Suite plutonique de Marianne
Étiquette stratigraphique : [mpro]mae
Symbole cartographique : mPmae

Première publication :  
Dernière modification :

 

 

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
Aucune
Auteur :
Moukhsil et Daoudene, 2019
Âge :
Mésoprotérozoïque 
Stratotype :
Affleurements de référence 18-AM-220, situé à environ 1,5 km au nord du lac du Mulot (au nord du feuillet SNRC 32A02), et 18-AM-221, localisé à 560 m NW du lac Renard (au sud du feuillet SNRC 32A07)
Région type :
Région du lac Marianne (feuillet SNRC 32A02)
Province géologique :
Subdivision géologique :
Lithologie :Roches intrusives intermédiaires, felsiques et mafiques
Type :
Lithodémique
Rang :
Suite
Statut :Formel
Usage :Actif

 

Historique

La Suite plutonique de Marianne a été définie par Moukhsil et Daoudene (2019) lors des travaux de cartographie du secteur du lac des Commissaires, dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean (feuillets SNRC 32A02 et 32A07).

Description

La Suite plutonique de Marianne est constituée principalement d’un large batholite polyphasé constitué de mangérite, de syénite à orthopyroxène, de gabbronorite, de gabbronorite migmatitisée, de monzodiorite quartzifère, et de quantités mineures de granite à feldspath alcalin, de jotunite, de diorite à hypersthène, de charnockite et de gneiss granitique. La Suite plutonique de Marianne est l’hôte d’enclaves ou de lambeaux décamétriques à kilométriques de roches métasédimentaires attribuées au Complexe de Wabash. Les différents faciès de la suite affleurent ici et là dans l’intrusion et ne peuvent être regroupés en plusieurs unités distinctes à l’échelle 1/50 000. Cette suite est très magnétique et est facile à délimiter à partir des cartes aéromagnétiques (Intissar et Benahmed, 2015). L’interprétation de ces cartes, jumelée à la trajectoire de la fabrique planaire principale, semble indiquer que la Suite plutonique de Marianne a subi plusieurs phases de plissement.

La mangérite est blanchâtre en patine d’altération, verdâtre en surface fraiche, magnétique, à grain fin, moyen ou grossier et également porphyrique à phénocristaux de feldspath potassique (localement perthitique) et de plagioclase variablement altérés en mica blanc. Les phénocristaux peuvent représenter jusqu’à 30 % de la roche; ils mesurent de 1 à 4 cm de longueur en moyenne. La mangérite contient 4 à 20 % de quartz qui se présente en gros cristaux à extinction roulante de 1 à 2 cm. La mangérite contient aussi de gros cristaux d’orthopyroxène associés à l’amphibole et au clinopyroxène. Lorsque concentrés en amas, ces minéraux ferromagnésiens sont associés à des minéraux opaques, dont de la magnétite. Les minéraux accessoires observés au microscope dans la mangérite sont l’apatite, l’épidote et le zircon. Généralement, la mangérite est massive; par endroits, elle est affectée par une foliation qui est davantage exprimée dans le faciès à grain fin à moyen (p. ex. sur l’affleurement 18-YD-2166). Ce faciès contient plus d’amphibole que les faciès porphyriques et l’orthopyroxène y est généralement plus altéré en iddingsite.

En se basant sur la couleur en surface fraiche, deux faciès de syénite sont cartographiés dans la Suite plutonique de Marianne. Un de ces faciès présente une surface fraiche rose, alors que celle de l’autre est grise. Puisque les deux faciès sont comagmatiques et cogénétiques, ils sont trop entremêlés à petite échelle et, par conséquent, ne peuvent pas être séparés cartographiquement. En effet, des enclaves ou des injections de l’un des faciès sont visibles dans l’autre. La syénite grise est à grain fin, localement porphyrique à phénocristaux de feldspath potassique. Elle est riche en biotite (10 à 15 %) et contient environ 2 % de gros cristaux d’orthopyroxène (<1 cm) et 5 à 10 % de clinopyroxène. Le feldspath potassique (40 %) est perthitique, le plagioclase (15 %) est moins altéré et contient des inclusions en paillettes de biotite, tandis que le quartz (2 à 5 % de la roche) se présente en grosses plages à l’extinction ondulante peu prononcée. L’apatite, le zircon et les carbonates constituent des phases minérales accessoires (<3 %).

La syénite rose est à grain grossier, localement porphyrique en feldspath potassique perthitique (microcline) et foliée. Elle possède la même minéralogie que le faciès gris, mais elle contient plus d’orthopyroxène (4 %) et de feldspath potassique (45 %) et moins de biotite (<5 %). La roche contient de la hornblende (<10 %), de l’épidote en gros cristaux automorphes (<1 %) et des minéraux opaques (pyrite, pyrrhotite, magnétite). Au microscope, le cœur des amphiboles contient de l’orthopyroxène vert pâle. Des baguettes d’apatite sont disséminées dans la matrice de la syénite rose.

La gabbronorite est gris-noir en patine d’altération et noir verdâtre en surface fraiche. Elle est à grain moyen à grossier, homogène, hétérogranulaire, localement massive et à structure ophitique à subophitique. Au microscope, l’orthopyroxène forme de petits cristaux automorphes, alors que le clinopyroxène se présente en amas de petits grains millimétriques disposés entre les bâtonnets de plagioclase. Ces minéraux ferromagnésiens sont associés à de petites paillettes de biotite rougeâtre (<1 %). Des minéraux opaques et de l’apatite sont régulièrement observés dans la gabbronorite. Cette dernière est localement migmatitisée à différents degrés et le mobilisat de composition tonalitique est concordant et/ou discordant à la foliation de la roche. La gabbronorite migmatitique est à grain moyen, gris-vert en patine d’altération et noir-vert en surface fraiche. Le plagioclase se présente en grains altérés en mica blanc et l’amphibole forme de gros cristaux verdâtres. La gabbronorite migmatitique contient de l’hémo-ilménite et de l’apatite. 

La monzodiorite quartzifère possède une patine d’altération grisâtre et une surface fraiche gris-vert. Elle est généralement de granulométrie moyenne et contient des enclaves millimétriques à centimétriques de diorite à grain fin. La monzodiorite se compose de quartz à l’extinction ondulante peu prononcée (8 à 18 %), de plagioclase dont les fractures sont remplies par du mica blanc, de minéraux ferromagnésiens (orthopyroxène, clinopyroxène, hornblende verte, biotite) dont la disposition en amas allongés souligne la foliation, ainsi que de minéraux accessoires tels que l’apatite, le zircon et l’épidote. Au microscope, les grains d’orthopyroxène présentent une couronne de hornblende verte et sont marqués par un minéral d’altération de couleur jaunâtre à rougeâtre (iddingsite). La jotunite (monzodiorite à hypersthène) ressemble en tout point à la monzodiorite quartzifère, à l’exception que la première contient de l’hypersthène dans une proportion de 7 % de la roche. La monzonite à hypersthène est beige-rose en patine d’altération et rose saumon en surface fraiche. Elle contient du feldspath potassique, du plagioclase, de la biotite et de la hornblende.

La diorite à hypersthène est brun-noir en patine d’altération et gris-noir en surface fraiche. Elle est à grain fin à moyen, foliée et localement migmatitique à mobilisat tonalitique. Elle est constituée de plagioclase, d’orthopyroxène, de clinopyroxène, de biotite, de minéraux opaques et d’apatite en minéral accessoire.

 

Le granite à feldspath alcalin est brun-rose en patine d’altération et rosâtre en surface fraiche. Il est à grain grossier, à localement porphyrique à phénocristaux de feldspath potassique perthitique (40 %). Le granite à feldspath alcalin se compose de 25 à 35 % de quartz, d’environ 10 % de plagioclase, de 3 % d’orthopyroxène altéré en iddingsite, de 3 % de biotite et de 2 à 4 % de hornblende verte. Sur le terrain, la composition minéralogique du granite évolue facilement vers celle d’une mangérite d’un affleurement à l’autre en raison des variations relatives en quartz et en feldspath. Le granite contient aussi de la myrmékite et des phases minérales accessoires, dont les opaques, l’apatite, l’épidote et le zircon.

La charnockite est brun-rose en patine d’altération et rose-gris en surface fraiche. Elle est à grain moyen à grossier, homogène, hétérogranulaire et foliée. Elle contient environ 30 % de feldspath potassique perthitique, 25 % de plagioclase très altéré en mica blanc et 30 à 35 % de quartz en grosses plages à l’extinction roulante peu développée. Les minéraux ferromagnésiens sont l’orthopyroxène (1 %), la hornblende verte (1 %) et la biotite (3 %). De la myrmékite et des phases minérales accessoires, dont l’apatite, l’épidote, le zircon et des opaques (magnétite), représentent 3 % de la roche. Des traces de carbonate sont associées à la hornblende.

Le gneiss granitique est gris-rose en surfaces fraiche et altérée. Il est marqué par un rubanement qui se traduit par une alternance de niveaux gris et de niveaux roses, respectivement riches en minéraux ferromagnésiens (biotite et hornblende) et en feldspath potassique. Il semble difficile d’attribuer une origine à ce gneiss granitique. Toutefois, il pourrait s’agir d’un faciès métasédimentaire injecté par des dykes de composition granitique, le tout ayant été fortement transposé à la suite d’une ou de plusieurs phases de déformation intense. En effet, plusieurs enclaves ou lambeaux décamétriques à kilométriques de roches métasédimentaires attribuées au Complexe de Wabash ou au Complexe de Barrois sont observés dans la suite.

Épaisseur et distribution

La Suite plutonique de Marianne affleure dans les feuillets 32A02 et 32A07. En carte, elle forme principalement un large batholite ovoïde d’une superficie d’environ 250 km2 et dont le grand axe est orienté NW-SE. Au sud du batholite, trois petites intrusions lenticulaires d’une superficie allant de 1,6 à 5 km2 sont rattachées à la suite.

Datation

Aucune.

Relation(s) stratigraphique(s)

La Suite plutonique de Marianne est injectée à l’ouest dans la Suite plutonique de Bardeau, au sud et à l’est dans les paragneiss du Complexe de Wabash et au nord dans les paragneiss du Complexe de Barrois. La partie nord de l’intrusion contient des lambeaux de paragneiss du Complexe de Barrois, alors qu’au sud elle contient plusieurs enclaves et lambeaux de paragneiss à biotite et migmatitique du Complexe de Wabash.

Paléontologie

Ne s’applique pas. 

Références

Publications accessibles dans Sigéom Examin

INTISSAR, R., BENAHMED, S. 2015. LEVE MAGNETIQUE AEROPORTE DANS LE SECTEUR OUEST DU LAC-ST-JEAN, PROVINCE DE GRENVILLE. MERN, GOLDAK AIRBORNE SURVEYS. DP 2015-06, 7 pages et 2 plans.

MOUKHSIL, A., DAOUDENE, Y. 2019. Géologie de la région du lac des Commissaires, Province de Grenville, région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Québec, Canada. MERN. BG 2019-01.

 

14 juin 2019