Complexe d’Imaapik
Étiquette stratigraphique : [arch][ppro]ima
Symbole cartographique : ApPima

Première publication :  

Subdivision(s) informelle(s)

La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
ApPima2 Tonalite massive violacée
ApPima1 Roches intrusives et métamorphiques à orthopyroxène
 
Auteur :Lafrance et al., 2015
Âge :Précambrien / Protérozoïque / Paléoprotérozoïque
Coupe type : 
Région type :Région du lac Henrietta (SNRC 24H)
Province géologique :Province de Churchill
Subdivision géologique :Zone noyau
Lithologie :Intrusions et gneiss à orthopyroxène
Type d’unité :Unité lithodémique
Rang :Complexe
Statut :Unité informelle
Usage :Unité active

Historique

Le Complexe d’Imaapik a été introduit par Lafrance et al. (2015) dans la région du lac Henrietta afin de regrouper un ensemble de roches à orthopyroxène localisées dans la partie nord-est de la Zone noyau, qui est plutôt généralement caractérisée par des roches au faciès des amphibolites.

Description

Le Complexe d’Imaapik comprend deux unités : 1) une unité de roches intrusives et métamorphiques à orthopyroxène (ApPima1); et 2) une unité de tonalite massive violacée (ApPima2).

Les roches au faciès des granulites de ce complexe sont caractérisées par de l’orthopyroxène remplacé à divers degré par de la serpentine et des amphiboles fibreuses, ne laissant parfois que des cœurs de pyroxènes préservés. En plus de roches intrusives paléoprotérozoïques, le Complexe d’Imaapik comprend des roches archéennes similaires aux unités décrites dans le reste de la Zone noyau, soit des gneiss tonalitiques à granitiques et des roches migmatitiques, mais ces roches renferment de l’orthopyroxène. Les unités entourant le complexe montrent aussi une grande composante de fusion partielle.

Complexe d’Imaapik 1 (ApPima1) : Roches intrusives et métamorphiques à orthopyxoxène

L’unité ApPima1 forme la majeure partie du Complexe d’Imaapik. Elle comprend plusieurs faciès lithologiques différents qui sont couramment présents simultanément sur les affleurements et impossibles à distinguer à l’échelle des travaux de cartographie réalisés. Les principaux faciès observés renferment tous de l’orthopyroxène et consistent en gneiss tonalitique à granitique, en roches migmatitiques, en diorite granoblastique et en intrusions massives d’enderbite et de charnockite. On observe aussi une phase de granite pegmatitique rose qui s’injecte dans l’ensemble des autres unités, sous formes de rubans centimétriques subconcordants ou de dykes décimétriques à métriques.

Les roches gneissiques et migmatitiques ainsi que les diorites se retrouvent en enclaves à l’intérieur des roches intrusives et sont parfois fortement assimilées. Sur certains affleurements, les roches intrusives sont dominantes, particulièrement dans la partie centrale du complexe, mais dans la majorité des cas, elles se trouvent en injections diffuses (10 à 30 %) à l’intérieur des autres lithologies du complexe. Ces injections se présentent sous forme de dykes, d’amas mais le plus souvent en rubans parallèles à la gneissosité. Les affleurements sont complexes et hétérogènes, la teinte cassonade à verdâtre et le quartz fumé rendent difficile la détermination de la composition de la roche. Les contacts entre les différentes lithologies sont souvent peu contrastés et parfois uniquement visibles par une granulométrie légèrement différente.

Les gneiss sont équigranulaires, de granulométrie fine à moyenne, bien foliés et assez bien recristallisés. Ils renferment entre 5 et 8 % de minéraux mafiques, majoritairement de la biotite avec un peu de hornblende et des reliques d’orthopyroxène fortement altéré en un mélange de serpentine et d’amphiboles fibreuses. Les gneiss montrent un rubanement créé par l’alternance de rubans de tonalite et de diorite ou de rubans de tonalite et de granite. La diorite est finement grenue et complètement granoblastique. À plusieurs endroits, ces lithologies sont migmatitisées et caractérisées par la présence d’un rubanement ondulant et discontinu ainsi que par des schlierens de biotite. Le mobilisat est grenu, de couleur cassonade à verdâtre et de composition variable.

Les roches intrusives sont de teinte cassonade en cassure fraîche et de couleur blanchâtre à beige en surface altérée. Elles sont massives à très faiblement foliées, homogènes, équigranulaires et de granulométrie moyenne. Leur composition est majoritairement enderbitique mais des phases charnockitiques sont aussi présentes. Ces deux compositions sont impossibles à différencier en affleurement. La roche est riche en quartz (30 à 40 %), magnétique et renferme entre 5 et 10 % de minéraux mafiques formant souvent de petits amas millimétriques à centimétriques. Ces derniers consistent en biotite et orthopyroxène avec un peu de magnétite et parfois de la hornblende.

Complexe d’Imaapik 2 (ApPima2) : Tonalite massive violacée

L’unité de tonalite massive à teinte violacée (ApPima2) est très homogène et limitée à la bordure est du Complexe d’Imaapik. Il s’agit d’une roche similaire à la phase intrusive observée dans l’unité ApPima1 sauf que la roche, de couleur gris violacé, est toujours de composition tonalitique et ne contient pas d’orthopyroxène. Du clinopyroxène a été observé localement. L’unité ApPima2 renferme localement 5 à 10 % d’enclaves de diorite et de gneiss tonalitique.

Épaisseur et distribution

Le Complexe d’Imaapik correspond à une anomalie magnétique positive circulaire d’environ 30 km de diamètre dans la partie nord-est de la Zone noyau. L’unité ApPima1 forme la majeure partie du complexe alors que l’unité ApPima2 est limitée à sa bordure est.

Datation

Les datations U-Pb réalisées sur un échantillon de charnockite massive et un échantillon de tonalite violacée ont retourné des âges paléoprotérozoïques entre 1851 et 1865 Ma ainsi que des âges d’héritage entre 2100 et 2720 Ma. Les âges archéens proviennent probablement de reliques de gneiss ou de roches migmatitiques archéennes dans lesquelles l’intrusion s’est mise en place. Les âges obtenus suggèrent la mise en place au Paléoprotérozoïque d’enderbite et de charnockite issues de la fusion partielle d’une croûte inférieure archéenne.

 
Système isotopiqueMinéralÂge de cristallisation (Ma)(+)(-)Âge d’héritage (Ma)(+)(-)Unité stratigraphiqueRéférence(s)
U-PbZircon1851662,73 Ga  ApPima1Davis et al., en préparation (13-IL-3073)
U-PbZircon1865552100 à 2720  ApPima2Corrigan et al., en préparation (13-DB-1057)
U-PbMonazite187588   ApPima1Davis et al., en préparation (13-IL-3073)
U-PbZircon1,83 Ga  2,73 Ga  ApPima1Corrigan et al., en préparation (13-IL-3076)

Relations stratigraphiques

Le Complexe d’Imaapik pourrait représenter des portions mieux préservées d’un faciès granulite antérieur; de telles zones ont d’ailleurs été décrites par Verpaelst et al. (2000) dans la région de la rivière Koroc (SNRC 24I). Toutefois la forme arrondie du Complexe d’Imaapik, bien délimitée sur le levé aéromagnétique, semble indiquer la mise en place d’un magma charnockitique sous-jacent et affleurant à certains endroits seulement. Cette masse de roches charnockitiques pourrait aussi expliquer l’atteinte du faciès des granulites à l’intérieur des roches encaissantes. Il est aussi possible qu’un copeau de roches ait remonté le long de la Faille Misurtuq.  

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)
CORRIGAN, D. – McFARLANE, C., WODICKA, N. – LAFRANCE, I. – BANDYAYERA, D. – BILODEAU, C., VAN ROOYEN, D. – ZHANG, S.The Core Zone: an accreted Archean to Early-Proterozoic micro-continent in the composite Trans-Hudson orogen. Geoscience Canada.en préparation 
DAVIS, D. –  GOUTIER, J. – LAFRANCE, I. –  TALLA TAKAM, F.Datations U-Pb effectuées dans les provinces du Supérieur et de Churchill en 2013-2014. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec.en préparation 
LAFRANCE, I. – BANDYAYERA, D. et BILODEAU, C.Géologie de la région du lac Henrietta (SNRC 24H). Ministère des Ressources naturelles, Québec; RG 2015-01, 62 pages.2015RG 2015-01
VERPAELST, P. – BRISEBOIS, D. – PERREAULT, S. – SHARMA, K.N.M. – DAVID, J.Géologie de la région de la rivière Koroc et d’une partie de la région de Hébron (24I et 14L). Ministère des Ressources naturelles, Québec; RG 99-08, 62 pages, 10 plans.2000RG 99-08
16 novembre 2017