Suite de Pelland
Étiquette stratigraphique : [ppro]ped
Symbole cartographique : pPped

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Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
pPped4 Granite gneissique et hétérogène
pPped3 Charnockite et granite foliés
pPped2 Jotunite et opdalite granoblastiques, porphyroïdes et à magnétite
pPped1 Gabbro et gabbronorite granoblastiques
         pPped1a Diorite quartzifère à hypersthène et enderbite foliées
 
 
Auteur :Lafrance et al., 2016
Âge :Paléoprotérozoïque
Coupe type :Aucune
Région type :Région du lac Brisson (feuillet SNRC 24A)
Province géologique :Province de Churchill
Subdivision géologique :Domaine lithotectonique de Mistinibi-Raude
Lithologie :Intrusions mafiques à felsiques granoblastiques
Type :Lithodémique
Rang :Suite
Statut :Formel
Usage :Actif

 

 

Historique

La Suite de Pelland a été introduite dans la région du lac Brisson (Lafrance et al., 2016) afin de regrouper des roches intrusives de composition mafique, intermédiaire et felsique associées à une forte anomalie aéromagnétique positive d’envergure régionale. Elle a été divisée en trois unités informelles par Lafrance et al. (2016) et l’unité 4 a été ajoutée par Charette et al. (2019) suite aux vérifications effectuées sur le terrain à l’été 2016. Les deux premières unités (pPped1 et pPped2) se trouvent dans le prolongement des unités 7 et 8 de Bélanger (1984), alors que l’unité pPped4 correspond à l’unité 9 de ce même auteur.

 

Description

La Suite de Pelland comprend quatre unités : 1) une unité de gabbro et de gabbronorite granoblastiques (pPped1); 2) une unité de jotunite et d’opdalite (monzodiorite et granodiorite à orthopyroxène; pPped2); 3) une unité de charnockite (granite à orthopyroxène) et de granite (pPped3); et 4) une unité de granite gneissique et hétérogène (pPped4). Les unités pPped1 et pPped2 se présentent régulièrement sous forme de niveaux décimétriques à décamétriques en alternance et sont difficiles à distinguer en affleurement étant donné la couleur sombre des roches et la quantité importante de lichen. Les observations de terrain semblent indiquer une mise en place polyphasée de magmas mafiques à intermédiaires injectés subséquemment par des magmas felsiques. De nombreuses zones de cisaillement affectent ces différentes lithologies à plusieurs endroits.

Suite de Pelland 1 (pPped1) : Gabbro et gabbronorite granoblastiques  

L’unité pPped1 forme des affleurements d’aspect homogène, quoique plusieurs phases intrusives y sont observées. La lithologie principale est une gabbronorite ou un gabbro finement grenu, peu ou non magnétique, gris foncé en cassure fraîche et beige brunâtre en surface altérée. Cette roche renferme entre 20 et 40 % de minéraux ferromagnésiens, principalement des pyroxènes variablement ouralitisés, avec moins de 5 % de biotite en petits feuillets rouges et 2 à 5 % de minéraux opaques disséminés. Le clinopyroxène est plus abondant que l’orthopyroxène, ce dernier n’étant pas toujours présent. Le quartz (<5 %) et l’apatite sont aussi observés dans la majorité des lames minces, le premier sous forme de petites plages xénomorphes ou de minces rubans. Au microscope, le plagioclase et le pyroxène montrent habituellement une microstructure granoblastique, mais on observe aussi quelques cristaux un peu plus grossiers, non recristallisés et à microstructure antiperthitique dans le cas du plagioclase. Dans les zones plus déformées, les amas lenticulaires de plagioclase granoblastique donnent une teinte violacée à la roche.

Des niveaux décimétriques à décamétriques plus riches en minéraux ferromagnésiens (50 à 85 %) ont été observés, certains renfermant même de l’olivine (werhlite). Dans quelques secteurs, surtout en bordure des failles, le pyroxène est plus fortement remplacé par l’actinote ou la hornblende verte ou brune. Les roches mafiques de l’unité pPped1 renferment des lentilles ou des amas millimétriques de matériel riche en clinopyroxène, ainsi qu’environ 5 % de rubans ou poches millimétriques à décimétriques beiges, contenant du pyroxène et qui ressemblent à des leucosomes grenus. L’unité pPped1 contient également de faibles quantités de sphène, de zircon, de chlorite, de séricite, de carbonate et de grenat localement. Des dykes décimétriques de charnockite grenue à pegmatitique, généralement subconcordants, sont aussi observés à plusieurs endroits. Ces dykes contiennent des cristaux de quartz bleuté fortement étirés parallèlement à la foliation principale.

Suite de Pelland 1a (pPped1a) : Diorite quartzifère à hypersthène et enderbite foliées

La sous-unité pPped1a représente des affleurements qui, à prime à bord, semblent similaires à ceux de l’unité pPped1 et n’ont peut-être pas toujours été distingués. Par contre, l’étude microscopique des lames minces, les colorations et la géochimie ont permis de faire ressortir la présence de quartz (15 à 25 %) dans ces roches. La granulométrie est aussi légèrement plus grossière et les minéraux ferromagnésiens moins nombreux (15 à 30 %).

 

Suite de Pelland 2 (pPped2) : Jotunite et opdalite granoblastiques, porphyroïdes et à magnétite

L’unité pPed2 se distingue de l’unité pPped1 par une couleur plus claire (cassonade à gris brunâtre), une granulométrie un peu plus grossière, un fort magnétisme et la présence de quartz en proportion plus importante (10 à 20 %). Dans plusieurs cas, on note la présence de 5 à 20 % de phénocristaux de feldspath potassique, beige rosé, de 0,5 à 2 cm de longueur, difficilement observables en affleurement, mais bien visibles sur les colorations. Dans les zones de cisaillement, ces phénocristaux sont étirés, recristallisés et montrent des mâcles déformées. La jotunite et l’opdalite sont bien foliées; elles présentent une fabrique linéaire et une structure protomylonitique marquée par le développement de rubans de quartz et l’étirement des phénocristaux de feldspath potassique. Les minéraux ferromagnésiens sont les mêmes que ceux observés dans l’unité pPped1, mais en proportions moindres (10 à 18 %). Localement, la hornblende verte remplace totalement le pyroxène. La matrice est constituée de plagioclase granoblastique et de quartz fumé recristallisé montrant des sous-grains et une extinction roulante. Les microstructures myrmékitiques et perthitiques sont généralement observées en bordure des phénocristaux de feldspath potassique. Les principaux minéraux accessoires sont le grenat, la serpentine, le zircon, le sphène et le carbonate. Les mêmes injections que celles décrites dans l’unité pPped1 sont généralement notées dans la jotunite et l’opdalite. Le gabbro et la gabbronorite de l’unité pPped1 se trouvent également en enclaves et en niveaux décimétriques dans l’unité pPped2.

 

Suite de Pelland 3 (pPped3) : Charnockite et granite foliés

La charnockite et le granite de l’unité pPped3 sont moyennement à finement grenus, de couleur cassonade pâle ou rose violacé, bien foliés et renferment moins de 8 % de minéraux ferromagnésiens. Localement, du granite rose leucocrate, massif et plus grenu est aussi observé. Il s’agit d’une phase tardive qui n’est pas nécessairement reliée à la suite intrusive, mais qu’il est impossible de cartographier régionalement. Les minéraux ferromagnésiens dans la charnockite et le granite violacé sont principalement la biotite rouge, la magnétite, l’orthopyroxène et le grenat, alors que le granite tardif renferme surtout de la chlorite, de l’épidote et de la magnétite.

 

Suite de Pelland 4 (pPped4) : Granite gneissique et hétérogène

L’unité pPped4 est un granite gneissique fortement magnétique et hétérogène, qui a été principalement décrit par Bélanger (1984). Elle est formée d’une alternance millimétrique à centimétrique de rubans de gneiss et de granite. Le gneiss est à biotite ± hornblende et gris foncé à noir avec une patine gris brunâtre. Le granite est grenu et se compose de quartz, de feldspath potassique et de biotite. Il est gris clair à rosé et montre des traces d’uraninite localement. L’unité pPped4 renferme des enclaves de l’unité pPped1.

 

Épaisseur et distribution

La Suite de Pelland est associée à une anomalie aéromagnétique positive qui fait au moins 35 km de longueur par 18 km de largeur, pour une superficie totale, au Québec, de 784 km2. Elle se trouve dans la partie nord-est du Domaine lithotectonique de Mistinibi-Raude, plus précisément à la limite entre les feuillets 24A et 14D. Elle se prolonge au Labrador et est coupée par une intrusion d’âge mésoprotérozoïque, la Suite de Napeu Kainut, dans sa partie centre-sud. La Suite de Pelland affleure encore au sud de la Suite de Napeu Kainut puis elle disparait, coupée par le Baholite de Mistastin. Les unités pPped1 (416 km2) et pPped2 (157 km2), ainsi que la sous-unité pPped1a (165 km2), sont les plus importantes. La charnockite et le granite de l’unité pPped3 (30 km2) forment des intrusions de petite taille, en périphérie et à l’intérieur de la Suite de Pelland. L’unité pPped4 (16 km2) n’a été observée qu’à l’extrémité SE de la Suite de Pelland, en bordure du Batholite de Mistastin.

Datation

Deux échantillons ont été prélevés par la Commission géologique du Canada à l’été 2014 dans l’unité pPped2 de la Suite de Pelland. Un âge d’environ 2320 Ma, considéré comme celui de la cristallisation, a été obtenu pour un échantillon de jotunite coupant le gabbro de l’unité pPped1 et un âge d’environ 2322 Ma a été obtenu dans une mangérite porphyroclastique.

Système isotopiqueMinéralÂge de cristallisation (Ma)(+)(-)Âge métamorphique (Ma)(+)(-)Référence(s)
U-PbZircon2320212120531313Corrigan et al., 2018
U-PbZircon23225520931717Corrigan et al., 2018

Relation(s) stratigraphique(s)

La Suite de Pelland est localement en contact net avec les unités du Complexe de Mistinibi (pPmis). Étant donné les âges respectifs de ces unités, ce contact est d’origine tectonique. La Suite de Pelland est coupée par les intrusions mésoprotérozoïques de la Suite de Napeu Kainut (mPnak) et du Batholite de Mistastin (mPmit). La charnockite de l’unité pPped3 contient par endroits des enclaves décimétriques à métriques de paragneiss à biotite et grenat similaires à ceux du Complexe de Mistinibi, suggérant que l’unité pPped3 serait en partie considérablement plus jeune que l’unité pPped2, datée à environ 2322 Ma.

Paléontologie

Ne s’applique pas. 

Références

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)
LAFRANCE, I. BANDYAYERA, D. – CHARETTE, B. – BILODEAU, C. DAVID, J.Géologie de la région du lac Brisson (SNRC 24A). Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec; RG 2015-05, 61 pages.2016

RG 2015-05

CHARETTE, B. – LAFRANCE, I. – VANIER, M.A. –  GODET, A.Domaine de Mistinibi-Raude, sud-est de la Province de Churchill, Nunavik, Québec, Canada : synthèse de la géologie. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec. BG 2019-07.2019BG 2019-07
CORRIGAN, D. – WODICKA, N. – McFARLANE, C. – LAFRANCE, I. – VAN ROOYEN, D. – BANDYAYERA, D. – BILODEAU, C.Lithotectonic framework of the Core Zone, Southeastern Churchill Province. Geoscience Canada; volume 45, pages 1-24.2018Source
BÉLANGER, M.Région du lac Brisson, Territoire du Nouveau-Québec. Ministère de l’Énergie et des Ressources, Québec; DP 84-20, 2 cartes annotées.1984DP 84-20

 

 

30 janvier 2019