Kimberlite de Renard
Étiquette stratigraphique : [npro]rna
Symbole cartographique : nPrna

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Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
Aucune
Auteur :Talla Takam et al., en préparation
Âge :Néoprotérozoïque
Coupe type : 
Région type :Région du lac Kaakus Kaanipaahaapisk (33A16) 
Province géologique :Province du Supérieur
Subdivision géologique :Sous-province d’Opinaca
Lithologie :Kimberlite
Type d’unité :Lithodémique
Rang :Suite
Statut :Formel
Usage :Actif

 

 

Unité(s) apparentée(s)

Aucune

 

 

 

 

Historique

La recherche de kimberlite pour le diamant a commencé en 1996 sur la propriété Foxtrot lors des travaux d’Ashton Mining Canada et de la SOQUEM. La découverte des cheminées Renard 1 et Renard 2 a eu lieu par forage en septembre 2001, suivie des cheminées Renard 3 à 10 en 2002. Le dyke de Lynx a été mis au jour en 2003 et le dyke de Hibou en 2005. Le nom « Renard » réfère au nom de la propriété (« Foxtrot ») où ont été découvertes les cheminées de kimberlite.

Toutes ces intrusions kimberlitiques ont été regroupées au sein de l’unité Kimberlite de Renard à la suite des travaux de cartographie de Talla Takam et al. en 2016. La présence d’une dizaine de corps géologiques distincts a motivé sa désignation au rang de suite. Cependant, la distribution de ces diverses intrusions sur une surface restreinte (< 20 km2), leur composition relativement uniforme et l’échelle de cartographie ne semblent pas justifier pour le moment la définition d’unités formelles (lithodèmes) ou informelles.

 

Description

La Kimberlite de Renard est composée de plusieurs cheminées kimberlitiques (Renard 1 à 10) et de deux dykes de kimberlite (dykes de Lynx et de Hibou).

Les cheminées sont assez similaires et peuvent être classées dans le type « Brèche kimberlitique tuffacée » (TKB), une sous-catégorie de kimberlite volcanoclastique massive (MVK) caractérisée par la présence de clinopyroxène dans la matrice de la roche. Ces kimberlites à grain grossier à très grossier ont une structure massive et sont très altérées. Elles sont principalement composées d’olivine et de xénolites mal triés. Dans la plupart des cheminées, on peut distinguer des phases kimberlitiques additionnelles plus cohérentes, plus riches en olivine et plus pauvres en xénolites, ainsi que des intrusions centimétriques à décimétriques de faciès hypabyssal (Godin et al., 2016).

Le dyke de Lynx présente une orientation NNO-SSE et un pendage de 10 à 50° vers l’est. La roche montre un faciès hypabyssal (HK) et une couleur gris foncé à vert foncé aussi bien en cassure fraîche qu’en surface exposée. Elle possède une structure bréchique et localement un aspect lité lié au fluage du magma et souligné par des niveaux plus ou moins riches en fragments. La kimberlite est principalement composée de macrocristaux subarrondis d’olivine complètement serpentinisée mesurant jusqu’à 1,5 cm qui représentent de 0 à 50 % de la roche (25 % en moyenne). Ce pourcentage peut être très variable. Le pyroxène (principalement du diopside chromifère), la magnétite, le pyrope et la picroilménite sont habituellement observés et représentent jusqu’à 3 % de la roche. Celle-ci contient aussi des xénolites subarrondis de diverses natures, généralement granitique ou gneissique, représentant de 1 à 5 % de la roche. Tous ces minéraux sont pris dans une matrice à grain fin. Au microscope, on peut observer que la matrice est dominée par les carbonates (15-35 %), la serpentine, la monticellite, l’ilménite et la phlogopite. L’olivine est pseudomorphisée en serpentine et altérée localement en carbonate; elle montre une orientation préférentielle subparallèle à l’orientation du dyke. Parmi les minéraux accessoires, on trouve la pérovskite, le spinelle et l’apatite (Patterson et al., 2009). La matrice est également coupée par des veinules de carbonate blanc. Le contact entre la kimberlite et la roche encaissante est marqué par des fractures parallèles au contact et des joints perpendiculaires à celui-ci.

Le dyke kimberlitique de Hibou, orienté E-W avec un pendage d’environ 10° vers le nord, montre un degré d’altération et de fracturation variable. Il est de couleur gris-vert à vert et est fortement magnétique. Comme pour le dyke de Lynx, il est principalement composé de cristaux d’olivine (25 % en moyenne) compris dans une matrice riche en carbonates. Il présente les mêmes caractéristiques pétrographiques que le dyke de Lynx, excepté pour les macrocristaux d’olivine qui sont moins altérés. Le dyke de Hibou est aussi localement coupé par des veines noires d’hématite (Patterson et al., 2009).

Épaisseur et distribution

La Kimberlite de Renard forme un groupe (cluster) de dykes et de cheminées localisées au centre du feuillet 33A16, autour du lac Kaakus Kaanipaahaapisk. Le dyke de Lynx, orienté NNO-SSE, présente une puissance moyenne de 1,8 m et s’étend sur une distance maximale de 4,2 km (Farrow, 2009). L’extension du dyke de Hibou, d’orientation plus ou moins est-ouest, est de 1,9 km avec une épaisseur moyenne de 2 m (Godin et al., 2016). Les cheminées kimberlitiques n’ont pas véritablement d’expression en surface, car le faciès de cratère a été érodé par les glaciers. La carte géologique présente donc leur extension projetée.

Datation

Une datation U-Pb a été effectuée sur des perovskites provenant d’une kimberlite de la cheminée Renard 1 (faciès hypabyssal) et a donné un âge de 631,6 ±3,5 Ma (Birkett et al., 2004). Une récente datation réalisée par la même méthode sur des échantillons provenant de Renard 2 et 3 indique un âge de mise en place de 640,5 ±2,8 Ma (Godin et al., 2016).

Système isotopiqueMinéralÂge de cristallisation (Ma)(+)(-)Référence(s)
U-PbPérovskite631,63,53,5Birkett et al., 2004
U-PbPérovskite640,52,82,8Godin et al., 2016

Relation(s) stratigraphique(s)

Les cheminées et les dykes de la Kimberlite de Renard sont intrusifs dans les migmatites et les paragneiss archéens du Complexe de Laguiche (nAlg2a).

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)
BIRKETT, T.C. – McCANDLESS, T.E. – HOOD, C.T.Petrology of the Renard igneous bodies: host rocks for diamond exploration in the northern Otish mountains region, Québec. In: Proceedings of the 8th International Kimberlite Conference (R.H. Mitchell, H.S. Grütter, L.M. Heaman, B.H. Scott Smith, T. Stachel, Editors), Volume 1. Lithos; volume 76, pages 475–490.2004Source
FARROW, D.2009 Mineral Resource Update, Renard diamond project, Northern Quebec, Canada. Rapport NI-43101 Report. Préparé pour Stornoway Diamond Corporation par Golder Associates; 266 pages.2010Source
GODIN, P. – HOPKINS, R. –BEDELL, P.Updated Renard Diamond Project Mine Plan and mineral Reserve Estimate, Québec, Canada. Rapport NI 43101. Préparé pour Stornoway Diamond Corporation par Golder Associates; 296 pages.2016Source
PATTERSON, M. – FRANCIS, D. – McCANDLESS, T.E.Kimberlites: Magmas or Mixtures? In: Proceedings of the 9th International Kimberlite Conference. Lithos;, volume 112, Supplément 1, pages 191-200.2009Source
TALLA TAKAM, F. – BEAUCHAMP, A.-M. – MASSEI, F.Géologie de la région des lacs Léran et Emmanuel. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec.En préparation

 

 

 

 

8 mars 2018