Anorthosite de Lac Allard
Étiquette stratigraphique : [mpro]alr
Symbole cartographique : mPalr
 

Première publication :  
Dernière modification :
Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
mPalr3 Jotunite litée, communément magnétique
mPalr3a Jotunite et mangérite
mPalr2 Ilménitite, ilménitite noritique
mPalr1 Anorthosite; proportions moindres de leuconorite, de norite, de gabbro, de gabbro à olivine et de troctolite
mPalr1b Gabbro
mPalr1a Leuconorite, norite, norite à ilménite et anorthosite
 
Auteur(s) :
Hocq, 1982
Âge : Mésoprotérozoïque
Stratotype :
Aucun
Région type :
Région du lac Allard (jonction des feuillets SNRC 12L11 et 12L12)
Province géologique :
Subdivision géologique :
Lithologie : Anorthosite, leuconorite, ilménitite, jotunite
Catégorie :
Lithodémique
Rang :
Lithodème
Statut : Formel
Usage : Actif

Historique

Le long de la portion sud de la rivière Romaine (partie est du feuillet SNRC 12L05, partie ouest du feuillet 12L06, feuillet 12L11 et coin SE du feuillet 12L12), Retty (1942, 1944) définit la « Série Morin » pour décrire de l’anorthosite, localement riche en ilménite, et quelques petites étendues de leucogabbro ([gabbro anorthositique dans le texte original]; voir tableau ci-dessous). Une vingtaine d’années plus tard, Dépatie (1966, 1967) cartographie de l’anorthosite verte et de l’anorthosite rose dans le feuillet 12L06. Franconi et Sharma (1973) et Sharma et Franconi (1975), puis Avramtchev (1984) associent ces roches à une unité régionale d’anorthosite et de leucogabbro [anorthosite et anorthosite gabbroïque dans le texte original]. Ces auteurs distinguent également la présence de minéralisation dans le secteur des lacs Allard et Puyjalon (coins SW et SE des feuillets 12L11 et 12L12, respectivement) qui correspond à l’anorthosite riche en ilménite de Retty (1942, 1944). Hocq (1982) introduit de façon informelle le « massif anorthositique du lac Allard » pour décrire l’anorthosite de la région du lac éponyme ainsi que des unités moindres de leuconorite, de norite, de norite à ilménite, d’ilménitite noritique, d’ilménitite, de jotunite et d’enderbite ainsi que de mangérite et de charnockite (voir tableau ci-dessous). Dans leur étude régionale du feuillet 12L, Indares et Martignole (1987, 1993) réfèrent à l’anorthosite comme l’« Anorthosite de Havre-Saint-Pierre » en référence à la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre. Ils distinguent également une petite unité de monzonite.

Dans les travaux de compilation du Ministère du feuillet 12L12, les différentes lithologies reconnues par Hocq (1982) ne sont pas assignées à une unité particulière (Nadeau et Perreault, 1998; voir tableau ci-dessous). Par contre, elles sont assignées à différentes unités de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre (mPhsp) dans les feuillets adjacents (Bilodeau et al., 1999, 2002; Nadeau et Verpaelst, 2000; Perreault et Bilodeau, 2001; voir tableau ci-dessous). Bilodeau et al. (1999, 2002) distinguent cependant le « massif du lac Allard » sur leur carte. Dans leur synthèse de la Moyenne-Côte-Nord, Gobeil et al. (2002, 2003) identifient sept massifs à l’intérieur de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre, dont celui du lac Allard. La datation d’échantillons d’anorthosite provenant de ce massif a fourni un âge d’environ 1061 Ma, nettement plus jeune que celui de l’anorthosite de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre, datée à environ 1129 Ma (van Breeman et Higgins, 1993; Morisset et al., 2009). Pour cette raison, le massif du lac Allard a été retiré de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre et a été formellement nommé Anorthosite de Lac Allard dans le cadre de la rédaction de cette fiche stratigraphique. Le nom fait référence au lac Allard, situé à la jonction des feuillets 12L05, 12L11 et 12L12.

Unité actuelle

Gobeil et al., 2002, 2003

(feuillets 12L, 22I)

Perreault et Bilodeau, 2001

(feuillet 12L05)

Nadeau et Verpaelst, 2000

(feuillet 12L06)

Bilodeau et al., 1999, 2002

(feuillets 22I08-22I09)

Brisebois et al., 1999); Madore et al., 1999

(feuillet 12L11)

Nadeau et Perreault, 1998

(feuillet 12L12)

Indares et Martignole, 1987, 1993

(feuillet 12L)

Hocq, 1982

(coin NE du feuillet 12L05, partie ouest du feuillet 12L11, partie est du feuillet 12L12)

Franconi et Sharma, 1973; Sharma et Franconi, 1975; Avramtchev, 1984

(feuillets 12L, 22I)

Dépatie, 1966, 1967

(feuillet 12L06)

Retty, 1942, 1944

(partie est du feuillet 12L05, partie ouest du feuillet 12L06, feuillet 12L11, coin SE du feuillet 12L12 – rivière Romaine S)

mPalr1 SAHSP *massif de Lac Allard : anorthosite, leuconorite, norite, gabbro, pyroxénite mPhsp1 : anorthosite, petites étendues de gabbro-anorthosite, anorthosite riche en ilménite mPhsp1 : anorthosite mPhsp1 : unité non différenciée d’anorthosite, de leuconorite et, en moindres quantités, de norite et de gabbro *massif du lac Allard mPhsp1 : anorthosite hololeucocrate (>90 %) partiellement ou totalement recristallisée avec des quantités moindres de gneiss anorthositique, de leuconorite, de norite, de gabbro, de gabbro à olivine et de troctolite I3Ga :  Anorthosite, anorthosite gabbroïque


I3G :  Anorthosite

Anorthosite de Havre-Saint-Pierre massif anorthositique du lac Allard : Anorthosite (1) Anorthosite, anorthosite gabbroïque (8) Anorhosite verte, anorthosite rose (4) Série Morin : anorthosite, quelques petites étendues de gabbro anorthositique, anorthosite riche en ilménite
mPalr1a SAHSP *massif de Lac Allard : Anorthosite, leuconorite, norite, gabbro, pyroxénite mPhsp2 : leuconorite       I3P I3J I3Ja : leuconorite, norite, norite à ilménite   Leuconorite (2)


Norite (3)


Norite à ilménite (4)


Ilménitite-norite, norite-ilménitite (5)

    Série Morin : anorthosite, quelques petites étendues de gabbro anorthositique, anorthosite riche en ilménite
mPalr1b SAHSP *massif de Lac Allard : anorthosite, leuconorite, norite, gabbro, pyroxénite mPhsp8 : gabbro             Gabbro, métagabbro, amphibolite (10)    
mPalr2 SAHSP *massif de Lac Allard : anorthosite, leuconorite, norite, gabbro, pyroxénite mPhsp5 : ilménitite, ilménitite noritique     mPhsp5 : ilménitite massive ou finement laminée, ilménitite noritique I4Z1a : ilménitite, ilménitite noritique


IaZ1b : ilménitite-norite, norite-ilménitite

Non cartographiée Ilménitite-norite, norite-ilménitite (5)


Ilménitite, ilménitite noritique (6)

Anorthosite, anorthosite gabbroïque (8) *minéralisation   Série Morin : anorthosite, quelques petites étendues de gabbro anorthositique, anorthosite riche en ilménite
mPalr3 SAHSP *massif de Lac Allard : anorthosite, leuconorite, norite, gabbro, pyroxénite       mPhsp6 : jotunite (I2P) communément magnétique avec un litage primaire bien défini     Jotunite-enderbite (7) Anorthosite, anorthosite gabbroïque (8)   Non cartographiée
mPalr3a SAHSP *massif de Lac Allard : anorthosite, leuconorite, norite, gabbro, pyroxénite mPhsp6a : jotunite-enderbite         Monzonite Jotunite-enderbite (7)


Mangérite, charnockite (8)

Anorthosite, anorthosite gabbroïque (8)   Série Morin : anorthosite, quelques petites étendues de gabbro anorthositique, anorthosite riche en ilménite

Description

L’Anorthosite de Lac Allard est constituée principalement d’anorthosite et de leuconorite avec des proportions moindres de norite, de gabbro, de gabbro à olivine et de troctolite (mPalr1). Dans la partie orientale de l’intrusion, dans la région des lacs Allard et Puyjalon, des bandes ou des lentilles d’ilménitite et d’ilménitite noritique (mPalr2) se trouvent à proximité de l’enveloppe de jotunite (mPalr3). Ce secteur est l’hôte de plusieurs zones minéralisées en Fe-Ti.

L’examen microscopique de >80 lames minces de divers types de roches de l’Anorthosite de Lac Allard a permis d’observer leur degré de recristallisation respectif (Hocq, 1982). La plupart des roches foncées minéralisées (norite à ilménite, norite à magnétite, ilménitite noritique, etc.) sont un peu moins recristallisées que les roches les plus pâles qui constituent l’essentiel (>98 %) de l’intrusion. Le plagioclase (andésine antiperthitique/labrador), les pyroxènes (hypersthène, augite) et les minéraux opaques (hémo-ilménite/magnétite) sont les principaux minéraux dont les caractéristiques morphologiques permettent de décrire l’état d’avancement de la recristallisation. À cause de son abondance, et de son ubiquité, le plagioclase est le minéral privilégié dans l’étude des textures secondaires dues à la recristallisation.

Tous les cristaux de plagioclase présentent des déformations ou ont été recristallisés, alors que les porphyroclastes de plagioclase sont peu ou pas turbides (clouded). Il ne reste pratiquement aucun cristal idiomorphe intact contemporain de la phase magmatique (Hocq, 1982). Là où la recristallisation de la roche n’est pas trop avancée, l’orientation planaire initiale des cristaux originels de plagioclase (S0) a été préservée par endroits puisqu’une bonne partie des porphyroclastes de plagioclase sont allongés ou étirés parallèlement les uns aux autres. La recristallisation se manifeste principalement et premièrement par la fracturation (formation de sous-grains) et le réagencement optique des cristaux originels en de plus petits cristaux (1 à 8 mm de longueur, localement plus), subrectangulaires et à bordures soit ondulantes, soit légèrement dentelées. Il est commun d’observer des fragments de cristaux originels qui possèdent encore la même orientation optique, mais qui sont séparés par des cristaux de forme et de taille similaires, mais d’orientation différente, morphologiquement et optiquement.

Certains cristaux de plagioclase sont conservés presque intacts, mais fléchis ou fracturés, avec développement de macles d’origine mécanique et de minces joints de microcristaux polygonaux. Plusieurs fragments de porphyroclastes présentent des macles de déformation en coin et des zones de fracture étroites où se forment de très petits cristaux prismatiques, sans déplacement relatif. La polygonisation reste peu développée et les points triples avec nouveaux cristaux triangulaires ne sont pas systématiques. Les minéraux opaques, principalement l’hémo-ilménite, se trouvent en petits cristaux interstitiels. Les petits pyroxènes sont peu recristallisés, tandis que les plus grands sont légèrement déformés, fracturés ou simplement cassés en deux ou trois morceaux. Des kinks apparaissent ici et là, principalement dans les phénocristaux d’hypersthène (Hocq, 1982).

À un stade avancé de la recristallisation, les formes du plagioclase originel ont presque disparu, ne laissant qu’un agrégat de cristaux trapus tendant vers une forme polygonale, sans l’atteindre parfaitement (Hocq, 1982). Les contours des cristaux sont légèrement incurvés et ondulants, mais plus la polygonisation est marquée, plus les contours des cristaux deviennent rectilignes. Le diamètre moyen de ces cristaux varie généralement de 0,5 à 3 mm. Les pyroxènes ne sont guère plus recristallisés que dans le cas précédent, tandis que les minéraux opaques, généralement légèrement étirés parallèlement à S0, sont plus ou moins finement recristallisés. En affleurement, la roche est partout homogène, à grain moyen et renferme encore des porphyroclastes de plagioclase bleuté. Elle n’a pas encore l’aspect saccharoïdal typique des roches recristallisées.

 

En présence d’une polygonisation généralisée, la roche présente une granulométrie homogène, fine à moyenne (≤1 mm) (Hocq, 1982). En affleurement, la texture saccharoïdale, typique des gneiss anorthositiques à noritiques, se rencontre aussi dans des roches très fortement recristallisées qui ne sont pas de véritables gneiss. En lame mince, la polygonisation affecte tous les minéraux, y compris les pyroxènes et l’amphibole. Les points triples sont nombreux, et les cristaux deviennent polygonaux et équigranulaires. Les minéraux ferromagnésiens apparaissent en minces rubans discontinus parallèlement à S0 et/ou S1, et le plagioclase est généralement dépourvu des aiguilles de rutile caractéristiques des cristaux peu ou non recristallisés. La réorganisation des cristaux à l’échelle microstructurale s’est produite à l’état solide, sous des conditions de température et de pression élevées, bien après la phase magmatique, lors de l’insertion de l’intrusion anorthositique dans la croûte sialique. Ce processus a probablement été accentué pendant le plissement de la couverture gneissique environnante, contribuant à la formation des gneiss anorthositiques à noritiques du secteur méridional de l’intrusion.

 

Anorthosite de Lac Allard 1 (mPalr1) : Anorthosite; proportions moindres de leuconorite, de norite, de gabbro, de gabbro à olivine et de troctolite

L’unité mPalr1 est constituée principalement d’anorthosite hololeucocrate (≤10 % de minéraux ferromagnésiens) à andésine (An38-45) et de quelques occurrences de leuconorite-norite non cartographiables à l’échelle de la carte (Hocq, 1982; Madore et al., 1999). L’anorthosite commune est une roche massive, partiellement à totalement recristallisée, qui était originellement de granulométrie grossière à très grossière (Hocq, 1982). À la limite, elle est transformée en un véritable gneiss. Dans les roches anorthositiques, le rubanement magmatique, préservé à plusieurs endroits, a été transposé à divers degrés et oblitéré par une foliation ou une gneissosité subparallèle au rubanement magmatique ainsi qu’au contact du massif (Hocq, 1982; Madore et al., 1999). La couleur de l’anorthosite varie de bleutée, dans les faciès les moins recristallisés, à grisâtre, blanchâtre, rose et même verdâtre dans les faciès les plus recristallisés et gneissiques.

Les porphyroclastes de plagioclase (>20 %, 65 % localement) sont généralement gris-bleu pâle à gris-bleu et varient entre 1 et 4 cm de diamètre, mais peuvent atteindre 30 cm de diamètre, voire 60 cm par endroits. La composition moyenne du plagioclase correspond à l’andésine calcique (An46) (Hocq, 1982; Gobeil et al., 2003). Par contre, on trouve des phénocristaux de labrador (An50-65) à plusieurs endroits, ce qui laisse sous-entendre que des radeaux ou des blocs d’anorthosite à labrador non identifiables sur le terrain puissent être présents dans l’Anorthosite de Lac Allard et former des niveaux lenticulaires (Hocq, 1982). Les porphyroclastes baignent dans une matrice blanc cassé à rose très pâle, localement légèrement verdâtre et de granulométrie plus ou moins fine (0,1 à 3 mm en moyenne). L’aspect saccharoïdal caractéristique de la matrice découle de la forme polygonale des cristaux de plagioclase à la suite de la recristallisation. Généralement, la granulométrie de la roche tend à être homogène sur d’assez grandes superficies, tant en ce qui concerne les phénocristaux que les cristaux de la matrice. Le plagioclase est antiperthitique et une infime proportion de feldspath potassique semble avoir migré vers la suture entre les grains de plagioclase, là où la déformation est plus intense. Le quartz peut même être présent localement (<1 %) (Madore et al., 1999).

Les pyroxènes sont rares, sauf dans la norite (Hocq, 1982; Madore et al., 1999). Lorsqu’ils sont présents, ils sont généralement fins (0,5 mm à 3 cm), pœcilitiques et interstitiels, quoiqu’ils se présentent par endroits de façon prismatique (Hocq, 1982). Des phénocristaux de 10 à 30 cm ont été observés très localement. Malgré le degré de recristallisation assez élevé de la roche qui les contient, ils sont à peine recristallisés et ont conservé leurs formes originelles. En dépit de sa faible abondance et de sa petite taille, l’orthopyroxène, par le relief qu’il produit sur la roche, est le minéral qui permet le mieux de percevoir l’orientation du plan de rubanement primaire de la roche. La hornblende verte et la biotite, toutes deux d’origine métamorphique, sont les minéraux ferromagnésiens les plus communs (Madore et al., 1999). L’ilménite apparaît ici et là en cristaux trapus (0,5 à 1 mm) recristallisés à proximité de points triples (Hocq, 1982; Madore et al., 1999). La magnétite se présente communément sous la forme de cristaux isolés assez grossiers (1 mm à 1 cm) ou sous la forme d’agrégats pœcilitiques interstitiels (1 à 6 cm) (Hocq, 1982). L’apatite est rare (Madore et al., 1999).

Plusieurs variétés d’anorthosite ont été définies par Hocq (1982). L’anorthosite étoilée consiste en une roche hololeucocrate à grands cristaux de plagioclase (disposés en patte d’oie), entre lesquels cristallisent, ici et là et à intervalles réguliers, des cristaux pœcilitiques de pyroxène (hypersthène) accompagnés de cristaux de plagioclase plus petits. L’anorthosite gloméropœcilitique ovoïde consiste en petits corps leuconoritiques (5 à 15 cm) à grain moyen qui s’individualisent localement dans de l’anorthosite hololeucocrate. Elle forme, par endroits, des bandes assez longues (quelques dizaines à quelques centaines de mètres); plus communément, elle se présente en petites masses non cartographiables de quelques dizaines de mètres de diamètre. Ces corps leuconoritiques sont peu déformés et distants les uns des autres de 10 cm à quelques décimètres, parallèlement ou non au rubanement magmatique primaire. Cette leuconorite est considérée comme du liquide silicaté concentré entre les cristaux de plagioclase au cours de la cristallisation. L’ilménite et la magnétite en sont généralement absentes.

L’anorthosite feuilletée est caractérisée par la présence systématique d’une lamination ignée qui souligne le rubanement S0 de la roche (Hocq, 1982). Cette lamination est définie par l’orientation planaire des phénocristaux de plagioclase, dont une bonne proportion a été recristallisée (50  %), et par une variation de la proportion des minéraux ferromagnésiens. De minces rubans de 1 à 10  cm dominés par du plagioclase et totalement dépourvus de minéraux ferromagnésiens et d’opaques alternent avec de minces rubans (1 à 5  cm) légèrement enrichis en minéraux ferromagnésiens (orthopyroxène) et où les minéraux opaques sont rares. Ces rubans, légèrement plus foncés, ont surtout une composition d’anorthosite mélanocrate (5 à 10  % de minéraux ferromagnésiens), plus rarement de leuconorite (10 à 15  % de minéraux ferromagnésiens). Légèrement étirés, ces rubans (d’anorthosite mélanocrate ± leuconorite) sont beaucoup plus recristallisés que les niveaux hololeucocrates et renferment très peu de porphyroclastes de plagioclase. Communément, ils apparaissent en creux sur la roche à cause de l’altération différentielle provoquée par la présence des minéraux ferromagnésiens. Cette altération produit l’aspect feuilleté propre à ce faciès lithologique.

Le gneiss anorthositique se rencontre surtout dans le secteur sud de l’unité mPalr1 (Hocq, 1982). La roche est rubanée et foliée, généralement à grain fin à moyen (<2 mm) et a conservé très peu de porphyroclastes de plagioclase orientés parallèlement aux plans S1 (S0 transposés parallèlement à eux-mêmes). Le plagioclase montre partout une texture saccharoïdale. Les minéraux ferromagnésiens (surtout constitués par l’orthopyroxène) sont recristallisés et profilés parallèlement aux plans S1, voire même S2 (le plan axial des plis) qu’ils soulignent particulièrement. La biotite secondaire est beaucoup plus abondante dans le gneiss anorthositique (et localement leuconoritique) que dans les autres faciès anorthositiques. Par ailleurs, l’anorthosite hololeucocrate recristallisée possède une couleur et une patine différentes en fonction de l’intensité de la recristallisation. Ainsi, le long du segment de la rivière Octave situé en aval du lac Octave, des rubans concordants (ou bandes lenticulaires) d’anorthosite fortement recristallisée (granulométrie <1 à 3 mm), à patine blanc cassé, alternent tous les 20 à 30  cm avec de l’anorthosite assez grossière (3 à 8 mm) et à patine bleutée. Ces bandes peuvent être prises à tort pour des enclaves. En fait, il s’agit là de pseudoenclave, c.-à-d. d’un artefact.

Localement, l’unité mPalr1 est caractérisée par la présence d’enclaves d’anorthosite communément polygonales, trapues ou allongées et dont les dimensions variant de 50  cm à plusieurs mètres (Hocq, 1982). La plupart sont roses (cassure et patine), à grain fin et saccharoïdales. Elles sont constituées d’anorthosite hololeucocrate qui contient une proportion très mineure de minéraux ferromagnésiens fins (<3 % d’orthopyroxène) et pratiquement aucune trace de minéraux opaques (ilménite ou magnétite). Les enclaves, rubanées ou foliées, montrent communément un angle de quelques degrés jusqu’à 90° par rapport au rubanement primaire de la roche encaissante. La plupart sont constituées de plagioclase beaucoup plus calcique (An50-65) que le plagioclase antiperthitique (An40-50) de la roche encaissante. Ces enclaves se distribuent de façon aléatoire et dispersée dans le massif anorthositique, quoique l’on connaisse des concentrations locales.

En lame mince, toutes les roches anorthositiques sont plus ou moins fortement recristallisées (Hocq, 1982). Le plagioclase est presque exclusivement de l’andésine antiperthitique, mais dans quelques enclaves et plusieurs niveaux quasiment impossibles à identifier sur le terrain, le plagioclase est du labrador (An50-70) et, dans certains cas, de la bytownite sodique (An70-75). L’andésine est par endroits faiblement, par endroits fortement antiperthitique. Les gouttelettes de feldspath potassique sont finement ou largement développées selon les endroits. La plupart des cristaux d’andésine renferment de tout petits cristaux (≤0,01 mm) de rutile; ceux de labrador ou de bytownite en renferment aussi, mais beaucoup moins. Le plagioclase est habituellement frais; rares sont les cristaux qui montrent des traces de séricite. Aucun autre minéral d’altération (scapolite ou épidote) n’a été observé. Le feldspath potassique n’a pas été observé comme phase libre, sauf là où la recristallisation a forcé la composante feldspath potassique à migrer à l’extérieur des plagioclases. Seules de petites zones de myrmékite (0,5 à 2 mm) se rencontrent ici et là entre les cristaux d’andésine antiperthitique. Comme ces zones de myrmékite ne sont pas du tout recristallisées ou déformées, il semble donc qu’elles se soient développées au cours ou à la fin de la recristallisation du massif anorthositique. Le quartz est absent de la plupart des roches. Il a été observé à quelques rares reprises dans de l’anorthosite à andésine, sous la forme de petits grains interstitiels interlobés.

Dans l’anorthosite leucocrate, les deux pyroxènes (hypersthène, augite) ont cristallisé seuls ou simultanément; l’hypersthène est le plus communément observé (Hocq, 1982). Ils sont par endroits fins (<0,1 à 1 mm), par endroits relativement grossiers (~1 à 5 mm) et sont généralement trapus et idiomorphes. Les cristaux pœcilitiques interstitiels sont assez rares. On note communément que les plus petits cristaux ne sont pas recristallisés et que les plus grands le sont faiblement. L’hypersthène est communément brisé et des kinks s’y développent; la plupart des grands cristaux d’hypersthène renferment d’abondantes inclusions de Schiller. Par endroits, l’hypersthène est partiellement entouré de biotite brun foncé, tout comme les minéraux opaques. La hornblende est rare et se rencontre principalement dans le gneiss anorthositique du sud, sous la forme de tous petits cristaux idiomorphes. Le spinelle est rare, tout comme le rutile; ils tendent à cristalliser près des minéraux opaques (hémo-ilménite). Les petits cristaux sont polygonaux.

De nombreux corps lenticulaires leuconoritiques à noritiques comparables à ceux de l’unité mPalr2 affleurent dans l’anorthosite (Hocq, 1982). Ils sont difficilement cartographiables comme tels, à cause de leur faible étendue; ce ne sont généralement que des lentilles ne dépassant guère 50  m². Il est donc difficile d’en faire, de façon objective, une zone cartographiable particulière. Toutefois, une bonne partie des lentilles sont en position subparallèle au rubanement primaire régional observé dans des affleurements avoisinants. En plan, ces lentilles épousent communément une forme compacte ou un peu amœbiforme; quelques-unes sont cependant étroites et étirées sur une ou plusieurs dizaines de mètres parallèlement au rubanement S0. La roche, habituellement massive et homogène, peut montrer un rubanement primaire fruste souligné par une faible différence d’indice colorimétrique, couplée ou non à une différence de granulométrie. La roche est de granulométrie fine (Opx ≤ 2 mm), moyenne (Opx 2 à 10 mm), grossière (Opx >10 à 30 mm) ou très grossière (Opx ≥ 3 cm, mais communément <8 cm). Le faciès pegmatitoïdique, où le diamètre des pyroxènes est >10 cm, est rarissime. Ceux-ci, d’une texture pœcilitique interstitielle, sont plutôt isolés et rarement agglomérés en « îlots ». Les minéraux opaques (ilménite/magnétite) sont rares.

Deux affleurements de roches à olivine, de composition variant d’un gabbro à olivine à une leucotroctolite, ont été observés dans l’Anorthosite de Lac Allard (Hocq, 1982). En affleurement, la roche présente un aspect soit massif, soit faiblement rubané. Elle est homogène, généralement fraiche, gris-vert, mésocrate et à grain moyen (1 à 2 mm). Altérée, elle arbore une teinte cassonade et tend à s’effriter assez facilement. En lame mince, ces roches se composent principalement de plagioclase, d’olivine, d’amphibole verte, de spinelle, de clinopyroxène et de minéraux opaques. Elles possèdent un assez grand degré de polygonisation. Le plagioclase (labrador, An65-68) se présente communément sous la forme de cristaux polygonaux qui renferment quelques petites aiguilles de rutile. Il ne subsiste que très peu de porphyroclastes de plagioclase (1 à 3 mm). L’olivine (0,1 à 1 mm) de la leucotroctolite est communément hypidiomorphe; les cristaux ne sont pas recristallisés et sont parcourus par de minces veinules de magnétite.

Les cristaux d’olivine sont tous entourés par une mince couronne complexe (corona) constituée d’enveloppes concentriques d’orthopyroxène et de clinopyroxène/amphibole verte ainsi que d’amphibole verte et de spinelle (Hocq, 1982). Dans le cas idéal, la couronne interne d’orthopyroxène est généralement mince et constituée de tout petits cristaux. Elle est subcontinue et suivie par une couronne complète de clinopyroxène ou, plus communément, d’amphibole verte dont les cristaux polygonaux sont plus ou moins finement à moyennement grenus. Une proportion mineure de spinelle vert cristallise entre ces cristaux d’amphibole. La couronne externe est communément constituée d’un assemblage intime ou d’une symplectite d’amphibole verte et de spinelle vert finement grenus. Plus rarement, on observe la présence d’un peu de chlorite ou de biotite verdâtre dans la zone externe de cette texture kélyphitique. L’amphibole verte et le spinelle sont communément les seules phases qui entourent les cristaux d’olivine les plus petits. 

À quelques endroits, l’olivine est enserrée par de grands cristaux d’hypersthène entre lesquels s’individualisent de petits cristaux de spinelle vert; de l’amphibole vert-brun cristallise ensuite sous la forme de grands individus (0,5 mm) (Hocq, 1982). Dans la leucotroctolite, de nombreux cristaux d’olivine ont été totalement transformés en orthopyroxène ou en amphibole verte, accompagnés de spinelle. Dans le gabbro à olivine, l’olivine est parcourue par un réseau de fractures remplies de bastite et/ou de magnétite. Elle est communément enserrée avec des cristaux primaires de spinelle vert et d’opaque (magnétite) et par des cristaux hypidiomorphes de taille moyenne à relativement grossière de clinopyroxène primaire, frais et peu recristallisés. Le clinopyroxène d’origine magmatique est rarement entouré par une mince frange discontinue de hornblende vert foncé, tandis que les minéraux opaques sont communément séparés du plagioclase par une bordure subcontinue de hornblende brune réactionnelle de taille moyenne. Aussi bien dans la leucotroctolite que dans le gabbro à olivine, le rubanement primaire d’origine ignée (S0) est souligné par l’allongement préférentiel et systématisé des plages de minéraux ferromagnésiens et opaques.

 

Anorthosite de Lac Allard 1a (mPalr1a) : Leuconorite, norite, norite à ilménite et anorthosite

Quelques unités leuconoritiques à noritiques (mPalr1a) affleurent sur le plateau situé entre le lac Allard et la rivière Mingan (coin SE du feuillet 12L12; Hocq, 1982). Une première bande s’étire sur >1 km de long au sud du lac Rideau et sa largeur varie de 100 à 300 m. La roche est une leuconorite relativement foncée ou, localement, une norite pâle à grain moyen, rarement pegmatitoïdique (Opx ≥5 cm). Aucun rubanement ni aucun litage igné n’y a été décelé. La cristallisation a surtout affecté le plagioclase qui ne forme pas de grands porphyroclastes. Les pyroxènes possèdent systématiquement une texture pœcilitique interstitielle.

Une seconde bande, qui affleure 7 km au nord de la précédente, est beaucoup plus large (1,8 km à l’ouest et 1 km à l’est) et plus longue (~5 km) (Hocq, 1982). Elle comprend une variété de lithologies : leuconorite, norite, norite à ilménite, anorthosite. Globalement, une leuconorite foncée, ou une norite pâle, se trouvent dans les parties nord et sud de la bande, alors que la norite est caractéristique au centre. Dans le nord de la bande, la roche est majoritairement constituée par des niveaux (quelques dm à quelques m de largeur) de leuconorite pâle, homogène et massive alternant avec des niveaux d’anorthosite recristallisée saccharoïdale. L’ilménite est rare dans ces deux bandes. La roche finement rubanée est localement enrichie en ilménite de granulométrie fine à moyenne (1 à 4 mm).

Plusieurs bandes plus ou moins bien cartographiables de leuconorite rubanée d’épaisseurs diverses ont été observées sur les deux rives du lac Puyjalon (coin SW du feuillet 12L11), ainsi que dans la zone au sud de la mine du lac Tio (Hocq, 1982). La roche est une leuconorite pâle, gris verdâtre en surface fraiche et vert pâle en patine d’altération, à grain fin à moyen (Opx <5 mm). Elle présente communément un aspect saccharoïdal et s’effrite facilement quand elle est altérée. Des niveaux de quelques décimètres à quelques mètres de cette roche alternent avec des niveaux plutôt anorthositiques moins altérés et moins friables qui ressortent sur la surface altérée. Sur la rive sud du lac Puyjalon, la leuconorite est majoritairement située sous les principaux niveaux d’ilménitite, sous la forme de niveaux moins épais (30 à 50 cm).

En lame mince, les roches leuconoritiques et noritiques sont principalement composées de plagioclase, d’hypersthène, d’augite et, en proportions moindres, de minéraux opaques (Hocq, 1982). Toutes ces roches présentent un état de recristallisation intermédiaire à avancé. Dans ces roches, le plagioclase est généralement de l’andésine légèrement perthitique, plus rarement du labrador. Les cristaux de plagioclase, transparents et non turbides (clouded), sont généralement de taille moyenne (0,1 à 3 mm) et fine (0,01 à 0,1 mm). L’hypersthène, le pyroxène le plus commun, est généralement de 20 à 50 % plus abondant que l’augite. Il cristallise en de petits cristaux idiomorphes (0,05 à 1 mm), trapus et légèrement recristallisés ou brisés qui possèdent des inclusions de Schiller. De petits kinks sont communément visibles dans les cristaux les plus grands (0,5 à 5 mm), qui sont généralement idiomorphes et rarement pœcilitiques interstitiels. L’hypersthène formes localement de minces bandes mésocrates ou mélanocrates de quelques millimètres à quelques centimètres d’épaisseur, en compagnie d’augite et de minéraux opaques. L’augite, communément prismatique, est plus petite et plus trapue que l’hypersthène; elle est rarement pœcilitique interstitielle. De la biotite brun foncé, petite et trapue, et de la hornblende verte peuvent cristalliser au contact de l’hypersthène ou des minéraux opaques. Des traces d’apatite et de rutile sont observées à proximité des minéraux opaques. Ces derniers consistent généralement en hémo-ilménite; la magnétite est assez rare. Du spinelle vert cristallise localement près de l’hémo-ilménite. L’agencement des cristaux de pyroxène parallèlement les uns aux autres, de même que l’orientation planaire de certains débris de plagioclase et de porphyroclastes, soulignent l’orientation du rubanement primaire (S0) de ces leuconorite et norite. Localement, la biotite souligne la foliation (S1), laquelle est parallèle au rubanement S0

 

Anorthosite de Lac Allard 1b (mPalr1b) : Gabbro

Une unité de gabbro a été différenciée en carte dans la région du lac du Gros Diable (partie ouest du feuillet 12L05; Sharma et Franconi, 1975; Avramtchev, 1984; Perreaut et Bilodeau, 2001).

 

Anorthosite de Lac Allard 2 (mPalr2) : Ilménitite, ilménitite noritique

L’ilménitite et, dans une moindre mesure, l’ilménitite noritique constituent le minerai de fer et de titane à haute teneur actuellement extrait à la mine du lac Tio ainsi que les réserves des principaux gisements détenus par la compagnie Fer et Titane (Hocq, 1982). Ces roches noires renferment essentiellement de l’ilménite avec des proportions mineures de pyroxène, de plagioclase et d’apatite ainsi que des traces de sulfures (pyrite, chalcopyrite). Le minerai d’ilménite titre en moyenne à 35 % et jusqu’à 38 % de TiO2. La teneur en titane peut cependant être supérieure à 38 % si la roche contient suffisamment de rutile.

L’ilménitite noritique forme des bandes noirâtres de quelques décimètres d’épaisseur généralement associées aux bandes d’ilménitite massive qui affleurent dans l’anorthosite massive, ou encore dans les zones minéralisées du type de la colline Springer ou du type Mills (Hocq, 1982). Ailleurs, elle se trouve dans les zones mixtes assez étroites qui se présentent de façon épisodique aux épontes ou au toit de grands amas d’ilménitite (p. ex. l’ancienne mine Grader). Cette roche est communément à grain grossier et le plagioclase (8 à 10 %) qu’elle contient lui procure un aspect œillé. Le pyroxène est fin et ne peut être facilement estimé à l’œil nu.

L’ilménitite se présente sous l’aspect d’une roche noir luisant, généralement massive et homogène (Hocq, 1982). Dans les grands amas (gisement du lac Tio, Grader) comme dans les gisements rubanés plus petits (Mills, Springer, etc.), l’ilménitite forme des niveaux d’épaisseur variable (5 à ≥60 cm localement), tantôt massifs, tantôt finement laminés (laminations ignées) et finement rubanés. Par ailleurs, le pendage du rubanement devient plus abrupt le long des épontes des gisements. L’ilménite de l’ilménitite est fine ou très fine ou, localement, mal cristallisée; la forme des cristaux n’apparaît pas à l’œil nu ni à la loupe. C’est le cas de bon nombre de lentilles ou de bandes des gisements exploités et de ceux à basses teneurs. Ailleurs, l’ilménite est de granulométrie fine (<2 mm), moyenne (2 à 5 mm) ou grossière (5 à 15 mm). Elle se présente sous la forme d’un agrégat homogène constitué de cristaux agglomérés qui constituent la totalité d’une bande, d’un ruban ou d’un filon.

L’ilménitite forme des lentilles (de 1 sur 5 cm, 5 sur 30 cm, 10 sur 80 cm), des rubans (5 à 30 cm sur 1 m à quelques mètres), des bandes (50 à 80 cm sur quelques mètres à quelques dizaines ou centaines de mètres), des amas (quelques mètres à quelques dizaines de mètres de diamètre) ou des masses énormes de plusieurs millions ou dizaines de millions de tonnes comme les gisements Grader et du Lac Tio (Hocq, 1982). Elle constitue aussi des filons sécants. Les lentilles d’ilménitite se rencontrent ici et là dans l’anorthosite hololeucocrate (mPalr1), rarement dans la leuconorite ou la norite (mPalr1a). Les lentilles d’ilménitite se présentent sous une forme compacte, ovoïde ou amiboïde. La fréquence des lentilles d’ilménitite tend à augmenter à proximité des bandes, amas ou gisements principaux, où elles se transforment en rubans qui serpentent généralement parallèlement au plan de rubanement (S0) de l’anorthosite.

La plupart des bandes d’ilménitite se développent généralement parallèlement au rubanement de l’anorthosite; elles sont généralement peu inclinées (10 à 35°) comme dans le gisement de Mills et ondulent légèrement, principalement dans l’anorthosite hololeucocrate (Hocq, 1982). Par ailleurs, dans les gisements du type de la colline Springer, ces bandes plus ou moins bien laminées se poursuivent sur plus d’une centaine de mètres, en conservant pratiquement la même épaisseur, avant de se coincer et de disparaître sous la forme de lentilles ou de minces rubans. Des fractures transversales à ces bandes sont communément remplies par de l’ilménite massive sous la forme de coins ou de filons ondulants, dont les dimensions varient de 5 à 50 cm sur 50 cm à quelques mètres.

Des amas d’ilménitite de tailles intermédiaires se rencontrent par endroits (p. ex. au nord du lac Bat le Diable) (Hocq, 1982). Ce sont des corps trapus, homogènes, généralement finement cristallisés qui ne présentent que l’ébauche d’un rubanement primaire et de laminations magmatiques. Des filons sécants et rectilignes ont été observés à plusieurs reprises. Ces corps, dont la largeur varie de 50 cm à 1,5 m, sont généralement de granulométrie fine à moyenne. Ils sont verticaux ou fortement redressés. Il est bon de noter que l’anorthosite est coupée à plusieurs reprises par de petites failles ou par des joints le long desquels ont généralement cristallisé de petites concentrations de cristaux idiomorphes (1 à 3 cm de diamètre) de magnétite et d’hypersthène d’une part, et d’ilménite, d’autre part.

En lame mince ou en section polie, l’ilménitite apparaît généralement sous la forme d’une roche assez grossière (hémo-ilménite : 0,1 à 5 mm) à texture équigranulaire polygonale (Hocq, 1982). Elle est composée presque exclusivement de cristaux polygonaux non orientés d’hémo-ilménite (≥98 % en général) qui entourent ici et là du spinelle vert, du plagioclase, des pyroxènes, de l’apatite, du rutile, de la biotite et de l’épidote. L’hémo-ilménite est formée d’ilménite dans laquelle sont exsolvées des lamelles d’hématite disposées parallèlement les unes aux autres. L’épaisseur de ces lamelles varie de 0,01 à 0,05 mm et la longueur atteint communément 0,5 à 2 mm selon les dimensions des cristaux. Le spinelle vert se présente généralement sous la forme de cristaux trapus (0,1 à 5 mm), isolés ou groupés en petits amas de quelques millimètres à 1 cm de diamètre. Le plagioclase est rare, finement grenu (<0,1 mm) et généralement légèrement ou fortement zoné. Il est prismatique et légèrement déformé ou recristallisé. Le rutile, l’épidote et la chlorite apparaissent sous la forme de traces. La biotite a cristallisé un peu partout, en petits cristaux trapus et brun foncé. Elle s’est développée aussi dans de petites fractures, en association avec du plagioclase très fin et de l’épidote secondaire.

 

Anorthosite de Lac Allard 3 (mPalr3) : Jotunite litée, communément magnétique

L’Anorthositique de Lac Allard est entourée par une enveloppe constituée de jotunite (mPalr3) dont la largeur varie de 100 m à >600 m. Une autre enveloppe, beaucoup plus large (6 à 8 km), dont la composition est lithologiquement hétérogène, varie d’une mangérite à un granite hololeucocrate (appartenant à la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre, mPhsp4) (Hocq, 1982). En affleurement, la jotunite est habituellement mélanocrate à mésocrate, généralement vert bleuté assez foncé en surface fraiche, brunâtre, rouille ou cassonade en surface altérée, à grain grossier (plagioclase : 0,5 à 1,5 cm), dense et fortement magnétique à bien des endroits. Elle présente un rubanement primaire assez bien défini, surtout dans la zone la plus proche du contact avec l’anorthosite (mPalr1). Dans cette zone, et sur une épaisseur de l’ordre de 20 à 50 m, la jotunite se présente en niveaux réguliers de 30 à 60 cm d’épaisseur, très foncés, particulièrement enrichis en minéraux opaques (magnétite). La roche est composée de grands cristaux de plagioclase étirés parallèlement les uns aux autres dans le plan de rubanement et reliés par une trame de minéraux opaques et de pyroxènes. Cette association se détache très bien sur les surfaces altérées, où la patine blanche des feldspaths tranche très nettement avec la teinte sombre des minéraux ferromagnésiens et des oxydes.

Dès qu’on s’éloigne du contact, la roche devient plus claire et s’appauvrit en oxydes et, dans une moindre mesure, en minéraux ferromagnésiens (Hocq, 1982). Le rubanement perd de sa netteté et les bancs ne sont pas aussi bien délimités que près du contact. Le rubanement (S0) est surtout souligné par l’étirement des feldspaths (plagioclase) ainsi que par quelques minces traînées foncées où se concentrent les minéraux ferromagnésiens et les oxydes (quelques centimètres d’épaisseur sur quelques décimètres à 1 m ou 2 m de longueur). C’est dans cette zone qu’une plus grande proportion de lentilles (ou radeaux) d’anorthosite hololeucocrate sont observées. Ces niveaux lenticulaires (10 m de largeur sur 30 m de hauteur sur 100 m de longueur) sont constitués par de l’anorthosite mauve à grain très grossier (rive ouest du lac Puyjalon au sud de la chute de la rivière Octave) ou par de l’anorthosite blanchâtre très fortement recristallisée (rive ouest du lac Gilles, à l’est du lac Puyjalon).

À plus de 150 m du contact de l’anorthosite, la jotunite commence à changer d’aspect de façon progressive (Hocq, 1982). Certains cristaux de plagioclase (41 % de la roche) deviennent de plus en plus grossiers et présentent progressivement une section subrectangulaire; quelques-uns épousent même une forme œillée. Ils s’étirent parallèlement les uns aux autres et leur taille atteint quelques centimètres. Les minéraux ferromagnésiens et opaques deviennent moins abondants et le quartz commence à être visible à l’œil nu. La roche mésocrate (35 % de minéraux ferromagnésiens et opaques) devient progressivement de la mangérite, une roche plus claire et beaucoup moins magnétique. La jotunite renferme par endroits de minces corps lenticulaires (5 cm sur 20 à 50 cm) mélanocrates qui sont effilés parallèlement au rubanement. Ce matériel mélanocrate constitue par endroits des dykes étroits (20 à 35 cm d’épaisseur) qui serpentent sur quelques mètres dans la jotunite et dans la mangérite, et cela de façon oblique par rapport au rubanement primaire.

En lame mince, la jotunite se présente en général comme une roche leucocrate à mésocrate (25 à 50 % de minéraux ferromagnésiens et opaques), de granulométrie moyenne à relativement grossière (0,5 à 5 mm), composée essentiellement de plagioclase, de deux pyroxènes, de biotite, de minéraux opaques et de proportions mineures de quartz, de feldspath potassique et de zircon (Hocq, 1982). Le trait qui les distingue des norites minéralisées (ilménitite; mPalr2) réside principalement dans la présence de feldspath potassique, de quartz et de zircon. Généralement moins affectée par la recristallisation, la jotunite présente aussi un rubanement primaire visible grâce à la disposition planaire caractéristique des phénocristaux de plagioclase, d’une part, et des cristaux ferromagnésiens et opaques, d’autre part.

Les phénocristaux de plagioclase sont généralement hypidiomorphes à idiomorphes, zonés et antiperthitiques; leur longueur, généralement de 1 à 5 mm, peut atteindre 1 à 5 cm (Hocq, 1982). La plupart présentent une texture antirapakivi. Les cœurs de ces cristaux ont une composition qui varie de l’andésine sodique à de l’oligoclase calcique (An42-20) plus ou moins antiperthitique. Les gouttelettes de feldspath potassique sont généralement assez grandes; les sections subrectangulaires confèrent une apparence de damier au cœur des cristaux. Elles sont entourées par des couronnes plutôt minces de plagioclase antiperthitique plus sodique dont la composition varie de An20 à An5. Les gouttelettes d’antiperthite (≤0,05 mm), à section ovale, sont nombreuses dans la partie externe, la partie la plus sodique de ces couronnes; elles peuvent être totalement absentes dans les plagioclases plus calciques (An35). Les gouttelettes d’antiperthite sont par endroits orientées en continuité optique avec le feldspath potassique localisé directement au contact du plagioclase. Dans la matrice, le plagioclase est assez fin (0,1 à 0,5 mm), hypidiomorphe à xénomorphe, communément polygonal, peu perthitique et de calcicité moindre que celle des phénocristaux (An25-10). Le feldspath potassique est très rare (1 à 2 % de la roche) et lorsque présent, il est généralement interstitiel aux cristaux de plagioclase. Il est communément accompagné de tout petits cristaux de quartz pœcilitiques et xénomorphes formés à la fin du processus de (re)cristallisation.

Les minéraux ferromagnésiens sont principalement représentés par les deux pyroxènes, l’hypersthène étant généralement plus grossier et plus allongé que l’augite qui est plus trapue (Hocq, 1982). Tous les deux sont habituellement frais. L’hypersthène, plus grossier, contient localement des inclusions de Schiller. Une fraction des plus grands cristaux sont partiellement recristallisés ou simplement fracturés; de petits kinks se développent ici et là. Un peu de biotite brun foncé et de hornblende verte s’individualisent sous la forme de petits cristaux dans le voisinage des pyroxènes ou de la magnétite. Cette dernière se présente sous la forme de petits cristaux isolés ou de petits amas légèrement étirés parallèlement au rubanement primaire. Le rutile, rare, et l’apatite, plus abondante, cristallisent avec les minéraux opaques ou à proximité de ceux-ci. Le zircon, qui est caractéristique de la jotunite, est fin et assez bien formé.

 

Anorthosite de Lac Allard 3a (mPalr3a) : Jotunite et mangérite

L’unité mPalr3a se distingue par la présence de roches mangéritiques accompagnant la jotunite (Hocq, 1982). Ces roches mangéritiques décrites par Hocq (1982) correspondent également à celles de la bordure de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre (mPhsp4). D’une façon générale, la mangérite (au sens large) est rubanée, à grain grossier (plagioclase: 0,5 à 3 cm), verdâtre, leucocrate (10 à 25 % de minéraux ferromagnésiens) et modérément quartzique (10 à 20 % de quartz). Le rubanement résulte de l’orientation planaire quasi systématique des cristaux de feldspath, laquelle est soulignée par de minces filets de minéraux ferromagnésiens (pyroxène, hornblende ou biotite) et de minéraux opaques. Le quartz est rarement fumé, mais il présente communément une coloration bleutée caractéristique; il apparaît généralement en relief sur la surface altérée. La roche est généralement altérée et présente la couleur cassonade caractéristique de ce type de roche. Le passage à la mangérite quartzique se fait graduellement et est difficile à noter sur le terrain. Il est cependant assez rapide (sur quelques mètres) entre la mangérite quartzique et la charnockite.

En lame mince, les roches mangéritiques sont composées essentiellement de quartz, de plagioclase, de feldspath potassique, d’hypersthène, d’augite et/ou de hornblende verte et de biotite (Hocq, 1982). Les minéraux accessoires usuels sont les minéraux opaques, l’apatite, le rutile et le zircon. La roche est porphyroïde et la texture varie de hémigranoblastique à hétérogranoblastique interlobée. Généralement, le plan de rubanement primaire (S0) est souligné par l’orientation planaire des phénocristaux de plagioclase, des lentilles de quartz et des amas de minéraux ferromagnésiens et opaques. Les phénocristaux de plagioclase (1 mm à 5 cm) sont généralement fracturés, légèrement zonés et plus ou moins antiperthitiques. Ils consistent en oligoclase et certains d’entre eux sont partiellement ou presque totalement résorbés par le feldspath potassique (mésoperthite) qui les entoure. Dans ce cas, on n’observe que des reliques diffuses de plagioclase. La texture antirapakivi est donc généralisée pour les phénocristaux, sauf dans le cas où ces derniers se présentent dans une matrice composée surtout par du plagioclase. Les cristaux de plagioclase de la matrice sont plus sodiques (An20-5) et ont une tendance à se présenter sous la forme polygonale. Le feldspath potassique forme la mésoperthite qui entoure les phénocristaux de plagioclase, ainsi que des phénocristaux xénomorphes à hypidiomorphes et les cristaux plus petits de la matrice. Il est commun d’observer les macles en treillis du microcline dans la fraction potassique de la mésoperthite. Les cristaux de feldspath potassique de la matrice sont plutôt interlobés. Le quartz cristallise en grandes plages amiboïdes (0,5 à 5 mm) légèrement étirées dans le plan ou en petits cristaux xénomorphes dans la matrice.

La mangérite contient généralement les deux pyroxènes, l’hypersthène étant plus grand et plus abondant que l’augite (Hocq, 1982). Une proportion mineure de hornblende verte et de biotite brune cristallisent autour de ces pyroxènes et des minéraux opaques. Les deux pyroxènes sont généralement trapus; l’hypersthène, rarement recristallisé, renferme relativement peu d’inclusions de Schiller. Du zircon et de l’apatite idiomorphes ainsi que du rutile cristallisent à l’intérieur ou près des plages opaques (magnétite). Toutes ces roches sont habituellement fraiches et le plagioclase n’est que faiblement séricitisé.

 

Épaisseur et distribution

L’anorthosite de Lac Allard est située dans la région allant de l’ouest de la rivière Saint-Jean au lac Puyjalon, en passant par les lacs Manitou et Allard (feuillet 12L05, coin NW du feuillet 12L06, coin SW du feuillet 12L11, feuillets 12L12, 22I08 et 22I09). Elle forme une intrusion ovoïde mesurant ~80 km selon une orientation ENE-WSW et 40 à 45 km perpendiculairement.

 

Datation

La datation U-Pb sur zircons d’échantillons d’anorthosite (mPalr1) a livré des âges de cristallisation à 1061,6 +3/-3,2 Ma et 1060,5 +1,9/-2,8 Ma ainsi qu’un âge de cristallisation minimal à 1057,4 +8,4/-11 Ma pour une anorthosite recristallisée (Morisset et al., 2009). La datation d’une ilménitite observée dans l’anorthosite a par ailleurs donné un âge de cristallisation un peu plus jeune à 1052,9 +6,5/-6,6 Ma.

 
Unité Échantillon Système isotopique Minéral Âge de cristallisation (Ma) (+) (-) Référence(s)
mPalr1 2114-B U-Pb Zircon 1061,6 3 3,2 Morisset et al., 2009
mPalr1 2123-B U-Pb Zircon 1057,4 *minimum 8,4 11 Morisset et al., 2009
mPalr1 2132 U-Pb Zircon 1060,5 1,9 2,8 Morisset et al., 2009
(mPalr2) 2102 U-Pb Zircon 1052,9 6,5 6,6 Morisset et al., 2009

Relations stratigraphiques

L’Anorthosite de Lac Allard est encaissée dans la bordure mangéritique de la Suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre. À l’ouest, ce contact est faillé. L’Anorthosite de Lac Allard est contemporaine de l’Anorthosite de Rivière-au-Tonnerre datée entre 1061 et 1062 Ma (Morisset et al., 2009).

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Publications accessibles dans SIGÉOM Examine

AVRAMTCHEV, L., 1984. CARTE DES GÎTES MINÉRAUX DU QUÉBEC : RÉGION DE LA CÔTE-NORD. MRN; DV 83-14, 27 pages, 19 plans.

BILODEAU, C., GOBEIL, A., GRANT, M., 1999. Compilation géologique 1/50 000, 22I09 – LAC ESNAULT. In: MRNF, 2010. CARTE(S) GÉOLOGIQUE(S) DU SIGEOM – feuillet 22I. CG SIGEOM22I, 13 plans.

BILODEAU, C., GOBEIL, A., GRANT, M., 2002. Compilation géologique 1/50 000, 22I08 – MINGAN. In: MRNF, 2010. CARTE(S) GÉOLOGIQUE(S) DU SIGEOM – feuillet 22I. CG SIGEOM22I, 13 plans.

BRISEBOIS, D., MADORE, L., VERPAELST, P., 1999. Compilation géologique 1/50 000, 12L11 – LAC ALLLARD. In: MRNF, 2010. CARTE(S) GÉOLOGIQUE(S) DU SIGEOM – feuillet 12L. CG SIGEOM12L, 15 plans.

CLARK, T., 2003. Métallogénie des métaux usuels et précieux, des éléments radioactifs et des éléments des terres rares, région de la moyenne Côte-Nord. In: GÉOLOGIE ET RESSOURCES MINÉRALES DE LA PARTIE EST DE LA PROVINCE DE GRENVILLE. MRN; DV 2002-03, 421 pages, 5 plans.

DÉPATIE, J., 1966. GÉOLOGIE DE LA RÉGION DU LAC À L’OURS, COMTÉ DE DUPLESSIS. MRN; DP 167, 81 pages, 2 plans.

DÉPATIE, J.J., 1967. GÉOLOGIE DE LA RÉGION DU LAC À L’OURS, COMTÉ DE DUPLESSIS. MRN; RP 559, 20 pages, 1 plan.

DÉPATIE, J.J., 1967. PRELIMINARY REPORT, GEOLOGY OF L’OURS LAKE AREA, DUPLESSIS COUNTY. MRN; RP 559(A), 20 pages, 1 plan.

FRANCONI, A., SHARMA, K.N.M., 1973. GEOLOGY OF THE RIVIÈRE MAGPIE, RIVIÈRE ST-JEAN AND RIVIÈRE ROMAINE AREA, DUPLESSIS COUNTY: GRENVILLE PROJECT 1970. MRN; DP 128, 74 pages, 1 plan.

GOBEIL, A., BRISEBOIS, D., CLARK, T., VERPAELST, P., MADORE, L., WODICKA, N., CHEVÉ, S., 2003. Géologie de la moyenne Côte-Nord. In: GÉOLOGIE ET RESSOURCES MINÉRALES DE LA PARTIE EST DE LA PROVINCE DE GRENVILLE. MRN; DV 2002-03, 421 pages, 5 plans.

GOBEIL, A., BRISEBOIS, D., CLARK, T., WODICKA, N., VERPAELST, P., CHEVÉ, S., 2002. Carte géologique de la Moyenne-Côte-Nord. In: Cartes préliminaires en couleur des travaux de cartographie et des études 2002-2003. MRN; DV 2002-11, 28 plans.

HOCQ, M., 1982. RÉGION DU LAC ALLARD (COMTÉ DE DUPLESSIS). MRN; DPV 894, 108 pages, 3 plans.

INDARES, A., MARTIGNOLE, J., 1987. ÉTUDE RÉGIONALE DU GROUPE DE WAKEHAM – MOYENNE-CÔTE-NORD. I R E M; MB 87-18, 7 pages, 3 plans.

INDARES, A., MARTIGNOLE, J., 1993. ÉTUDE RÉGIONALE DU SUPERGROUPE DE WAKEHAM – MOYENNE-CÔTE-NORD. MRN; MB 91-21, 74 pages, 3 plans.

MADORE, L., VERPAELST, P., BRISEBOIS, D., HOCQ, M., DION, D.-J., LAVALLÉE, G., CHOINIÈRE, J., 1999. Géologie de la région du lac Allard, 12L/11. MRN; RG 98-01, 39 pages, 1 plan.

NACSN. 1986. CODE STRATIGRAPHIQUE NORD-AMÉRICAIN. MERN. DV 86-02, 76 pages.

NADEAU, J., PERREAULT, S., 1998. Compilation géologique 1/50 000, 12L12 – LAC CUGNET. In: MRNF, 2010. CARTE(S) GÉOLOGIQUE(S) DU SIGEOM – feuillet 12L. CG SIGEOM12L, 15 plans.

NADEAU, J., VERPAELST, P., 2000. Compilation géologique 1/50 000, 12L06 – LAC À L’OURS. In: MRNF, 2010. CARTE(S) GÉOLOGIQUE(S) DU SIGEOM – feuillet 12L. CG SIGEOM12L, 15 plans.

PERREAULT, S., BILODEAU, C., 2001. Compilation géologique 1/50 000, 12L05 – LAC DU GROS DIABLE. In: MRNF, 2010. CARTE(S) GÉOLOGIQUE(S) DU SIGEOM – feuillet 12L. CG SIGEOM12L, 15 plans.

RETTY, J.A., 1942. Preliminary report on lower Romaine river area, Saguenay county. MRN; RP 171(A), 14 pages, 1 plan.

RETTY, J.A., 1942. Rapport préliminaire sur la région de la rivière Romaine inférieure, comté de Saguenay. MRN; RP 171, 16 pages, 1 plan.

RETTY, J.A., 1944. LOWER ROMAINE RIVER AREA, SAGUENAY COUNTY. MRN; RG 019(A), 39 pages, 1 plan.

RETTY, J.A., 1944. RÉGION DE LA RIVIÈRE ROMAINE INFÉRIEURE, COMTÉ DE SAGUENAY. MRN; RG 019, 41 pages, 1 plan.

SHARMA, K.N.M., FRANCONI, A., 1975. RÉGION DES RIVIÈRES MAGPIE, SAINT-JEAN ET ROMAINE (GRENVILLE 1970). MRN; RG 163, 85 pages, 4 plans.

WODICKA, N., DAVID, J., PARENT, M., GOBEIL, A., VERPAELST, P., 2003. Géochronologie U-Pb et Pb-Pb de la région de Sept-Îles – Natashquan, Province de grenville, moyenne Côte-Nord. In: GÉOLOGIE ET RESSOURCES MINÉRALES DE LA PARTIE EST DE LA PROVINCE DE GRENVILLE. MRN; DV 2002-03, 421 pages, 5 plans.

 

Autres publications

MORISSET, C.-E., SCOATES, J.S., WEIS, D., FRIEDMAN, R.M., 2009. U–Pb and 40Ar/39Ar geochronology of the Saint-Urbain and Lac Allard (Havre-Saint-Pierre) anorthosites and their associated Fe–Ti oxide ores, Québec: Evidence for emplacement and slow cooling during the collisional Ottawan orogeny in the Grenville Province. Precambrian Research, Vol. 174, p. 95-116. https://doi.org/10.1016/j.precamres.2009.06.009

NORTH AMERICAN COMMISSION ON STRATIGRAPHIC NOMENCLATURE (NACSN), 1983. North American Stratigraphic Code. American Association of Petroleum Geologists Bulletin; Vol. 67, p. 841-875. http://archives.datapages.com/data/bulletns/1982-83/data/pg/0067/0005/0800/0841.htm

NORTH AMERICAN COMMISSION ON STRATIGRAPHIC NOMENCLATURE (NACSN), 2005. North American Stratigraphic Code. American Association of Petroleum Geologists Bulletin; Vol. 89, p. 1547-1591. http://dx.doi.org/10.1306/07050504129

NORTH AMERICAN COMMISSION ON STRATIGRAPHIC NOMENCLATURE (NACSN), 2021. North American Stratigraphic Code. Stratigraphy; Vol. 18, no. 3, p. 153-204.    https://ngmdb.usgs.gov/Geolex/resources/docs/NACSN_Code_2021.pdf

NORTH AMERICAN COMMISSION ON STRATIGRAPHIC NOMENCLATURE (NACSN), AUBRY, M.-P., LARMAGNAT, S., 2025. Code Stratigraphique d’Amérique du Nord. Gescience Canada, Vol. 52, p. 1-48. https://doi.org/10.12789/geocanj.2025.52.220

VAN BREEMEN, O., HIGGINS, M.D., 1993. U–Pb zircon age of the southwest lobe of the Havre-Saint-Pierre Anorthosite Complex, Grenville Province, Canada. Canadian Journal of Earth Sciences; Vol. 30, p. 1453–1457. https://doi.org/10.1139/e93-125

 

Citation suggérée

Ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF). Anorthosite de Lac Allard. Lexique stratigraphique du Québec. https://gq.mines.gouv.qc.ca/lexique-stratigraphique/province-de-grenville/anorthosite-de-lac-allard [cité le jour mois année].

 

Collaborateurs

Première publication

Céline Dupuis, géo., Ph. D. celine.dupuis@mrnf.gouv.qc.ca (rédaction)

Philippe Pagé, géo., Ph. D. (coordination et lecture critique); Simon Auclair, géo., M. Sc. (révision linguistique); André Tremblay (montage HTML).

3 mars 2026