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Intrusion de Rocher
Étiquette stratigraphique : [narc]lrc
Symbole cartographique : nAlrc

Première publication:  

 

 

Subdivision(s) informelle(s)

La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
nAlrc3 Péridotite
Alrc3a Péridotite à plagioclase
nAlrc2 Pyroxénite
nAlrc1 Gabbro pourpre
Auteur :Bandyayera et Sharma, 2001; Leclerc et Caron-Côté, 2017
Âge :Précambrien / Archéen / Néoarchéen
Coupe type :Aucune
Région type :L’Intrusion de Rocher (nAlrc) coupe les paragneiss du Complexe de Rocher (nAroc) et les gneiss dioritiques à tonalitiques de la Suite de Chensagi (nAcng) dans la région du lac Rocher (feuillet SNRC 32K09).
Province géologique :Province du Supérieur
Subdivision géologique :Sous-province d’Opatica
Lithologie :Roches intrusives ultramafiques à mafiques
Type d’unité :Lithodémique
Rang :Lithodème
Statut :Formel
Usage :Actif

 

 

Historique

L’Intrusion de Rocher a d’abord désigné une unité intrusive informelle de roches ultramafiques à mafiques décrite par Bandyayera et Sharma (2001). Ces travaux suivaient la découverte en 1997 de la minéralisation en Ni-Cu du lac Rocher par la compagnie Nuinsco Resources. Leclerc et Caron-Côté (2017) ont formalisé ce lithodème et l’ont intégré à la Suite intrusive de Rocher-Quénonisca qui comprend également l’Intrusion de Whitefish, laquelle est dominée par des gabbros pourpres et des monzonites.

 

Description

L’Intrusion de Rocher est un corps de forme ovoïde d’environ 1 km de long (axe E-W) pour 600 m de large. Elle est divisée en quatre unités : le gabbro pourpre (nAlrc1), la pyroxénite (nAlrc2), la péridotite (nAlrc3) et la péridotite à plagioclase (nAlrc3a).

Les descriptions de cette unité proviennent principalement des observations mégascopiques et microscopiques effectuées sur les carottes de forages de la compagnie Nuinsco Resources. Ces sondages avaient pour but d’évaluer le gisement de Ni-Cu ± EGP du lac Rocher. Les roches intrusives mafiques et ultramafiques sont peu ou pas déformées et les structures primaires sont préservées. Les minéraux primaires pseudomorphisés sont généralement identifiables. Tous les minéraux ferromagnésiens sont hydratés et remplacés par l’amphibole (trémolite-actinote), la chlorite et l’épidote. L’olivine est principalement remplacée par la serpentine, le talc et la magnétite. Le plagioclase est partiellement altéré en séricite ± épidote.

Intrusion de Rocher 1 (nAlrc1) : Gabbro pourpre

L’unité gabbroïque occupe la zone marginale de l’intrusion. Elle est moyennement à grossièrement grenue et mésocrate avec une structure subophitique. Le gabbro est composé de clinopyroxène remplacé par la trémolite-actinote, de plagioclase de couleur pourpre fortement séricitisé et épidotisé et de 2 à 3 % de titanite. L’amphibole apparaît en agrégats de cristaux vert pâle généralement allongés, rarement tabulaires. Ce minéral est partiellement ou complètement remplacé par l’assemblage chlorite ± épidote ± séricite ± muscovite. Le gabbro comprend aussi près de 4 % de biotite primaire dans les espaces interstitiels. L’unité n’est généralement pas minéralisée, sauf la partie basale où l’on note une certaine quantité de sulfures disséminés (jusqu’à 10 % de sulfures).

Intrusion de Rocher 2 (nAlrc2) : Pyroxénite

La pyroxénite (webstérite) de l’unité nAlrc2 occupe le centre et l’ouest de l’intrusion. La roche noir verdâtre est moyennement à grossièrement grenue et équigranulaire. Les pyroxènes constituent les phases cumulus et le plagioclase la phase intercumulus. En lames minces, l’assemblage métamorphique observé est composé de trémolite-actinote, de chlorite, d’épidote, de séricite et de carbonate. Par endroits, les minéraux primaires sont préservés : clinopyroxène, orthopyroxène, plagioclase ± olivine ± titanite ± apatite ± zircon ± quartz. La pyroxénite est interstratifiée avec de minces niveaux de gabbro et de norite; le tout est injecté par des dykes granitiques tardifs. Cette unité est l’hôte de la minéralisation en Ni-Cu ± EGP. Les affleurements en surface montrent des amas de sulfures disséminés composés de pyrite, de chalcopyrite, de pyrrhotite et de pentlandite.

Intrusion de Rocher 3 (nAlrc3) : Péridotite

La péridotite (nAlrc3) occupe la portion est de l’intrusion. Il s’agit d’une lherzolite composée d’olivine, d’orthopyroxène, de clinopyroxène, de plagioclase, de traces de biotite, de phlogopite et de sulfures interstitiels. Les minéraux secondaires comprennent l’amphibole, la chlorite, la serpentine et la magnétite. L’olivine est une phase cumulus et inclut parfois des grains de spinelle brun. L’orthopyroxène, le clinopyroxène, le plagioclase et la phlogopite occupent les espaces interstitiels (phases intercumulus).

La péridotite (lherzolite) à plagioclase (nAlrc3a) occupe localement la zone marginale au sud-est et au nord de l’intrusion. Elle est composée d’olivine, d’orthopyroxène, de clinopyroxène, de biotite, de plagioclase, de magnétite, de chromite et de traces de sulfures. L’olivine serpentinisée contient de petits grains de chromite. Le plagioclase apparaît en position intercumulus.

 

 

 

Épaisseur et distribution

Les données de forages de Nuinsco Resources indiquent que l’Intrusion de Rocher forme un corps ovoïde d’environ 1 km de long selon un axe E-W et 600 m de large selon un axe N-S. Son pendage est de 50° et sa profondeur maximale de 500 m. Cette intrusion coupe les paragneiss du Complexe de Rocher et les gneiss dioritiques à tonalitiques de la Suite de Chensagi à la bordure ouest du Massif de Nipukatasi (est du lac Rocher, feuillet SNRC 32K09).

Datation

L’analyse d’un échantillon de gabbro moucheté et massif à structure granophyrique provenant du forage LR99-05 a permis d’obtenir un âge de cristallisation (TIMS, U-Pb sur zircons) de 2703 +7/-4 Ma (Bandyayera et Sharma, 2001). Bandyayera et Sharma (2001) interprètent cette intrusion comme tarditectonique.
 

Système isotopiqueMinéralÂge de cristallisation (Ma)(+)(-)Référence(s)
U-PbZircon270374Bandyayera et Sharma, 2001

 

Relation(s) stratigraphique(s)

L’Intrusion de Rocher coupe les paragneiss du Complexe de Rocher et les gneiss dioritiques à tonalitiques de la Suite de Chensagi. Elle est coupée par des dykes de granite tardifs dont la composition s’apparente à celle du Massif de Nipukatasi.

Paléontologie

Ne s’applique pas

Références

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)
BANDYAYERA, D. – SHARMA, K.N.M.Minéralisations en Ni-Cu±ÉGP dans la bande volcano-sédimentaire de Frotet-Evans (SNRC 32K). Ministère des Ressources naturelles, Québec; MB 2001-06, 74 pages.2001MB 2001-06
LECLERC, F. – CARON-CÔTÉ, E.Géologie de la région du lac Amisquioumisca. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec.2017Bulletin géologiQUE

 

 

15 septembre 2017