Suite plutonique de Rodez
Étiquette stratigraphique : [mpro]rdz
Symbole cartographique : mPrdz

Première publication :  
Dernière modification :

 

 

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
mPrdz2 Anorthosite, leuconorite, mangérite, charnockite, gabbronorite et roches mafiques à ultramafiques à oxydes de Fe-Ti-P±V, quantités mineures de jotunite et de diorite quartzifère
mPrdz1 Syénite quartzifère porphyrique, gabbronorite, charnockite, enclaves de paragneiss, le tout coupé par des dykes de pegmatite granitique
 
Auteur :
Moukhsil et Daoudene, 2019
Âge :
Mésoprotérozoïque
Stratotype :
Affleurements de référence situés dans la région du lac Rodez (18-AM-24 pour mPdrz1 et 18-YD-2054 pour mPdrz2)
Région type :
Feuillet SNRC 32A01
Province géologique :
Subdivision géologique :
Lithologie :

 Roches intrusives felsiques, intermédiaires et mafiques

Type :
Lithodémique
Rang :
Suite
Statut :Formel
Usage :Actif

Historique

La Suite plutonique de Rodez a été définie par Moukhsil et Daoudene (2019) lors des travaux de cartographie du secteur du lac des Commissaires, dans la région au SW du lac Saint-Jean.

Description

La Suite plutonique de Rodez est principalement formée d’un batholite auquel s’ajoutent quelques intrusions satellitaires éparses de roches syénitiques, anorthositiques, leuconoritiques et mangéritiques. La Suite plutonique de Rodez est l’hôte d’une minéralisation associée à un encaissant mafique à ultramafique enrichi en oxydes de fer et de titane, avec des traces de vanadium et de phosphore. Elle est subdivisée en deux unités, soit mPrdz1 et mPrdz2, toutes deux cartographiables à l’échelle 1/50 000. Ces unités se distinguent bien l’une de l’autre sur les cartes aéromagnétiques (Intissar et Benahmed, 2015). 

La Suite plutonique de Rodez 1 (mPrdz1) : Syénite quartzifère porphyrique, granite à feldspath alcalin, syénogranite, gabbronorite, charnockite, enclaves de paragneiss, le tout coupé par des dykes de pegmatite granitique

La syénite quartzifère est magnétique, de teinte brun-blanc en patine d’altération et généralement verdâtre en surface fraiche. Elle est généralement porphyrique, voire localement mégacristique en phénocristaux de feldspath potassique et de plagioclase. La taille des phénocristaux varie de 1 à 5 cm et peut constituer jusqu’à 35 % de la roche. Ceux-ci atteignent plus rarement 7 cm de longueur. Le feldspath potassique est perthitique alors que le plagioclase est moins altéré et présente localement quelques fractures remplies de mica blanc. Le quartz se présente en grosses plages et ne montre aucune évidence de déformation. La myrmékite peut être localement observée. La syénite quartzifère ne contient pas plus de 3 % de minéraux ferromagnésiens tels que l’orthopyroxène, le clinopyroxène et plus rarement la biotite. Les minéraux ferromagnésiens sont regroupés en amas dans la roche et des minéraux accessoires comme l’apatite et le zircon y sont fréquemment associés. Sur le terrain, la proportion de quartz varie de 15 à 35 %. La syénite évolue latéralement vers un granite à feldspath alcalin rosâtre en surface fraiche. Ce dernier est à grain grossier à porphyrique à phénocristaux de feldspath potassique perthitique, avec moins de 2 % de minéraux ferromagnésiens (biotite, hornblende, traces d’orthopyroxène). Dans le granite à feldspath alcalin, le quartz forme de grosses plages sans orientation préférentielle et est marqué par une extinction roulante peu prononcée. Le syénogranite présente la même structure et la même minéralogie que le granite à feldspath alcalin, à l’exception qu’il contient plus de plagioclase.
 
La gabbronorite est très magnétique, à grain grossier et massive. Elle contient du plagioclase en bâtonnet, de la biotite, de l’orthopyroxène, du clinopyroxène et de la hornblende. Les phases minérales accessoires sont l’apatite, le zircon et la titanite. Au microscope, la titanite se présente en inclusion dans l’orthopyroxène, alors que l’apatite forme plutôt de petites inclusions dans la hornblende. Bien que les cristaux de clinopyroxène ne semblent pas altérés, ceux d’orthopyroxène montrent une altération en iddingsite s’étant développée principalement le long des plans de clivage. Les cristaux d’orthopyroxène montrent aussi par endroits une bordure d’amphibole. La biotite forme des feuillets isolés ou en amas avec d’autres minéraux ferromagnésiens. La charnockite est surtout cartographiée dans la bordure de l’unité mPrdz1. Elle est foliée, à grain grossier à porphyrique et magnétique. Au microscope, les phénocristaux de plagioclase se présentent en gros grains, généralement séricitisés, alors que ceux de feldspath potassique sont légèrement perthitiques et que le quartz forme de grosses plages à extinction roulante. Les minéraux ferromagnésiens sont la biotite, la hornblende et l’orthopyroxène. L’apatite, l’épidote et le zircon constituent des phases minérales accessoires.
 
Des enclaves centimétriques à métriques de paragneiss migmatitisé (Complexe de Wabash) sont localement présentes dans cette unité. Celle-ci est coupée par des dykes de pegmatite de composition granitique à syénitique contenant localement de gros cristaux de magnétite.  

La Suite plutonique de Rodez 2 (mPrdz2) : Anorthosite, leuconorite, mangérite, charnockite, gabbronorite, roches mafiques à ultramafiques à oxydes de Fe-Ti-P±V, quantités mineures de jotunite et de diorite quartzifère

L’anorthosite est de teinte blanchâtre à noirâtre. Elle est porphyrique à mégacristique à phénocristaux tabulaires de plagioclase, dont la longueur varie de 2 à 8 cm. L’anorthosite contient de 1 à 10 % de minéraux ferromagnésiens, principalement de l’orthopyroxène et du clinopyroxène, et plus rarement de la biotite. Au microscope, l’altération du plagioclase est visible par la présence d’un fin liseré parallèle aux macles polysynthétiques et composé d’un assemblage de mica blanc et de carbonate. D’un affleurement à l’autre, l’anorthosite contient des quantités variables et généralement faibles de porphyroblastes centimétriques de grenat à inclusions de minéraux opaques. L’anorthosite montre fréquemment une structure massive, par endroits foliée à proximité de zones de déformation. Localement, les grains de plagioclase de l’anorthosite sont recristallisés et forment de petits grains blanchâtres associés aux minéraux ferromagnésiens regroupés en amas, ce qui confère à la roche un aspect « léopard ». Dans l’anorthosite, l’hypersthène est localement coronitique avec une bordure millimétrique composée de hornblende verte et d’une quantité moindre d’épidote. La leuconorite est de teinte gris-noir. Elle est porphyrique à phénocristaux de plagioclase et contient jusqu’à 25 % de minéraux ferromagnésiens (orthopyroxène et une quantité moindre de clinopyroxène).
La mangérite est de teinte brunâtre à blanchâtre en patine d’altération et verdâtre en surface fraiche. Elle est porphyrique à phénocristaux de feldspath potassique et plagioclase qui peuvent former jusqu’à 25 % de la roche et atteindre 4 cm de longueur. Elle est composée de quartz, d’orthopyroxène, d’amphibole, de biotite, de magnétite, d’apatite et de zircon. Le feldspath potassique est localement perthitique et peut contenir du plagioclase en inclusion. Le quartz se présente en grosses plages à extinction roulante et forme, par endroits,  des intercroissances vermiculées avec le plagioclase (myrmékites). L’orthopyroxène se caractérise par de petits cristaux circulaires associés à la biotite et à l’amphibole.
 
La charnockite est brunâtre en surface altérée et grisâtre à rosâtre en surface fraiche. Elle est à grain grossier, hétérogranulaire, homogène et foliée. Au microscope, elle présente du feldspath potassique perthitique, du plagioclase et du quartz en grosses plages à extinction roulante. Les minéraux ferromagnésiens sont regroupés en amas constitués surtout de biotite, de hornblende verte et, en moindre abondance, d’orthopyroxène complètement ouralitisé. Les phases minérales accessoires sont représentées par de l’apatite en inclusion dans la biotite et le zircon. La charnockite est injectée par des dykes de syénite et de syénogranite.
 
La gabbronorite est associée à des roches mafiques à ultramafiques à oxydes de Fe-Ti-P ± V et la transition entre ces roches est difficile à observer. En  affleurement, les roches à oxydes montrent une variation en minéraux oxydés de 65 à 95 % et possèdent une forte susceptibilité magnétique. La roche qui présente moins de 90 % d’oxydes est une gabbronorite à oxyde de Fe-Ti-P (OAGN = Oxyde-Apatite Gabbronorite, acronyme proposé par Owens et Dymek, 1992). En plus des oxydes, la gabbronorite contient de l’apatite. En revanche, quand la proportion en oxydes est supérieure à 90 %, il s’agit de roches mafiques à ultramafiques avec moins de 5 % de plagioclase et d’orthopyroxène. Dans ces lithologies, la proportion en apatite (en baguette d’environ 5 mm) varie de 6 à 13 % et peut atteindre 15 %. Ces roches sont l’hôte d’une zone minéralisée en Fe-Ti-P ± V, dont la minéralisation consiste en magnétite (vanadifère), hémo-ilménite et apatite (indice Projet EP). La gabbronorite avec moins de 5 % d’oxydes de Fe-Ti montre une structure subophitique avec 3 % de magnétite en grains millimétriques, 2 % d’hémo-ilménite, de gros cristaux d’orthopyroxène enchevêtrés avec du clinopyroxène et de longs bâtonnets de plagioclase. La jotunite (monzodiorite à hypersthène) est à grain grossier à porphyrique et massive. Elle est constituée d’orthopyroxène, de clinopyroxène, d’épidote et du grenat en trace. Au microscope, l’orthopyroxène contient des intercroissances lamellaires de clinopyroxène donnant aux grains une microstructure squelettique. La déformation des grains de plagioclase est soulignée par l’extinction ondulante des macles polysynthétiques qui se terminent souvent en biseau. Les minéraux accessoires sont l’épidote, l’apatite, la pyrite, la pyrrhotite et la magnétite.  
 
La diorite quartzifère est un faciès mineur dans cette unité. Elle est à grain très fin à fin, très déformée et cisaillée. Cette roche se présente également sous la forme d’enclaves millimétriques à métriques dans l’anorthosite à plagioclase recristallisé. La diorite quartzifère contient du clinopyroxène, de l’orthopyroxène, du plagioclase, de la biotite, une quantité moindre d’apatite ainsi que des minéraux opaques, dont de la magnétite.

Épaisseur et distribution

Le batholite principal de la Suite plutonique de Rodez est de forme elliptique en surface avec un diamètre maximal d’orientation NW-SE. Ce batholite occupe une superficie d’environ 232 km2. La Suite plutonique de Rodez comprend également un petit pluton satellite de 10,5 km2 dont l’orientation est comparable au premier.

Datation

Aucune.

Relation(s) stratigraphique(s)

La Suite plutonique de Rodez est injectée dans les complexes de Wabash et de Barrois, en plus d’être en contact avec la Mangérite de Jobber

Paléontologie

Ne s’applique pas. 

Références

Publications accessibles dans Sigéom Examine

INTISSAR, R., BENAHMED, S. 2015. LEVE MAGNETIQUE AEROPORTE DANS LE SECTEUR OUEST DU LAC-ST-JEAN, PROVINCE DE GRENVILLE. MERN, GOLDAK AIRBORNE SURVEYS. DP 2015-06, 7 pages et 2 plans.

MOUKHSIL, A., DAOUDENE, Y. 2019. Géologie de la région du lac des Commissaires, Province de Grenville, région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Québec, Canada. MERN. BG 2019-01.

Autres publications

OWENS, B. E., DYMEK, R. F. 1992. Fe-Ti-P-Rich rocks and massif anorthosite: problems of interpretation illustrated from the Labrieville and St-Urbain plutons, Québec. Canadian Mineralogist, volume 30, pages 163-190.

14 juin 2019