Suite plutonique de la Vertu
Étiquette stratigraphique : [mpro]vet
Symbole cartographique : mPvet
 

Première publication : 10 mai 2021
Dernière modification : 

 

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
mPvet2 Syénite à hypersthène, syénite quartzifère, granite à feldspath alcalin, syénogranite; proportions mineures de mangérite et de charnockite
mPvet1 Mangérite, granite à feldspath alcalin; proportions mineures de syénite quartzifère, de syénite à hypersthène et de syénogranite
 
 
Auteur(s) :
Moukhsil et El Bourki, 2021
Âge :
Mésoprotérozoïque 
Stratotype :
Affleurements de référence 2020-AM-118 et 2020-FT-3031
Région type :
Région du lac de la Vertu (partie nord du feuillet SNRC 32H02)
Province géologique :
Subdivision géologique :
Lithologie : Roches plutoniques felsiques, intermédiaires et mafiques
Catégorie :
Lithodémique
Rang :
Suite
Statut : Formel
Usage : Actif

 

 

Historique

La Suite plutonique de la Vertu a été définie par Moukhsil et El Bourki (2021) lors des travaux de cartographie du secteur nord de la ville de Girardville, au NW du lac Saint-Jean (feuillet 32H02).

Description

La Suite plutonique de la Vertu est un batholite polyphasé constitué de syénite à hypersthène, de syénite quartzifère, de granite à feldspath alcalin, de mangérite, de syénogranite et de gabbro. La suite est subdivisée en deux unités informelles, mPvet1 et mPvet2. Les lithologies de cette suite sont magnétiques et le batholite est facilement identifiable sur les cartes aéromagnétiques (Intissar et Benahmed, 2015).

Suite plutonique de la Vertu 1 (mPvet1) : mangérite, granite à feldspath alcalin; proportions mineures de syénite quartzifère, de syénite à hypersthène et de syénogranite

L’unité informelle mPvet1 est composée de roches plutoniques felsiques (granite à feldspath alcalin et syénogranite) et intermédiaires (mangérite et syénite quartzifère avec ou sans hypersthène).

La mangérite (monzonite à hypersthène) à une teinte brunâtre à blanchâtre en patine d’altération et généralement verdâtre en surface fraiche. Elle est à grain grossier et plusieurs affleurements de cette unité sont à structure porphyroïde à phénocristaux de feldspath potassique et, localement, à structure rapakivi (p. ex. affleurement 2020-AM-116). Les phénocristaux ont une longueur de 2 cm à 4 cm et représentent localement jusqu’à 35 % de la roche. En plus du feldspath potassique, la mangérite observée en affleurement contient du quartz, du plagioclase, de l’orthopyroxène, du clinopyroxène, de la biotite, de l’amphibole et de la magnétite. On observe par endroits une structure coronitique caractérisée par de l’orthopyroxène entouré d’une fine couronne de clinopyroxène. Généralement, la mangérite présente une très faible foliation (absence d’une orientation préférentielle des phénocristaux) et seulement quelques minéraux ferromagnésiens (orthopyroxène et clinopyroxène) qui semblent indiquer une orientation préférentielle (foliation magmatique).

Le granite à feldspath alcalin a une teinte rose à gris-rose en patine d’altération et en surface fraiche (p. ex. affleurement 2020-AM-118). Il est à grain fin à moyen, granoblastique et présente une légère foliation. Il se compose de quartz à extinction roulante, de feldspath potassique (microcline) perthitique ou non, de plagioclase, de biotite, de magnétite, de traces d’orthopyroxène et de minéraux accessoires (zircon, épidote, apatite).
 

La syénite quartzifère (p. ex. affleurement 2020-FT-3031) avec ou sans hypersthène est de teinte rose-blanc en patine d’altération et rose verdâtre en surface fraiche. La roche est à grain moyen à grossier, porphyroïde à phénocristaux de feldspath potassique perthitique (ou non) et de plagioclase (type albite, norme CIPW;  Ab = 34 %, An = 8 %, Or = 26 %) et foliée. Lorsque présents, les phénocristaux peuvent atteindre 15 % de la roche avec une longueur de 1 cm à 3 cm. La syénite quartzifère est magnétique. Laa minéralogie consiste en quartz polygonal à extinction ondulante, orthopyroxène altéré, plagioclase localement séricitisé et myrmékitique, biotite et hornblende verte en amas, ainsi que des cristaux automorphes d’allanite. Les minéraux accessoires sont le zircon, l’apatite et la titanite. Des veinules de carbonate remplissent les microfractures des cristaux de feldspath.

Le syénogranite est généralement brun-blanc en patine d’altération et gris-rose en surface fraiche. La roche est à grain moyen, granoblastique et foliée. Elle est constituée de quartz, de plagioclase, de feldspath potassique, de magnétite et de minéraux ferromagnésiens (hornblende, biotite, clinopyroxène et orthopyroxène). Localement, le syénogranite est de teinte rouille cassonade et contient jusqu’à 5 % d’orthopyroxène (charnockite). Une foliation est observée dans la roche, laquelle est soulignée par la disposition en amas allongés des minéraux ferromagnésiens. Le syénogranite contient des enclaves de composition gabbroïque de teinte verdâtre en surfaces d’altération et fraiche, de granulométrie moyenne, granoblastiques et bien folié. L’alignement des enclaves indique la direction de la fabrique planaire du syénogranite.

Suite plutonique de la Vertu 2 (mPvet2) : syénite à hypersthène, syénite quartzifère, granite à feldspath alcalin; syénogranite, proportions mineures de mangérite et de charnockite

L’unité informelle mPvet2 est constituée des mêmes lithologies que l’unité mPvet1. La distinction entre ces dernières repose surtout sur l’abondance du type de phase qui les constitue. En effet, l’unité mPvet2 de plus grandes proportions des phases syénitique et granitique à feldspath alcalin que l’unité mPvet1.

La phase syénitique de cette sous-unité est prédominante. Elle est formée de syénite quartzifère (p. ex. affleurement 2020-FM-2118) avec ou sans hypersthène (p. ex. affleurement 2020-FM-2115). La syénite à hypersthène, localement quartzifère, est de teinte blanc-beige à brunâtre en patine d’altération et rose verdâtre en surface fraiche. Celle-ci est très magnétique (susceptibilité magnétique de 55,35 USI). Elle est à grain fin à moyen et présente également une structure porphyroïde par endroits. Les affleurements typiques sont cartographiés dans le secteur NW du lac aux Perles. Les phénocristaux de feldspath potassique (perthitique) représentent jusqu’à 55 % de la roche et atteignent facilement 4 cm de longueur. Elle est également foliée et montre localement des niveaux à litage compositionnel parallèles à la fabrique planaire et enrichis en biotite. Au microscope, la minéralogie est constituée de quartz, de feldspaths, d’orthopyroxène, de biotite et de minéraux accessoires (apatite, zircon, titanite) et opaques (dont la magnétite). La syénite quartzifère est représentée par deux syénites, l’une grise et l’autre rose. La première est gris-noir en patine d’altération et brun-noir en surface fraiche. La deuxième est généralement rose en surfaces fraiche et altérée et est injectée dans la grise sous forme de dykes centimétriques à métriques. La syénite grise est plus riche en minéraux ferromagnésiens (biotite, orthopyroxène, clinopyroxène) que la rose. Les deux syénites sont à grain moyen à porphyroïdes à phénocristaux de feldspath potassique, magnétiques et de minéralogie identique à celles de la sous-unité mPvet1.

Le granite à feldspath alcalin (p. ex. affleurement 2020-FM-2104) est à grain fin à moyen, gris-rose en patine d’altération, blanc-rose en surface fraiche, moyennement magnétique et folié. Il est injecté de dykes pegmatitiques rosâtres granitiques. Au microscope, il contient du quartz formant de larges plages allongées à extinction ondulante et à bordure corrodée. Cela témoigne d’un début de métamorphisme et de déformation de la roche. Les autres minéraux sont le plagioclase, le feldspath potassique à macle rappelant un kilt écossais (microcline) et la biotite en faible proportion. Les minéraux accessoires sont l’épidote, l’apatite et le zircon. Localement, le granite à feldspath alcalin peut être gneissique et à structure porphyroclastique au niveau des failles, entre autres de la faille normale traversant l’unité mPvet2 (p. ex. affleurement 2020-FM-2108).

Le syénogranite est à grain moyen à grossier, blanc-beige en patine d’altération, gris-rose en surface fraiche, magnétique et folié. Localement, il est fortement injecté par des veines, veinules et dykes pegmatitiques blanchâtres de composition granitique. Ces injections lui donnent l’aspect trompeur d’une migmatite (affleurement 2020-AM-019). Ce granite présente des proportions variables de plagioclase, de feldspath potassique (perthitique ou non), de biotite et de magnétite. Le feldspath potassique (microcline) est généralement perthitique. La biotite et la hornblende sont surtout observées sous forme d’amas de grains. Les minéraux accessoires sont l’épidote, l’apatite et le zircon et sont accompagnés de minéraux opaques.  

La mangérite (monzonite à hypersthène) a été cartographiée à plusieurs endroits dans la sous-unité mPvet2. L’affleurement typique, localisé au contact entre les unités mPvet1 et mPvet2, est le 2020-AM-113. Celui-ci est constitué d’une mangérite de teinte brunâtre en patine d’altération et blanc-vert en surface fraiche. Elle est magnétique et caractérisée par une structure porphyroïde à phénocristaux de feldspath potassique et de plagioclase. Les phénocristaux forment jusqu’à 60 % de la roche avec une taille qui peut atteindre 5 cm de longueur. Le clinopyroxène est présent dans la roche, généralement en association avec l’orthopyroxène. La roche contient des niveaux millimétriques enrichis en minéraux ferromagnésiens (biotite, amphibole, pyroxène) et en magnétite qui sont disposés parallèlement à la fabrique planaire. Un affleurement de cette mangérite contient des enclaves de gabbronorite de granulométrie fine à moyenne et foliée (affleurement 2020-FM-2040), tandis qu’un autre est caractérisé par des plissements et une déformation de la roche (2020-FM-2106).

La charnockite (granite à hypersthène, affleurement typique 2020-FM-2110) est de teinte gris-blanc en patine d’altération et blanc-rose en surface fraiche. La roche est à grain fin à moyen et foliée. Elle est constituée de quartz, généralement étiré, de feldspath potassique, de plagioclase, d’orthopyroxène, de biotite et de magnétite. Une déformation intense caractérise cette charnockite, surtout au niveau des affleurements cartographiés au contact de la faille normale traversant l’unité mPvet2.

 

Épaisseur et distribution

La Suite plutonique de la Vertu forme un batholite constitué de deux sous-unités (mPvet1, mPvet2). Elle est présente dans le feuillet 32H02 et se poursuit dans le feuillet 32H07. Dans le feuillet cartographié (32H02), la sous-unité mPvet1 occupe 16 km2 et sa forme est allongée selon un axe N-S. La sous-unité mPvet2 a une forme elliptique d’orientation NNW-SSE et occupe une superficie de ~60 km2. Cette dernière est traversée par plusieurs failles normales et inverses.

Datation

Aucune.

Relations stratigraphiques

La Suite plutonique de la Vertu contient des enclaves de paragneiss du Complexe de Barrois (mPboi4 et mPboi4c) et est injectée de dykes de pegmatite centimétriques à métriques de composition granitique et syénitique. Cette suite s’injecte dans le Complexe de Barrois et coupe la Suite plutonique de Bois Vert.

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Publications accessibles dans SIGÉOM Examine

INTISSAR, R., BENAHMED, S. 2015. Levé magnétique aéroporté dans le secteur ouest du Lac-St-Jean, Province de Grenville. MERN, GOLDAK AIRBORNE SURVEYS. DP 2015-06, 7 pages et 2 plans.

MOUKHSIL, A., EL BOURKI, M. 2021. Géologie de la région de Girardville, Province de Grenville, région du Saguenay – Lac-Saint-Jean, Québec, Canada. MERN. BG 2021-02, 1 plan.

Citation suggérée

Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN). Suite plutonique de la Vertu. Lexique stratigraphique du Québec. http://gq.mines.gouv.qc.ca/lexique-stratigraphique/province-de-grenville/suite-plutonique-de-la-vertu [cité le jour mois année].

Collaborateurs

Première publication

Abdelali Moukhsil, géo., Ph. D. abdelali.moukhsil@mern.gouv.qc.ca; Mhamed El Bourki, géo. stag., M. Sc. mhamed.elbourki@mern.gouv.qc.ca (rédaction)

Mehdi A. Guemache, géo., Ph. D. (coordination); Fabien Solgadi, géo. Ph. D (lecture critique); Simon Auclair, géo., M. Sc. (révision linguistique); André Tremblay (montage HTML).

 
17 mai 2021