Suite intrusive de Lac Long
Étiquette stratigraphique : [mpro]llo
Symbole cartographique : mPllo
 

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Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
mPllo5 Granitoïdes à orthopyroxène, roches mafiques métamorphisées, migmatitisées et mylonitiques
mPllo4 Dykes et filons-couches de métagabbro
mPllo3 Roches mafiques et ultramafiques métamorphisées
mPllo2 Diorite, diorite quartzifère, à orthopyroxène, et leurs équivalents gneissiques
mPllo1 Granitoïdes à orthopyroxène, porphyroïdes ou fortement foliés à cisaillés
 
Auteur(s) : Thomas et al., 1994
Âge : Mésoprotérozoïque
Stratotype :
Aucun
Région type : Région du lac Long (feuillet SNRC 13D12)
Province géologique :
Subdivision géologique :
Lithologie : Roches charnockitiques variablement déformées et métamorphisées
Catégorie : Lithodémique
Rang : Suite
Statut : Formel
Usage : Actif

Historique

La « suite magmatique de Lac Long » est introduite de façon informelle par Thomas et al. (1994) dans la zone de frontière litigieuse entre le Québec et le Labrador (feuillets SNRC 13D11 et 13D12) pour décrire des roches principalement charnockitiques variablement déformées et métamorphisées. Cette suite est divisée en cinq unités informelles en fonction de la composition, puis de la structure des roches. Dans les cartes de compilation du Ministère, les roches appartenant à cette suite sont simplement assignées à une unité indifférenciée de migmatite (Avramtchev, 1984; Nadeau et Perreault, 1998). Dans le cadre de la rédaction de cette fiche stratigraphique, la suite est officialisée et les subdivisions définies par Thomas et al. (1994) sont conservées, mais le nom est modifié pour Suite intrusive de Lac Long afin de mieux faire ressortir le caractère intrusif originel des roches composant la suite. Le nom fait référence au lac Long situé au milieu de la partie nord de la rivière Romaine (feuillet 13D12).

 

Description

La Suite intrusive de Lac Long se compose de granite, de granodiorite et de diorite à orthopyroxène ainsi que de leurs équivalents gneissiques, avec de rares petits niveaux de gneiss amphibolitique qui sont les seuls vestiges de la roche hôte (Thomas et al., 1994). Bien que la foliation et la linéation soient très répandues, les structures ignées reliques peuvent encore être reconnues. La suite intrusive comporte des plis isoclinaux à déversement sud qui sont orientés vers l'est et qui plongent doucement vers l'ouest. La Suite intrusive de lac Long est limitée au nord par une zone cataclastique majeure, nommé le linéament du lac Long, auquel semble être associée une linéation d’étirement pénétrative à plongement vers le NW. La suite intrusive contient des enclaves de paragneiss.

La Suite intrusive de Lac Long contient un assemblage au faciès des amphibolites supérieur ou des granulites (orthopyroxène-clinopyroxène-amphibole verte-biotite-grenat-quartz) (Thomas et al., 1994). L'amphibole brun pâle remplace l'orthopyroxène le long des plans de clivage. Le grenat semble être une phase tardive, possiblement rétrograde. Les assemblages minéralogiques de la suite sont compatibles avec un métamorphisme au faciès des granulites. Cependant, les enclaves de paragneiss au sein de cette dernière contiennent généralement l'assemblage muscovite-sillimanite-feldspath potassique ou muscovite-biotite-grenat-feldspath potassique, ce qui suggère que les conditions métamorphiques maximales se situent près de l'isograde de la « deuxième sillimanite », c'est-à-dire au sommet du faciès des amphibolites, plutôt que dans le faciès des granulites à proprement dit. En l'absence de données sur la chimie minérale, les conditions de pression et de température exactes demeurent toutefois inconnues.

De composition principalement felsique, la Suite intrusive de Lac Long a été subdivisée en trois unités informelles principales : des granitoïdes à orthopyroxène, porphyroïdes ou fortement foliés à cisaillés (mPllo1), de la diorite et de la diorite quartzifère, à orthopyroxène, et leurs équivalents gneissiques (mPllo2) ainsi que des roches mafiques et ultramafiques métamorphisées (mPllo3) (Thomas et al., 1994). Localement, ces lithologies sont coupées de dykes et filons-couches de métagabbro (mPllo4) ou elles sont migmatitisées et mylonitiques (mPllo5). La suite intrusive, notamment ses domaines plus mafiques, présente des affinités géochimiques nettement alcalines.

 

Suite intrusive de Lac Long 1 (mPllo1) : Granitoïdes à orthopyroxène, porphyroïdes ou fortement foliés à cisaillés

Les granitoïdes à orthopyroxène, soit porphyroïdes, soit fortement foliés à cisaillés (mPllo1) constituent la majeure partie de la Suite intrusive de Lac Long (Thomas et al., 1994). Les roches vont de la granodiorite au granite, sans présence de corps distincts de granodiorite ou de granite. Le faciès porphyroïde affleure au sud du lac Long (feuillet 13D12) et sous la forme de zones déformées ou d'enclaves dans l'ensemble des granitoïdes fortement foliés à gneissiques. Il s'agit peut-être du protolite, mais ce dernier est désormais méconnaissable en raison de la déformation et de la recristallisation.

La granodiorite et le granite à orthopyroxène porphyroïdes, de couleur crème en surface fraiche et rose rouille en surface altérée, sont généralement foliés et granoblastiques, bien que certaines zones soumises à faibles contraintes possèdent une texture ignée préservée (Thomas et al., 1994). Les phénocristaux de feldspath sont généralement cisaillés, brisés, partiellement recristallisés et étirés dans la foliation sous la forme œillée. Les cristaux étirés définissent une linéation bien développée. Les granitoïdes sont composés de plagioclase, de feldspath potassique, de quartz, d'orthopyroxène, de clinopyroxène, de hornblende et d'oxydes de Fe-Ti. La biotite et le grenat sont communément présents et les minéraux accessoires comprennent le zircon, la titanite et l'apatite. La hornblende, la biotite et le grenat semblent être d'origine métamorphique (la hornblende remplace le pyroxène le long des bordures cristallines), tandis que le pyroxène est apparemment primaire. Les textures porphyroclastiques et granoblastiques polygonales prédominent.

La granodiorite et le granite à orthopyroxène non porphyroïdes ressemblent à leurs homologues porphyroïdes en termes de minéralogie, de couleur et de mode d'occurrence, mais présentent un degré de déformation plus important, comme en témoignent la forte foliation pénétrative omniprésente et les bandes gneissiques observées localement (Thomas et al., 1994). Dans certains spécimens, le grenat s'est développé après la mylonitisation et prend la forme de bordures autour des phénoclastes de plagioclase.

 

Suite intrusive de Lac Long 2 (mPllo2) : Diorite, diorite quartzifère, à orthopyroxène, et leurs équivalents gneissiques

La diorite et la diorite quartzifère à orthopyroxène, ainsi que leurs équivalents gneissiques (mPllo2), constituent le deuxième type de roche le plus abondant de la Suite intrusive de Lac Long (Thomas et al., 1994). Ces roches sont intimement mélangées aux roches granitoïdes (mPllo1), avec lesquelles elles ont des contacts diffus et irréguliers. La roche dioritique est chamois à grise, à grain moyen à grossier, granoblastique à porphyroblastique et présente généralement un aspect « poivre et sel ». Elle est généralement foliée ou gneissique avec des bandes de plusieurs millimètres d'épaisseur, bien que les affleurements puissent localement être massifs. Une linéation minérale faible à modérée est omniprésente. La diorite et la diorite quartzifère contiennent du plagioclase, du feldspath potassique, du quartz, de l'orthopyroxène, du clinopyroxène, de la hornblende (secondaire en remplacement du pyroxène), du grenat et de la biotite (secondaire en remplacement du grenat). Des oxydes de Fe-Ti, du spinelle vert et du zircon sont présents en proportions accessoires. Le grenat est généralement automorphe à subautomorphe et mesure <2 mm de diamètre, mais des couches discrètes de grenat subautomorphe grossier sont présentes localement. Les roches de l’unité mPllo2 semblent légèrement plus anciennes que celles de l’unité mPllo1, puisque des lambeaux de mPllo2 sont observés au sein de mPllo1.

 

Suite intrusive de Lac Long 3 (mPllo3) : Roches mafiques et ultramafiques métamorphisées

Les roches mafiques et ultramafiques métamorphisées (mPllo3) forment quatre corps lenticulaires, chacun de ~1 km de longueur, au SE du lac Long (Thomas et al., 1994). Ces roches noir verdâtre sont composées d'orthopyroxène granoblastique ou porphyroblastique grossier, d'augite, de hornblende, de plagioclase et de grenat, avec des inclusions de magnétite/ilménite et de spinelle vert. La hornblende se présente à la fois sous la forme de cristaux apparemment primaires et en remplacement du pyroxène. L'âge et la minéralogie d'origine de ces corps sont inconnus.

 

Suite intrusive de Lac Long 4 (mPllo4) : Dykes et/ou filons-couches de métagabbro

Le métagabbro (mPllo4) forme quatre corps étroits et allongés au sud du lac Long (Thomas et al., 1994). Ces corps, qui mesurent jusqu'à 2,5 km sur 0,5 km, ressemblent à des dykes ou des filons-couches déformés. Les roches sont massives, vert foncé, mouchetées poivre et sel et présentent une texture granoblastique à grain fin à moyen, dont la taille est généralement de <2 à 3 mm. Elles sont composées de plagioclase, d'orthopyroxène, de clinopyroxène, de hornblende, de biotite, de grenat et de magnétite/ilménite. Leur âge absolu est inconnu, mais elles sont interprétées comme un faciès tardif de la Suite intrusive de Lac Long.

 

Suite intrusive de Lac Long 5 (mPllo5) : Granitoïdes à orthopyroxène, roches mafiques métamorphisées, migmatitisées et mylonitiques

Une importante zone de cisaillement orientée vers l'est, située au SE du lac Long et faisant partie du linéament du lac Long, comprend un mélange de granitoïdes à orthopyroxène (mPllo1) et de roches mafiques métamorphisées (mPllo3) migmatitisés et mylonitiques (Thomas et al., 1994). Aucun type de roche n'est prédominant, mais le faciès mixte constitue une unité cartographiable (mPllo5), ce dernier étant caractérisée par une texture mylonitique recristallisée avec quartz en rubans et feldspath recristallisé à texture saccharoïde. Les phases minérales ferromagnésiennes sont broyées, fracturées et étirées en agrégats fusiformes. Le grenat coupe couramment la fabrique mylonitique, tandis que la biotite se développe en remplacement rétrograde du pyroxène.

 

Épaisseur et distribution

La Suite intrusive de Lac Long s'étend sur 72 km selon un axe E-W et sur ≤25 km selon un axe N-S, dans la zone de frontière litigieuse entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador (feuillets 13D11 et 13D12).

 

Datation

La datation U-Pb de zircons provenant d'un échantillon de diorite à hypersthène (mPllo2) indique que la Suite intrusive de Lac Long s'est mise en place à 1225 Ma et a été métamorphisée vers 1008 Ma (Thomas et al., 1994).

 

Unité Numéro d'échantillon Système isotopique Minéral Âge de cristallisation (Ma) (+) (-) Âge d'héritage (Ma) (+) (-) Âge métamorphique (Ma) (+) (-) Référence(s)
mPllo2 AT-83-G1 U-Pb Zircon 1225 47 32       1008 27 33 Krogh, 1985; Thomas et al., 1994

Relation(s) stratigraphique(s)

Le linéament du lac Long, une zone cataclastique importante, constitue la limite nord de la Suite intrusive de Lac Long (Thomas et al., 1994). Ce linéament représente la limite qui sépare la déformation et le métamorphisme majeurs du Grenvillien de ceux du Labradorien. Au sud et SE, la Suite intrusive de Lac Long est en contact avec des unités indifférenciées de paragneiss et d'orthogneiss d'âge paléoprotérozoïque. Les roches de la Suite intrusive de Lac Long s'injectent dans la Suite anorthositique de Fournier, au SW du lac Long (Thomas et al., 1994). La suite coupe également la Suite intrusive de Mealy Mountains, à l'est.

Paléontologie

Ne s'applique pas.

Références

Publications accessibles dans SIGÉOM Examine

AVRAMTCHEV, L., 1984. CARTE DES GÎTES MINÉRAUX DU QUÉBEC : RÉGION DE LA CÔTE-NORD. MRN; DV 83-14, 27 pages, 19 plans.

NADEAU, J., PERREAULT, S., 1998. Compilation géologique 1/250 000 - LAC BRÛLÉ. In: MRNF, 2010. CARTE(S) GÉOLOGIQUE(S) DU SIGEOM - feuillet 13D. CG SIGEOM13D, 1 plan.

Autres publications

KROGH, T.E., 1985. Determination of U-Pb zircon and titanite geochronological ages: unpublished report to the Department of Energy, Mines and Resources (Government of Canada) and the Newfoundland Department of Mines and Energy, Mineral Development Division, Open File LAB 706, 41 pages.

THOMAS, A., CULSHAW, N.G., CURREI, K.L., 1994. Geology of the Lac Ghyvelde - Lac Long area, Labrador and Quebec. Commission géologique du Canada, Bulletin, 448, 37 pages, 2 plans. Ressources naturelles Canada. https://doi.org/10.4095/194011

Citation suggérée

Ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF). Suite intrusive de Lac Long. Lexique stratigraphique du Québec. https://gq.mines.gouv.qc.ca/lexique-stratigraphique/province-de-grenville/suite-intrusive-de-lac-long [cité le jour mois année].

Collaborateurs

Première publication

Céline Dupuis, géo., Ph. D. celine.dupuis@mrnf.gouv.qc.ca (rédaction)

Philippe Pagé, géo., Ph. D. (coordination); Charles St-Hilaire, géo., M. Sc. (lecture critique); Simon Auclair, géo., M. Sc. (révision linguistique); André Tremblay (montage HTML). 

 
21 avril 2026