Complexe structural de Diana
Étiquette stratigraphique : [arch][prot]dia
Symbole cartographique : APdia

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Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
APdia4 Monzonite
APdia3 Tonalite gneissique mylonitisée
APdia2 Amphibolite, gneiss et roche ultramafique
APdia1 Paragneiss quartzofeldspathique migmatitisé
 
Auteur :Madore et Larbi, 2000
Âge :Archéen; Protérozoïque
Coupe type :Aucune
Région type :Région de la rivière Arnaud (feuillets SNRC 25D, 25C, 25E et 25F)
Province géologique :Province de Churchill
Subdivision géologique :Domaine lithotectonique de Baleine
Lithologie :Roche métasédimentaire, métavolcanite, métatonalite, monzonite et mon­zonite quartzifère porphyroïdes
Type :Lithodémique
Rang :Complexe
Statut :Formel
Usage :Actif

Historique

Le Complexe structural de Diana, localisé dans le nord-est de la région de la rivière Arnaud, a été introduit par Madore et Larbi (2000) pour décrire un ensemble lithologique d’âge archéen remanié durant le Protérozoïque (Simard, 2008). Le nom provient de la baie Diana.

Description

Le Complexe structural de Diana est essentiellement formé d’orthogneiss tonalitique avec des bandes de paragneiss, d’amphibolite et de roche ultramafique. Ces roches sont généralement mylonitisées et migmatitisées (Madore et Larbi, 2001). Quatre unités informelles, APdia1 à APdia4, y sont reconnues.

Complexe structural de Diana 1 (APdia1) : Paragneiss quartzofeldspathique migmatitisé

Cette unité se compose de roches métasédimentaires migmatitiques d’âge inconnu comprenant des paragneiss, des marbres et des roches calcosilicatées qui forment des bandes transposées parallèlement à la fabrique structurale à l’intérieur des orthogneiss (Simard, 2008). En lame mince, on observe une matrice quartzofeldspathique à grain fin. Les porphyroblastes de biotite sont parallèles à la foliation et représentent 15 à 40 % de la roche. Du grenat porphyroblastique allant jusqu’à 5 mm est observé; ce dernier donne une structure poikilitique à la roche. De faibles proportions d’épidote, de calcite, de muscovite, de hornblende verte, de sphène et de minéraux opaques sont visibles (Madore et Larbi, 2001).

Complexe structural de Diana 2 (APdia2) : Amphibolite, gneiss et roche ultramafique

Cette unité informelle est constituée de lambeaux d’amphibolite, de gneiss mafique et d’ultramafite. L’amphibolite est à grain fin, homogène et bien foliée. Elle est composée de hornblende (45 à 75 %) et de plagioclase (25 à 40 %), mais présente localement du sphène, de la biotite ou du grenat (Madore et Larbi, 2001).

Complexe structural de Diana 3 (APdia3) : Tonalite gneissique mylonitisée

Le faciès dominant du Complexe structural de Diana est constitué d’orthogneiss tonalitique auquel sont associées la diorite, la trondhjémite et la granodiorite. Toutes ces roches sont fortement déformées et exhibent une foliation mylonitique accompagnée d’une linéation d’étirement bien développée (Simard, 2008). En lame mince, l’orthogneiss a une structure granoblastique à grain fin bien développée. Les reliques de quartz en ruban et de plagioclase porphyroclastique démontrent une déformation ductile. La présence de hornblende porphyroclastique (<1 à 10 %) et de calcite (<1 %) est notée par endroits. L’épidote (<1 à 3 %), la muscovite (1 à 5 %) et la biotite (5 à 15 %) sont orientées selon la foliation planaire (Madore et Larbi, 2001).

Complexe structural de Diana 4 (APdia4) : Monzonite

La monzonite et la monzonite quartzifère porphyroïdes, foliées ou mylonitiques (APdia4), sont réparties en corps intrusifs de quelques kilomètres de longueur allongés parallèlement à la fabrique régionale. Ces roches intrusives, contenant à 20 et 40 % de porphyroclastes d’orthose, coupent les gneiss tonalitiques (Simard, 2008). Des évidences de recristallisation intense sont visibles en lame mince. La matrice quartzofeldspathique à grain fin donne une structure granoblastique à la roche, et des reliques de quartz en ruban sont présentes. La monzonite contient 20 à 40 % de feldspath potassique porphyroclastique.

Épaisseur et distribution

L’unité de paragneiss (APdia1) forme des bandes pouvant atteindre environ 5 km de largeur et 40 km de longueur. Cette unité de paragneiss est intercalée dans des bandes de roche calcosilicatée qui ne font pas plus d’un mètre d’épaisseur et <50 m de longueur. L’unité de roche ultramafique APdia2 est spatialement associée au paragneiss de l’unité APdia1. D’une superficie de <30 km2, la roche ultramafique forme de petites bandes intercalées dans ces paragneiss (Simard, 2008). L’unité dominante du Complexe structural de Diana est l’unité APdia3. La monzonite APdia4 forme des corps kilométriques, tabulaires et parallèles à la foliation régionale. Elle est en contact net avec l’unité encaissante APdia3 (Madore et Larbi, 2001).

Datation

Deux âges U/Pb ont été obtenus dans le Complexe structural de Diana : un âge de 2782 ±12 Ma dans un orthogneiss tonalitique et un âge de 2756 ±8 Ma dans une monzonite porphy­rique (David et al., 2009).
 
Système isotopiqueMinéralÂge (Ma)(+)(-)Référence(s)
U-PbZircon27821212David et al., 2009
U-PbZircon275688David et al., 2009

Relations stratigraphiques

Le Complexe structural de Diana représente une zone composée d’assemblages protérozoïques et d’unités archéennes fortement affectées par les phases de déformation protérozoïques. Cette zone pourrait se comparer au Parautochtone de la Province de Grenville. Les unités archéennes du Complexe de Diana semblent équivalentes aux unités archéennes localisées à l’ouest, dans la Sous-province de Minto. Selon les données géochronologiques, l’unité de gneiss tonalitique du complexe (2782 Ma) est probablement équivalente à la Suite de Faribault-Thury (2785 à 2775 Ma). Des roches métavolcaniques du Complexe de Diana pourraient être équivalentes aux roches volcaniques métamorphisées du Complexe d’Arnaud. Les unités métasédimentaires du Complexe de Diana n’ont pas d’équivalent dans la Sous-province de Minto. Il est probable qu’une bonne partie des roches métasédimentaires soit d’âge protérozoïque. Finalement, les intrusions de monzonite et de monzonite quartzifère porphyroïdes sont lithologiquement comparables aux monzonites de la Suite de Leridon. Toutefois, l’âge de 2756 Ma obtenu dans une monzonite du Complexe de Diana est plus ancien que l’âge présumé de 2735 à 2720 Ma des intrusions de la Suite de Leridon. D’ailleurs, toutes les intrusions potassiques du NE de la Province du Supérieur ont donné des âges plus jeunes que 2735 Ma (Simard et al., 2009a).

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)

DAVID, J. – MAURICE, C. – SIMARD, M.

Datations isotopiques effectuées dans le nord-est de la Province du Supérieur – Travaux de 1998, 1999 et 2000. Ministère des Ressources naturelles, Québec; DV 2008-05, 92 pages.

2009

MADORE, L. – LARBI, Y.

Géologie de la région de la rivière Arnaud (SNRC 25D) et des régions littorales adjacentes (SNRC 25C, 25E et 25F). Ministère des Ressources naturelles, Québec; RG 2000-05, 37 pages2000
SIMARD, M.Lexique stratigraphique des unités archéennes du nord-est de la Province du Supérieur. Ministère des Ressources naturelles et Faune, Québec; DV 2008-03, 107 pages.2008DV 2008-03

SIMARD, M. – GOSSELIN, C. – LAFRANCE, I.

Géologie de la région de la rivière Sérigny (24C et 23N). Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Québec; RG 2009-02, 40 pages.

2009a

RG 2009-02

MADORE, L. – LARBI, Y.Geology of the Riviere Arnaud area and adjacent coastal areas. Ministère des Ressources naturelles, Québec; 35 pages, 4 cartes.2001RG 2001-06
16 août 2019