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Suite de Killinek
Étiquette stratigraphique : [ppro]kil
Symbole cartographique : pPkil

Première publication:  
Dernière modification:

 

 

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
pPkil5 Syénite quartzifère grossière à orthopyroxène
pPkil4 Monzodiorite quartzifère mouchetée à orthopyroxène
pPkil4b Monzodiorite quartzifère porphyroïde à orthopyroxène
pPkil4a Monzodiorite quartzifère mouchetée
pPkil3 Opdalite et charnockite
pPkil3d Syénogranite rose
pPkil3c Jotunite à grenat
pPkil3b Granodiorite porphyroïde
pPkil3a Granodiorite et granite
pPkil2 Diorite quartzifère à orthopyroxène et enderbite
pPkil2a Diorite quartzifère et tonalite
pPkil1 Gabbronorite
pPkil1b Gabbronorite rétrogradée au faciès des amphibolites
pPkil1a Oxydes massifs

 

 
Auteur : Wardle et al., 1993
Âge : Paléoprotérozoïque
Coupe type :
Région type : Région de Grenfell Sound (feuillet SNRC 25A)
Province géologique : Province de Nain
Subdivision géologique : Domaine de Burwell
Lithologie : Roches intrusives
Type d’unité : Lithodémique
Rang : Suite
Statut : Formel
Usage : Actif

 

Unité(s) apparentée(s)

Aucune

 

 

Historique

Wardle et al. (1993) ont baptisé du nom de « Suite charnockitique de Killinek » une intrusion homogène polyphasée composée de charnockite, d’enderbite, de diorite à hypersthène, d’opdalite et de mangérite cartographiée initialement par Taylor (1979). Au début des années 1990, la Commission géologique du Canada a réalisé plusieurs campagnes estivales de cartographie couvrant la totalité des Monts Torngat au Québec et au Labrador (Van Kranendonk, 1993, 1994a, 1994b; Van Kranendonk et al. 1994a, 1994b, 1995; Van Kranendonk et Wardle, 1994, 1995). Cette intrusion paléoprotérozoïque est interprété comme un batholite incliné mis en place dans un contexte de subduction (Van Kranendonk et Wardle, 1996). Scott (1995) et Scott et Machado (1995) ont réalisé plusieurs datations U-Pb sur zircons qui ont permis de contraindre l’âge de l’intrusion entre 1910 et 1864 Ma. Mathieu et al. (2018) introduisent le terme « Suite de Killinek » pour désigner cette unité afin d’y intégrer des unités d’âge et de composition similaire, mais dépourvues d’hypersthène. Ces dernières unités, déjà décrites par les auteurs précédents, ont été reconnues à l’est des intrusions à orthopyroxène.

Le nom de cette unité provient de l’île Killinek (maintenant Killiniq), à l’extrême nord du Labrador, à la frontière du Nunavut et de Terre-Neuve-et-Labrador (feuillet 25A07).

Description

Wardle et al. (1993) décrivent les roches de l’extrémité nord des Monts Torngat comme un ensemble de granitoïdes avec ou sans hypersthène, à patine chamois, composé de diorite, de tonalite, de granodiorite, de granite, d’enderbite, d’opdalite et de charnockite. Ces auteurs soulignent la grande homogénéité pétrographique de cette unité, une caractéristique indépendante de la composition de la roche. Les roches de la Suite de Killinek présentent toutes une structure intrusive partiellement recristallisée, une granulométrie moyenne et des amas de minéraux ferromagnésiens en traînées.

Les lithologies constituant la Suite de Killinek sont modérément à fortement magnétiques. De plus, ces roches sont en contact avec les métatexites du Complexe de Tasiuyak (pPtas) et les gneiss du Complexe de Noodleook (ApPnoo), tous deux caractérisés par une signature magnétique faible. Elles se distinguent donc aisément sur les cartes aéromagnétiques (CGC, 1985).

La Suite de Killinek a été subdivisée en cinq unités informelles : 1) une unité composée de gabbronorite (pPkil1); 2) le lithofaciès dominant composé de diorite quartzifère à orthopyroxène et d’enderbite (pPkil2); 3) une unité regroupant les intrusions potassiques composées d’opdalite et de charnockite (pPkil3); 4) une unité de monzodiorite quartzifère mouchetée à orthopyroxène (pPkil4); et 5) une unité mineure composée de syénite quartzifère grossière à orthopyroxène (pPkil5).

 

Suite de Killinek 1 (pPkil1) : Gabbronorite

L’unité pPkil1 a été introduite par Mathieu et al. (2018) pour regrouper les intrusions mafiques métamorphisées associées à la Suite de Killinek. Cette unité forme des massifs de faible dimension faisant quelques centaines de mètres de longueur sur quelques dizaines de mètres de largeur en moyenne. Elle est également observée sous la forme de rubans centimétriques et en bancs métriques dans les autres unités du Killinek, ou encore en enclaves partiellement assimilées. Cette unité est composée de gabbronorite homogène, à grain fin à moyen, foliée et granoblastique. La proportion de minéraux ferromagnésiens varie de 40 à 70 %. Les minéraux essentiels sont la hornblende brune (30 à 50 %), l’orthopyroxène corrodé (3 à 25 %), le clinopyroxène (10 à 30 %), le quartz (jusqu’à 3 %) et la magnétite (jusqu’à 5 %). Les phases accessoires sont la biotite rouge, la scapolite, l’apatite, le grenat, la zoïsite et les carbonates. Le plagioclase forme de grandes plages de cristaux équigranulaires, à extinction légèrement ondulante et généralement non maclés. L’orthopyroxène est partiellement remplacé par l’iddingsite et les carbonates. La hornblende brune est couramment entourée d’une couronne symplectique de plagioclase et de clinopyroxène à grain fin. L’amphibole contient par endroits un cœur de pyroxène. La biotite se développe en bordure de la hornblende.

La Suite de Killinek 1 comprend également deux sous-unités informelles d’importance mineure. Il s’agit de : 1) une sous-unité d’oxydes massifs (pPkil1a) et 2) une sous-unité de gabbronorite rétrogradée au faciès des amphibolites (pPkil1b).

Sous-unité pPkil1a : Oxydes massifs

Cette sous-unité regroupe des niveaux boudinés d’oxydes massifs rarement cartographiables à l’échelle régionale. Ces niveaux se trouvent généralement en bordure de l’unité de diorite quartzifère à hypersthène (pPkil2). Les oxydes granoblastiques comprennent la magnétite, la titanomagnétite et l’ilménite.

 

Sous-unité pPkil1b : Gabbronorite rétrogradée au faciès des amphibolites

Les roches de cette sous-unité sont composées de 60 à 65 % de minéraux ferromagnésiens dominés par la hornblende verte. Elles contiennent également des quantités mineures de clinopyroxène, de biotite brune, de minéraux opaques, d’apatite, de zoïsite et de carbonates. Ces gabbronorites sont foliées et granoblastiques et partagent les mêmes caractéristiques pétrographiques que l’unité principale pPkil1. La sous-unité pPkil1a affleure dans la partie est de la Suite de Killinek.

 

Suite de Killinek 2 (pPkil2) : Diorite quartzifère à orthopyroxène et enderbite

Il s’agit de l’unité principale de la Suite de Killinek. Elle est constituée de roches homogènes dont la composition varie à l’échelle régionale de la diorite quartzifère à hypersthène à l’enderbite, avec des quantités mineures de diorite à hypersthène. Elle exhibe une patine beige clair associée à une teinte olive clair à foncé en cassure fraîche, caractéristiques des enderbites. Toutefois, la patine chamois et la cassure fraîche cassonade habituellement associées aux charnockites sont également répandues. La composition modale de ces roches est la suivante : 2 à 28 % de quartz, 60 à 75 % de plagioclase, 0 à 10 % de feldspath potassique et 5 à 25 % de minéraux ferromagnésiens. En lames minces, le plagioclase forme de grandes plages de cristaux équigranulaires très fins à fins, mais se présente également sous la forme de grains moyens à couronne recristallisée. Localement, les contraintes étaient assez importantes pour déformer les macles polysynthétiques. Le plagioclase est séricitisé par endroits, mais montre aussi un remplacement par la scapolite. Le quartz forme des tiges ou des lentilles aplaties constituées d’agrégats polycristallins de cristaux xénomorphes et à extinction roulante. Le feldspath potassique en position interstitielle est à grain fin. À l’instar du quartz, les minéraux ferromagnésiens définissent la foliation et la linéation. Ils sont représentés par l’orthopyroxène, remplacé et altéré à divers degrés par un assemblage d’iddingsite, de minéraux opaques et de carbonates, et la biotite brune tirant sur le rouge. Ces deux phases forment des amas de dimension comprise entre 0,5 à 5 mm souvent associés à des couronnes discontinues de hornblende et de clinopyroxène. Les phases accessoires (magnétite, apatite, zircon et épidote) sont rares et se concentrent dans les amas mafiques.

Sous-unité pPkil2a : Diorite quartzifère et tonalite

Cette sous-unité présente les mêmes caractéristiques pétrographiques que l’unité principale pPkil2. La différence majeure réside dans l’absence d’orthopyroxène qui s’explique par un métamorphisme rétrograde au faciès des amphibolites. Wardle et al. (1993) ont cartographié des tonalites et des diorites quartzifères à biotite et hornblende dans l’est des Monts Torngat. Ils ont constaté que le passage de l’unité principale à cette sous-unité se manifestait par une disparition progressive de l’orthopyroxène vers l’est. La limite (ou isograde) entre les unités avec et sans orthopyroxène est globalement nord-sud. Les diorites et les tonalites de la sous-unité pPkil2a sont également observées par endroits sur le rivage de la baie d’Ungava sous la forme de masses diffuses décimétriques à décamétriques à patine grise au sein d’affleurements de l’unité principale à orthopyroxène pPkil2. Les phases ferromagnésiennes représentent 7 à 18 % du mode et sont représentées par la biotite brune, le grenat et la hornblende. La muscovite est également présente. Les minéraux accessoires sont le zircon, l’apatite et les minéraux opaques.

Suite de Killinek 3 (pPkil3) : Opdalite et charnockite

Cette unité regroupe les termes potassiques de la Suite de Killinek. Elle est composée de charnockite, d’opdalite et d’un peu de mangérite et de jotunite. Elle arbore une patine beige clair en surface altérée et une couleur cassonade en cassure fraîche. Pour le faciès principal pPkil3, la proportion modale de quartz varie entre 18 et 30 %, celle du feldspath potassique (microcline) entre 13 et 50 % et celle du plagioclase entre 25 et 50 %. Les minéraux ferromagnésiens représentent 5 à 10 % du mode, mais atteignent les 15 % par endroits. Certains échantillons ont une composition de syénogranite. Les roches de cette unité ont une susceptibilité magnétique variable et sont caractérisées par leur grande homogénéité. Des rubans et des amas centimétriques à décimétriques plus grossiers de même composition et en contact diffus sont observés sur la plupart des affleurements. La granulométrie est généralement moyenne avec une recristallisation en bordure des grains liée au métamorphisme et à la déformation.

 En lame mince, le quartz forme des tiges plus ou moins bien définies ou des lentilles aplaties constituées de cristaux xénomorphes à extinction roulante. Le microcline et le plagioclase se présentent en grains moyens associés à une fine bordure recristallisée ou en plages de cristaux granoblastiques à point triples et bords droits; les deux habitus sont couramment visibles dans le même échantillon. Des myrmékites sont localement observées. Les minéraux ferromagnésiens sont peu abondants et forment des disséminations ou des agrégats millimétriques allongés en traînées. Ils sont dominés par la biotite brun-rouge et l’orthopyroxène. Ce dernier est remplacé à divers degrés par de l’iddingsite et les oxydes. Les phases accessoires sont l’apatite et le zircon.

Le pPkil3 intègre quatre subdivisions mineures : 1) une sous-unité de même composition que l’unité principale, mais dépourvue d’orthopyroxène (pPkil3a); 2) une sous-unité de granodiorite porphyroïde (pPkil3b); une sous-unité de jotunite à grenat (pPkil3c); et 4) une sous-unité de granite rose tardif (pPkil3d).

Sous-unité pPkil3a : Granodiorite et granite

Cette sous-unité a été introduite pour décrire les lithologies potassiques rétrogradées au faciès des amphibolites qui affleurent dans l’est de la Suite de Killinek. Les roches présentent les mêmes caractéristiques pétrographiques que l’unité principale (pPkil3). Elle est toutefois un peu plus riche en minéraux ferromagnésiens (10 à 15 %). La roche est gris clair légèrement rosé tant en patine d’altération qu’en cassure fraîche. Le minéral ferromagnésien principal est la biotite brun-vert légèrement chloritisée par endroits. La muscovite squelettique est couramment observée sous la forme de symplectites avec le feldspath potassique ou, plus rarement, avec le clinopyroxène. Les phases accessoires sont la hornblende verte, le clinopyroxène, le zircon, l’apatite et les minéraux opaques. Le plagioclase est légèrement séricitisé. Sur le rivage de la baie d’Ungava, un passage graduel du granite à orthopyroxène au granite sans orthopyroxène a été observé à plusieurs endroits. Ce passage se démarque par une variation de la couleur de la patine et de la cassure fraîche qui passe du cassonade au rose.

Sous-unité pPkil3b : Granodiorite porphyroïde

Wardle et al. (1993) rapportent la présence de filons-couches de granite mégacristique injectés dans les roches du Killinek. Cette sous-unité affleure majoritairement en niveaux décamétriques concordants localisés généralement à proximité du contact entre les roches de la Suite de Killinek et des lambeaux de métatexite du Complexe de Tasiuyak et de gneiss du Complexe de Noodleook. Elle est localement cartographiable à l’échelle de travail. Elle est composée de granodiorite à phénocristaux centimétriques de feldspath potassique rose. Les minéraux ferromagnésiens sont la hornblende et la biotite. Les phases accessoires sont le zircon, l’apatite et la magnétite.

Sous-unité pPkil3c : Jotunite à grenat

La jotunite à grenat de la sous-unité pPkil3c est fortement magnétique et exhibe une teinte brun pâle en patine d’altération et cassonade en cassure fraîche. Elle contient 15 % de minéraux mafiques représentés par le grenat (12 %), l’orthopyroxène et la biotite. Les phases accessoires sont l’iddingsite (en altération de l’orthopyroxène), l’épidote, le clinopyroxène, la hornblende, les minéraux opaques et le zircon. Les inclusions dans le grenat sont formées d’oxydes à couronne d’iddingsite. Des symplectites grenat-quartz et quartz-hornblende-biotite sont observées en lame mince.

 

Sous-unité pPkil3d : Syénogranite rose

La sous-unité pPkil3d affleure sous la forme de masses oblongues décamétriques à hectométriques. Elles est également observée en injections décamétriques parallélisées dans les gneiss du Complexe de Noodleook et dans les autres subdivisions de la Suite de Killinek.

Cette sous-unité est composée de syénogranite et de granite à feldspath alcalin rose sombre et légèrement magnétiques. Les roches leucocrates sont à grain fin et partiellement recristallisées. Le microcline est perthitique lorsque le cœur du cristal d’origine est préservé, sinon il forme des plages de fins cristaux équigranulaires. Le quartz est xénomorphe et à extinction roulante. Les minéraux ferromagnésiens (moins de 4 %) s’alignent dans la foliation. Ils sont représentés par la magnétite et la biotite brune. Les phases accessoires sont le zircon, l’apatite et l’épidote.

Suite de Killinek 4 (pPkil4) : Monzodiorite quartzifère mouchetée à orthopyroxène

L’unité pPkil4 affleure surtout le long des marges orientales et méridionales de la Suite de Killinek. Elle est généralement intercalée avec les métatexites du Complexe de Tasiuyak. Elle arbore une patine d’altération gris brunâtre et sa cassure fraîche est cassonade. Elle est constituée de monzodiorite quartzifère à orthopyroxène (jotunite) homogène à grain moyen composée de 12 à 15 % de quartz, de 13 à 20 % de feldspath potassique, de 50 à 62 % de plagioclase et de 15 à 22 % de minéraux ferromagnésiens. Elle est caractérisée par la disposition des minéraux mafiques en amas de 0,5 à 2 cm de diamètre.

Au microscope, le plagioclase forme des plages centimétriques constituées de grains moyens à bordure dentelée et de grains fins granoblastiques. Des antiperthites sont observées par endroits. Le quartz se présente en lentilles ou en tiges recristallisées en sous-grains xénomorphes et à extinction roulante. Le quartz à grain fin est également présent dans les plages granoblastiques dominées par le plagioclase. Le feldspath potassique (orthose) est perthitique. Il développe des myrmékites en bordure de grain et contient des inclusions arrondies de quartz.

Les amas de minéraux ferromagnésiens sont composés d’orthopyroxène (jusqu’à 12 %), de hornblende verte (jusqu’à 12 %), de biotite brun-rouge (2 à 5 %) et, plus rarement, de clinopyroxène associés à la magnétite (2 %) et aux produits d’altération de l’orthopyroxène (carbonates et iddingsite). Les phases accessoires sont représentées par le zircon et l’apatite. La hornblende est xénomorphe et se trouve généralement en bordure des amas de minéraux ferromagnésiens et en remplacement de l’orthopyroxène. L’orthopyroxène est corrodé et remplacé à divers degrés par l’iddingsite, les carbonates et les minéraux opaques. Il a tendance à se situer au cœur des amas, alors que la biotite se développe en marge de ceux-ci. Les phases accessoires se concentrent également dans les amas de minéraux mafiques.

La déformation est caractérisée par l’étirement et l’aplatissement du quartz, qui forme des lentilles ou des tiges, et l’allongement des amas de minéraux ferromagnésiens. Les phases felsiques sont à extinction roulante. Les macles des plagioclases sont légèrement courbées. Des figures de migration de bordure de grain sont systématiquement observées.

L’unité pPkil4 intègre deux subdivisions mineures informelles : 1) une sous-unité de monzodiorite quartzifère mouchetée (pPkil4a) et 2) une sous-unité de monzodiorite quartzifère porphyroïde à orthopyroxène (pPkil4b).

Sous-unité pPkil4a : Monzodiorite quartzifère mouchetée

Les roches de cette sous-unité possèdent exactement les mêmes caractéristiques pétrographiques que l’unité pPkil4, la seule différence résidant dans l’absence d’orthopyroxène. La patine comme la cassure fraîche sont gris clair. Le plagioclase forme des amas grossiers finement recristallisés, tandis que le quartz se présente en lentilles grossières à extinction roulante. Les minéraux ferromagnésiens constituent jusqu’à 25 % du mode. La hornblende verte et la biotite brune sont disposées en amas aplatis et étirés. Les phases accessoires sont le zircon, l’apatite, la magnétite et le sphène. Cette unité affleure dans la partie orientale de la Suite de Killinek.

Sous-unité pPkil4b : Monzodiorite quartzifère porphyroïde à orthopyroxène (mangérite)

Cette sous-unité représente une subdivision mineure de la Suite de Killinek et ne forme que de rares étendues cartographiables à l’échelle considérée. Elle est constituée d’une roche homogène à patine brun clair et à cassure fraîche vert olive clair. La roche est modérément magnétique. Elle contient environ 10 % de feldspath potassique laiteux en phénocristaux centimétriques dans une matrice finement recristallisée de plagioclase (40 %), de feldspath potassique (30 %) et de quartz (moins de 10 %). Les phénocristaux de feldspath potassique sont perthitiques et développent des myrmékites en bordure. Le plagioclase forme des plages centimétriques de fins cristaux à bords droits et à points triples. Le quartz est très finement grenu et se présente en petites plages xénomorphes à extinction roulante. Les amas de minéraux ferromagnésiens sont désagrégés et peuvent atteindre 1 cm de longueur. Ils sont composés de hornblende verte, d’orthopyroxène partiellement remplacé par de l’iddingsite, de magnétite et de traces de biotite. Des symplectites de grenat-plagioclase sont rapportées à de rares endroits. Les phases accessoires sont le zircon et l’apatite.

Suite de Killinek 5 (pPkil5) : Syénite quartzifère grossière à orthopyroxène

L’unité pPkil5 est une unité mineure de la Suite de Killinek et n’a été observée qu’au cours des travaux de terrain du Ministère en 2017 (Mathieu et al., 2018). Elle est constituée d’une roche leucocrate, grossière, à patine et cassure cassonade et modérément magnétique. Elle est constituée de 82 % de microcline, 15 % de quartz et 3 % de minéraux ferromagnésiens. Au microscope, les grains grossiers de microcline sont systématiquement recristallisés en bordure et présentent des perthites en flammèches. Le quartz recristallisé bleuté et laiteux forme des lentilles interstitielles à extinction en sous-grains. Toutes les phases felsiques sont à extinction roulante. Les minéraux ferromagnésiens sont représentés par l’orthopyroxène (remplacé par de l’iddingsite) et de la magnétite très fine.

Épaisseur et distribution

La Suite de Killinek occupe tout le nord de la région des Monts Torngat incluant l’île de Killiniq (feuillet 25A07). Elle affleure sur plus de 780 km2. Des bandes kilométriques sont également cartographiées dans le secteur du mont D’Iberville.

Datation

Six datations U-Pb sur zircons ont été réalisées par Scott et al., (1993), Scott (1995) et Scott et Machado (1995) à partir des échantillons suivants :

  • une diorite quartzifère porphyroïde à orthopyroxène assignée à la sous-unité pPkil4 et intercalée avec les métatexites du Complexe de Tasiuyak, a donné un âge de 1895 Ma;
  • une opdalite leucocrate contenant un peu de grenat et de clinopyroxène (pPkil3) a donné un âge de cristallisation de 1895 Ma. Une intercroissance d’un zircon a fourni un âge de 1843 Ma interprété comme l’âge du métamorphisme au faciès des granulites;
  • une tonalite leucocrate à biotite-hornblende, foliée et à grain fin à moyen (pPkil2a), a été datée de façon imprécise à 1910 Ma. Un âge d’héritage archéen (2767 Ma) a également été obtenu pour un cœur de zircon. L’âge U-Pb des sphènes à 1776 Ma est interprétée comme l’âge du métamorphisme au faciès des amphibolites;
  • une enderbite (pPkil2) moyennement à grossièrement grenue, présentant des xénolites mafiques partiellement assimilés, a fourni un âge de cristallisation de 1869 Ma;
  • une masse dioritique (pPkil2a) de plusieurs centaines de mètres de largeur coupant les gneiss du Complexe de Noodleook a été échantillonnée. Cet échantillon a fourni un âge de cristallisation estimé à 1891 Ma. Les cœurs des zircons ont donné un âge archéen imprécis >2534 Ma. L’âge du métamorphisme au grade des amphibolites est estimé à partir de l’analyse des sphènes à 1710 Ma;
  • un dyke concordant de granite porphyrique sur l’île de Killiniqek (pPkil3b) a fourni un âge de cristallisation imprécis à 1877 Ma avec une limite juvénile à 1864 Ma.
Système isotopique Minéral Unité Âge de cristallisation (Ma) (+) (-) Âge d’héritage (Ma) (+) (-) Âge métamorphique (Ma) (+) (-) Référence(s)
U-Pb Zircon pPkil4 1895 2 2             Scott, 1995
U-Pb Zircon pPkil3 1895 3 3       1843 3 3 Scott et Machado, 1995
U-Pb Zircon pPkil2a 1910 2 2 2767 3 3 1776 4 4 Scott et Machado, 1995
U-Pb Zircon pPkil2a 1891 2 2 >2534     1710 4 4 Scott et Machado, 1995
U-Pb Zircon pPkil2 1869 3 2             Scott et Machado, 1995
U-Pb Zircon pPkil3b 1864 2 2             Scott et al., 1993

Relation(s) stratigraphique(s)

Les roches de la Suite de Killinek occupent la quasi-totalité du nord des Monts Torngat. Pour cette raison, cette suite est considérée comme un batholite incliné. Pour déterminer les relations stratigraphiques entre le Killinek et les unités encaissantes, il est nécessaire d’examiner les bordures de l’intrusion. Dans le secteur méridional, des masses oblongues de granitoïdes à orthopyroxène sont intercalées avec les métasédiments du Complexe de Tasiuyak. Les contacts sont transposés par la déformation, compliquant l’interprétation de la relation entre les deux unités. Néanmoins, Scott (1995) rapporte la présence d’un niveau de diorite quartzifère à orthopyroxène (pPkil4) qui coupe les métasédiments du Tasiuyak (pPtas1) dans le secteur du mont Jacques Rousseau (feuillet SNRC 24P07; affleurement D080-A). À l’affleurement 17-AO-4160, en revanche, une injection de granite blanc à grenat (pPtas4) coupe une enderbite assignée à la Suite de Killinek (pPkil2).

Dans les parties centrale et orientale de la suite, le Killinek est en contact avec le Complexe de Noodleook. Des enclaves et des niveaux de cette dernière unité sont également observés sur des affleurements de la Suite de Killinek.

Le Killinek est clairement coupé par les dykes de diabase des essaims de Falcoz (mPfal) et d’Avayalik (pPava) ainsi que par les lamprophyres néoprotérozoïques des Dykes de Torngat (nPtor).

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Auteur(s) Titre Année de publication Hyperlien (EXAMINE ou Autre)
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16 avril 2018