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Complexe de Pingasualuit
Étiquette stratigraphique : [ppro]pgs
Symbole cartographique : pPpgs

 

Première publication:  
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Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
pPpgs2 Diorite quartzifère à hypersthène et diorite à hypersthène rubanées
pPpgs2a gneiss granulitique intermédiaire
pPpgs1 Gabbronorite et diorite à hypersthène mésocrates
pPpgs1a Gabbro, diorite et roches ultramafiques associées
 
Auteur :Charette et Beaudette, 2018
Âge :Précambrien / Protérozoïque / Paléoprotérozoïque
Coupe type : 
Région type : 
Province géologique :Province de Churchill
Subdivision géologique :Orogène de l’Ungava / Arc de Narsajuaq
Lithologie :Roches granulitiques intermédiaires à mafiques
Type d’unité :Lithodémique
Rang :Complexe
Statut :Formel
Usage :Actif

 

 

Unité(s) apparentée(s)

Aucune

 

 

 

 

Historique

Le Complexe de Pingasualuit a été introduit par Charette et Beaudette (2018) afin de décrire les roches granulitiques foliées à gneissiques de composition intermédiaire à mafique qui forment une grande partie des lithologies de l’Arc de Narsajuaq. Celles-ci étaient précédemment incluses dans la suite plutonique ancienne (pPNAR1) et l’unité pPNAR2 de la suite plutonique récente, décrites par St-Onge et Lucas (1992) et St-Onge et al. (1992).

 

Description

Le Complexe de Pingasualuit comprend essentiellement une diorite quartzifère à hypersthène et une diorite à hypersthène rubanées, ou localement d’aspect gneissique, (pPpgs2), ainsi que des niveaux métriques à kilométriques de gabbronorite et de diorite à hypersthène mésocrates (pPpgs1). Ce complexe est caractérisé majoritairement par une paragenèse caractéristique du faciès des granulites. Par endroits, des lambeaux mafiques à ultramafiques au faciès des amphibolites, possiblement rétrogradés, sont inclus dans la sous-unité pPpgs1a.

Complexe de Pingasualuit (pPpgs1) : Gabbronorite et diorite à hypersthène mésocrates

L’unité pPpgs1 regroupe les lambeaux et les niveaux hectométriques à kilométriques de gabbronorite et diorite à hyperstène mésocrates et granoblastiques communément présents au sein de l’unité principale du Complexe de Pingasualuit (pPpgs2). Ces roches mafiques sont gris verdrâtre foncé à noir brunâtre en surface altérée. La roche est fortement recristallisée, à grain fin à moyen et renferme de 50 à 65 % de minéraux mafiques. Elle présente en outre un aspect homogène, moucheté ou folié à rubané. Le rubanement est produit par une variation de la proportion modale des minéraux mafiques (35 à 75 %). Par ailleurs, l’aspect moucheté est dû à des amas millimétriques à centimétriques de minéraux mafiques et des amas de plagioclase recristallisés de moins d’un centimètre. Des leucosomes en amas diffus de 2 mm à 10 cm forment jusqu’à 10 % de la roche. Leur granulométrie est légèrement plus grossière que la matrice. Ils sont recristallisés et orientés suivant la foliation et comprennent des cristaux de clinopyroxène, d’orthopyroxène et de hornblende isolés ou en amas. Localement, des amas de grenat sont observés. En lame mince, les minéraux sont fortement recristallisés. La hornblende et le clinopyroxène sont les principaux minéraux mafiques, suivis de l’orthopyroxène et de la biotite. Le clinopyroxène est couramment amphibolitisé et l’orthopyroxène est partiellement remplacé par de la serpentine et des oxydes. La hornblende marque la foliation et est en cristaux poeciloblastiques dans certains échantillons. Très peu de minéraux accessoires sont observés (opaques, apatite et carbonates).

Complexe de Pingasualuit 1a (pPpgs1a) : Gabbro, diorite et roches ultramafiques associées

La sous-unité pPpgs1a comprend des lambeaux de roches intermédiaires à mafiques sans orthopyroxène à proximité ou au sein des unités du Complexe de Pingasualuit. À la différence des roches de l’unité pPpgs1, les roches de la sous-unité pPpgs1a n’ont pas la teinte brunâtre typique des roches à orthopyroxène en surface altérée. Leur patine d’altération varie de noir verdâtre à vert foncé. En lame mince, la présence d’amas de serpentine et de coeurs d’orthopyroxène parfois préservés dans les cristaux de hornblende permettent de supposer qu’il s’agit de roches granulitiques rétrogradées au faciès des amphibolites. À l’exception de leur couleur, l’aspect de ces roches en affleurement diffère peu du reste de l’unité pPpgs1. Elles sont rubanées ou homogènes et foliées. Un faciès moucheté avec des amas de minéraux mafiques et de petits cristaux de plagioclase centimétriques est aussi observé. Par endroits, dans ce faciès, les amas de minéraux mafiques sont centimétriques et jointifs, donnant un aspect de cumulats recristallisés. Des niveaux et des boudins ultramafiques sont localement présents dans les gabbros et les diorites de la sous-unité pPpgs1a. Quelques cristaux d’olivine (moins de 10 %) fracturés et partiellement remplacés par l’iddingsite et la magnétite sont observés en lame mince dans une webstérite.

Aucun orthopyroxène n’a été observé dans le secteur au nord de la zone de cisaillement de Naujaat. Les lithologies de ce secteur sont foliées, homogènes et présentent, par endroits, des leucosomes discontinus indiquant une fusion partielle. Les observations au microscope permettent d’identifier la hornblende, l’actinote et le clinopyroxène comme les minéraux mafiques principaux. Le clinopyroxène est variablement amphibolitisé et la biotite remplace la hornblende dans les plans de fractures et de clivages.

 

Complexe de Pingasualuit (pPpgs2) : Diorite quartzifère à hypersthène et diorite à hypersthène rubanées

L’unité pPpgs2 inclut les diorites quartzifères à hypersthène et les diorites à hypersthène à grains fins à moyens communément d’aspect rubané et granoblastique qui forment la majorité du Complexe de Pingasualuit. Ces roches, de couleur gris verdâtre à brunâtre en surface altérée, présentent une fabrique foliée à gneissique ainsi qu’un rubanement marqué par la présence de lamines de minéraux mafiques et de rubans millimétriques à centimétriques leucocrates. Ces derniers sont de couleur beige brunâtre à blanchâtre en surface altérée et varient en général d’une composition dioritique quartzifère à tonalitique jusqu’à granitique localement. Certains de ces rubans sont à grains fins, concordants à la foliation et en contact diffus dans la matrice. Ils sont observés en amas lenticulaires par endroits et comprennent communément des cristaux d’orthopyroxène, de clinopyroxène et de magnétite. Ces rubans fins, interprétés comme des leucosomes issus de la fusion des roches intermédiaires granulitiques du Complexe de Pingasualuit, représentent de 5 à 20 % de la roche. D’autres rubans ont une granulométrique légèrement plus grossière que la matrice à grains fins, sont subconcordants ou sécants à la foliation et sont en contact net. Par endroits, ces rubans plus grossiers comprennent des rubans de quartz. À l’échelle de l’affleurement, le rubanement est aussi souligné par des variations compositionnelles produites par la variation du contenu en minéraux mafiques (10 à 40 %) au sein de la diorite quartzifère ou de la diorite à hypersthène. Des niveaux d’épaisseur centimétrique à métrique de gabbronorite de l’unité pPpgs1 sont présents en contact net ou diffus dans les roches intermédiaires granulitiques. Ces niveaux sont communément plus compétents et moins rubanés que les roches hôtes.

En contact diffus avec le faciès principal rubané, un second faciès de la diorite quartzifère à hypersthène est à granulométrie moyenne, homogène et d’aspect moucheté. Ce faciès se caractérise par la présence d’amas millimétriques de minéraux mafiques et de cristaux de plagioclases légèrement plus grossiers produisant l’aspect moucheté. La proportion modale des minéraux mafiques (10 à 20 %) est en général moindre dans ce faciès que dans le faciès principal et l’aspect granoblastique est moins bien développé.

Les études pétrographiques et les analyses géochimiques indiquent que la composition de l’unité pPpgs2 varie de dioritique quartzifère, dioritique et monzodioritique quartzifère à localement tonalitique ou monzodioritique. Par endroits, ces variations s’observent en rubans centimétriques diffus au sein d’un même échantillon. Lorsque présent, le feldspath potassique est réparti de façon hétérogène en fins cristaux disséminés dans la matrice, en inclusions dans le plagioclase ou en fines lamines. Le plagioclase forme, par endroits, des cristaux millimétriques (3 à 7 mm) arrondis plus grossiers que la matrice fine, alors que les minéraux mafiques sont en lamines millimétriques discontinues et disséminés dans la matrice. En lame mince, les minéraux sont moyennement à bien recristallisés en général. La hornblende et le pyroxène sont les minéraux mafiques principaux suivis de la biotite. La proportion modale de ces minéraux varie selon les rubans. La hornblende se présente soit en cristaux équigranulaires recristallisés ou en cristaux comprenant un coeur poecilitique et une bordure sans inclusions. Les cristaux de pyroxène sont communément allongés dans la foliation principale. Plus particulièrement, l’orthopyroxène est fracturé et partiellement remplacé par l’iddingsite et des oxydes. La biotite forme des rosettes avec des intercroissances avec le quartz et est observée en remplacement partiel de l’orthopyroxène ou de la hornblende. Localement, du grenat est présent en petits cristaux montrant des contacts à l’équilibre avec la hornblende et de l’épidote forme de petits cristaux trapus associés aux lamines ou aux amas mafiques. Par endroits, la chlorite est présente en remplacement de la hornblende, de la biotite et du grenat dans les fractures.

Complexe de Pingasualuit 2a (pPpgs2a) : gneiss granulitique intermédiaire

La sous-unité pPpgs2a regroupe des séquences rubanées granulitiques de composition felsique à intermédiaire dont la granulométrie fine et les variations compositionnelles rendent l’origine du protolithe incertaine. Ces séquences rubanées pourraient être des paragneiss bien qu’il ne soit pas exclu qu’elles comprennent des orthogneiss. En affleurement, ces roches ont une patine d’altération brunâtre à rouillée et sont friables. En cassure fraîche, elles ont une couleur gris verdâtre moyen à moyen-foncé. Un rubanement rectiligne est produit par la présence de 5 à 20 % de leucosomes millimétriques à centimétriques avec des bordures de biotite ± grenat ± orthopyroxène. Aussi, plusieurs affleurements sont caractérisés par une alternance de niveaux montrant une variation de la proportion de minéraux mafique et la présence ou l’absence de grenat. Certains niveaux sont très riches en quartz (plus de 70 %), alors que d’autres sont très riches en grenat (jusqu’à 40 %). Localement, des niveaux de diatexite à schlierens de biotite et grenat sont observés au sein des gneiss granulitiques.

Tout comme l’unité pPpgs2, les roches de la sous-unité pPpgs2a présentent des variations de composition en rubans centimétriques diffus de tonalite, granite, diorite quartzifère et localement monzodiorite quartzifère. Les minéraux mafiques sont disséminés ou en fines lamines et représentent de 10 à 30 % de la minéralogie. La biotite et l’orthopyroxène sont les minéraux mafiques principaux. Par endroits, ce dernier est partiellement remplacé par l’iddingsite et des oxydes ou par de la hornblende. Des cristaux de hornblende et de grenat s’ajoutent parfois à la paragenèse. Le grenat est en porphyroclastes et est parfois poecilitique. Plusieurs indices de fusion partielle ont été observés en lames minces tels que des films de quartz irréguliers dans la matrice et des inclusions dans le grenat dont la forme est dictée par la structure cristalline de ce dernier.

 

Épaisseur et distribution

Les diorites quartzifères à hypersthène et les diorites à hypersthène de l’unité pPpgs2 regroupent la majorité des roches granulitiques présentes dans l’Arc de Narsajuaq. Elles forment des bandes et lambeaux d’épaisseur kilométrique allongés et plissés dans la fabrique régionale E-W. Elles incluent des niveaux centimétriques à métriques ou des enclaves de gabbronorite et de diorite à hypersthène mésocrates. Ces derniers forment aussi des bandes et lambeaux kilométriques qui ont été regroupés dans l’unité pPpgs1. Un niveau important de ces roches intermédiaires à mafiques est présent à proximité du contact avec l’Antiforme de Kovik. Le faciès sans orthopyroxène de la sous-unité pPpgs1a est présent en proportion significative au nord de la zone de cisaillement de Naujaat où il forme des lambeaux plurikilométriques en association avec le Complexe de Saint-Hélène.

Datation

Une monzodiorite quartzifère homogène, foliée et à grain moyen, présente dans une séquence de roches granulitiques intermédiaires (pPpgs2), et une diorite quartzifère granoblastique finement grenue ont été échantillonnées par Charette et Beaudette (2018) afin de dater le Complexe de Pingasualuit. Les résultats analytiques sont en attente. Aucune autre datation n’a été réalisée antérieurement.

Relation(s) stratigraphique(s)

Les roches granulitiques intermédiaires à mafiques du Complexe de Pingasualuit semblent être l’une des unités les plus anciennes de l’Arc de Narsajuaq. Ces roches sont injectées en lit par lit et recoupées par des injections d’enderbite leucocrate assignées à la Suite de Navvaataaq (pPnav) et par les granitoïdes foliés à massifs de la Suite de Sanningajualuk (pPsnn). Elles sont aussi observées en enclaves dans ces suites.

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)
ST-ONGE., M.R. – LUCAS, S.B.New insight on the crustal structure and tectonic history of the Ungava Orogen, Kovik Bay and Cap Wolstenholme, Quebec. In: Current Research, Part C; Geological Survey of Canada, Paper 92-1 C, pages 31-41.1992Source
ST-ONGE, M.R. – LUCAS, S.B. – PARRISH, R.RTerrane accretion in the internal zone of the Ungava orogen, northern Quebec. Part 1: tectonostratigraphic assemblages and their tectonic implications. Canadian Journal of Earth Sciences; volume 29, pages 746-764.1992Source
CHARETTE, B. – BEAUDETTE, M.Géologie de la région du Cap Wolstenholme, Orogène de l’Ungava, Province de Churchill, sud-est d’Ivujivik, Québec, Canada. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec.2018Bulletin géologiQUE

 

 

 

 

26 avril 2018