English
 
Suite de Saint-Thomas-Didyme
Étiquette stratigraphique : [mpro]std
Symbole cartographique : mPstd
 

Première publication :  
Dernière modification : 
Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
mPstd2 Mangérite, gabbronorite, charnockite, granite à feldspath alcalin, diorite quartzifère
mPstd1 Syénite quartzifère, syénite à hypersthène, granite à feldspath alcalin, localement gabbronorite
 
Auteur(s) :
Moukhsil et El Bourki, 2020
Âge :
Mésoprotérozoïque 
Stratotype :
Carrière de Saint-Thomas-Didyme (localité type). Affleurement de référence 19-AM-186
Région type :
Région du village de Saint-Thomas-Didyme (partie centrale du feuillet SNRC 32A15)
Province géologique :
Subdivision géologique :
Lithologie : Roches intrusives felsiques, intermédiaires et mafiques
Catégorie :
Lithodémique
Rang :
Suite
Statut : Formel
Usage : Actif

Historique

La Suite de Saint-Thomas-Didyme a été définie par Moukhsil et El Bourki (2020) lors des travaux de cartographie géologique du secteur de Normandin–Saint-Félicien–Roberval, dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean (feuillets 32A09, 32A10, 32A15 et 32A16).

Description

La Suite de Saint-Thomas-Didyme correspond à un batholite polyphasé constitué de syénite quartzifère avec ou sans hypersthène, de granite à feldspath alcalin, de charnockite et de proportions moindres de gabbronorite et de diorite quartzifère. Elle est subdivisée en deux unités informelles : mPstd1 et mPstd2. De puissance kilométrique, ces unités sont généralement très magnétiques et facilement identifiables sur les cartes aéromagnétiques (Intissar et Benahmed, 2015).

Suite de Saint-Thomas-Didyme 1 (mPstd1) : Syénite quartzifère, syénite à hypersthène, granite à feldspath alcalin, localement gabbronorite

La syénite quartzifère est rose en surface fraîche et blanchâtre en patine d’altération. Elle est communément porphyrique à phénocristaux de feldspath potassique, lequel est généralement perthitique. La roche est foliée et constituée de larges plages de quartz, de plagioclase localement séricitisé, de hornblende verte en amas orientés selon la foliation, de minéraux opaques (magnétite) et de minéraux accessoires tels que l’apatite et le zircon. La syénite quartzifère contient des enclaves de taille centimétrique de granite à feldspath alcalin. La syénite à hypersthène est de même composition que la syénite quartzifère, hormis un contenu en orthopyroxène variant de 4 à 6 %.

Le granite à feldspath alcalin est rosé en surface fraîche et en patine d’altération. La roche est foliée, à grain grossier, isogranulaire ou porphyrique à phénocristaux de feldspath potassique (1 à 3 cm de longueur, localement jusqu’à 5 cm), lequel est généralement perthitique. Au microscope, le granite contient du quartz en grandes plages polygonales et présente des sous-grains. La hornblende verte forme des amas avec la magnétite et la biotite. L’apatite et le zircon constituent les phases accessoires. Localement, un faciès gabbronoritique est observé et sa relation avec les autres faciès n’est pas toujours bien définie. La gabbronorite, gris-noir en surfaces fraîche et altérée, contient du plagioclase, du pyroxène, de la biotite et de la magnétite. Elle est à grain fin à moyen et généralement observée sous forme de boudins centimétriques à métriques.

Suite de Saint-Thomas-Didyme 2 (mPstd2) : Mangérite, gabbronorite, charnockite, granite à feldspath alcalin, diorite quartzifère

La mangérite est généralement blanchâtre en surface altérée et verdâtre, par endroits rosâtre, en cassure fraîche. Elle est caractérisée par une structure porphyrique à phénocristaux de feldspath potassique (15 à 20 %, 1 à 3 cm de longueur) généralement perthitique et de plagioclase moyennement à fortement séricitisé. Ces feldspaths baignent dans une matrice à grain moyen à grossier composée de quartz en grandes plages et à extinction ondulante, de hornblende verte, de biotite, d’orthopyroxène, de traces de clinopyroxène et de magnétite. La hornblende, la biotite et la magnétite forment des amas de grains soulignant la foliation. L’apatite et le zircon constituent les phases accessoires. Le contenu en quartz et en feldspath est variable; aussi, la lithologie oscille entre la syénite quartzifère et la mangérite.

La gabbronorite est généralement gris-noir et localement verdâtre en surfaces fraîche et altérée. La roche est à grain fin à grossier et à structure ophitique par endroits. Au microscope, la gabbronorite est constituée de plagioclase à larges macles polysynthétiques, de gros cristaux de hornblende verte, d’orthopyroxène, de clinopyroxène, de magnétite et d’une proportion moindre d’apatite. La hornblende verte est plus abondante que le pyroxène. En affleurement, la gabbronorite apparaît comme la lithologie principale, ou sous forme de boudins centimétriques à métriques.

La charnockite, gris-blanc en surface fraîche, gris-blanc à gris-brun (rouille) en patine d’altération, est à grain moyen à grossier et granoblastique. Au microscope, elle est constituée de quartz à extinction roulante, d’orthopyroxène localement altéré (iddingsite?) et ouralitisé (hornblende verte), de feldspath potassique partiellement perthitique, de plagioclase, de magnétite, de traces de biotite. Les phases accessoires sont l’apatite, la titanite et le zircon. La structure myrmékitique est commune. Localement, la charnockite présente une déformation importante, s’exprimant par un plissement de la foliation et un début d’une crénulation de celle-ci.

Le granite à feldspath alcalin est gris-rose en surface fraîche et brunâtre en patine d’altération. La roche est foliée, à grain grossier, localement hématitisée et à structure porphyrique ou porphyroclastique à phénocristaux de feldspath potassique (microcline) perthitique de 1 à 2 cm de longueur en moyenne. Au microscope, le granite à feldspath alcalin contient du quartz en grandes plages polygonales, du plagioclase très altéré en séricite, de la magnétite, des traces d’amphibole, du clinopyroxène et de la biotite chloritisée. Cette dernière contient des inclusions de rutile en aiguilles dans le plan de clivage des chlorites. L’apatite et le zircon constituent les phases accessoires.

La diorite quartzifère est gris-noir en surface fraîche et gris-blanc en patine d’altération. Elle est à grain moyen à grossier et contient de larges cristaux de plagioclase (70 %), localement à antiperthite (<1 %), de larges plages de quartz (10 %), de l’hypersthène (3 à 6 %), du clinopyroxène (<2 %), de la magnétite (8 %), de la hornblende verte (2 à 8 %) et de la biotite (<1 %). La présence de plus de 5 % d’hypersthène permet de classer cette roche dans la famille des diorites à hypersthène.

Épaisseur et distribution

La Suite de Saint-Thomas-Didyme affleure majoritairement dans le feuillet 32A15, sous la forme d’une grande intrusion allongée N-S, et dont la superficie atteint ~330 km2.

Datation

Aucune.

Relation(s) stratigraphique(s)

Sur le terrain, la Suite de Saint-Thomas-Didyme est injectée dans la Suite intrusive de Sainte-Hedwidge et en contact faillé. Elle contient des enclaves métriques du Complexe de Barrois, en plus d’être injectée par plusieurs dykes de pegmatite granitique.

 

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Publications accessibles dans SIGÉOM Examine

INTISSAR, R., BENAHMED, S. 2015. LEVE MAGNETIQUE AEROPORTE DANS LE SECTEUR OUEST DU LAC-ST-JEAN, PROVINCE DE GRENVILLE. MERN, GOLDAK AIRBORNE SURVEYS. DP 2015-06, 7 pages, 2 plans.

MOUKHSIL, A., EL BOURKI, M. 2020. Géologie de la région de Normandin, Province de Grenville, région du Saguenay – Lac-Saint-Jean, Québec, Canada. MERN. BG 2020-01, 1 plan.

Citation suggérée de cette fiche stratigraphique

Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN). Suite de Saint-Thomas-Didyme. Lexique stratigraphique du Québec. http://gq.mines.gouv.qc.ca/lexique-stratigraphique/province-de-Grenville/suite-de-saint-thomas-didyme [cité le jour mois année].

Collaborateurs

Première publication

Abdelali Moukhsil, géo., Ph. D. abdelali.moukhsil@mern.gouv.qc.ca; Mhamed El Bourki, géo. stag., M. Sc. mhamed.elbourki@mern.gouv.qc.ca (rédaction)

Mehdi A. Guemache, géo., Ph. D. (coordination); Fabien Solgadi, géo., Ph. D. (lecture critique); Simon Auclair, géo., M. Sc. (révision linguistique); Céline Dupuis, géo., Ph. D. (version anglaise); Ricardo Escobar Moran (montage HTML). 

23 octobre 2020