Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre
Étiquette stratigraphique : [mpro]hsp
Symbole cartographique : mPhsp
 

Première publication :  
Dernière modification :
Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
mPhsp5 Ferrogabbro à magnétite, massif à faiblement folié
mPhsp4 Monzonite et monzonite quartzifère à pyroxènes (mangérite); proportions moindres de charnockite, granite, granodiorite, diorite, jotunite et gabbro
mPhsp4a Roches déformées à mylonitiques : monzonite et monzonite quartzifère à pyroxènes (mangérite) ou granite
mPhsp3 Leucogabbro grenatifère, recristallisé et folié à rubané; niveaux mineurs d’anorthosite recristallisée et de pyroxénite
mPhsp3b Gabbronorite coronitique et gabbro; proportions mineures de leuconorite et d’anorthosite
mPhsp3a Pyroxénite; niveaux de pyroxénite à plagioclase, de gabbro et de norite
mPhsp2 Gabbro, gabbronorite et norite; localement pyroxénite et alternance de niveaux d’anorthosite, de norite et de pyroxénite
mPhsp1 Anorthosite hololeucocrate ± recristallisée; proportions moindres de gneiss anorthositique, leuconorite, norite, gabbro, gabbro à olivine et troctolite
mPhsp1a Anorthosite, gabbro, gabbronorite et norite, recristallisés, foliés à rubanés, localement mylonitiques
 
Auteur(s) :
Sharma et Franconi, 1975
Âge :
Mésoprotérozoïque 
Stratotype :
Aucun
Région type :
Région de Havre-Saint-Pierre (feuillet SNRC 12L05)
Province géologique :
Subdivision géologique :
Lithologie : Anorthosite, roches gabbroïques et monzonite-mangérite
Catégorie :
Lithodémique
Rang :
Suite
Statut : Formel
Usage : Actif

Historique

Retty (1942, 1944) mentionne l’existence d’un massif anorthositique autour des lacs Allard et Puyjalon (feuillets SNRC 12L05, 12L06, 12L11 et 12L12) et plus au nord, le long de la rivière Romaine (feuillet 12L14 et partie sud du feuillet 12M03), qu’il nomme « Série Morin ». Au nord et à l’ouest, plusieurs auteurs cartographient également des roches anorthositiques, mais aussi des roches gabbroïques, syénitiques et/ou gneissiques (Longley, 1944, 1950; Claveau, 1949; Klugman, 1954, 1955; Jenkins, 1956; Dépatie, 1966, 1967; voir tableau ci-dessous). Franconi et Sharma (1973) et Sharma et Franconi (1975) identifient au moins trois massifs anorthositiques dans la région de la Moyenne-Côte-Nord dont les plus importants sont ceux du lac Fournier, de Havre-Saint-Pierre et de la rivière Romaine. Le massif du lac Fournier est l’équivalent de la Suite anorthositique de Fournier. Franconi et Sharma (1973) et Sharma et Franconi (1975) reconnaissent également une importante unité de mangérite entourant les massifs anorthositiques. À l’est, Indares et Martignole (1987, 1993) conservent le nom d’« Anorthosite de la rivière Romaine » et reconnaissent également une « enveloppe » de monzonite et de granite (voir tableau ci-dessous).

Emslie et Hunt (1990) considèrent la répartition spatiale des roches anorthositiques, mangéritiques et granitiques et, par conséquent, utilisent le terme « suite anorthosite-mangérite-charnockite-granite » ou suite AMCG. D’autre part, le terme « Complexe anorthositique de Havre-Saint-Pierre » est utilisé par Van Breemen et Higgins (1993) pour désigner l’ensemble des anorthosites qu’ils divisent en « lobes », soit les « lobes » du lac Allard du nord-est, du nord-ouest, et du sud-ouest, ce dernier étant également appelé l’« Anorthosite de Magpie ». Enfin, Martignole (1996), dans sa revue des anorthosites du Grenville, reprend le terme « Complexe anorthositique de Havre-Saint-Pierre » pour désigner, en plus des massifs définis par Sharma et Franconi (1975), un quatrième massif, celui de la rivière Atikonak qui fait partie de la Suite anorthositique de Fournier.

Afin de respecter les règles de nomenclature du Code stratigraphique nord-américain (NACSN, 1983, 1986, 2005, 2021; NACSN et al., 2025), Madore et al. (1999) proposent d’inclure l’ensemble des massifs anorthositiques (à l’exclusion de la Suite anorthositique de Fournier) ainsi que les enveloppes de mangérite-charnockite-granite qui les entourent dans une même unité, la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre. Cette nomenclature est conservée dans les autres travaux de cartographie et de compilation du Ministère touchant à ce secteur (Gobeil et al., 1997a-b, 2000, 2002b-c; Bilodeau et al., 1999a-c, 2002a-b; Brisebois et al., 1999a-b; Chevé et al., 1999, 2001; Verpaelst et al., 1999a-b; Perreault et Bilodeau, 2001; Verpaelst et Nadeau, 2000a-d, 2001; Verpaelst et Jobin, 2001a-d; Nadeau et al., 2002; Grant, 2003a-b). La Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre est alors divisée en huit unités informelles (voir le tableau ci-dessous). Dans leur synthèse de la Moyenne-Côte-Nord, Gobeil et al. (2002a, 2003) identifient sept massifs à l’intérieur de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre : les massifs Rivière Magpie-Ouest, du Nord-Ouest, de Rivière Sheldrake, de Lac Brézel, de Lac Allard, de Rivière Romaine et de Rivière-au-Tonnerre.

L’âge obtenu pour les roches anorthositiques des massifs de Rivière-au-Tonnerre et de Lac Allard (~1061 Ma) révèle que ces massifs sont considérablement plus jeunes que l’anorthosite de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre, datée à ~1129 Ma (Emslie et Hunt, 1990; van Breemen et Higgins, 1993; Wodicka et al., 2003; Morisset et al., 2009). Pour cette raison, les massifs de Rivière-au-Tonnerre et de Lac Allard sont retirés de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre et assignés formellement à l’Anorthosite de Rivière-au-Tonnerre et à l’Anorthosite de Lac Allard dans le cadre de la rédaction de cette fiche stratigraphique. En conséquence, les subdivisions sont réorganisées et ramenées à cinq unités informelles. Le nom de la suite fait référence à la municipalité de Havre-Saint-Pierre située sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent (jonction des feuillets 12L04 et 12L05). 

Unité actuelle

Gobeil et al., 2002a, 2003

(feuillet 12L, partie sud du feuillet 12M, feuillet 22I, partie sud du feuillet 22P)

Perreault et Bilodeau, 2001

(feuillet 12L05)

Verpaelst et al. (2001)

Feuillet 12M07

Verpaelst et Nadeau, 2000c-d, 2001; Verpaelst et Jobin, 2001a-d

(feuillets 12M03, 12M06, 12M10-12M14)

Verpaelst et Nadeau, 2000a-b

(feuillets 12M04-12M05, 12M10)

Nadeau et Verpaelst, 2000

(feuillet 12L06)

Bilodeau et al., 1999a-b, 2002a-b; Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2000; Nadeau et al., 2002; Grant, 2003a-b

(feuillets 22I06-22I11, 22I14)

Brisebois et al., 1999a-b; Madore et al., 1999; Verpaelst et al., 1999a-b

(feuillets 12L11, 12L13-12L14)

Gobeil et al., 1997a-b, 2002b-c; Chevé et al. 2001

(feuillets 22I15-22I16, 22P02-22P03)

Indares et Martignole (1987, 1993)

(feuillets 12L-12M)

Franconi et Sharma, 1973; Sharma et Franconi, 1975; Avramtchev, 1984

(feuillets 12L, 12M, 22I, 22P)

Dépatie 1966, 1967

(feuillet 12L06)

Jenkins, 1956

(partie centre du feuillet 22I11)

Klugman, 1954-1955

(partie ouest du feuillet 22I06-22I07)

Claveau, 1949

(coin NW du feuillet 12M03, feuillet 12M05, partie ouest du feuillet 12M06, partie ouest du feuillet 12M11-12M13 (nord de la rivière Romaine)

Longley, 1944, 1950

(parties sud des feuillets 22I08, 12L05 et 12L06)

Retty, 1942, 1944

(partie est du feuillet 12L05, partie ouest du feuillet 12L06, feuillet 12L11-coin SE du feuillet 12L12, feuillet 12L14, partie sud du feuillet 12M03 (sud de la rivière Romaine)

mPhsp1 SAHSP : anorthosite, leuconorite, norite, gabbro, pyroxénite (mPhsp1 : anorthosite, petites étendues de gabbro-anorthosite, anorthosite riche en ilménite) *mPalr1 mPhsp1 : anorthosite foliée, localement broyée mPhsp1 : anorthosite, anorthosite gabbroïque, parfois un peu de gneiss anorthositique, norite, gabbro, troctolite mPhsp1 : anorthosite, anorthosite gabbroïque (mPhsp1 : anorthosite) *mPalr1 mPhsp1 : unité non différenciée d’anorthosite, de leuconorite et, en moindre quantité, de norite et de gabbro mPhsp1 : anorthosite hololeucocrate (>90 %) partiellement ou totalement recristallisée avec des quantités moindres de gneiss anorthositique, de leuconorite, de norite, de gabbro, de gabbro à olivine et de troctolite mPhsp1 : unité non différenciée d’anorthosite, de leuconorite et, en moindre quantité, de norite et de gabbro


mPhsp3b  : anorthosite blanche recristallisée et foliée

Anorthosite de la rivière Romaine Anorthosite, anorthosite gabbroïque (8)   Roches anorthositiques et gabbroïques (3)


Roches syénitiques (4)

Roches anorthositiques et gabbroïques Anorthosite (2)   Série Morin : anorthosite, quelques petites étendues de gabbro anorthositique, anorthosite riche en ilménite
mPhsp1a SAHSP : anorthosite, leuconorite, norite, gabbro, pyroxénite           mPhsp3c : anorthosite, leuconorite, gabbro, gabbronorite et norite, avec un peu de pyroxénite (lithologies des unités mPhsp1 et mPhsp2), recristallisés à divers degrés, foliés, gneissiques, rubanés ou localement mylonitiques       Anorthosite, anorthosite gabbroïque (8)            
mPhsp2 SAHSP : anorthosite, leuconorite, norite, gabbro, pyroxénite (mPhsp2 : leuconorite *mPalr1a         mPhsp2 : unité à prédominance de gabbro, de gabbronorite et de norite contenant localement de la pyroxénite et des zones litées où alternent des niveaux métriques à plurimétriques d’anorthosite, de norite et de pyroxénite mPhsp2 : leuconorite, norite et norite à ilménite massives avec ou sans litage primaire ténu mPhsp3a : leucogabbro grenatifère recristallisé et folié, gneissique ou rubané; niveaux mineurs décimétriques à métriques d’anorthosite blanche recristallisée et de pyroxénite   Anorthosite, anorthosite gabbroïque (8)


Migmatites (20)

           
mPhsp3 SAHSP : anorthosite, leuconorite, norite, gabbro, pyroxénite               mPhsp3a : leucogabbro grenatifère recristallisé et folié, gneissique ou rubané; niveaux mineurs décimétriques à métriques d’anorthosite blanche recristallisée et de pyroxénite                
mPhsp3a SAHSP : anorthosite, leuconorite, norite, gabbro, pyroxénite               mPhsp3d : pyroxénite, niveaux décimétriques à plurimétriques de pyroxénite à plagioclase, de gabbro et de norite   Anorthosite, anorthosite gabbroïque (8)            
mPhsp3b                 mPhsp4 : gabbronorite coronitique et gabbro localement lités; présence par endroits d’ilménite, de magnétite et d’apatite. Niveaux mineurs de roches ultramafiques   Gabbro, métagabbro, amphibolite (10)            
mPhsp4 SAHSP : mangérite, monzonite, monzonite quartzifère mPhsp7 : mangérite, charnockite mPhsp4 : diorite à hypersthène foliée, cisaillée, broyée mPhsp4 : mangérite, monzonite, diorite à hypersthène foliée, cisaillée, broyée, un peu de jotunite, charnockite, granite


mPhsp7 : mangérite, localement magnétique, localement litée

mPhsp7 : mangérite mPhsp4 : mangérite et charnockite mPhsp4 : unité non différenciée de mangérite, de charnockite, de granite, de monzonite et de monzonite quartzifère


mPhsp7 : unité à prédominance de monzonite et de monzonite quartzifère à pyroxènes (mangérite), foliées et à grain moyen; quantités subordonnées de granite de granodiorite, de diorite et de gabbro foliés

mPhsp4 : mangérite (>80 %) communément magnétique, localement litée, avec des quantités moindres de charnockite, de granite, de jotunite, de monzonite et de monzonite quartzifère   Monzonite et granite massif


Monzonite

Mangérite (12) Diorite, diorite quartzifère, à augite et hypersthène (6)   Gneiss syénitique


Gneiss et schistes sédimentaires, migmatites

Gneiss syénitique à gneiss syénitique quartzifère (1a) Gneiss rubané (3) En majeure partie granite porphyroïde; un peu de gneiss granitique, pegmatite
mPhsp4a SAHSP : mangérite, monzonite, monzonite quartzifère mPhsp7a : roches granitiques         mPhsp7a : monzonite et monzonite quartzifère (mangérite) foliées à mylonitiques et à grain fin à moyen. Quantités subordonnées d’amphibolite, et de granite, de granodiorite, de diorite, de gabbro ou de gabbronorite foliés à mylonitiques (roches de l’unité mPhsp7, plus déformées ou mylonitiques)     Monzonite Anorthosite, anorthosite gabbroïque (8)


Mangérite (12) *coin SE du feuillet 22I08, coin SW du feuillet 12L05

  Roches syénitiques (4)


Gneiss granitique, gneiss variés, granite (2) *proportion mineure

       
mPhsp5 SAHSP : anorthosite, leuconorite, norite, gabbro, pyroxénite           mPhsp8 : ferrodiorite et/ou ferrogabbro à magnétite, à grain moyen, massifs à faiblement foliés       Anorthosite, anorthosite gabbroïque (8)            

Description

La Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre couvre le spectre anorthosite-leuconorite-norite-leucogabbro-mangérite (Gobeil et al., 2003). Le gabbro, la troctolite, la monzonite et la charnockite constituent des lithofaciès mineurs au sein de ces roches riches en plagioclase. Il en est de même pour la pyroxénite qui s’observe surtout dans les zones limitrophes de certains massifs, environnement dans lequel ont été recensées les plus importantes minéralisations de Cu-Ni dans les anorthosites (Clark, 2003). L’anorthosite hololeucocrate plus ou moins recristallisée (mPhsp1) est la lithologie dominante de la suite. Elle est bordée majoritairement par une unité de monzonite et de monzonite quartzifère à pyroxènes (mangérite) (mPhsp4), par du leucogabbro grenatifère recristallisé et folié à rubané (mPhsp3), au NW, et par une unité mineure de gabbro, de gabbronorite et de norite (mPhsp2), à l’ouest. Une unité mineure de ferrogabbro à magnétite (mPhsp5) est également individualisée en carte. La structure interne révélée par la signature magnétique régionale montre clairement que la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre ne constitue pas une entité unique; il s’agirait plutôt de la coalescence de plusieurs masses, dont les relations structurales et pétrographiques restent à déterminer (Gobeil et al., 2003).

 

Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre 1 (mPhsp1) : Anorthosite hololeucocrate variablement recristallisée; proportions moindres de gneiss anorthositique, leuconorite, norite, gabbro, gabbro à olivine et troctolite

Un continuum pétrographique chevauchant les domaines de l’anorthosite et de la leuconorite caractérise l’unité mPhsp1 (Chevé et al., 1999). Un développement plus marqué de la composante mafique dans ces roches conduit à la reconnaissance ponctuelle de norite, de gabbro et de troctolite ou d’un litage magmatique/rubanement centimétrique à décimétrique de norite/gabbro et d’anorthosite/leuconorite (Chevé et al., 1999, 2001). Les contacts lithologiques sont généralement nets et, dans chacune des lithologies, les foliations minérales sont parallèles aux contacts (Chevé et al., 1999). Du boudinage caractérise quelques-uns de ces niveaux. L’anorthosite grise montre une structure léopard caractérisée par des taches ou des amas leuconoritiques centimétriques gris pâle (Gobeil et al., 2000). Ces taches ou amas sont isolés ou faiblement interconnectés dans l’anorthosite. Ailleurs, ce matériel leuconoritique est plus abondant et forme des niveaux qui alternent avec l’anorthosite. Les phénomènes de transition graduelle entre les deux faciès et le rubanement développé localement dans la partie leuconoritique sont communs.

L’anorthosite, le faciès le plus commun, est généralement blanche ou gris clair à foncé et par endroits gris-bleu, verte ou noire (Verpaelst et al., 1999; Gobeil et al., 2003). Elle est à grain grossier à très grossier, localement pegmatitoïdique, équigranulaire à porphyroïde avec une mésostase à grain moyen à fin. Les phénocristaux de plagioclase blanc, gris pâle, gris-noir ou gris-bleu peuvent atteindre quelques décimètres de longueur dans les variétés les plus grossières (Gobeil et al., 2003). Les phénocristaux gris foncé à noirs contiennent, en lame mince, une myriade d’inclusions fluides micrométriques et de microcristaux (quelques dizaines de micromètres) de silicates (pyroxène et/ou amphibole) et de spinelle (Chevé et al., 1999). La composition du plagioclase peut varier considérablement d’un massif à l’autre. Il est majoritairement antiperthitique avec un liséré de quartz (<1 %) et de feldspath potassique (<1 %) (Verpaelst et al., 1999). L’orthopyroxène et le clinopyroxène, en grands cristaux localement remplacés par la hornblende verte, remplissent les espaces entre les cristaux de plagioclase (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2003). Les autres minéraux généralement observés sont la biotite, les minéraux opaques (oxydes) et, localement, l’apatite (Verpaelst et al., 1999).

L’anorthosite et la suite de roches qui l’accompagne dans l’unité mPhsp1 sont des roches « fraiches » qui ne montrent que très localement des évidences d’altération (Chevé et al., 1999). Le plagioclase est communément stable, les seules évidences d’altération consistent en une amorce de séricitisation des contacts des grains de la trame granoblastique (Chevé et al., 1999; Verpaelst et al., 1999). Les agrégats ferromagnésiens coronitiques sont également peu affectés. Ils conservent leurs caractéristiques texturales, minéralogiques et organisationnelles internes (Chevé et al., 1999). La modification la plus tangible consiste alors en l’apparition de feuillets de biotite brune là où la hornblende verte est présente (Chevé et al., 1999; Verpaelst et al., 1999). Dans ces roches, de la biotite brune très finement cristallisée se manifeste également à la périphérie des grains de minéraux opaques des agrégats ferromagnésiens et/ou de la trame plagioclasique adjacente.

Selon Sharma et Franconi (1975), la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre a été fortement déformée (Gobeil et al., 2003). L’anorthosite massive, très grossière et sans évidence de déformation, constitue un faciès relativement rare qui présente une teinte gris foncé à noire caractéristique. Le faciès commun est une roche grise à blanchâtre, variablement déformée et recristallisée (Chevé et al., 1999; Verpaelst et al., 1999; Gobeil et al., 2003). L’anorthosite la moins déformée est typiquement protoclastique; un film blanchâtre de très fins néocristaux de plagioclase enveloppe les phénocristaux de plagioclase originaux gris foncé (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2003). Cette recristallisation se manifeste également le long de fractures qui parcourent les cristaux de plagioclase. À un stade plus avancé de recristallisation, l’anorthosite présente une texture porphyroclastique caractérisée par des cristaux de plagioclase centimétriques, anguleux et irréguliers enrobés d’une matrice de plagioclase finement grenu qui révèle une texture granoblastique équigranulaire, interlobée à polygonale (Verpaelst et al., 1999; Gobeil et al., 2003). Dans l’anorthosite la plus déformée, les porphyroclastes de plagioclase se font plus rares (≤10 à 15 %) et de taille plus réduite qui, dans certains cas, se rapproche de la taille des grains de la matrice granoblastique. La foliation tectonique est soulignée par des lentilles étirées de minéraux ferromagnésiens ou par les porphyroclastes de plagioclase (Chevé et al., 1999, 2001; Gobeil et al., 2003). Une partie de la recristallisation du plagioclase peut représenter un phénomène synmagmatique dans un contexte de mise en place sous contrainte (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2003). C’est le cas là où la recristallisation est exprimée par un mince film blanchâtre ou le long de fines fractures qui parcourent les cristaux de plagioclase. Cependant, la plus grande partie de cette recristallisation est syntectonique. Elle est associée à la déformation régionale, en particulier au transport tectonique lors de l’orogénie collisionnelle grenvillienne.

Quelques traits particuliers, sur le plan de la minéralogie, du métamorphisme, de la déformation et de la métallogénie, caractérisent certains massifs (Gobeil et al., 2003). Par exemple, le massif de Sheldrake renferme communément des porphyroblastes de grenat hypidiomorphe qui peuvent atteindre quelques centimètres de diamètre (Chevé et al., 1999). Ces porphyroblastes contiennent de nombreuses inclusions de plagioclase. Dans l’anorthosite et la leuconorite du massif du Nord-Ouest, on remarque, de façon presque systématique, le développement de textures coronitiques; des couronnes d’orthopyroxène, de clinopyroxène et de grenat s’insèrent entre les minéraux ferromagnésiens primaires (olivine ou orthopyroxène) et le plagioclase (Chevé et al., 1999). Ces couronnes sont très rares ou absentes dans les autres massifs (Gobeil et al., 2003). Certains faciès sont localement minéralisés en sulfures de Cu-Ni (Clark, 2003). Enfin, dans le même massif, dans les zones où la déformation est plus prononcée, le développement d’une linéation minérale d’attitude comparable à celle des gneiss adjacents du Complexe de Manitou permet d’associer dans le temps cette structure linéaire à la genèse de la linéation régionale, orientée SSE-NNW, associée au chevauchement grenvillien vers le NNW (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2003).

Dans le massif de Rivière Magpie-Ouest, l’anorthosite blanche, saccharoïdale et foliée, forme généralement des bandes centimétriques à décimétriques, localement métriques, au sein du leucogabbro de l’unité mPhsp3 (Chevé et al., 2001). En lame mince, l’anorthosite révèle une texture granoblastique polygonale et hétérogranulaire. La composition moyenne du plagioclase correspond à la labradorite (An60) (Gobeil et al., 2003). Les espaces et/ou les joints intergranulaires sont alors comblés par de la hornblende ou de la biotite (Chevé et al., 2001). Du grenat s’ajoute à la paragenèse de l’anorthosite à hornblende, alors que dans celle à biotite, la zoïsite, limpide, hypidiomorphe et pœcilitique (quelques grains zonés localement) apparaît comme une phase à l’équilibre. L’assemblage minéralogique primaire est complété par quelques grains interstitiels d’apatite et de titanite, et les minéraux opaques sont rares. Le rétrométamorphisme de ces roches a introduit une minéralogie secondaire semblable à celle du leucogabbro grenatifère de l’unité mPhsp3.

 

Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre 1a (mPhsp1a) : Anorthosite, gabbro, gabbronorite et norite, recristallisés, foliés à rubanés, localement mylonitiques

L’unité mPhsp1a comporte les mêmes lithologies que les unités mPhsp1 et mPhsp2, mais ces lithologies sont recristallisées à divers degrés, foliées, gneissiques et localement mylonitiques (Gobeil et al., 2000). Il est probable que cette unité représente la bordure déformée du massif de Rivière Sheldrake.

 

Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre 2 (mPhsp2) : Gabbro, gabbronorite et norite; localement pyroxénite et alternance de niveaux d’anorthosite, de norite et de pyroxénite

L’unité mPhsp2 réfère à un ensemble lithologique à prédominance de gabbro, de gabbronorite et de norite contenant localement de la pyroxénite et des zones litées où alternent des niveaux métriques d’anorthosite/leuconorite, de norite et de pyroxénite (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2003). Elle marque sur ~1 km de largeur la bordure NW de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre et est l’hôte de plusieurs zones minéralisées de Cu-Ni. Les lithofaciès anorthositiques, leuconoritiques ou leucogabbroïques de cette unité ne se différencient pas de ceux décrits dans l’unité mPhsp1 (Chevé et al., 1999). La norite s’inscrit en continuité du lithofaciès anorthosite/leuconorite par un enrichissement du contenu en minéraux ferromagnésiens. Les faciès gabbroïques, quant à eux, offrent un continuum de faciès dans lesquels la hornblende verte et, à un degré moindre, la biotite brune sont omniprésentes, voire les seules composantes ferromagnésiennes présentes. Cette paragenèse suggère que ces roches dérivent d’un liquide différencié de fin de cristallisation riche en volatils. Du point de vue pétrographique, il s’agit principalement de gabbro et de gabbronorite à hornblende ± biotite plus ou moins riches en minéraux opaques et porteurs, quasi systématiquement, de porphyroblastes de grenat (jusqu’à 15 % dans certains faciès du SE du feuillet 22I14) et de traces de petits grains d’apatite.

Dans cet environnement, l’orthopyroxénite se présente en niveaux métriques à décamétriques aux contacts généralement francs et grossièrement parallèles au rubanement des roches leucocrates encaissantes (Chevé et al., 1999; Gobeil et al., 2003). Quelques-uns de ces niveaux, à proximité de zones minéralisées, coupent le rubanement et sont affectés par une déformation plicative (Chevé et al., 1999). D’autres sont démembrés et ne laissent alors qu’un éparpillement de masses irrégulières et circonscrites isolées au sein de l’encaissant de roches leucocrates. Ces relations suggèrent qu’il s’agit d’intrusions (probablement des filons-couches) injectées postérieurement au rubanement des roches leucocrates et affectées ultérieurement par des déformations plicatives tardimagmatiques et/ou régionales.

En lame mince, l’orthopyroxénite révèle un bâti hétérogranulaire de cristaux millimétriques à centimétriques d’orthopyroxène magmatique riches en inclusions de Schiller lamellaires, subopaques et brunâtres. Du clinopyroxène et de la hornblende vert brunâtre (<10 % au total pour ces deux minéraux) en grains de dimensions nettement plus petites se logent dans les joints et occupent les espaces intergranulaires (Chevé et al., 1999). Les minéraux opaques (<5 %) présentent généralement le même habitus. Toutefois, la plupart des roches sont engagées dans un processus de recristallisation, d’où naît une texture granoblastique polygonale. Cette modification texturale affecte surtout l’orthopyroxène qui devient plus limpide et dépourvu d’inclusions de Schiller. Ces dernières permettent cependant de retracer au travers de la trame granoblastique les reliques des cristaux protérogènes. Les déformations enregistrées par ces roches se manifestent en lame mince par une torsion des clivages et des macles de l’orthopyroxène, par une extinction ondulante des cristaux, voire par la naissance de quelques « kink band ». Des microcisaillements tardifs, figés par des agrégats fibreux de trémolite-actinote, témoignent également de cette déformation.

 

Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre 3 (mPhsp3) : Leucogabbro grenatifère, recristallisé et folié à rubané; niveaux mineurs d’anorthosite blanche recristallisée et de pyroxénite

L’unité mPhsp3 est l’unité principale du massif de Rivière Magpie-Ouest, le plus déformé des massifs de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre (Gobeil et al., 2003). Elle s’inscrit dans une structure chevauchante vers le nord et débitée en une série de failles de chevauchement E-W profondément incrustées physiographiquement (Chevé et al., 2001). Elle est constituée principalement de leucogabbro grenatifère recristallisé, folié, gneissique ou rubané (Chevé et al., 2001; Gobeil et al., 2003). Toutefois, celui-ci est intimement associé à des niveaux décamétriques à hectométriques composés essentiellement d’anorthosite blanche recristallisée et de pyroxénite recristallisée et transformée en amphibolite. Les niveaux cartographiables à l’échelle 1/50 000 ont été différenciés sur la carte géologique et reconnus respectivement dans les unités mPhsp1 et mPhsp3a. Quant aux niveaux non cartographiables, ils sont implicitement considérés avec le leucogabbro grenatifère dans l’unité mPhsp3.

La structure du leucogabbro, et ses variations illustrent essentiellement les conditions de déformation auxquelles ce dernier a été soumis lors de son transport tectonique sur le « socle » de granite et de gabbro du Complexe de Canatiche et du Gabbro de Baune, respectivement (Chevé et al., 2001). Les faciès les moins déformés de cette unité adoptent une texture porphyroclastique œillée qui permet de faire le lien entre ces roches et les roches anorthositiques (mPhsp1) de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre. À l’opposé, les faciès les plus déformés révèlent un rubanement gneissique qui met en alternance centimétrique à décimétrique, plus ou moins régulière, des bandes claires anorthositiques et des bandes et lamines foncées gabbroïques (sens large). En maints endroits, cette structuration gneissique en est une de gneiss droit et est accompagnée de plis en fourreaux (Chevé et al., 2001; Gobeil et al., 2003). Une linéation tectonométamorphique d’étirement d’orientation NNW-SSE supportée par la fabrique planaire principale caractérise tous ces faciès. Là où la ségrégation tectonométamorphique en lits clairs et sombres est réduite, voire absente, le faible pourcentage de minéraux ferromagnésiens du protolithe conduit à une structuration en traits discontinus qui, en affleurement, rend mal l’intensité de la déformation enregistrée par la roche (Chevé et al., 2001).

L’organisation mésoscopique des roches de l’unité mPhsp3 se transpose à l’échelle de la lame mince (Chevé et al., 2001). Toutefois, quelle que soit cette organisation, la paragenèse minérale est peu affectée, seuls les pourcentages changent. Outre le plagioclase, l’assemblage de minéraux caractéristiques le plus commun est défini par de la hornblende verte, du grenat, quelques lamelles de biotite brune, des minéraux opaques titanifères et de la titanite (grains isolés ou couronnes autour des minéraux opaques). Tous ces minéraux sont impliqués dans une texture granoblastique polygonale à laquelle s’associent, localement, des grains polygonaux de clinopyroxène. L’apatite, omniprésente en traces, s’observe principalement avec les minéraux ferromagnésiens dans les rubans ou les bandes riches en ces minéraux. Les bandes anorthositiques blanches, quant à elles, présentent par endroits des cristaux arrondis et centimétriques de corindon.

Les réajustements minéralogiques affectent tout particulièrement la composante ferromagnésienne du leucogabbro (Chevé et al., 2001). La déstabilisation du clinopyroxène conduit dans ses premiers stades à la formation d’une couronne réactionnelle et au développement de petites taches de hornblende verte secondaire. Une seconde génération de biotite brune, en fines lamelles entrelacées, fait son apparition à des stades plus avancés et s’associe à la hornblende rétrograde. La hornblende « primaire » est alors assujettie au même type de réajustement minéralogique. Le grenat est rapidement affecté par le processus de rétrométamorphisme; il est communément craquelé et résorbé plus ou moins profondément en fins cristaux de hornblende et/ou de biotite secondaires. Le développement de la chlorite est généralement limité. La damouritisation (séricite ± calcite ± épidote) du plagioclase est très variable, son intensité ne semble pas directement liée à celle de l’altération des minéraux ferromagnésiens, sauf dans les cas extrêmes. Dans le processus de rétrométamorphisme, le corindon est également affecté : au contact du plagioclase, il est entouré d’une couronne réactionnelle qui, du centre vers l’extérieur, se compose de pyrophyllite (?) aciculaire et radiée, de muscovite lamellaire et de clinozoïsite/pistachite.

 

Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre 3a (mPhsp3a) : Pyroxénite; niveaux de pyroxénite à plagioclase, de gabbro et de norite

Une entité de roches essentiellement pyroxénitiques occupe une zone de ~1,5 km de longueur et 500 m de largeur, à la limite centre-sud du feuillet 22P03 (Chevé et al., 2001). Une intercalation de niveaux plissés, décimétriques à métriques, de pyroxénite, de pyroxénite à plagioclase, de gabbro et de norite la caractérise en affleurement et suggère un rubanement igné. La présence locale d’enclaves et de dykes indique par ailleurs que de la pyroxénite est intrusive dans le gabbro. Le pyroxène dominant de cet ensemble de roches mafiques-ultramafiques est l’orthopyroxène. Dans les faciès peu altérés, il est bordé de hornblende et/ou de biotite verte. Toutefois, l’altération profonde qui l’accompagne communément (pseudomorphose ou recristallisation oblitérant totalement la texture initiale) est essentiellement actinolitique. Ces roches font penser à l’unité mPhsp2 de gabbronorite, norite et pyroxénite située à la bordure NW de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre (feuillet 22I14) (Chevé et al., 1999).

 

Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre 3b (mPhsp3b) : Gabbronorite coronitique et gabbro; proportions mineures de leuconorite et d’anorthosite

Au nord du massif de Rivière Magpie-Ouest (mPhsp3), l’unité mPhsp3b définit géographiquement une aire circonscrite d’une dizaine de kilomètres carrés interprétée comme une klippe tectonique dont la semelle intensément mylonitisée a acquis un débit ardoisier et une très grande fissilité (Chevé et al., 2001; Gobeil et al., 2003). L’analyse des données structurales de l’ensemble suggère une flexure synforme E-W acquise postérieurement au chevauchement NNW. La gabbronorite coronitique et le gabbro constituent l’essentiel de cette unité. Localement, ces lithologies sont impliquées dans un litage magmatique subhorizontal, décimétrique à métrique, dans lequel s’interstratifient quelques niveaux de leuconorite et d’anorthosite. À l’approche du décollement basal, le litage subhorizontal persiste et met en évidence des variations de composition dans une séquence de roches essentiellement ultramafiques (Chevé et al., 2001). Ainsi, la distribution générale des lithologies à l’intérieur de la klippe n’est pas sans rappeler l’organisation d’une séquence différenciée à l’intérieur d’un complexe stratifié.

Toutes les lithologies de l’unité mPhsp3b ont préservé, à quelques exceptions près, leur texture magmatique primaire, intersertale ou subophitique (Chevé et al., 2001). Toutefois, celle-ci est en partie oblitérée par les produits d’altération de la composante ferromagnésienne primaire qui envahissent et grugent le plagioclase clair et limpide de la trame initiale. Cette altération profonde et systématique des minéraux ferromagnésiens primaires rend en conséquence précaire toute discrimination précise à l’intérieur de la famille du gabbro. En effet, en lame mince, les reliques d’orthopyroxène sont très rares et les inclusions de Schiller constituent le critère de reconnaissance le plus certain de sa pseudomorphose. Les reliques d’olivine sont également rares, mais repérables grâce à leur altération en iddingsite craquelée de teinte brun orangé. Finalement, les reliques de clinopyroxène sont communément masquées par l’intensité du remplacement de ce minéral par des agrégats de petits cristaux enchevêtrés de hornblende verte et/ou d’actinote.

La texture coronitique de la gabbronorite et de la leuconorite est clairement reconnaissable en affleurement (Chevé et al., 2001). En lame mince, elle se concrétise par un cœur d’aiguilles incolores et enchevêtrées de trémolite/actinote, avec en quelques endroits de la biotite brune, qui semble délimiter le grain primaire. Une couronne aciculaire et radiée d’actinote bleu-vert clair entoure l’agrégat central et bourgeonne profondément à l’intérieur du plagioclase. Là où l’altération est prononcée, l’organisation interne de ces agrégats est plus floue et du carbonate en envahit le cœur. Dans ce contexte, l’incertitude liée à la reconnaissance de la minéralogie primaire et l’organisation interne des textures coronitiques permettent d’envisager la possibilité que certaines des roches coronitiques classées dans la gabbronorite ou le leucogabbro soient en fait de la (leuco-)troctolite.

Un assemblage de cristaux prismatiques et enchevêtrés de hornblende verte, d’actinote et de biotite brune pseudomorphose la minéralogie primaire du gabbro dans son habitus interstitiel ou subophitique (Chevé et al., 2001). Cette paragenèse secondaire permet de distinguer minéralogiquement, en lame mince, le gabbro de la gabbronorite. Sur le terrain, cette distinction se concrétise par une teinte générale vert sombre du gabbro, alors que la gabbronorite évolue dans des teintes vertes moins intenses et plus brunâtres. La minéralogie accessoire du gabbro consiste en minéraux opaques, en titanite (grain isolé ou couronne réactionnelle autour de minéraux opaques) et en apatite. Chacune de ces phases est communément à l’état de traces ou n’excède pas 1 ou 2 %. Quelques niveaux décamétriques font exception et exhibent jusqu’à 10 % d’ilménite et 2 à 8 % d’apatite.

Malgré une apparence générale massive et à la différence du gabbro (sens large), la texture des roches ultramafiques est totalement oblitérée par la minéralogie secondaire (Chevé et al., 2001). Un feutrage de chlorite (clinochlore) et de trémolite au travers duquel percent quelques xénoblastes de carbonate caractérise ces roches en lame mince. La minéralogie est complétée par 1 à 2 % de minéraux opaques en grains irréguliers, communément pœcilitiques.

 

Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre 4 (mPhsp4) : Monzonite et monzonite quartzifère à pyroxènes (mangérite); proportions moindres de charnockite, granite, granodiorite, diorite, jotunite et gabbro

La mangérite et les roches associées (jotunite, ferrogabbro, charnockite et syénite à hypersthène) forment la bordure des massifs anorthositiques de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre (mPhsp1), mais également des anorthosites de Rivière-au-Tonnerre et de Lac Allard (Madore et al., 1999; Verpaelst et al., 1999b; Gobeil et al., 2003). La mangérite en constitue le lithofaciès principal, les autres types de roches ne représentant que des variations locales. Leurs équivalents dépourvus d’orthopyroxène comme la monzonite, la monzonite quartzifère, le granite et le monzogabbro quartzifère sont également observés (Madore et al., 1999; Verpaelst et al., 1999b). Les limites entre les différents types de roche de l’unité mPhsp4 ne sont pas des contacts intrusifs francs, mais plutôt des limites transitionnelles entre les faciès lithologiques. La distribution des couronnes mangéritiques peut être tracée assez facilement grâce aux anomalies magnétiques positives qui les accompagnent et que l’on ne retrouve pas dans l’anorthosite (Gobeil et al., 2003).

L’unité mPhsp4 renferme une dizaine de types lithologiques qui reflètent, chacun, un degré d’évolution magmatique spécifique (Madore et al., 1999; Verpaelst et al., 1999b). Les types les plus communs, c’est-à-dire la mangérite, la mangérite quartzifère, la charnockite, ainsi que leurs équivalents dépourvus de pyroxènes, monzonite, monzonite quartzifère et granite, ont été observés partout et totalisent, à eux seuls, >80 % de l’ensemble de l’unité mPhsp4. Les lithofaciès les plus riches en plagioclase et en minéraux ferromagnésiens (jotunite, diorite, enderbite, opdalite), les premiers à cristalliser, ainsi que les types les plus leucocrates et les plus potassiques (monzosyénite et granite alcalin avec ou sans olivine ferrifère), les derniers à apparaître, ne s’observent que localement et ne forment que des lentilles de dimensions restreintes. L’une des principales caractéristiques pétrographiques de l’unité mPhsp4 est la présence quasi systématique de mésoperthites dans le plagioclase. Presque tous les types de roches ont subi différents degrés de recristallisation. La mangérite (sens large) est verdâtre à brunâtre, à grain grossier et communément porphyroïde (Gobeil et al., 2003). Elle est déformée à divers degrés et possède une foliation prononcée. En affleurement, la mangérite et les roches qui lui sont associées sont communément altérées et de couleur cassonade (Madore et al., 1999; Verpaelst et al., 1999b).

Quoique les enclaves d’anorthosite soient communes dans la mangérite (Madore et al., 1999; Verpaelst et al., 1999b), on reconnaît, par endroits, des structures intrusives caractéristiques des zones de mélange de magma (Gobeil et al., 2003). Aucun caractère pétrographique ni géochimique ne permet actuellement de relier le magma des massifs anorthositiques (en référence à l’unité mPhsp1) et celui à l’origine de la bordure mangéritique (mPhsp4) (Madore et al., 1999; Verpaelst et al., 1999b). Par endroits cependant, le passage de l’anorthosite à la mangérite est marqué par la présence, dans la mangérite, de mégacristaux décimétriques de plagioclase semblables à ceux présents dans l’anorthosite sous-jacente. Cette relation spatiale indéniable et le caractère plutonique des deux unités suggèrent un lien génétique entre les massifs anorthositiques et leurs enveloppes mangéritiques (Madore et al., 1999; Verpaelst et al., 1999b; Gobeil et al., 2003). Cette notion de contemporanéité est appuyée par les données géochronologiques (Wodicka et al., 2003). D’autre part, à l’échelle régionale, Sharma et Franconi (1975) ont noté, qu’en général, les textures de recristallisation et les structures de déformation sont mieux marquées près des contacts anorthosite-mangérite qu’à l’intérieur des masses elles-mêmes.

Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre 4a (mPhsp4a) : Roches déformées à mylonitiques : monzonite et monzonite quartzifère à pyroxènes (mangérite) ou granite

L’unité mPhsp4a représente les roches de l’unité mPhsp4 (monzonite et monzonite quartzifère à pyroxènes [mangérite], proportions mineures d’amphibolite, de granite, de granodiorite, de diorite, de gabbro ou de gabbronorite) déformées et foliées à mylonitiques (Gobeil et al., 2000; Grant, 2003a). Sur la bordure SW de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre, elle forme une frange entre l’unité mPhsp1, au sud, et les gneiss du Complexe de Manitou, au nord (Gobeil et al., 2000). C’est une roche blanchâtre à beige, de granulométrie fine qui contient des porphyroclastes gris pâle subcentimétriques de plagioclase et de feldspath potassique ainsi que des pyroxènes en lentilles très étirées. Une fabrique planaire d’origine tectonique caractérise les roches de l’unité mPhsp4a. Cette fabrique porte une linéation d’étirement représentée par la recristallisation dirigée du quartz ou des pyroxènes.

 

Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre 5 (mPhsp5) : Ferrogabbro à magnétite, massif à faiblement folié

L’unité mPhsp5 est constituée de ferrogabbro à magnétite, à grain moyen, massif à faiblement folié (Gobeil et al., 2000). Elle forme une unité de faible dimension à l’intérieur de l’unité mPhsp1 qu’elle coupe. Le ferrogabbro possède une signature magnétique élevée. Il est composé de porphyroclastes de clinopyroxène et d’orthopyroxène entourés d’agrégats granoblastiques de pyroxènes ou de hornblende brune. Le plagioclase se présente en porphyroclastes ou il a recristallisé en grains granoblastiques très fins. Le plagioclase magmatique est légèrement turbide. Des couronnes de grenat s’insèrent entre les pyroxènes et le plagioclase. La roche contient également un faible pourcentage de magnétite et d’apatite. Elle apparaît comme un produit évolué de cristallisation riche en fer et en phosphore, typique des ensembles anorthositiques.

 

Épaisseur et distribution

La Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre s’étend sur 210 km selon une orientation NE-SW, de la rivière Manitou au lac Teuaikan, longeant une bonne partie de la rivière Romaine dans sa partie orientale (feuillets 12L05, 12L06, 12L11 à 12L14, coin NW du feuillet 12M02 à partie ouest du feuillet 12M07, coins SW du feuillet 12M10 à coin SW du feuillet 12M14, feuillet 22I06 au coin SE du feuillet 22I11, partie est du feuillet 22I14 au feuillet 22I16, et feuillet 22P01 à partie sud du feuillet 22P03). La largeur NW-SE varie de 30 à 120  km.

 

Datation

La datation Pb-Pb sur zircons d’une anorthosite à grenat (mPhsp1) a livré un âge de cristallisation à 1129 ±3 Ma et un âge d’héritage à 1139 ±2 Ma (Wodicka et al., 2003). Selon ces auteurs, la combinaison des résultats de calcul de la droite discordia et de l’âge des zircons hérités permet de déterminer un âge minimum de 1129 Ma et un âge maximum de ~1139 Ma pour la mise en place de l’anorthosite à grenat de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre. La datation d’une mangérite (mPhsp4) a donné un âge de cristallisation de 1126 +7/-6 Ma (Emslie et Hunt, 1990) similaire à celui de l’âge minimum de cristallisation de l’anorthosite.

Unité Échantillon Système isotopique Minéral/Matériel Âge de cristallisation (Ma) (+) (-) Âge d’héritage (Ma) (+) (-) Âge métamorphique (Ma) (+) (-) Référence(s)
mPhsp1 AG-96-29A Pb-Pb Zircon 1129 *minimum 3 3 1139 2 2 1082 16 16 Wodicka et al., 2003
mPhsp4 EC-84-204 U-Pb Zircon 1126 7 6             Emslie et Hunt, 1990

Relations stratigraphiques

À l’ouest, la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre est en contact avec les roches gneissiques du Complexe de Manitou et avec le granite de Graines. Par ailleurs, l’âge métamorphique obtenu par Wodicka et al. (2003) est identique, aux erreurs près, à celui de zircons métamorphiques provenant de l’amphibolite à grenat-orthopyroxène (1083 ±2 Ma) du Complexe de Manitou. Vers le nord, la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre chevauche le Gabbro de Baune et le Complexe de Canatiche (Chevé et al., 2001). Son flanc NW est parallèle à la Suite anorthositique de Fournier.

À l’est, la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre est adjacente au Complexe de Buit. La nature du contact entre le granite de l’unité mPhsp4 et le granite hétérogène du Complexe de Buit reste encore ambiguë, en partie parce qu’il se trouve dans des zones de cisaillement (Madore et al., 1999; Verpaelst et al., 1999b). Les deux unités granitiques se ressemblent beaucoup sur le terrain, mais en lame mince, le granite de l’unité mPhsp4 est mésoperthitique et cryptoperthitique, alors que celui du Complexe de Buit ne l’est pas. Enfin, au sud dans la région de Havre-Saint-Pierre, la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre est recouverte en discordance par la Formation de Romaine de la Plate-Forme du Saint-Laurent.

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Publications accessibles dans SIGÉOM Examine

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Autres publications

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Citation suggérée

Ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF). Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre. Lexique stratigraphique du Québec. https://gq.mines.gouv.qc.ca/lexique-stratigraphique/province-de-grenville/suite-anorthositique-de-havre-saint-pierre [cité le jour mois année].

 

Collaborateurs

Première publication

Céline Dupuis, géo., Ph. D. celine.dupuis@mrnf.gouv.qc.ca (rédaction)

Philippe Pagé, géo., Ph. D. (coordination et lecture critique); Simon Auclair, géo., M. Sc. (révision linguistique); André Tremblay (montage HTML).

16 mars 2026