., DAIGNAULT, R., MUELLER, W., MORTENSEN, J.K. 1992. Tectonic evolution of the Northern Volcanic Zone, Abitibi belt, Quebec. Canadian Journal of Earth Science; 29, pages 2211–2225. Source.

FREEMAN, B.C. 1940. Mattagami Lake, Abitibi Territory, Québec. Commission géologique du Canada, Carte série « A » 571A, 1940, 1 feuille. https://doi.org/10.4095/107975.

TANTON, T.L. 1916. Harricanaw Basin north of the Grand Trunk Pacific Railway, Quebec. Commission géologique du Canada, Rapport sommaire 1915, 1916, pages 168-170, 1 sheet. https://doi.org/10.4095/104463.

 

 

 

20 août 2019