
Synthèse de la géologie des dépôts de surface de la ceinture de Cape Smith, Orogène de l’Ungava, Nunavik, Québec, Canada – Partie 2 : glacioprospection et potentiel minéral
Simon Hébert et Alex Proulx
BQ 2025-03
Publié le
L’ESSENTIEL
Les glaciations du Quaternaire ont modelé la majeure partie du nord de la péninsule d’Ungava en y déposant une couverture sédimentaire d’épaisseur variable qui, par endroits, limite l’accès au socle rocheux. Dans ce contexte, la prospection glaciosédimentaire et la compréhension de la dynamique glaciaire constituent des outils essentiels pour évaluer le potentiel minéral de plusieurs secteurs du Nunavik, une région déjà reconnue pour son fort potentiel métallogénique. La présente synthèse aborde la géologie du Quaternaire du secteur situé au sud de Salluit et de la baie Déception, couvrant 15 feuillets SNRC, représentant une superficie de >11 000 km².
La zone d’étude se situe principalement dans la Province du Churchill, au cœur de l’Orogène de l’Ungava, qui comprend quatre domaines lithotectoniques distincts : les domaines Nord et Sud, formant ensemble la ceinture de Cape Smith (CCS), ainsi que les domaines de Kovik et de Narsajuaq.
La cartographie des formations superficielles à l’échelle 1/50 000, ainsi que l’échantillonnage des sédiments d’origine glaciaire (till) et fluvioglaciaire (esker), ont été réalisés lors de trois campagnes de terrain menées durant les étés 2021, 2022 et 2023.
La mise en œuvre d’un laboratoire mobile équipé d’un analyseur XRF portatif (pXRF) au cours des étés 2022 et 2023 a permis d’obtenir des résultats d’analyses géochimiques in situ. Cette approche visait à cibler des secteurs à fort potentiel minéral afin d’y effectuer un échantillonnage secondaire pour améliorer la précision des anomalies.
Douze zones favorables du Quaternaire, mettant en évidence différents contextes métallogéniques, ont été identifiées à la suite de l’analyse et de l’interprétation des résultats d’échantillonnage géochimiques et des concentrés de minéraux lourds.
Les résultats des travaux portant sur la cartographie, la description des zones morphosédimentaires, la dynamique glaciaire et les modèles paléogéographiques des lacs glaciaires sont présentés dans le premier volet de la synthèse de la géologie des dépôts de surface de la ceinture de Cape Smith (BG 2025-02).
RÉGION D’ÉTUDE
Le secteur d’étude est situé au Nunavik (Nord-du-Québec), précisément à l’extrémité nord de la péninsule d’Ungava. Il couvre une superficie de 11 000 km² (feuillets SNRC à l’échelle 1/50 000 : 35G05 à 35G07, 35G09 à 35G16, 35H05, 35H12 et 35H13). Ce territoire ne bénéficie pas d’accès routier, nécessitant des opérations quotidiennes héliportées.
Les travaux ont été menés depuis le camp Esker, établi à l’été 2019 sur des épandages fluvioglaciaires et glaciolacustres près du lac Spartan, situé au cœur du secteur à l’étude (feuillet 35G10). Le camp Esker est un camp en tente pouvant accueillir 25 à 30 personnes et accessible par avion de brousse ou hélicoptère. Il est situé à 80 km au SE de la communauté de Salluit et à 50 km à l’ouest de la mine Raglan (Kattiniq).
GÉOLOGIE DU SUBSTRATUM
La zone d’étude se situe principalement dans la Province de Churchill, au cœur de l’Orogène de l’Ungava. L’Orogène de l’Ungava est constitué de vastes domaines lithotectoniques qui ont été accrétés au craton du Supérieur lors de l’Orogène trans-Hudsonien. La Sous-province de Minto est le seul domaine du secteur à l’étude rattaché au Supérieur. L’Orogène de l’Ungava peut être subdivisé en quatre domaines lithotectoniques distincts : les domaines Nord et Sud, qui forment ensemble la ceinture de Cape Smith, ainsi que les domaines de Kovik et de Narsajuaq (St-Onge et al., 1992; Hocq et al., 1994; Lamothe, 2007; Simard, 2008; Corrigan et al., 2009). Les premiers travaux de cartographie du socle rocheux dans la zone d’étude ont été réalisés par des équipes du Ministère au début des années 1980 (Lamothe et al., 1984; Hervet, 1984; Roy, 1984; Tremblay, 1985; Moorhead, 1985). Ces recherches ont permis l’élaboration d’un recueil portant sur l’exploration en Ungava (MER, 1986) ainsi que divers rapports géologiques (Tremblay, 1989; Moorhead, 1989; Madore et al., 2001; Madore et al., 2002).
Plus récemment, les équipes de Géologie Québec ont concentré leurs efforts principalement dans le Domaine Nord dans le but de mieux définir les différentes unités lithologiques, ainsi que le contact inférieur de celui-ci avec le Domaine Sud et les contacts supérieurs avec les domaines structuraux de Narsajuaq et de Kovik (Mathieu et Beaudette, 2019; Beaudette et al., 2020; Mathieu et al., 2022; 2023; Vanier et Bilodeau, 2023; 2025; Debruyne et al., 2025).
Sous-province de Minto
La Sous-province de Minto représente la portion septentrionale de la Province du Supérieur. Elle est délimitée au nord par l’Orogène de l’Ungava et à l’est par le segment SE de la Province de Churchill (SEPC). Cette sous-province est principalement constituée de roches intrusives felsiques, allant de la tonalite au granite, et est localement recouverte des roches volcano-sédimentaires du Complexe de Nantais (Hocq et al., 1994; Simard, 2008).
Province de Churchill – Orogène de l’Ungava
Le Domaine Sud repose en discordance sur le craton du Supérieur et constitue la partie méridionale de la Province de Churchill ainsi que de la ceinture de Cape Smith. Ce domaine est constitué, à sa base, des roches volcano-sédimentaires du Groupe du Povungnituk. La Formation de Nituk, qui se trouve à la base de cet ensemble, est principalement composée de roches sédimentaires détritiques. Cette formation est sous-jacente aux unités volcano-sédimentaires des formations de Cecilia et de Beauparlant, qui sont essentiellement constituées de roches détritiques interlitées avec des séquences basaltiques. Le sommet du Groupe du Povungnituk est recouvert, tant stratigraphiquement que structurellement (au contact de chevauchement), par le Groupe de Chukotat. Ce dernier forme la partie supérieure du Domaine Sud et est principalement composé de roches volcaniques basaltiques et komatiitiques. Les filons-couches et dykes et intrusions mafiques et ultramafiques riches en Ni-Cu-EGP de la Suite du Lac Esker sont localisés dans la portion orientale des groupes de Povungnituk et de Chukotat, appartenant au Domaine Sud de l’Orogène de l’Ungava (Bergeron, 1959; Lamothe et al., 1984; Moorhead, 1989; Hocq et al., 1994; Moorhead, 1996; Lamothe, 2007).
Le Domaine Nord est délimité au sud par la Faille de Bergeron et au nord par les domaines lithotectoniques de Kovik et de Narsajuaq. Les roches du Domaine Nord situées dans la zone d’étude peuvent être classées en trois principaux groupes, qui s’intègrent à la Suite de Cape Smith. Ces groupes comprennent, d’une part, les séquences intrusives mafiques, ultramafiques et supracrustales du Groupe de Watts, surmontées par des roches volcaniques à composition basaltique du Groupe de Parent et, enfin, des roches métasédimentaires appartenant au Groupe de Spartan (Tremblay, 1989; Hocq et al., 1994; Lamothe, 2007; Mathieu et Beaudette, 2019; Beaudette et al., 2020; Lafrance et Guilmette, 2021; Mathieu et al., 2022; 2023).
Le Domaine lithotectonique de Kovik forme la partie orientale de l’Orogène de l’Ungava, tandis que le Domaine de Narsajuaq en constitue la portion occidentale. Le Complexe de Kovik est principalement constitué de roches plutoniques foliées, avec une prédominance de tonalite et de granodiorite dans la zone d’étude. Quant au Complexe de Narsajuaq, il est composé de roches plutoniques associées à des séquences métasédimentaires. La lithologie dominante dans cette zone comprend du gneiss, ainsi que de la tonalite et de la diorite quartzifère (Hocq et al., 1994; Lamothe, 2007; Charette et Beaudette, 2018; Lafrance et al., 2023; Vanier et Bilodeau, 2023).
Géologie économique et portrait des contextes métallogéniques de l’Orogène de l’Ungava
L’Orogène de l’Ungava est l’une des régions les plus riches sur le plan de la production et du potentiel minéral au Québec. Les premières campagnes de reconnaissance géologique de la région ont été effectuées par Bell (1885) et Low (1899, 1903). En naviguant dans le détroit d’Hudson, ces auteurs ont contribué à mieux caractériser la géologie du socle rocheux qui longe la côte de l’extrémité nord de la péninsule d’Ungava. Par la suite, des travaux supplémentaires menés en 1957 par Murray Watts (Murray Mining Corporation) ont conduit à la découverte des dépôts d’amiante d’Asbestos Hill (localement connus sous le nom de Purtuniq), ainsi que des gîtes de sulfures de Ni-Cu désormais exploités à la mine Raglan.
La mine Asbestos Hill a été la première mine à voir le jour au Nunavik de 1972 à 1984. Située à l’est du lac Watts (feuillet 35G16), cette mine exploitait la fibre d’amiante (chrysotile).
Les gisements actuellement exploités dans le nord de la péninsule d’Ungava par les mines Raglan (Glencore Canada Corporation) et Nunavik Nickel (Canadian Royalties) sont situés dans le Domaine Sud de l’Orogène de l’Ungava. Ces gisements présentent diverses minéralisations de Ni-Cu-EGP associées à des filons-couches et aux dykes d’âge paléoprotérozoïque de la Suite du Lac Esker, qui se concentrent dans les unités sédimentaires et volcaniques des groupes de Chukotat et de Povungnituk (Hocq et al., 1994; Lamothe, 2007; Lafrance et al., 2023). Cette unité géologique est associée à 76 zones minéralisées (indices) et gîtes recensés dans le SIGÉOM (Ni, Cu, EGP, ±Co, Pb, Zn) et répartis sur la quasi-totalité de la largeur de la zone d’étude.
Dans le Domaine Nord, les travaux récents du ministère ont mis en évidence un fort potentiel métallogénique marqué par des minéralisations de sulfures exhalatifs volcanogènes dans les roches supracrustales des groupes de Parent, de Spartan et de Watts ainsi que dans le Complexe de Qaaneq, des minéralisations magmatiques associées aux intrusions mafiques à ultramafiques (Ni-Cu ±Co ±EGP, Fe-Ti-V et Cr-Cu-Ni-Co), notamment celles de la Suite d’Illuinaqtuut, ainsi que des minéralisations en chrome avec potentiel en Co-EGP (Mathieu et al., 2022, 2023 ; Debruyne et al., 2024).
Les minéralisations Fe-Ti-V sont principalement recensées dans les gabbros lités de la Suite de Sirluaq, les gabbros de la Suite de Foucault et la gabbronorite de la Suite de Vanasse dont les zones minéralisées connues sont dominées par le vanadium (Mathieu et Beaudette, 2019 ; Mathieu et al., 2022).
Le Domaine Nord présente également des veines aurifères mésothermales à épithermales, des minéralisations cuprifères et aurifères sédimentaires et des minéralisations métasomatiques de type skarn (Mathieu et al., 2022, 2023 ; Debruyne et al., 2024).
Une zone favorable (Qarquatuap) a été identifiée dans le Domaine lithotechtonique de Narsajuaq (extrémité NE du feuillet 35G14) en raison de son potentiel en minéralisations de terres rares au sein de la Suite de Gastrin. Bien qu’aucune minéralisation n’ait été identifiée, plusieurs échantillons ont retourné des valeurs significatives en ETR et contiennent un assemblage minéralogique incluant principalement de la titanite et de l’apatite (Vanier et Bilodeau, 2023).
MÉTHODE DE TRAVAIL
Données et analyses
| Élément | Nombre |
|---|---|
| Site d’observation du Quaternaire | 956 |
| Marque d’érosion glaciaire | 278 |
| Mesure d’élévation (DGPS – Arctic DEM) | 262 – 70 |
| Échantillon de till (analyse géochimique – 2 kg) | 596 |
| Échantillon de till (analyse minéraux lourds – 10 kg) | 460 |
| Échantillon d’esker (analyse minéraux lourds – 15 kg) | 20 |
Travaux de terrain
Échantillonnage
Sédiments glaciaires (till)

Le till de fond dans la zone à l’étude a été échantillonné à raison d’un échantillon par 30 km², ce qui correspond à une maille d’échantillonnage de ∼5 à 6 km. Les zones présentant des faciès de till remanié, d’ablation ou de faible épaisseur sont évitées autant que possible. Si ces faciès sont rencontrés, ils ne sont pas prélevés.
En milieu nordique, le sédiment glaciaire est couramment visible en surface, notamment dans les ostioles. Les échantillons sont prélevés à l’aide d’une pelle à une profondeur variant entre 30 cm et 1 m sous la surface de l’ostiole. Les pelles sont méticuleusement frottées et nettoyées à l’eau avant chaque prélèvement afin de prévenir toute contamination entre les échantillons. Trois échantillons sont récoltés à chaque site, soit : un premier échantillon de 10 kg destiné à la récupération des grains d’or et au comptage des minéraux indicateurs; un second échantillon de 1 kg pour une analyse géochimique de la fraction fine (<63 µm) en laboratoire; un troisième échantillon de 1 kg analysé au campement à l’aide d’un analyseur pXRF, conformément au protocole du laboratoire mobile du Quaternaire.
Sédiments fluvioglaciaires (esker)

Des échantillons d’esker ont été prélevés, de préférence au sommet de ceux-ci, et tamisés sur place afin de récupérer la fraction de <8 mm. Un prélèvement de 15 kg est effectué à partir de cette fraction pour obtenir un concentré de minéraux lourds.
Deux critères principaux ont guidé la sélection des sites d’échantillonnage :
- L’esker devait être plurikilométrique et orienté dans le sens de l’écoulement glaciaire principal dans la région, sans influence significative de la topographie locale;
- L’esker ne devait pas présenter d’indication d’un remaniement de sa surface par un paléo plan d’eau.
ANALYSES ET TRAITEMENT DE DONNÉES
Géochimie
Les concentrations élémentaires de la fraction fine (<63 µm) de 596 échantillons de till ont été réalisées par Activation Laboratories. La suite analytique utilisée comprend la mesure des éléments majeurs (Fusion métaborate/tétraborate de lithium; mesure ICP-OES, 0,5 g), des éléments traces (digestion à l’eau régale et mesure ICP-MS; 30 g), ainsi que les éléments du groupe des terres rares (fusion métaborate/tétraborate de lithium; mesure ICP-MS, 0,5 g).
Le contrôle de qualité a été assuré par l’ajout d’échantillons dupliqués, de standards et de blancs, ou ayant des concentrations déjà connues, afin de contrôler la variabilité et la précision des analyses. Les données numériques et certificats d’analyses sont disponibles dans les rapports DP 2023-03, DP 2024-01 et DP 2024-08.
Les centiles des valeurs brutes ont été calculés pour plusieurs substances d’intérêt (Ag, As, Co, Cr, Cu, Li, Ni, Pb, V, Zn et ETR) et ensuite interpolés (pondération inverse à la distance; PID) avec un rayon constant de 15 km. La symbologie utilisée est choisie afin de mettre en évidence les valeurs >95e centile.
Compte tenu du contexte géologique régional et de la corrélation observée entre les substances métalliques présentant des zones minéralisées et des teneurs élevées des substances d’intérêt, il est possible de postuler que les teneurs brutes mesurées sont suffisamment élevées pour constituer des anomalies locales significatives. Cependant, étant donné que l’environnement secondaire représente un système hétérogène et complexe, la concentration élevée de certains métaux dans le till résulte parfois de la combinaison de divers processus régionaux qui varient spatialement. Ces processus incluent, selon le cas, des phénomènes glaciaires d’origine mécanique (distance de transport et le taux d’érosion) ou sédimentaire (environnement de déposition, épaisseur des dépôts, comportement et mobilité des éléments chimiques), ainsi que les variations lithologiques du socle en amont glaciaire (Trépanier, 2006).
Deux traitements statistiques ont été appliqués indépendamment sur les valeurs brutes. Ces traitements statistiques ont été effectués à l’aide du logiciel Lithomodeleur (mode « Environnement secondaire »), développé par le consortium de recherche en exploration minérale (CONSOREM).
Statistique U
La méthode statistique U exploite la dimension spatiale échantillons en rehaussant le signal des échantillons en fonction des teneurs du même élément dans les échantillons voisins. Cette approche est valide sur des jeux de données plutôt uniformes dont le maillage est suffisamment fin pour que des zones minéralisées aient un effet sur plus d’un échantillon. Ainsi, ce type d’analyse fait ressortir les secteurs dont les concentrations élevées sont les plus étendues (Trépanier, 2006).
La statistique U a été calculée à partir des échantillons primaires en utilisant les paramètres détaillés dans le tableau ci-dessous. L’utilisation de la population primaire permet d’effectuer le calcul statistique sur une population dont le maillage est quasi-uniforme afin d’éviter que la maille d’échantillonnage secondaire ait un effet de renforcement positif sur les secteurs échantillonnés plus densément. Ce traitement a été effectué à l’aide du logiciel Lithomodeleur (mode « Environnement secondaire »), développé par le CONSOREM. Les données ont préalablement été converties en logarithmes naturels.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Substance métallique d’intérêt | Ag, As, Co, Cr, Cu, Fe, Li, Ni, Pb, V, Zn et ETR |
| Échantillon primaire (n) | 461 |
| Rayon pour le calcul de la moyenne (m) | 15 000 |
| Demi-grand axe maximal de l’ellipse de recherche (m) | 7500 |
| Incrément de taille du demi-grand axe maximal de l’ellipse de recherche (m) | 1500 |
| Aplatissement maximal de l’ellipse de recherche | 4 |
| Incrément de direction de l’ellipse de recherche (°) | 22,5 |
Les résultats ont été représentés sous forme de rang centile et les échantillons ayant retourné des valeurs de >95e centile sont identifiés par un carré sur les cartes d’interpolation élémentaires; ceux-ci ont été utilisés comme indicateurs de confiance pour la délimitation de zones favorables.
Régression spatiale multiple
La régression spatiale multiple est une méthode statistique permettant d’estimer les composantes lithologiques et potentiellement minéralisées d’un échantillon. Les teneurs de certains éléments choisis (valeurs explicatives) dans le voisinage d’un échantillon sont utilisées pour estimer sa composante lithologique pour un élément donné (variable dépendante). En retirant cette composante lithologique théorique de la valeur mesurée en laboratoire, on obtient une valeur résiduelle, qui, si celle-ci est positive, pourrait théoriquement être associée à une minéralisation. Cette méthode permet d’amoindrir l’influence des processus chimiques et géologiques régionaux, tels que les composantes lithologiques ou environnementales (Lamothe, 2010; Trépanier, 2006).
La dimension du voisinage a été déterminée afin d’inclure un nombre d’échantillons suffisant (cinq) pour que les calculs de régression permettent de distinguer les signaux géochimiques régionaux des signaux anomaux (Trépanier, 2006). Les calculs de régression spatiale multiple ont été effectués sur les éléments Ag, As, Co, Cr, Cu, Fe, Li, Ni, Pb, V, Zn et ETR en utilisant les paramètres présentés dans le tableau suivant. Les données ont préalablement été converties en logarithmes naturels.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Rayon de recherche (m) | 15 000 |
| Intervalle des points de régression (m) | 10 000 |
| Nombre minimal d’échantillons dans le rayon | 5 |
Pour chaque substance métallique investiguée, le choix des 12 meilleures variables explicatives, reflétant les particularités lithologiques de la région, a été déterminé à l’aide de l’outil de Régression exploratoire (boîte à outils « Statistiques spatiales ») du logiciel ArcGIS. Cet outil utilise la méthode des moindres carrés ordinaires pour identifier la combinaison optimale de variables explicatives pour chaque élément à prédire.
La variable dépendante elle-même et tout élément typiquement associé à la variable dépendante dans les minéralisations ont été exclus du processus. Les éléments dont les teneurs mesurées sont généralement sous ou près de la limite de détection n’ont pas été retenus comme variables explicatives potentielles (Be, Ta, In, etc.). Les variables explicatives choisies et les éléments non considérés dans la régression exploratoire sont présentés dans le tableau suivant.
Pour chaque élément, la relation linéaire entre les valeurs géochimiques prédites et réelles a été vérifiée afin de garantir l’adéquation du modèle de régression (Trépanier, 2006). Les diagrammes de corrélation sont disponibles dans le dossier « Autres données numériques » en complément de ce Bulletin.
| Élément | R² | Variable explicative | Élément retiré |
|---|---|---|---|
| Ag | 0,65 | As, Ca, Cs, Li, Mg, Na, Nb, Si, Sr, U, V, Zr | Ag, Au, Cu, Co, Pb, Zn |
| As | 0,60 | Al, Ca, Fe, Mg, Mo, Nb, Rb, Sc, Sn, Sr, V, Zr | As, Au, Cu, S, Sb, Zn |
| Co | 0,78 | Al, Ca, Cs, Mg, Mn, Mo, Nb, Si, Sr, Th, U, V | Ag, Au, Cu, Co, Cr, Ni, S, Zn |
| Cu | 0,52 | Al, As, Ca, Cs, La, Mg, Na, Si, Sn, U, V, Zr | Ag, Au, Cu, EGP, Mo, Ni, Pb, S, Zn |
| Fe | 0,75 | Al, Cs, K, Li, Mg, Mo, Na, Nb, U, Y, Zn, Zr | As, Co, Cr, Cu, Fe, Ti, V |
| Li | 0,68 | Al, As, Fe, K, Mg, Mo, Na, Sc, Sr, Th, V, Zn | Be, Cs, Li, Nb, Rb, Sn, Y, Zr |
| Ni | 0,80 | Al, As, Ca, Cs, Mg, Mn, Na, Nb, Si U, V, Y | Au, Co, Cr, Cu, Ni, Pd, Pt, Sn |
| Pb | 0,87 | Ca, Co, Cr, Cs, La, Mn, Mo, Na, Nb, Rb, Sr, V | Ag, Au, Cu, Ni, Pb, U, Zn |
| V | 0,75 | Al, Co, Cs, Cu, Li, Mg, Mn, Na, Rb, Si, Sn, Sr | Fe, Ti, V |
| Zn | 0,77 | Al, As, Co, La, Nb, Rb, Sc, Sr, U, V, Y, Zr | Au, Ag, Cu, Hg, Mo, Pb, S, Zn |
| ETR | 0,69 | Ca, Co, Cs, Cu, Fe, Mg, Mn, Mo, Na, Sc, Sr, U | ETR, Li, Nb, Y, Zr |
Les résultats ont été représentés sous forme de centile et les échantillons ayant retourné des valeurs >95e centile sont identifiés par un cercle sur les cartes d’interpolation élémentaires; ceux-ci ont servi comme indicateurs de confiance pour la délimitation de zones favorables.
Minéraux lourds et grains d’or
Au total, 480 échantillons de minéraux lourds ont été prélevés dans la zone d’étude, soit 460 dans du till et 20 dans des eskers. Le traitement des échantillons pour l’analyse des minéraux lourds et des grains d’or a été réalisé par IOS Géosiences (Fournier, 2024 et 2025; Fournier et Tremblay, 2025). Les résultats analytiques ainsi que les rapports d’IOS, incluant une description détaillée des méthodologies employées, sont disponibles dans les documents complémentaires du rapport DP 2025-02.
Proportions minérales
Les proportions minérales présentées par le fournisseur de services représentent la proportion de chaque minéral, observé sous la forme de pixel, au sein d’une pastille issue du concentré de minéraux lourds. Comme les pastilles (aliquotes du concentré) contiennent une quantité non négligeable de grains (∼10 000), l’hypothèse de départ est que le contenu proportionnel de la pastille est représentatif du contenu proportionnel dans le concentré. Cependant, chaque échantillon a généré des quantités variables de concentré. Les proportions minérales observées sur les pastilles ont été extrapolées sur la masse du concentré et normalisées par la masse totale de l’échantillon initial.
Puisque les proportions minérales du fournisseur sont exprimées en ratio mathématique (nombre de pixels minéral/nombre de pixels total), il en résulte un pourcentage de minéral. Les comptes ont été normalisés par un ratio massique (g de concentré/kg de matériel initial pesé à sec). Les résultats ont été convertis en ppm afin de rapporter les teneurs minérales en carte. La densité spécifique à chaque minéral n’a pas été prise en compte dans ce calcul, pouvant influencer la valeur réelle par rapport à la teneur calculée.
Grains d’or
Le nombre, la taille et la morphologie des grains d’or recueillis dans les tills ont d’abord été recensés et quantifiés. Étant donné que la fraction fine (<1 mm) récupérée dans les concentrés de minéraux lourds varie d’un échantillon à l’autre, une normalisation des grains d’or a été effectuée en fonction de 10 kg de matériel avec une fraction <1 mm, afin de permettre la comparaison et l’interprétation des échantillons entre eux, mais aussi avec les échantillons provenant d’autres projets (Fournier, 2024 et 2025; Fournier et Tremblay, 2025). Une fois normalisé à 10 kg, le nombre de grains d’or trouvé au sein du levé passe de 11 266 à 20 707, soit une augmentation de 52 %.
Les comptes de grains d’or normalisés sont ensuite rapportés en carte avec une symbolisation proportionnelle, afin de mettre en évidence les regroupements d’échantillons dont les comptes de grains d’or normalisés sur 10 kg de matériel sont élevés.
TRAVAUX ANTÉRIEURS
Le tableau ci-dessous présente une liste d’études thématiques portant sur la géologie du Quaternaire réalisées dans la péninsule d’Ungava depuis 1898. Il inclut également certaines références citées dans le rapport. Une liste plus exhaustive, comprenant les travaux du Ministère relatifs à la géologie du roc, est disponible dans la base de données documentaire EXAMINE.
| Auteur(s) | Type de travaux | Contribution |
|---|---|---|
|
Études thématiques sur l’invasion marine dans la région du détroit d’Hudson |
Premières mentions et mesures de terrasses marines dans la région étudiée |
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Farrand et Gajda, 1962 |
Études thématiques sur le rebond isostatique |
Construction d’une courbe de relèvement isostatique et application de modèles à la déglaciation du nord de l’Ungava; datation au 14C de terrasses marines |
| Matthews, 1968 Daigneault, 1997 |
Études doctorales sur la géologie du Quaternaire |
Études thématiques sur la géologie du Quaternaire au nord de la péninsule d’Ungava touchant l’invasion marine et la cartographie des dépôts de surface |
| Prest, 1975 St-Onge et Scott, 1986 |
Études thématiques sur les lacs de barrage glaciaires |
Publications faisant mention de lacs de barrage glaciaire dans la région étudiée |
|
Hervet, 1984 Roy, 1989 |
Cartographie régionale du socle rocheux |
Cartographie régionale, descriptions stratigraphiques, structurales et géochimiques des formations géologiques |
|
Gray et Lauriol, 1985 |
Étude thématique sur la dynamique glaciaire |
Schéma d’écoulement glaciaire et chronologie de la déglaciation à partir de marques d’érosions glaciaires et de l’étude de dispersion glaciaire de blocs erratiques distinctifs (roches protérozoïques de la ceinture de Cape Smith et paléozoïques du détroit d’Hudson) |
|
Ricard, 1989 |
Études thématiques portant sur la chronologie de la déglaciation |
Distribution spatiale de la morphologie d’unités fluvioglaciaires et interprétation des patrons de déglaciation régionale; compilation de datations; chronologie de la déglaciation et modèles de marges glaciaires du nord de la péninsule d’Ungava |
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Cartographie des dépôts de surface |
Cartographie des dépôts meubles réalisée par interprétation de photos aériennes, satellitaires et de visites sur le terrain |
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Synthèse régionale des événements du Quaternaire |
Synthèse thématique portant sur l’identification et la cartographie des dépôts de surface, la définition de schémas de dispersion et la dynamique glaciaire du nord de la péninsule d’Ungava |
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| Maurice et Lamothe, 2012 |
Levé géochimique de sédiments de fond de lac |
Levé géochimique de sédiments de fond de lac au nord du 61e parallèle |
LABORATOIRE MOBILE AVEC ANALYSEUR PXRF APPLIQUÉ AU LEVÉ DU QUATERNAIRE NUVILIC
L’utilisation d’un laboratoire mobile avec analyseur pXRF dans le cadre des levés visés par cette synthèse constitue la mise en application d’un protocole développé par Hébert et al. (2021). Le laboratoire d’analyse pXRF a été déployé sur le camp Esker lors des campagnes de terrain 2022 et 2023. Cette section définit le cadre d’utilisation de cet outil pendant ces campagnes, en accord avec les contraintes et limitations liées à l’environnement isolé au sein d’un camp de terrain.
Ce guide présente les résultats des analyses géochimiques pXRF réalisées lors des deux campagnes estivales, ainsi que des recommandations pour l’échantillonnage secondaire. L’échantillonnage secondaire consiste en échantillonnage ciblé, à plus petite échelle que la grille conventionnelle, des zones où les analyses pXRF des échantillons primaires ont révélé des concentrations anomales de certains métaux.
MISE EN APPLICATION SUR LE TERRAIN
Plan d’aménagement du laboratoire

Au camp Esker, deux tentes supplémentaires ont été installées. Une première tente dédiée au laboratoire (4,88 par 3,66 m) est équipée d’une étuve, d’une presse hydraulique, d’un bain à ultrasons et d’une station d’analyse pXRF. Ces équipements nécessitent une attention particulière et un environnement de travail exempt de contaminants. Cette tente doit disposer d’une entrée et d’une sortie d’eau pour le bain à ultrasons, ainsi que d’une alimentation électrique adéquate pour l’étuve. La station de lavage de l’équipement (en extérieur), qui comprend une table, un lavabo et un compresseur à air, est rattachée à cette tente. Une deuxième tente, plus petite, est destinée à l’entreposage des échantillons et aux opérations générant de la poussière (désagrégation mécanique et tamisage). Pour des raisons de sécurité, les tentes doivent être espacées de 3,66 m.
Échantillonnage primaire
La méthode d’échantillonnage employée est identique à celle utilisée pour les sédiments glaciaires à des fins d’analyses géochimiques de la fraction fine (décrite à la section 3). Toutefois, l’échantillonnage nécessite la collecte de ∼1 kg de till supplémentaire, qui doit être placé séparément dans un sac individuel. L’échantillon destiné à l’analyse géochimique par pXRF doit être identifié par le même numéro que l’échantillon pour la géochimie conventionnelle, en y ajoutant une annotation distincte pour les différencier. La maille d’échantillonnage primaire est approximativement d’un échantillon par 30 km².
Protocole des manipulations quotidiennes
1- Séchage
Au retour du terrain, les échantillons destinés à l’analyse pXRF sont désagrégés à la main et placés dans des barquettes en acier inoxydable. Les casseroles sont ensuite séchées à l’étuve (250 °C) pendant ∼12 h.
2- Désagrégation mécanique et tamisage
Les échantillons refroidis sont désagrégés à l’aide d’un pilon en agate, directement dans les barquettes en inox, afin d’éliminer les agrégats susceptibles de nuire au tamisage. Au cours de ce processus, les clastes centimétriques sont extraits manuellement de l’échantillon. L’intégralité du contenu de la casserole est ensuite placée sur la colonne qui est équipée de deux tamis (1 mm et 125 µm). Le tamisage (à sec) est opéré dans une colonne vibrante, avec une amplitude de 65 %, pendant une durée de 10 minutes. La fraction de <125 µm est récupérée.
Cette étape génère une quantité significative de poussière de till, ce qui peut entraîner une contamination des échantillons présents dans le laboratoire. Il est donc essentiel de maintenir un environnement de travail propre et de couvrir les échantillons pour éviter la contamination croisée.
3- Montage des pastilles
Une bague de plastique est placée dans l’encapsuleur, auquel sont ajoutés ∼10 ml de la fraction fine. L’encapsuleur est soumis à une pression de ∼330 bars par la presse hydraulique. Le produit final est une pastille dense et à la surface uniforme (plane). La surface est subséquemment recouverte d’une membrane en ProleneMD de 4 µm d’épaisseur. Un film plastique est ensuite ajouté autour de l’échantillon pour l’entreposage.
4- Analyse
Avant chaque séance d’analyse, l’appareil Olympus VantaTM est soumis à un cycle de réchauffement de 15 mesures consécutives d’un blanc afin de vérifier la propreté de la fenêtre d’analyse. Chaque échantillon est ensuite analysé par le biais de trois lectures consécutives de 60 secondes, chacune en mode geochem. Le temps d’analyse permet une alternance efficace entre le montage des pastilles et leur analyse par pXRF. Les paramètres relatifs à l’utilisation de l’analyseur pXRF (temps d’analyse, nombre de lectures, mode analytique, calibration et contrôle de qualité) ont été établis dans le guide d’utilisation (Hébert et al., 2021).
5- Nettoyage
Toutes les pièces ayant été en contact avec l’échantillon sont nettoyées avec attention afin de prévenir toute contamination entre les échantillons. Les pièces sont d’abord nettoyées à l’aide d’un compresseur à air, puis avec de l’eau savonneuse. Les tamis sont ensuite lavés dans un bain à ultrasons pendant au moins 10 minutes. L’eau du bain à ultrasons est remplacée à tous les 4 à 5 échantillons.
Traitement analytique
Gestion des données géochimiques
Dans un premier temps, la moyenne des trois lectures est calculée. Si une ou deux des trois lectures sont inférieures à la limite de détection (LD), la donnée est conservée en prenant la moyenne des lectures valides. En revanche, si les trois lectures se situent sous la LD, la donnée est exclue. Les résultats peuvent être transformés afin d’uniformiser le jeu de données. Les oxydes sont généralement exprimés en pourcentage (%), alors que les autres éléments sont rapportés en partie par million (ppm).
Une comparaison entre les résultats de géochimie obtenus par l’analyseur pXRF et ceux fournis par géochimie conventionnelle (Activation Laboratories) a permis de déterminer la qualité des analyses pour chaque élément. Les critères d’évaluation adaptés à partir des travaux de Knight et al. (2021) sont le coefficient de détermination (r²) entre les jeux de données, la médiane des écarts relatifs, ainsi que le coefficient de variation des lectures au pXRF. Pour appartenir à une classe, un élément doit répondre positivement à chaque critère.
| Définitif | Quantitatif | Qualitatif | Non concluant | |
|---|---|---|---|---|
|
r2 ≥ 0,85 RSD ≤ 10 % Écart. relative med. ≤ |15 %| |
r² ≥ 0.70 RSD ≤ 10 % Écart. relative med. ≤ |50 %| |
r2 ≥ 0,60 RSD ≤ 20 % Écart. relative med. >|50 %| |
r2 ≤ 0,60 RSD > 20 % |
|
| ≤ 125 μm | Al, Mn, Mg, Ca, K, Ti, As, Cu | Fe, P, Ni, Pb, Zn | Si, Cr, Rb | Ba, Co, Nb, Sr, V, Y, Zr, Ce, La |
Les résultats de l’analyseur pXRF sont utilisés afin d’identifier des échantillons ou des groupements d’échantillons dont le contenu élémentaire justifie une ronde d’échantillonnage secondaire. Les éléments classés comme « définitifs », « quantitatifs » et « qualitatifs » sont utilisés à cette fin.
Carte d’interpolation des valeurs brutes




Des cartes d’interpolation (inverse de la distance) préliminaires sont générées à partir des valeurs brutes pour les éléments métalliques classés de manière définitive et quantitative. La symbologie est ensuite modifiée de façon à mettre en lumière des secteurs dont les valeurs sont situées au-delà du 95e centile, susceptible de faire l’objet d’un échantillonnage secondaire.
Carte d’interpolation des valeurs de l’analyse en composantes principales
L’analyse en composantes principales (ACP; McKinley et al., 2018; Greenacre, 2021) a été utilisée de manière complémentaire aux cartes d’interpolation des centiles. L’ACP facilite l’interprétation des données dans le cadre du contexte géologique régional, dans ce cas-ci effectué à partir des éléments majeurs (Al, Ca, Cr, Fe, K, Mg, Mn, P, Si, Ti). Le score de la première composante indique une variance élémentaire facilement explicable par la saturation en silice (felsique vs mafique). Ce score a été interpolé sur des cartes préliminaires dont la symbolisation devrait permettre de visualiser clairement les différences entre les valeurs du score, soit de -1 à 1, de plus felsique (Al, K, P, Si) à plus mafique (Ca, Cr, Fe, Mg, Mn) (van Vleck et Beane, 2001).
La première composante permet de décrire 55 % de la variabilité du jeu de données. Ces résultats offrent une représentation qualitative suggérant une gradation dans l’enrichissement du till selon le contexte géologique régional. Selon cette logique, les zones contenant des valeurs extrêmes (>0,3) sont susceptibles de se superposer à des unités de roches ultramafiques, la lithologie étant l’hôte de possibles gîtes magmatiques de Ni-Cu-EGP (McClenaghan et al., 2020; Barnes, 2023), déjà reconnus dans la région.
Échantillonnage secondaire
Les cartes d’interpolation précédemment décrites ont permis de circonscrire des zones de ciblage pour une ronde d’échantillonnage secondaire. Certains secteurs montrant des anomalies, notamment aux alentours de mines actives ou couverts par des propriétés d’exploration exclusives, ont volontairement été ignorés. Les zones ciblées étaient exemptes de droits d’exploration au moment de l’échantillonnage secondaire.
L’étendue de l’échantillonnage secondaire varie en fonction de la taille de la zone ciblée, de manière à couvrir l’intégralité de celle-ci selon un maillage de 1 à 2 km de côté. Afin de cerner l’influence glaciaire, la zone d’échantillonnage secondaire s’étend aussi bien en aval qu’en amont glaciaire, ainsi que latéralement, afin de cerner l’étendue latérale de la source potentielle (si possible). Les échantillons issus de l’échantillonnage secondaire ont été analysés par la géochimie conventionnelle au laboratoire.
RÉSULTATS
Zone 1
La première zone ciblée pour l’échantillonnage secondaire se situe au NW de la zone d’étude dans le feuillet 35G13. Ce secteur présente un échantillon dont la teneur en nickel dépasse le 95e centile (230 ppm Ni; 2022119985). Les échantillons dans ce secteur présentent aussi un enrichissement du till d’origine mafique/ultramafique démontré par des scores positifs sur la carte des oxydes. Neuf échantillons secondaires espacés dans une zone de 15 km² ont été récoltés.
Les résultats de l’échantillonnage secondaire n’ont pas pu confirmer le potentiel en Ni initialement présumé, alors qu’aucun échantillon n’a dépassé le seuil du 75e centile. L’anomalie en Ni de l’échantillon 2022119985 semble intrinsèquement liée à la présence d’une lentille de roche ultramafique de la Suite de Cape Smith (pPcsi1).
Zone 2


La deuxième zone ciblée est située dans le secteur ouest de la zone d’étude dans le feuillet 35G12. L’échantillonnage primaire a permis d’identifier quatre échantillons avec des teneurs en As dépassant le 90e centile (≥11,2 ppm As), dont un échantillon plus grand que le 99e centile (25,2 ppm As; 2022119819). Deux échantillons ont retourné des teneurs en cuivre >90e centile (≥87,7 ppm Cu), dont un échantillon >99e centile (289 ppm Cu; 2022119819). Trois échantillons ont également retourné des teneurs en nickel >90e centile (≥121 ppm Ni), dont un échantillon >95e centile (178 ppm Ni; 2022119821) et un échantillon >98e centile (267 ppm Ni; 2022119822). La carte d’interpolation de la première composante principale démontre aussi que dix échantillons sur 12 présentent un score positif qui indiquerait un till de signature mafique dans le secteur. Vingt-six échantillons secondaires ont été récoltés pour compléter un maillage de ∼120 km².
L’échantillonnage secondaire a permis d’ajouter cinq échantillons affichant des teneurs en arsenic >90e centile (≥13,9 ppm As), dont trois échantillons >95e centile (≥18 ppm As), permettant de raffiner la zone anomale. Pour le cuivre, trois nouveaux échantillons ont retourné des concentrations >90e centile (≥88,9 ppm Cu), dont un échantillon >95e centile (141 ppm Cu; 2022120022). Cinq échantillons secondaires montrent des teneurs en nickel >90e centile (≥135,6 ppm Ni). Ces résultats ont permis de confirmer et de préciser la délimitation de la trainée de dispersion riche en Ni initialement observée. Celle-ci s’oriente parallèlement à la direction de l’écoulement glaciaire vers le NE et coupe la Suite métamorphique de Qaaneq, la Suite de Niviugak et le Pluton d’Ulluvinaaluit, dont les limites lithologiques ont été nouvellement cartographiées dans la région (Debruyne et al., 2025). L’échantillonnage secondaire a également permis de confirmer que l’échantillon 2022119819 est une anomalie ponctuelle riche en arsenic (29 ppm As) et en cuivre (289 ppm Cu). Cet échantillon repose sur la Suite de Sanimuapik, qui est associée à des minéralisations aurifères, dont celles observées au SE à la zone minéralisée d’Aurora. L’échantillon est également situé à l’amont glaciaire des zones minéralisées d’Espérance et d’Espérance West.
Zone 3

Le troisième secteur ciblé pour l’échantillonnage secondaire est situé dans la partie nord du feuillet 35G06. Cette zone a été ciblée puisqu’il s’agit d’un secteur qui était exempt de droits d’exploration en 2022, tout en présentant une affinité mafique avec la présence de deux unités du Groupe de Chukotat comprenant les zones minéralisées en Ni du Lac Ekwan. Un échantillon ayant retourné une teneur en nickel >90e centile (131 ppm Ni; 2022119884). Quatorze échantillons supplémentaires ont été récoltés sur un maillage de 48 km².
Cet échantillonnage a permis d’identifier un autre échantillon riche en nickel avec une concentration >90e centile (154 ppm Ni; 2022120082) à proximité du premier, ainsi qu’un échantillon ponctuel anomal en zinc avec une concentration >95e centile (127 ppm Zn; 2022120080). Par contre, le nouvel échantillonnage n’a pas permis d’étendre l’anomalie initiale.
Zone 4



Cette zone est située dans le feuillet 35G07, soit dans la partie méridionale du Domaine Sud. Il s’agit du seul secteur dont la première composante indiquait une signature felsique. Néanmoins, la zone présente des teneurs élevées en As, Cu, Pb et Zn. Sur les huit échantillons présents dans la zone, trois ont retourné des valeurs pour l’arsenic >95e centile (15,8 ppm As; 2022119977), au 98e centile (20,6 ppm As; 2022120024) et au 99e centile (29,3 ppm As; 2022120014). L’échantillon 2022120002 présente quant à lui une concentration en cuivre >95e centile (121 ppm Cu). Six échantillons présentent une concentration en plomb >95e centile, dont deux échantillons sont >99e centile (33,8 ppm Pb [2022120005]; 30,4 ppm Pb [2022120014]). Trois échantillons présentent une concentration en zinc qui est >98e centile, dont deux qui sont >99e centile (292 ppm Zn [2022120014]; 154 ppm Zn [2022120002]).
Les résultats de l’échantillonnage secondaire confirment le fort potentiel pour ces quatre éléments. De plus, les nouvelles valeurs permettent de confiner plus précisément les secteurs anomaux. Les nouveaux résultats montrent une anisotropie alignée selon la direction de l’écoulement glaciaire. Les teneurs mesurées en arsenic lors de l’échantillonnage secondaire dépassent le 95e centile (≥18 ppm As) pour dix nouveaux échantillons, dont quatre sont >98e centile (≥23.5 ppm As) et deux au >99e centile (48,1 ppm As [2022120065]; 26,9 ppm As [2022120067]). Ces échantillons s’organisent dans l’axe de l’écoulement glaciaire NNE-SSW, suggérant la formation d’un train de dispersion. L’échantillon 2022120065 présente une teneur en cuivre >99e centile (222 ppm Cu). En ce qui concerne le plomb, l’échantillonnage secondaire a permis de récolter neuf nouveaux échantillons avec des teneurs >95e centile (≥19,1 ppm Pb), dont quatre >98e centile (≥21,7 ppm Pb) et un >99e centile (25,6 ppm Pb; 2022120021). Les échantillons avec les plus hautes teneurs sont regroupés et dispersés dans la direction de l’écoulement glaciaire. Enfin, les teneurs mesurées en zinc lors de l’échantillonnage secondaire sont >95e centile (≥122,6 ppm Zn) pour neuf nouveaux échantillons, dont trois sont >98e centile (≥153,3 ppm Zn) et quatre sont >99e centile (≥182,6 ppm Zn).
DISCUSSION ET RECOMMANDATIONS
Les données initiales ont permis de délimiter quatre zones ciblées pour un échantillonnage secondaire, dans le but de préciser les anomalies détectées à l’analyse pXRF dans les secteurs qui n’étaient pas contraints par des titres miniers actifs en 2022. Puisque la maille d’échantillonnage primaire demeure relativement large, il est pertinent de concentrer les efforts sur certaines zones d’intérêt afin d’améliorer les résultats géochimiques et de raffiner le contour des anomalies. Dans certains cas, les anomalies géochimiques observées dans le till sont brouillées par la résolution de la maille primaire qui est trop grande. Ainsi, en ciblant les échantillons présentant des valeurs anomales, l’échantillonnage secondaire contribue à affiner l’interprétation et la compréhension d’un secteur donné.
Les analyses géochimiques pXRF ont permis de confirmer ou d’infirmer certaines tendances observées dans les résultats. Dans la zone 1, par exemple, les teneurs en Ni ont révélé une anomalie qui s’est avérée ponctuelle après l’échantillonnage secondaire. À l’inverse, dans la zone 4, les résultats en As ont permis de circonscrire l’enrichissement à une zone plus restreinte et de mettre en évidence de nouveaux échantillons à fort potentiel, associés à la même anomalie. Ces résultats soulignent l’importance de raffiner le maillage d’échantillonnage afin de mieux caractériser la nature des anomalies, dont la distribution et la localisation peuvent varier considérablement.
L’échantillonnage secondaire a également mis en évidence l’alignement de certaines anomalies selon la direction du transport glaciaire. Cet alignement, en plus d’accroître le niveau de confiance associé aux zones anomales, permet de cibler plus précisément l’origine de l’anomalie. Par ailleurs, le raffinement du maillage d’échantillonnage a permis de mieux définir les trains de dispersion déjà présumés (zone 2), en les amincissant et en facilitant ainsi l’identification d’une source potentielle avec davantage de précision.
Afin d’améliorer la précision des résultats et de mieux caractériser les zones d’enrichissement du till, le raffinement des techniques d’échantillonnage s’avère essentiel. L’adoption d’un maillage plus serré, avec un prélèvement d’échantillons aux 2 km selon une grille définie, permet d’obtenir des données géochimiques plus représentatives et de détecter de faibles anomalies qui pourraient autrement passer inaperçues.
En fournissant des résultats géochimiques fiables directement sur le terrain, l’analyseur pXRF permet de réduire les délais d’analyse et d’obtenir des données suffisamment précises pour orienter les campagnes d’échantillonnage de façon plus ciblée. L’efficacité de cette méthode repose néanmoins sur l’application d’un protocole rigoureux, incluant des processus soignés pour la collecte et de préparation des échantillons, afin de garantir la qualité des résultats. Cette approche rend possible l’identification précise des secteurs nécessitant un maillage d’échantillonnage plus serré, optimisant ainsi les ressources et les efforts consacrés à l’exploration minérale. Un tel laboratoire pourrait ainsi avoir un effet déterminant dans le contexte de projets ponctuels, menés sans possibilité d’échantillonnage subséquent.
L’implantation d’un laboratoire de terrain pourrait avoir un impact encore plus significatif dans des régions sous-explorées. La ceinture de Cape Smith, par exemple, constitue un métallotecte majeur qui abrite deux mines en activité malgré son isolement géographique. Dans le cadre de ce projet, l’échantillonnage secondaire a été limité par la contrainte auto-imposée qui consistait à éviter les secteurs déjà visés par des droits d’exploration.
GLACIOPROSPECTION ET POTENTIEL MINÉRAL
Dans le cadre de ce projet, 596 échantillons de till et 20 échantillons d’esker ont été prélevés afin de caractériser le potentiel minéral de l’environnement secondaire dans la région d’étude. L’échantillonnage primaire, constitué de 460 échantillons de till et de 20 échantillons d’esker, a fait l’objet d’analyses géochimiques ainsi que d’analyses de minéraux lourds, tandis que 136 échantillons supplémentaires n’ont été soumis qu’à l’analyse géochimique. Le niveau de détail obtenu grâce à la combinaison des résultats de l’échantillonnage primaire et secondaire, ainsi qu’à l’utilisation de différentes méthodes analytiques, met en évidence plusieurs zones d’intérêt.
GÉOCHIMIE DU TILL
À des fins de ciblage, les seuils significatifs définis pour les échantillons de roche, correspondant au 84e centile de la base de données du SIGÉOM des roches, ont été comparés aux teneurs mesurées dans les échantillons de till du projet afin d’identifier les échantillons anomaux. Dans la plupart des levés de till, les teneurs obtenues atteignent exceptionnellement les valeurs de ce seuil (sauf pour le Th).
| Élément |
Seuil significatif pour les échantillons de roche (84e percentile) |
Nombre d’échantillons de till > seuil |
Concentration maximale |
Méthode analytique |
Numéro unique de l’échantillon |
| Au | 35 ppb | 6 | 54,3 ppb | AR-MS | 2022119819 |
| Cr | 400 ppm | 9 | 626 ppm | AR-MS | 2023129806 |
| Cs | 5 ppm | 3 | 6,99 ppm | AR-MS | 2023129803 |
| Cu | 125 ppm | 20 | 289 ppm | AR-MS | 2022119819 |
| ETR | 250 ppm | 34 | 363,43 ppm | FUS-ICP | 2023129815 |
| Fe | 11 % | 1 | 15,30 % | FUS-ICP | 2021136110 |
| Li | 30 ppm | 36 | 53,5 ppm | AR-MS | 2023129808 |
| Mn | 1700 ppm | 2 | 1998 ppm | FUS-ICP | 2023129905 |
| Mo | 5 ppm | 8 | 7,52 ppm | AR-MS | 2022120014 |
| Ni | 150 ppm | 50 | 751 ppm | AR-MS | 2023129806 |
| Th | 10 ppm | 113 | 21,3 ppm | AR-MS | 2023129802 |
| Zn | 150 ppm | 13 | 370 ppm | AR-MS | 2022120065 |
Argent (Ag)
Feuillet 35G07
Le potentiel le plus marqué en Ag se concentre dans la moitié est du feuillet 35G07, où 19 échantillons primaires et secondaires présentent des teneurs supérieures au 95e centile. Ces anomalies s’alignent selon un axe NNE–SSW, concordant avec la direction d’écoulement glaciaire régionale. Les échantillons 2022120014, 2022120065 et 2022120067 se distinguent avec des teneurs qui dépassent le 99e centile.
Plusieurs zones minéralisées situées à <10 km au nord des échantillons 2022120065 et 2022120067 sont associées à des minéralisations disséminées en argent. Toutefois, la direction d’écoulement glaciaire suggère que la source potentielle de ces anomalies se trouve plutôt vers le SSW, dans un secteur où aucune minéralisation connue n’a encore été répertoriée.
Feuillets 35G08 – 35G10 – 35H13
Trois échantillons isolés présentent également des teneurs anomales en Ag (>99e centile). L’échantillon 2023129919 (243 ppb Ag) est localisé au centre d’un regroupement d’échantillons statistiquement significatif, selon la statistique U. Il se trouve à ∼7 km de la zone minéralisée de Cool-Kuluk, un filon cuprifère contenant jusqu’à 28 g/t Ag. L’échantillon 2021136090 (287 ppb Ag) ne présente aucune corrélation directe avec des zones minéralisées connues, mais cet échantillon s’inscrit dans un ensemble d’échantillons mis en évidence à la fois par la statistique U et la résiduelle. L’échantillon 2023129808 (310 ppb Ab) est situé à <6 km à l’est de la zone minéralisée de Juliet East (Ni-Cu-EGP ±Ag), ce qui suggère un potentiel en minéralisations disséminées en argent dans ce secteur.
Arsenic (As)
Feuillet 35G12
L’échantillon 2022119819 affiche une teneur au-dessus du 99e centile pour l’arsenic (29 ppm As) et l’or (54,3 ppb Au) et le cuivre (289 ppm Cu). Il est situé à <4 km au nord des zones minéralisées d’Espérance et d’Espérance West, ces dernières étant associées à une minéralisation aurifère dans des veines de quartz ± carbonates avec sulfures.
Feuillet 35G07
Treize échantillons présentant des teneurs en arsenic supérieures au 95e centile sont alignés selon un axe NE-SW. Parmi ceux-ci, les échantillons 2022120014 (29,3 ppm As), 2022120065 (48,1 ppm As) et 2022120067 (26,9 ppm As) dépassent le 99e centile pour l’As, l’Ag et le Zn. La présence de zones minéralisées au nord, associées à des sulfures massifs contenant de l’or en substance secondaire, ne permet pas d’expliquer ces anomalies, lesquelles sont situées à l’amont glaciaire.
Feuillets 35G16 – 35H13 – 35G09
Les échantillons 2021136194 (26,5 ppm As) et 2023129919 (24,3 ppm As) présentent des concentrations en arsenic supérieures au 98e centile. À quelques kilomètres au sud, l’échantillon 2021136206 (29,3 ppm As) affiche également une teneur élevée. Plus à l’ouest, dans le feuillet 35G09, l’échantillon 2021136090 (35,5 ppm As) présente une anomalie marquée. Une corrélation notable entre les concentrations en As et Ag est observée pour les échantillons 2021136194 et 2021136090.
Cobalt (Co)
Feuillet 35G16
L’échantillon 2021136189 présente une teneur en cobalt de 50,1 ppm Ca, soit une valeur supérieure au 99e centile. Il est situé à ∼1 km de la zone minéralisée de Naatoraliknatsisit, laquelle est associée à une minéralisation de type Fe-Ti-V avec une teneur de 108 ppm Co en tant qu’élément secondaire.
Feuillet 35H12
L’échantillon 2023129893, dont la teneur en cobalt atteint 56,2 ppm Co (>99e centile), constitue une anomalie isolée. Les zones minéralisées de Raglan (Main Sill) et de Raglan (Kikialik), caractérisées par des minéralisations Ni-Cu (±Co ±EGP), sont situées à une dizaine de kilomètres en amont glaciaire, ce qui rend peu probable qu’ils soient à l’origine de cette anomalie.
Feuillet 35H05
Les échantillons 2023129857 et 2023129844 présentent des teneurs en cobalt de 49,6 ppm Co et de 70,1 ppm Co, respectivement, toutes deux supérieures au 99e centile. Ils se trouvent à ∼3 km des minéralisations magmatiques Ni-Cu (±Co ±EGP) regroupant le gîte Méquillon et la zone minéralisée de Méquillon-NE, ce qui suggère une relation possible entre les anomalies géochimiques observées et ces sources minéralisées connues.
Feuillet 35G08
Dans le feuillet 35G08, un regroupement de sept échantillons présente des teneurs en Co supérieures au 95e centile. Parmi ceux-ci, les échantillons 2023129807 et 2023129806 se démarquent par des teneurs respectives de 49,7 ppm Co et de 78,2 ppm Co, toutes deux supérieures au 99e centile. L’échantillon 2023129807 est localisé à <1 km du gîte d’Ivakkak, où la minéralisation Ni-Cu (±Co ±EGP) est contenue dans un dyke ultramafique étroit, suggérant une origine locale de l’anomalie.
Cuivre (Cu)
Feuillet 35G07
L’échantillon 2022120065 présente une teneur élevée en cuivre (222 ppm Cu; >99e centile), accompagnée de concentrations importantes en Ag et en As. Il est spatialement associé à deux autres échantillons situés au NNE, dont les teneurs en Cu excèdent également le 95e centile. L’alignement de ces trois points selon une direction NNE suggère un train de dispersion local. Toutefois, cette anomalie est localisée au sud des zones minéralisées connues en cuivre, rendant son origine difficile à relier aux sources actuellement identifiées.
Feuillet 35G08
Les échantillons 2023129808 (190 ppm Cu; 99e centile) et 2023129882 (141 ppm Cu; 95e centile) sont alignés dans la direction de l’écoulement glaciaire vers le NE. Cette orientation concorde avec la position de plusieurs zones minéralisées en Ni-Cu (±Co ±EGP), suggérant un train de dispersion de matériaux dérivés de sources minéralisées locales.
Feuillet 35G09
Les échantillons 2022119936 (269 ppm Cu; 99e centile) et 2022119940 (152 ppm Cu; 98e centile) délimitent les extrémités d’un regroupement géochimique à fort potentiel, orienté NE–SW et s’étendant sur ∼12 km. Cette distribution linéaire pourrait refléter la présence d’une structure géologique favorable à la concentration en cuivre.
Feuillet 35H12
L’échantillon 2022119819 affiche la teneur en cuivre la plus élevée de la zone d’étude (289 ppm Cu; >99e centile). Cette anomalie est renforcée par des teneurs qui sont également supérieures au 99e centile en arsenic (29 ppm As) et en or (54,3 ppb Au), traduisant une signature multiélémentaire possiblement associée à une source minéralisée aurifère ou polymétallique.
Feuillet 35G14
Quatre échantillons présentent des teneurs en cuivre supérieures au 95e centile (>111,4 ppm Cu), dont deux dépassent le 98e centile (2021136015, 146 ppm Cu; 2021136014, 158 ppm Cu). L’anomalie formée par ces échantillons est orientée NNE-SSW, ce qui est compatible avec la direction de l’écoulement glaciaire. La zone minéralisée de Nanuq-2 (Cu-Au), située à ∼10 km au SSW, pourrait être à l’origine de cette anomalie.
Feuillet 35G16
Les échantillons 2021136195 (158 ppm Cu; 98e centile) et 2021136189 (160 ppm Cu; 99e centile) délimitent une anomalie géochimique orientée NNW-SSE, qui s’accorde avec la direction de l’écoulement glaciaire observée dans le secteur. Leur proximité avec les zones minéralisées de Naatoraliknatsisit (Fe-Ti-V) et de Cool-Kuluk (Cu-Au-Ag) suggère une relation entre ces anomalies et les sources minéralisées régionales.
Éléments des terres rares (ETR) – lanthanides, scandium (Sc) et yttrium (Y)
Feuillets 35G05 – 35G06 – 35G12
Ce secteur englobe la zone minéralisée Lac Chukotat, la seule minéralisation connue en ETR dans la zone d’étude. Une proportion significative d’échantillons y affiche des concentrations en ETR supérieures au 90e centile, avec une dispersion dominante vers le nord et le NE, conforme à la direction d’écoulement glaciaire régionale. Les anomalies ponctuelles les plus marquées correspondent aux échantillons 2022119967 (292,60 ppm ETR) et 2022120057 (342,23 ppm ETR), tous deux supérieurs au 99e centile, indiquant une source locale hautement enrichie.
Feuillet 35G07 – 35G08 – 35G10
Dans ce secteur, l’échantillon 2023129815 présente la concentration en terres rares la plus élevée de l’ensemble du levé (363,43 ppm ETR; >99e centile). Plus à l’est, un regroupement d’échantillons forme une anomalie orientée N-S, avec des teneurs qui varient entre le 95e et le 99e centile. Cette dispersion se poursuit vers le nord, autour de l’échantillon 2021136149 (268,73 ppm ETR; >98e centile). Globalement, les teneurs élevées convergent vers le feuillet 35G10, où l’échantillon 2023129882 (327,13 ppm ETR; >99e centile) représente une anomalie ponctuelle significative.
Fer (Fe)
Feuillet 35G16
Deux échantillons, 2021136189 (9,74 % Fe; 99e centile) et 2021136176 (9,61 % Fe; 98e centile), situés à <4 km l’un de l’autre, délimitent une anomalie en fer significative. La zone minéralisée de Naatoraliknatsisit (Fe-Ti-V) est positionnée entre ces deux points, renforçant l’intérêt géologique du secteur. L’échantillon 2021136189 présente également une anomalie en cobalt (50,1 ppm Co; >99e centile), suggérant une corrélation multiélémentaire.
Feuillet 35H13
Les échantillons 2023129895 (9,92 % Fe; 99e centile), 2023129899 (8,99 % Fe; 98e centile), 2023129874 (9,08 % Fe; 98e centile) et 2023129902 (9,16 % Fe; 98e centile) se distinguent par leurs teneurs élevées en fer, délimitant une anomalie concentrée dans ce secteur.
Feuillet 35G08-35G09-35H05
Trois échantillons se démarquent par des teneurs élevées en fer, soit : 2021136110 (15,13 % Fe), 2023129808 (10,31 % Fe) et 2023129824 (10,14 % Fe), tous supérieurs au 99e centile. Un panache de dispersion élargi, dont les concentrations en Fe varient entre le 90e et le 98e centile, est observable dans le feuillet 35H05. Ce secteur, incluant la limite entre les feuillets 35G08 et 35G09, est caractérisé par la présence de gabbro, de roches volcanoclastiques et de formation de fer associée à la Suite du Lac Esker (pPesk4). Ces caractéristiques lithologiques, combinées aux anomalies géochimiques observées, renforcent le potentiel métallogénique du secteur pour des minéralisations de type Fe-Ti-V.
Lithium (Li)
Feuillet 35H13
Cinq échantillons présentent des teneurs en lithium supérieures au 95e centile (>32,3 ppm Li). Parmi ceux-ci, les échantillons 2023129907 (44,1 ppm Li) et 2023129905 (42,9 ppm Li) se distinguent par des valeurs supérieures au 99e centile, constituant ainsi les anomalies les plus marquées du secteur.
Feuillet 35G08
Les échantillons 2023129810 (38,5 ppm Li; 95e centile), 2023129808 (53,5 ppm Li; 99e centile) et 2023129882 (41,8 ppm Li; 98e centile) présentent des teneurs élevées en ithium. L’échantillon 2023129808 se démarque particulièrement, puisqu’il affiche également des anomalies multiélémentaires (>99e centile en Ag, Cu et Fe), suggérant une source minéralisée polymétallique.
Feuillet 35G05
Huit échantillons présentent des teneurs en lithium supérieures au 98e centile. Parmi ceux-ci, les échantillons 2022119846 (42,9 ppm Li), 2022119840 (48,6 ppm Li) et 2022119836 (44,9 ppm Li) atteignent des valeurs supérieures au 99e centile, définissant une anomalie régionale significative.
Nickel (Ni)
Feuillet 35H13
L’échantillon 2023129912, prélevé tout juste en aval glaciaire de l’ancienne mine Asbestos Hill (Purtuniq), se distingue par une teneur en nickel de 565 ppm Ni (>99e centile).
Feuillet 35G09
L’échantillon 2021136107, prélevé dans un till qui recouvre la Suite du Lac Esker, présente une teneur en nickel de 379 ppm Ni (>99e centile). Ce secteur est reconnu pour héberger plusieurs minéralisations magmatiques et hydrothermales en Ni-Cu-EGP. À quelques kilomètres au nord, l’échantillon 2022119916, également situé sur la Suite du Lac Esker, affiche une teneur de 322 ppm Ni (98e centile).
Un pli synforme sépare les deux sous-secteurs, ce qui pourrait influencer la distribution géochimique observée. Il est toutefois important de noter que l’association entre les teneurs anomales en Ni dans le till et la proximité de la Suite du Lac Esker n’est pas observée à l’est du secteur, malgré la présence de plusieurs minéralisations en Ni-Cu-EGP. Cette observation suggère une variabilité locale des mécanismes de dispersion glaciaire, qui peut aussi être influencée par la géologie.
Feuillet 35G08-35H05
Ce secteur renferme plusieurs zones minéralisées et gîtes en Ni-Cu-EGP, alignés le long de la Suite du Lac Esker et témoignant d’un fort potentiel métallogénique. Ce potentiel est appuyé par les échantillons 2023129844 (661 ppm Ni) et 2023129857 (515 ppm Ni), qui comptent parmi les teneurs les plus élevées recensées dans la zone d’étude.
À quelques kilomètres au SW, les échantillons 2023129820 (254 ppm Ni; 98e centile), 2023129807 (329 ppm Ni; 99e centile), 2023129806 (751 ppm Ni; 99e centile) et 2023129801 (285 ppm Ni; 98e centile) présentent également des teneurs élevées.
L’échantillon 2023129806, avec une teneur de 751 ppm Ni, constitue la valeur la plus élevée mesurée dans l’ensemble de la zone d’étude. Aucune minéralisation connue ne permet actuellement d’expliquer cette anomalie marquée, suggérant l’existence d’une source minéralisée non identifiée, possiblement à l’intérieur des limites du parc national des Pingaluit.
Feuillet 35G12
Dans la partie ouest de la zone d’étude, les teneurs en Ni supérieures au 90e centile forment une anomalie orientée NNE-SSW. L’échantillon 2022119822 (267 ppm Ni; 98e centile) présente la teneur la plus élevée de ce regroupement. Il est situé immédiatement en aval glaciaire d’unités ultramafiques cartographiées en 2024, incluant de la pyroxénite de la Suite d’Illuinaqtuut et de l’amphibolite dérivée de roches ultramafiques de la Suite de Qaaneq. Cette configuration suggère une relation géologique directe entre les anomalies géochimiques en Ni et les lithologies ultramafiques sous-jacentes.
Plomb (Pb)
Feuillet 35G07
Dix-huit échantillons situés dans la portion centrale du feuillet présentent des teneurs en Pb qui sont supérieures au 95e centile. Un regroupement central de quatre échantillons dépasse le 99e centile (>24,9 ppm Pb), dont l’échantillon 2022120014 (30,4 ppm Pb), qui affiche également des teneurs supérieures au 99e centile en Ag et en As.
Les zones minéralisées de Slope (Cu, Ni) et de Bertrand (Ni-Cu ±Co ±EGP) constituent les seules minéralisations connues dans ce secteur. Toutefois, aucune anomalie en Ni ou en Cu n’a été détectée dans les tills en aval glaciaire de ces zones minéralisées, ce qui suggère une origine distincte pour les enrichissements en Pb.
Feuillet 35G08-35G09
Des anomalies ponctuelles en plomb ont été relevées pour les échantillons 2023129808 (28,5 ppm Pb; 99e centile) et 2021136090 (23,6 ppm Pb; 98e centile). Ces échantillons se distinguent également par des corrélations multiélémentaires impliquant les éléments suivants : Ag, As, Cu, Fe et Li. Cette signature géochimique complexe pourrait indiquer la présence d’une source polymétallique non encore identifiée.
Vanadium (V)
Feuillet 35G16
Ce feuillet comprend sept zones minéralisées en Fe-Ti-V, mais un seul l’échantillon 2021136189 (116 ppm V; >95e centile) présente une concentration anomale en vanadium. Cet échantillon est situé à ∼1 km de la zone minéralisée de Naatoraliknatsisit et montre également des teneurs anomales en Co, Cu et Fe, suggérant une signature géochimique multiélémentaire.
Feuillet 35G09-35H12
L’échantillon 2023129895 se distingue par une teneur de 134 ppm V (>99e centile). Plus au sud, plusieurs anomalies ponctuelles supérieures au 99e centile ont été relevées, notamment les échantillons 2022119902 (190 ppm V), 2023129890 (139 ppm V), 2023129867 (198 ppm) et 2021136116 (143 ppm V).
Feuillet 35G08
Les échantillons 2023129808 (133 ppm V), 2023129824 (145 ppm V) et 2023129882 (133 ppm V) forment un alignement WSW–ENE, avec des teneurs supérieures au 98e centile, suggérant une anomalie associée à la dispersion glaciaire.
Zinc (Zn)
Feuillet 35G07
Dix échantillons présentent des teneurs en zinc supérieures au 98e centile. Parmi ceux-ci, les échantillons 2022119945 (167 ppm Zn), 2022120002 (154 ppm Zn), 2022120014 (292 ppm Zn), 2022120032 (217 ppm Zn), 2022120034 (240 ppm Zn) et 2022120065 (370 ppm Zn) se distinguent par leurs concentrations particulièrement élevées. L’échantillon 2023129808 a donné une teneur de 201 ppm Zn; il montre également une corrélation multiélémentaire en Ag, As, Cu, Fe, Li et Pb, suggérant une signature géochimique complexe possiblement liée à une source minéralisée polymétallique.
GRAINS D’OR DANS LE TILL ET LES ESKERS
Nombre et morphologie des grains d’or
Un total de 11 266 grains d’or, toutes fractions granulométriques confondues, ont été identifiés dans 460 concentrés de minéraux lourds issus de tills. À titre comparatif, seuls 87 grains ont été récupérés dans 20 concentrés provenant d’eskers.
Parmi les grains extraits des tills, 94,7 % (n = 10 669) présentent une granulométrie inférieure à 50 µm, tandis que 5,3 % (n = 597) sont supérieurs à 50 µm. L’échantillon 22NV017 se distingue par la présence de 598 grains, dont 94 % (n = 563) sont de morphologie intacte. Il contient également 17 grains de >50 µm, soit légèrement moins que l’échantillon 23NV069, qui présente le plus grand nombre de grains détectés visuellement (n = 21).
L’échantillon 23NV046 contient le plus gros grain d’or observé dans l’ensemble du levé (axe long ≈ 500 µm, morphologie modifiée), bien qu’il ne contienne que 27 grains au total. De manière générale, les grains récupérés présentent majoritairement une morphologie modifiée (50,6 %) ou intacte (48,7 %).
|
Nombre de grains totaux |
Proportion (en %) |
Compte maximal (et numéro d’échantillon) |
|
| Nombre de grains d’or | 11266 | 100,0 | 598 (22NV017) |
| Nombre de grains entre 50 µm et 1000 µm | 597 | 5,3 | 21 (23NV069) |
| Nombre de grain entre (0-50 µm) | 10669 | 94,7 | 581 (22NV017) |
| Morphologie des grains d’or | |||
| Total (intact) | 5482 | 48,7 | 563 (22NV017) |
| Cristallin (intact) | 454 | 4,0 | 27 (22NV017) |
| Intergranulaire (intact) | 4857 | 43,1 | 529 (22NV017) |
| Mutuel (intact) | 84 | 0,7 | 6 (22NV017 et 21SH104) |
| Remobilisé (intact) | 87 | 0,8 | 3 (21SH005-19-30-147-171) |
| Modifié | 5696 | 50,6 | 164 (21SH088) |
| Remodelé | 88 | 0,8 | 5 (21SH084) |
Répartition des grains d’or normalisés
Feuillet 35G12
L’échantillon 22NV017 présente la teneur la plus élevée de la zone d’étude, avec un compte normalisé de 1238 grains/10 kg. Cet échantillon est localisé à <4 km en aval glaciaire (vers le nord) des zones minéralisées d’Espérance et d’Espérance West (feuillet 35G12). La teneur en arsenic mesurée dans l’aliquote soumise à l’analyse lithogéochimique atteint 29 ppm As (échantillon 2022119819; 99e centile). Dans le secteur environnant, les teneurs en As et le nombre de grains d’or normalisés demeurent relativement élevé, avec des valeurs supérieures au 75e centile et comprises entre 75 et 175 grains/10 kg. Quelques échantillons anomaux situés plus au nord (feuillet 35G13), à proximité du projet d’aire protégée de la Rivière-Kovik, pourraient être associés à la même trainée de dispersion glaciaire.
Feuillet 35G11
Un périmètre orienté NE-SW regroupe 15 échantillons contenant >100 grains d’or normalisés/10 kg, dont cinq dépassent 200 grains/10 kg (échantillons 21SH132, 21SH135, 21SH143, 21SH151 et 21SH153). La zone anomale ainsi définie se reflète également dans la distribution de l’As, bien que les concentrations ne soient pas intrinsèquement élevées (huit échantillons > 75e centile). En amont glaciaire de ce regroupement, sept zones minéralisées aurifères connues sont répertoriées, et une zone favorable pour l’or (Qiqaviq) a été délimitée dans les travaux ministériels.
Feuillet 35G09-35H12-35H13
Les échantillons 21SH084, 21SH088, 21SH089, 21SH104, 23NV069 et 23NV079 forment un regroupement caractérisé par des comptes élevés en grains d’or normalisés, variant entre 250 et 415 grains/10 kg. Bien que les teneurs en As dans ces échantillons demeurent faibles, le till en aval glaciaire présente plusieurs anomalies ponctuelles en As. L’ensemble des secteurs riches en Au et en As s’aligne approximativement le long de la Faille de Bergeron, laquelle marque la limite structurale entre les domaines Nord et Sud de la Fosse de l’Ungava.
MINÉRAUX LOURDS DANS LE TILL ET LES ESKERS
Chalcopyrite
La chalcopyrite est un sulfure généralement instable dans l’environnement secondaire. Il représente toutefois la source principale de minerais de cuivre. Dans la région, la présence de chalcopyrite dans le till peut possiblement être associée à différents contextes de minéralisation (Ni-Cu magmatique, SMV, etc.).
Les sulfures sont très peu abondants dans les échantillons du projet. La proportion minérale de la chalcopyrite moyenne seulement pour les échantillons dans lesquels ils ont été détectés est de 0,02 %, en contraste avec son abondance naturelle, suggérant l’oxydation dans le sol. Comme les échantillons sont prélevés dans des ostioles, le taux d’oxydation varie d’un échantillon à l’autre, et une abondance anomale dans ceux-ci n’est pas nécessairement indicatrice de son abondance anomale dans les roches sources. La chalcopyrite a été identifiée dans 9 % des échantillons analysés. La concentration moyenne de chalcopyrite dans les échantillons de till est de 0,01 ppm, tandis que dans les échantillons d’esker, elle atteint 0,03 ppm.
Feuillet 35G13
L’échantillon 22NV142 (0,41 ppm) présente la teneur en chalcopyrite la plus élevée du projet. Sa teneur pourrait être associée au filon cuprifère de la zone minéralisée de Nanuq-1, située dans la direction WSW.
Feuillet 35G07-35G10-35G15
Plusieurs échantillons présentant des teneurs en chalcopyrite sont situés au centre de la zone d’étude selon un axe N-S. Malgré la présence de plusieurs zones minéralisées en cuivre au sud, les teneurs les plus élevées sont situées au nord, notamment pour les échantillons 21SH025 (0,31 ppm Cu) et 21SH054 (0,35 ppm Cu).
Forstérite
L’olivine ([Mg,Fe]SiO4) se trouve dans les roches ultramafiques minéralisées et non minéralisées communément hôtes de gisements de Ni-Cu-EGP. Par sa composition, l’olivine permet de retracer ses conditions de cristallisation (Averill, 2001; Mathieu, 2015; McClenaghan et Paulen, 2018). Celles contenues dans les échantillons sont des forstérites (MgSiO4; Mg > 21,8 %). La forstérite a été identifiée dans 92 % des échantillons du projet. La proportion minérale moyenne en forstérite est de 25,8 ppm pour les échantillons de till et de 9,5 ppm pour les échantillons d’esker.
Feuillet 35G09-35G10-35G11-35G15
Le centre de la zone d’étude présente une dispersion plurikilométrique d’échantillons orientés NE-SW qui présente des teneurs élevées en forstérite. De ceux-ci, les échantillons 21SH100 (538 ppm), 21SH093 (434 ppm) et 21SH112 (401 ppm) sont situés près de zones minéralisées en Ni associées à des minéralisations magmatiques et hydrothermales.
Feuillet 35H05
L’échantillon 23NV017 (1049 ppm) présente la teneur la plus élevée en forstérite du projet. Cet échantillon est situé entre les zones minéralisées de Lac Vaillant et de Viking-1, qui présentent des minéralisations magmatiques Ni-Cu, selon une orientation NW-SE.
Feuillet 35G08
Les échantillons 23NV018 (898 ppm) et 23NV006 (364 ppm) sont situés dans un secteur présentant plusieurs zones minéralisées en Ni et Cu associées à des minéralisations magmatiques et hydrothermales.
Ilménite
L’ilménite (FeTiO3) est un des principaux minéraux associés à l’exploitation du Ti, en faisant un minéral indicateur intéressant pour le contexte Fe-Ti-V (Charlier et al., 2015). En général, dans ce type de gîte, l’ilménite peut former des exsolutions d’oxydation avec l’hématite qui concentre le Ti (Dupuis et Beaudoin, 2011). Cependant, ces exsolutions sont très fines et ne sont pas nécessairement détectées par ARTMin.
Les teneurs en Mn sont relativement basses (<2,37 % Mn), classant la majorité des minéraux dans le pôle rutile-ilménite-hématite. L’ilménite a été trouvée dans tous les échantillons du projet, mais sa distribution spatiale varie considérablement en fonction de sa concentration. La concentration moyenne en ilménite est de 58,5 ppm pour les échantillons de till et de 12,5 ppm pour les eskers.
Feuillet 35G13-35G14
Les échantillons 21SH010 (354 ppm), 21SH015 (337 ppm), 21SH017 (234 ppm), 22NV117 (335 ppm) et 22NV142 (280 ppm) présentent des teneurs élevées en ilménite. Le groupement s’organise selon une orientation NNE. Ces échantillons sont situés à la limite entre le Domaine Nord et le Narsajuaq, couvrant ainsi plusieurs lithologies, incluant du gabbro associé à des phases ferromagnésiennes et titanifères du Groupe de Watts.
Feuillet 35H13
Les échantillons 23NV113 (239 ppm) et 23NV114 (271 ppm) sont situés à ∼10 km au NE des roches du Groupe de Watts, où plusieurs zones minéralisées, notamment celle de Naatoraliknatsisit, présentent des teneurs en V, en Fe et en Ti.
L’échantillon 23NV087 (818 ppm) présente la teneur en ilménite la plus élevée du projet. L’échantillon se situe aussi sur du gabbro du Groupe de Watts.
ZONES FAVORABLES
Les analyses géochimiques et minéralogiques de ces échantillons ont permis de définir diverses zones favorables caractérisées par des anomalies multiélémentaires significatives. Celles-ci sont interprétées comme des indicateurs de sources minéralisées potentielles et contribuent à la compréhension des relations entre la dispersion glaciaire et les contextes lithogéologiques régionaux. Les sections suivantes présentent la description et l’interprétation des principales zones d’anomalies identifiées (NV01 à NV12).
| Zone favorable |
Contexte métallogénique |
Échantillon |
Critère |
| NV01 | Fe-Ti-V |
2021136089 et 21SH148 2021136189 et 21SH165 |
Co-Cu (>90e centile); Fe (>95e centile; résiduelle); chalcopyrite (0,28 ppm) Cu (>95e centile; statistique U); Fe (>98e centile; statistique U); Ti (>95e centile) Co-Cu-Fe (>99e centile; statistique U); Cr (98e centile); Ni (>95e centile); V (>95e centile, statistique U); pentlandite (1,82 ppm); chalcopyrite (0,12 ppm) Cu (>98e centile; statistique U; résiduelle); Ti (>95e centile) |
| NV02 | Aurifère (indéterminé) |
Regroupement de 15 échantillons |
Entre 102,1 et 242,7 grains d’or normalisés à 10 kg >1 mm Co-Cr-V (>95e centile); Cu (>98e centile; statistique U) Cr (98e centile); Ni (>95e centile) Fe (>95e centile) Co-Cr-V (>95e centile) |
| NV03 | Ni-Cu-Co (±EGP) et Fe-Ti-V |
2023129801 et 23NV001 2023129806 et 23NV006 2023129820 et 23NV018 |
Ag (statistique U); As (résiduelle); Co (>95e centile; statistique U); Cr (>99e centile); Ni (>98e centile; statistique U); forstérite (77,6 ppm) Ag (100e centile; statistique U; résiduelle); Co (>95e centile; statistique U); Ni (statistique U); Cu-Pb-Zn (>99e centile; statistique U; résiduelle); Fe (>99e centile; statistique U); Li (>99e centile; statistique U); V (>98e centile; statistique U) Co-Ni (100e centile; statistique U); Cr (100e centile); Fe (>95e centile); forstérite (77,61 ppm) Co (>99e centile; statistique U; résiduelle); Ni (>99e centile; statistique U); Cr (98e centile), Cu (statistique U; résiduelle); Li-Zn (statistique U); Pb (résiduelle) Cu (statistique U; résiduelle); Ni (>98e centile; statistique U); ETR (résiduelle); forstérite (897,8 ppm) Co (>98e centile; statistique U); Fe (>99e centile); V (>99e centile; statistique U) Co-Ni (statistique U); Fe (>90e centile); V (>90e centile; résiduelle) As (résiduelle); Co-Cu (>98e centile; statistique U); ETR-Li (>98e centile; statistique U; résiduelle); Ni-Pb-Zn (statistique U); V (>98e centile; statistique U); Ti (>99e centile) |
| NV04 | Aurifère (indéterminé) |
Regroupement de 7 échantillons |
Entre 114,2 et 1238,3 grains d’or normalisés à 10 kg >1 mm As (>99e centile); Au (100e centile); Cu (>99e centile; statistique U; résiduelle); Co (>95e centile); Ni (>98e centile; statistique U) Ag-As (>95e centile); Cu (>95e centile; résiduelle) |
| NV05 | Aurifère (indéterminé) | Regroupement de 4 échantillons | Entre 107,9 et 160,3 grains d’or normalisés à 10 kg >1 mm |
| NV06 | Aurifère (indéterminé) |
Regroupement de 10 échantillons |
Entre 127,9 et 413,3 grains d’or normalisés à 10 kg >1 mm Co (>98e centile, statistique U); Cu (>98e centile; statistique U; résiduelle) Au (>99e centile) Co (>95e centile); Cu (>98e centile); V (99e centile) Au (>98e centile) Au-Co (>95e centile); Cu (>99e centile; résiduelle) Co (>98e centile) V (>99e centile; statistique U; résiduelle) Co (>99e centile; statistique U; résiduelle); Cr-Cu-Fe (>95e centile) |
| NV07 | Aurifère (indéterminé) |
Regroupement de 6 échantillons 21SH078 21SH154 |
Entre 110,6 et 179,3 grains d’or normalisés à 10 kg >1 mm Chalcopyrite (0,28 ppm) Forstérite (114,28 ppm) Ag-As (>99e centile; statistique U); Pb (>98e centile; statistique U) Ag (>95e centile; résiduelle) Ag (>95e centile) |
| NV08 | Cu et Fe-Ti-V |
2021136015 et 21SH024 2021136028 et 21SH010 22NV142 22NV117 |
Cu (>98e centile); V (>95e centile) Cu (>98e centile); V (>95e centile); ilménite (194,8 ppm) Cu (>95e centile); V (>98e centile); ilménite (353,75 ppm) Cu (>95e centile); V (>90e centile) Chalcopyrite (0,41 ppm); ilménite (279,54 ppm) Ilménite (335,34 ppm) |
| NV09 | Ni-Cu-Co (±EGP) |
2021136107 et 21SH093 |
Co (>95e centile; résiduelle); Ni (>99e centile; statistique U; résiduelle); forstérite (433,63 ppm) Ni (>95e centile) Co-Cr (>95e centile); Ni (>98e centile)) Ni (>95e centile) |
| NV10 | Fe-Ti-V |
2023129895 et 23NV087 |
Fe-V (>99e centile; statistique U); ilménite (818,33 ppm) Fe (>98e centile; statistique U; résiduelle) Fe (>98e centile; statistique U) V (>90e centile; statistique U) |
| NV11 | SMV et/ou SEDEX |
Zn (>98e centile; statistique U) Ag (>98e centile); Pb (>99e centile) Pb (>99e centile) ETR (>99e centile); Zn (>98e centile; statistique U) Pb (>99e centile; résiduelle) Ag-Pb (>99e centile); Zn (>99e centile; statistique U; résiduelle) As-Zn (>98e centile); ETR (>98e centile); Pb (>99e centile) As (>98e centile) Ag-Pb (>98e centile); Zn (>99e centile) As-Pb (>98e centile); Zn (>99e centile; résiduelle) Zn (>98e centile) Ag-As-Pb (>98e centile) Ag-Cu (>99e centile); As-Zn (100e centile); Fe-V (>98e centile) Pb (>98e centile) Ag (>99e centile); As (>98e centile; résiduelle); Zn (>99e centile) Ag-As (>98e centile) Ag (>98e centile; résiduelle) |
|
| NV12 | Ni-Cu-Co (±EGP) |
2023129844 et 23NV117 2023129857 et 23NV005 |
Co (>99e centile; statistique U); Ni (>99e centile; statistique U); forstérite (423 ppm) Co (>99e centile; statistique U; résiduelle); Ni (>99e centile; statistique U); forstérite (1049 ppm) |
NV01
Les échantillons analysés dans cette zone présentent des enrichissements significatifs en Cu, Co, Cr, Fe, Ni et V, avec des valeurs dépassant couramment les 95e à 99e centiles. Ces anomalies sont dans certains cas corroborées par des analyses statistiques, notamment la statistique U et/ou la résiduelle. La présence de minéraux tels que la chalcopyrite et la pentlandite soutient l’interprétation d’un environnement favorable à la minéralisation polymétallique.
La zone favorable est localisée dans le Domaine Nord, où elle coupe les roches du Groupe de Watts, de la Formation de Nituk et de la Suite d’Illuinaqtuut. Le potentiel en Fe-Ti-V est mis en évidence dans les gabbros et les anorthosites du Groupe de Watts, notamment par la présence de la zone favorable cartographique de Kingulialuq 1 et Kingulialuq 2 et de la zone minéralisée de Naatoraliknatsisit.
NV02
La zone regroupe 15 échantillons de till avec des teneurs variant entre 102 et 243 grains d’or normalisés à 10 kg. Quatre de ces échantillons montrent des enrichissements significatifs en Cu, Co, Cr, Fe, Ni et V, avec des valeurs dépassant couramment les 95e à 99e centiles.
L’ensemble des résultats suggère que la zone identifiée pourrait correspondre à un panache de dispersion associé aux zones minéralisées du secteur Goshawk–Interlake, qui comprend sept zones minéralisées connues. Les zones favorables de Qiqaviq, d’Esker 1 et d’Esker 2, délimitées à partir des travaux de cartographie du socle, sont également associées à ce secteur. Toutefois, l’échantillon 21SH132 est situé en amont glaciaire des zones minéralisées connues et des zones favorables recensées, suggérant la possibilité d’une source additionnelle ou encore non identifiée.
La zone NV02 chevauche également une zone favorable cartographique (Qikirtalialuk) située plus au nord, bien qu’aucune zone minéralisée n’y ait encore été recensée. Deux échantillons fortement anomaux (210 et 247 grains normalisés) se trouvent en aval glaciaire de cette zone, ce qui permet d’envisager une origine de dispersion potentiellement double. Cependant, les comptes en grains d’or observés sur quelques kilomètres au nord ne présentent pas d’anomalies significatives, limitant cette hypothèse.
NV03
La zone comprend sept échantillons de till présentant des teneurs élevées en un ou plusieurs éléments typiquement associés aux minéralisations de type Ni-Cu-EGP et Fe-Ti-V. Quelques échantillons isolés montrent également des enrichissements ponctuels en Ag, ETR, Li, Pb et Zn, notamment les échantillons 2023129803, 2023129806 et 2023129882. Les anomalies élémentaires, dont les valeurs excèdent couramment les 95e à 100e centiles, sont en grande partie corroborées par la statistique U et/ou par la résiduelle.
L’échantillon 2023129806 affiche les teneurs en nickel, cobalt et chrome les plus élevées mesurées dans un till prélevé par le Ministère (732 ppm Ni, 78,2 ppm Co et 626 ppm Cr). Ce site d’échantillonnage présente également des proportions élevées en forstérite (échantillon 23NV006; 364 ppm), tout comme l’échantillon 23NV018 (897,8 ppm).
Les données nivelées des sédiments de fond de lac (Solgadi, 2024) mettent également en évidence des concentrations élevées en Ni (>99e centile), As (>95e centile) et Cu (>90e centile), soutenant la cohérence géochimique régionale de l’anomalie.
La zone identifiée se superpose aux roches mafiques à ultramafiques intrusives de la Suite du Lac Esker, localement associées à des formations de fer. Ces unités représentent les sources les plus probables de l’anomalie géochimique observée. La portion ouest de la zone favorable est par ailleurs caractérisée par la présence de plusieurs zones minéralisées de Ni-Cu ±EGP, incluant le gîte d’Ivakkak (Ni-Cu-EGP ±Co), actuellement en production.
NV04
La zone favorable NV04 est définie par un ensemble de 25 échantillons de till, dont sept ont fait l’objet d’analyses de concentrés de minéraux lourds. Parmi ceux-ci, quatre présentent des teneurs en or supérieures ou égales au 99e centile (≥39,6 ppb Au). L’échantillon 2022119819 se distingue particulièrement, affichant la teneur en or la plus élevée du levé (54,3 ppb Au), accompagnée de valeurs anomales en arsenic (29 ppm As; 99e centile) et en cuivre (289 ppm Cu; 99e centile).
Au même site, le concentré de minéraux lourds révèle un compte exceptionnel de 1238 grains d’or normalisés à 10 kg, faisant de l’échantillon 22NV017 le plus riche en grains d’or du projet. Les autres échantillons situés dans la portion nord de la zone présentent des comptes variants entre 114 et 133 grains d’or normalisés à 10 kg. Ces échantillons se trouvent au NNE des zones minéralisées aurifères connues d’Espérance et d’Espérance West, à <2 km de l’échantillon 22NV017. Dans ce secteur, la carte nivelée des sédiments de fond de lac (As; Solgadi, 2024) met en évidence une anomalie continue sur plusieurs kilomètres vers le NE. Cette anomalie régionale n’est toutefois que modérément reflétée dans la géochimie du till, où les teneurs en As atteignent principalement le 75e centile.
L’extrémité sud de la zone comprend l’échantillon 22NV024, qui présente une teneur en en or de 31,1 ppb Au (>98e centile) et un compte de 385,8 grains d’or normalisés. Cet échantillon est localisé dans du basalte à pyroxène du Groupe de Parent. Directement au sud affleurent des unités de diorite et de gabbro hétérogène associées au Pluton de Qimiujait, dont la géologie demeure encore peu documentée.
NV05
La zone NV05 est délimitée par sept échantillons de till, dont quatre ont fait l’objet d’analyses de concentrés de minéraux lourds. Elle se distingue principalement par des comptes anomaux en grains d’or normalisés à 10 kg, variant entre 107 et 160 grains.
La carte nivelée de géochimie des sédiments de fond de lac (As; Solgadi, 2024) met en évidence une anomalie significative correspondant aux 98e et 99e centiles. Toutefois, cette anomalie n’est pas reflétée dans la géochimie du till, suggérant une source locale potentielle non échantillonnée ou encore non affleurante.
La zone comprend également la zone minéralisée de Churchill, un filon polymétallique à Ag-Pb-Zn. En l’absence de levés cartographiques récents, la géologie du secteur demeure peu détaillée. Elle est principalement constituée de roches intrusives appartenant au Complexe de Narsajuaq.
NV06
La zone favorable NV06 est délimitée par 29 échantillons de till, dont 13 ont fait l’objet d’analyses de concentrés de minéraux lourds. Sa définition repose principalement sur les comptes de grains d’or, normalisés à 10 kg, qui varient entre 128 et 413 grains. Six échantillons présentent des teneurs en Au supérieures au 95e centile, notamment l’échantillon 2021136091, qui affiche la concentration la plus élevée (41,1 ppb Au).
En ce qui concerne l’As, bien que seuls deux échantillons dépassent le 90e centile, huit sont mis en évidence par au moins une des deux méthodes statistiques utilisées, suggérant une anomalie plus diffuse. Des enrichissements ponctuels en Co, Cu et V sont également observés, avec des valeurs comprises entre les 95e et 99e centiles.
La distribution spatiale des grains d’or présente une corrélation notable avec les zones où sont répertoriées plusieurs minéralisations magmatiques de Ni-Cu. Ces dernières sont associées aux roches mafiques et ultramafiques de la Suite du Lac Esker, ce qui renforce l’intérêt métallogénique de la zone NV06.
NV07
La zone NV07 comprend six échantillons de till présentant des comptes anomaux en grains d’or, normalisés à 10 kg, variant entre 111 et 179 grains. L’échantillon 2021136090 se distingue par des enrichissements significatifs en Ag, As et Pb, avec des concentrations dépassant les 98e et 99e centiles. Cet échantillon est situé à ∼2 km en aval de la zone favorable cartographique de Bergeron (minéralisation aurifère de type indéterminé), localisée le long de la Faille de Bergeron. Cette structure tectonique marque la limite entre les roches métasédimentaires du Groupe de Spartan (Domaine Nord) et les basaltes du Groupe de Chukotat (Domaine Sud).
Cette zone englobe également des portions de plusieurs autres zones favorables cartographiques identifiées : Kingulialuq 2 (Fe-Ti-V), Tuktuk 1 (Cu-Ag-Zn-EGP) et Manniit (Cu-Ni). À proximité de ces secteurs, les données nivelées de géochimie des sédiments de fond de lac (Solgadi, 2024) mettent en évidence des anomalies significatives (>99e centile) en As, Cu et Ni, et renforçant ainsi le potentiel métallogénique de la zone.
NV08
La zone NV08 est délimitée par six échantillons de till présentant des anomalies multiélémentaires en Cu et V, avec des concentrations comprises entre les 95e et 98e centiles. Ces échantillons se distinguent également par des teneurs élevées en ilménite, variant entre 195 et 354 ppm, ce qui suggère un potentiel pour des minéralisations de type Fe-Ti-V.
La zone englobe aussi les zones minéralisées de Nanuq-1, Nanuq-3 et Nanuq-4, associées à des occurrences aurifères et cuprifères. De plus, la carte nivelée de géochimie des sédiments de fond de lac (Solgadi, 2024) met en évidence des anomalies significatives en Cu, supérieures au 99e centile dans ce secteur, renforçant l’intérêt métallogénique et le potentiel pour une exploration ciblée.
NV09
La zone favorable NV09 est définie par six échantillons de till, dont un a fait l’objet d’une analyse de concentrés de minéraux lourds. Les résultats analytiques révèlent des enrichissements significatifs en Ni, Co et Cr, avec des concentrations dépassant couramment les 95e et 99e centiles.
Cette zone se superpose spatialement aux roches mafiques à ultramafiques de la Suite du Lac Esker, reconnues pour héberger des minéralisations de Ni-Cu-EGP associées aux zones minéralisées de Raglan (secteurs des lacs Cross Est et Ouest). La présence de ces minéralisations s’explique en partie les anomalies multiélémentaires observées dans les échantillons, à l’exception de l’échantillon 2021136107. Bien que localisé au sein de la même unité lithologique, cet échantillon se situe en amont glaciaire des zones minéralisées connues. Il présente des concentrations élevées en nickel (379 ppm Ni; 99e centile) et en cobalt (48,3 ppm Co; 99e centile), confirmées par une régression géographiquement pondérée. De plus, sa teneur anomale en forstérite (332 ppm) suggère la présence possible d’une source ultramafique minéralisée encore non identifiée dans le secteur.
NV10
La zone favorable NV10 est délimitée par quatre échantillons de till présentant des anomalies géochimiques en Fe et V suggérant un potentiel pour des minéralisations de type Fe-Ti-V.
L’échantillon 2023129895 se distingue par des teneurs particulièrement élevées en vanadium (134 ppm V; 99e centile) et en fer (9,92 % Fe; 99e centile). Il présente également une concentration notable en ilménite (818,33 ppm), renforçant l’hypothèse d’une source magmatique riche en oxydes de fer et de titane. Les échantillons 2023129874 et 2023129899 présentent aussi des teneurs en fer >98e centile, de 9,08 et 8,99 % Fe respectivement, alors que l’échantillon 2023129894 présente une teneur en vanadium de 119 ppm V (95e centile).
Cette zone repose principalement sur des unités du Domaine Nord, comprenant les roches mafiques à ultramafiques du Groupe de Watts, les roches métasédimentaires du Groupe de Spartan et les intrusions ultramafiques de la Suite d’Illuinaqtuut. Ces associations lithologiques sont cohérentes avec la signature géochimique observée et soutiennent le potentiel métallogénique de la zone.
NV11
La zone NV11 regroupe 26 échantillons de till présentant des enrichissements multiélémentaires significatifs en Ag, As, Pb et Zn, avec des concentrations supérieures aux 95e et 99e centiles. Ces anomalies sont localement accompagnées de concentrations ponctuellement élevées en Cu, ETR, Fe et V.
Le secteur nord de la zone comprend plusieurs minéralisations connues de type Ni-Cu-EGP, localisées au sein de la Suite du Lac Esker et de la Formation de Beauparlant. Toutefois, les anomalies les plus marquées en Ag–As–Pb–Zn (>99e centile) se concentrent plutôt dans la portion centre-sud de la zone, notamment au sein du basalte et des roches sédimentaires des formations de Nituk et de Natirnaalik. Cette distribution suggère un potentiel pour des minéralisations de type SMV (sulfures massifs volcanogènes) et/ou SEDEX (sédimentaire exhalatif).
L’échantillon 2022120065, prélevé au-dessus d’une unité basaltique, affiche les concentrations les plus élevées du levé en arsenic (48,1 ppm As) et en zinc (370 ppm Zn). À quelques kilomètres au NW, la zone minéralisée de Liberator North (Ni-Cu) ne permet pas d’expliquer les anomalies géochimiques observées dans le till.
Par ailleurs, les cartes nivelées des sédiments de fond de lac (Solgadi, 2024) mettent également en évidence des enrichissements significatifs en As, Cu et Zn dans ce secteur, renforçant l’hypothèse de la présence d’une ou plusieurs sources minéralisées locales, bien que non identifiées.
NV12
La zone favorable NV12 est définie par deux échantillons de till présentant des teneurs élevées en Co et en Ni, toutes deux supérieures au 99e centile. L’échantillon 2023129844 affiche des teneurs de 70,1 ppm Co et de 661 ppm Ni, tandis que l’échantillon 2023129857 présente respectivement 49,6 ppm Co et 515 ppm Ni. L’échantillon 23NV005 (2023129844) montre par ailleurs la plus forte teneur en forstérite du levé (1049 ppm), alors que celle mesurée dans l’échantillon 23NV117 (2023129857) demeure significative (423 ppm).
Les deux échantillons proviennent de la Suite du Lac Esker, une unité reconnue pour son potentiel en minéralisations magmatiques de type Ni-Cu (±Co ±EGP). La zone NV12 est localisée à proximité des zones minéralisées du Lac Vaillant, du Lac Vaillant Ouest, de Viking-1 et de Méquillon, au cœur d’un secteur présentant une forte densité d’occurrences en nickel. L’association spatiale des enrichissements en Ni avec la Suite du Lac Esker est manifeste alors que les teneurs décroissent progressivement du sud vers le nord, en s’éloignant du corridor principal de minéralisation. La source de l’anomalie observée pourrait ainsi être localisée au sein même des unités ultramafiques de la Suite du Lac Esker qui se poursuivent au sud de la zone favorable.
GUIDE D’EXPLORATION
Zones morphosédimentaires
L’environnement glaciaire de la zone d’étude se distingue par une distribution contrastée des zones morphosédimentaires.
Les secteurs SE (délimité par la Faille de Bergeron; feuillets 35G06, 35G07 et 35G08) et ouest (feuillets 35G12 et 35G13) sont dominés par un till en couverture mince et discontinue, localement en discordance avec le substratum rocheux. Ces environnements sont caractérisés par des faciès glaciaires sablo-silteux associés à un transport glaciaire actif, mais localement limité. Bien que les ostioles y sont moins communs, ils constituent néanmoins les meilleures cibles pour l’échantillonnage sédimentaire.
Les secteurs SW (feuillet 35G05) et central (feuillets 35G10, 35G11, 35G14 et 35G15) sont pour leur part dominés par un till en couverture continue, présentant des faciès argilo-silteux associés à un transport glaciaire plus important. La densité élevée d’ostioles en fait une zone clé pour l’échantillonnage, bien que l’absence locale de drainage favorise le développement de secteurs saturés en eau qui doivent être évités. De même, les zones de till délavé sont à exclure, car leur signature géochimique a été altérée par le lessivage associé aux processus glaciaires.
Le secteur est (feuillets 35G09, 35G16, 35H05, 35H12 et 35H13) est dominé par la présence de felsenmeers et de till de fusion. Ces environnements traduisent un transport glaciaire restreint, voire nul, propice à la formation de faciès sédimentaires très hétérogènes. Sur les champs de felsenmeer, la couverture sédimentaire est très limitée et la signature géochimique varie fortement à l’échelle locale. Les zones dominées par le till de fusion contiennent des ostioles exploitables, mais leur variabilité géochimique élevée reflète les processus peu dynamiques associés à la fonte glaciaire.
À l’échelle régionale, le réseau de drainage sous-glaciaire est bien développé, comme en témoigne la présence de sédiments fluvioglaciaires, sauf dans les secteurs à felsenmeer et à till de fusion. Les eskers, généralement de petite taille et orientés NE, s’étendent sur plusieurs kilomètres. Toutefois, dans plusieurs cas, leurs crêtes ont été remaniées et aplanies par l’action des vagues des lacs glaciaires, rendant leur échantillonnage de surface peu représentatif en raison du lessivage des minéraux indicateurs.
Lacs glaciaires et invasion marine
Le retrait progressif de la marge glaciaire a entraîné la formation de plusieurs lacs proglaciaires (Déception, Watts, Foucault, Gatin, de Puvirnituq, Vanasse et Derville). L’absence de faciès d’eau profonde sur les plaines témoigne du caractère éphémère de ces plans d’eau, qui n’ont pas altéré les sédiments au cœur des bassins, faisant de ces zones des cibles favorables pour l’exploration minière.
En revanche, les zones périphériques des anciens lacs, où se développent des faciès glaciolacustres et de till remaniés (plages, deltas, terrasses, limites de délavages, etc.), doivent être évitées lors de l’échantillonnage, tout comme les vallées principales (Foucault, Gatin, Déception, de Puvirnituq, etc.), qui ont subi des processus glaciolacustres et glaciomarins complexes, susceptibles d’avoir modifié la signature géochimique des sédiments.
Dynamique glaciaire et dispersion des sédiments
La dynamique glaciaire régionale est principalement contrôlée par la ligne de partage glaciaire du Québec–Labrador (LPGNQL). Les marques d’érosion glaciaire observées dans la zone d’étude indiquent un écoulement orienté entre le nord et le NNE, qui est responsable de la dispersion des sédiments dans l’ensemble du secteur.
Les panaches de dispersion géochimique dans l’environnement secondaire sont particulièrement marqués dans le secteur central, où les formes d’érosion glaciaire sont abondantes. Les différents maillages d’échantillonnage démontrent des trainées de dispersion sédimentaire à l’échelle locale qui varient entre 5 et 10 km, ainsi que des trainées à l’échelle régionale qui atteignent 30 km.
La présence limitée de marques d’érosion et le modelé géomorphologique à l’est révèlent une dynamique glaciaire peu active qui pourrait grandement limiter la dispersion sédimentaire dans ce secteur. L’absence de signatures géochimiques en Ni et Cu en aval glaciaire de minéralisations connues dans la Suite du Lac d’Esker appuie cette interprétation.
Collaborateurs
| Auteurs |
Simon Hébert, géo., M. Sc., simon.hebert@mrnf.gouv.qc.ca Alex Proulx, géo. stag., M. Sc., alex.proulx@mrnf.gouv.qc.ca |
| Géochimie | Olivier Lamarche, géo., M. Sc., olivier.lamarche@mrnf.gouv.qc.ca |
| Cartographie | Marc-Antoine Lévesque, géo. stag., M. Sc. |
| Logistique | Marie Dussault, coordonnatrice |
| Géomatique | Julie Sauvageau et Dominique Plante |
| Conformité du gabarit et du contenu | François Leclerc, géo., Ph. D. |
|
Révision linguistique |
Simon Auclair, géo., M. Sc. |
|
Accompagnement et mentorat |
Hugo Dubé-Loubert, géo., Ph. D. |
| Lecture critique | Olivier Lamarche, géo., M. Sc. |
| Organisme |
Direction de l’acquisition des connaissances géoscientifiques, Ministère des Ressources naturelles et des Forêts, Gouvernement du Québec |
Remerciements :
Ce Bulletin Quaternaire est le résultat de la collaboration des nombreuses personnes ayant contribué aux différentes étapes de la réalisation du projet. Nous souhaitons remercier les communautés Inuit pour leur collaboration et l’accès au territoire, notre collègue Marc-Antoine Levesque ainsi que les stagiaires Antoine Desjardins, Anthony Mandeville, Alexandra Bélanger, Cédric Bourassa, Thomas Malo, Ann-Lorie Morel et Vincent Pagé pour leur implication dans le cadre des travaux de terrain.
Références
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