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Suite de Rivière-à-Pierre
Étiquette stratigraphique : [mpro]prr
Symbole cartographique : mPprr

Première publication:  
Dernière modification:

 

 

 

 

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
mPprr2 Granite, monzonite, monzogranite, monzodiorite, granodiorite, mangérite, syénite
mPprr1 Granite et monzonite porphyroïdes ± hypersthène
 
Auteur : Perreault, 1992, 1993
Âge : Précambrien / Protérozoïque / Mésoprotérozoïque
Coupe type :

 

Région type : Régions de Rivière-à-Pierre et de Portneuf (100 km au NW de Québec), Haut-Saint-Maurice (feuillets SNRC 31P et 21M)
Province géologique : Province de Grenville
Subdivision géologique : Allochtone
Lithologie : Roches de type AMCG avec un assemblage de granite et de monzonite
Type d’unité : Lithodémique
Rang : Suite
Statut : Formel
Usage : Actif

 

 

Unité(s) apparentée(s)

Aucune

 

 

Historique

La Suite de Rivière-à-Pierre a été définie dans le feuillet SNRC 31P16 par Perreault (1992, 1993) et a également été reconnue plus au sud dans les feuillets 31P01, 31P02, 31P08, 31P09, 21M04 et 21M05 (Hébert et Nadeau, 1995). Depuis plus de 120 ans, le granite et la monzonite de cette suite sont exploités comme pierre architecturale dans les carrières de la région de la Municipalité de Rivière-à-Pierre. Pour Perreault (1993), la suite est constituée d’un faciès mafique (surtout dans le feuillet 31P08) et d’un faciès felsique. La compilation des cartes géologiques de Perreault (1992), de Nadeau et al. (1995) et de Hébert et Dufour (2004) dans le Système d’information géominière du Québec (SIGÉOM) font état d’un mélange entre les unités de cette suite. Lors de la cartographie des feuillets 21M04 et 21M05, Hébert et Bellemare (2007) ont identifié l’unité mPprr2 comme étant une suite AMCG et l’ont séparée en trois parties : 1) mPprr2a : le monzogranite, la monzonite, le monzodiorite et le granite à grain grossier, surtout verdâtre et généralement folié, qui renferment des phénocristaux de feldspath potassique dans une matrice composée de feldspath potassique, de plagioclase, d’orthopyroxène (hypersthène) et de clinopyroxène. L’hypersthène est, par endroits, partiellement remplacé par la hornblende et la biotite; 2) mPprr2b : la mangérite, le gabbro et la jotunite enrichis en magnétite titanifère et en apatite, et contenant des niveaux ou des enclaves de roches anorthositiques du faciès mPprr2c; et 3) mPprr2c : l’anorthosite et la leuconorite à granulométrie grossière et à plagioclase gris-bleu verdâtre.

Lors de la cartographie de la région du lac Borgia, Moukhsil et Côté (2018) ont observé uniquement l’unité mPprr2 sans les sous-unités.

 

Description

 

Suite de Rivière-à-Pierre 1 (mPprr1) : Granite et monzonite porphyroïdes

Cette unité est constituée de granite et de monzonite à feldspath, localement rapakivi, dont les cristaux dépassent généralement en taille les deux centimètres. En surface altérée, la roche est de couleur blanc craie, ou encore blanche faiblement rosée à jaune rouille. En surface fraîche, elle est principalement verdâtre, rarement gris rosé ou brunâtre. Les phénocristaux de feldspath, généralement arrondis, baignent dans une matrice peu abondante de quartz, de biotite et de hornblende provenant de la rétrogradation de l’hypersthène primaire. Le plagioclase est souvent perthitique à mésoperthitique et les myrmékites sont communes. La monzonite est porphyroïde, de teinte verdâtre et massive à faiblement foliée. Elle est rarement de teinte gris rosé ou brunâtre. Elle contient environ 10 % de biotite et de hornblende, et localement de l’hypersthène (mangérite). Dans les deux faciès de cette unité, les minéraux accessoires (<5 %) sont le zircon, l’allanite, la titanite, la magnétite, l’épidode, l’apatite et rarement la monazite.

Suite de Rivière-à-Pierre 2 (mPprr2) : Granite, monzonite, monzogranite, monzodiorite et quantités mineures de granodiorite, de mangérite et de syénite

L’unité mPprr2 forme une masse ovoïde qui se démarque facilement par sa signature magnétique. Elle est leucocrate, de teinte gris rosé à vert forêt, et contient jusqu’à 10 % de hornblende et de biotite et, localement, de l’orthopyroxène (mangérite). Les roches de cette unité sont généralement non déformées et présentent une texture massive ou légèrement foliée. Des enclaves de paragneiss sont localement observées en bordure de ces masses intrusives. Les enclaves sont caractérisées par l’assemblage métamorphique cordiérite + orthopyroxène + plagioclase + orthose + quartz ± grenat ± biotite.

Le monzogranite est blanc jaunâtre en surface altérée, tandis que la monzonite est plutôt beige. La monzodiorite, quant à elle, est grisâtre et le granite est blanchâtre. En surface fraîche, toutes ces roches sont de couleur verte. Les roches ayant un contenu élevé en quartz ont une teinte vert pâle tandis que celles qui sont appauvries en quartz ont une teinte vert foncé. La granulométrie est variable, allant de grossière à moyenne. On observe couramment de gros phénocristaux isolés de feldspath arrondis ou prismatiques (>1 cm), parfois rapakivi ou antirapakivi, baignant dans une matrice (20 à 40 %) à granulométrie moyenne (0,1 à 0,5 cm). Au microscope, le feldspath est perthitique, mais quelques mésoperthites sont aussi visibles. La roche renferme de l’orthopyroxène (hypersthène) et du clinopyroxène. Par endroits, l’orthopyroxène est partiellement remplacé par la hornblende et la biotite. Des roches de composition dioritique sont localement observées sous forme d’enclaves ou d’unités injectées par les roches felsiques adjacentes. Ces roches dioritiques peuvent contenir jusqu’à 2 % d’apatite.

Dans le secteur du lac Borgia (feuillets SNRC 31P09 et 31P16, Moukhsil et Côté, 2018), les faciès monzonitiques, granitiques et syénitiques ont été cartographiés. Au microscope, la syénite est composée de feldspath potassique, de plagioclase, de quartz, de clinopyroxène, d’amphibole, de titanite, de biotite, de zircon, d’apatite et d’allanite. Les clinopyroxènes sont xénomorphes, très altérés et sont entourés par d’autres minéraux ferromagnésiens. Les amphiboles sont hypidiomorphes et altérées en biotite ou en chlorite localement. L’allanite est présente en traces et entourée de fractures concentriques présentant une microstructure métamicte. L’apatite est disséminée et se trouve en inclusions dans les minéraux ferromagnésiens. Lorsque présente en bordure de l’amphibole, la magnétite montre une couronne de titanite. Finalement, le feldspath potassique est généralement porphyrique et antiperthitique. La monzonite et la monzonite quartzifère, quant à elles, sont composées d’amphibole, de clinopyroxène, d’apatite, de biotite, de quartz, de zircon et de calcite (secondaire). Le feldspath potassique est antiperthitique, porphyrique, avec une structure en mortier en bordure de grain et peut contenir du plagioclase en inclusion. Le quartz peut également être porphyrique et présenter une texture myrmékitique par endroits. Ces faciès peuvent contenir de l’orthopyroxène (mangérite). Lorsque présent, l’orthopyroxène se caractérise par de petits cristaux circulaires altérés.

 

Les données utilisées pour étudier la géochimie proviennent de Moukhsil et Côté (2018) et prévalent uniquement pour l’unité mPprr2. Les roches de cette unité sont de composition intermédaire à felsique avec des teneurs en SiO2 variant de 58,12 à 71,80 % et des teneurs en K2O allant de 2,42 à 4,61 %. Elle sont toutes métalumineuses (Maniar et Piccoli, 1989) et de type I (origine ignée, Chappell et White, 1974). De plus, ces roches se seraient mises en place en contexte anorogénique (Whalen et al., 1984).

 

 

Épaisseur et distribution

La Suite de Rivière-à-Pierre s’étend sur plus de 100 km de longueur, soit de la région de Saint-Raymond-de-Portneuf jusqu’à la région du lac Métabetchouane. Sa largeur varie de 10 à 30 km.

Datation

L’unité mPprr1 est datée à 1058 ±2 Ma (Nadeau et al. 1992).

Système isotopique Minéral Âge de cristallisation (Ma) (+) (-) Référence(s)
U-Pb Zircon 1058 2 2 Nadeau et al. 1992

Relation(s) stratigraphique(s)

La Suite de Rivière-à-Pierre est situé dans le prolongement occidental du Complexe du Parc des Laurentides. Elle est aussi intrusive dans les unités du domaine lithotectonique de Portneuf-Mauricie (Groupe de Montauban, Complexe de La Bostonnais) et contient des enclaves de paragneiss. Le centre de la suite est massif, sans déformation ni métamorphisme importants, sauf quelques corps granitiques porphyriques qui présentent une déformation à structure oeillée.

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Auteur(s) Titre Année de publication Hyperlien (EXAMINE ou Autre)
CHAPPELL, B.W. – WHITE, A.J.R. Two contrasting granite types. Pacific Geology; volume 8, pages 173-174. 1974
PERREAULT, S. Géologie du Grand lac Bostonnais. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Québec, 1 carte à l’échelle 1/50 000. 1992 CG SIGEOM31P
HÉBERT, C. – NADEAU, L Géologie de la région de Talbot (Portneuf). Ministère des Ressources naturelles, Commission géologique du Canada, 16 pages, 1 carte 1/50 000. 1995 ET 95-01
HÉBERT, C. – DUFOUR, S. Carte de compilation du feuillet 31P01. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec. 2004 CG SIGEOM31P
MOUKHSIL, A. – CÔTÉ, G. Géologie de la région du lac Borgia, Province de Grenville, nord de La Tuque, régions de la Mauricie et du Saguenay – Lac-Saint-Jean, Québec, Canada. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec. 2018 Bulletin géologiQUE
NADEAU, L. – VAN BREEMEN, O. – HÉBERT, C. Géologie, âge et extension géographique du groupe de Montauban et du complexe de La Bostonnais. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec, pages 35-39. 1992 DV 92-03
PERREAULT, S. La suite plutonique de Rivière-à-Pierre, Portneuf: pétrologie, géochimie et mise en place pendant l’orogenèse grenvillienne. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec, pages 25-29. 1993 DV 93-03
WHALEN, J.B. – CURRIE, K.L. – CHAPPELL, B.W. A-type granites: geochemical characteristics, discrimination and petrogenesis. Contributions to Mineralogy and Petrology; volume 95, pages 407-419. 1987

 

 

 

 

19 février 2018