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Complexe de Tasialuk Allipaaq
Étiquette stratigraphique : [ppro]ali
Symbole cartographique : pPali

Première publication: 24 avril 2018
Dernière modification: 6 novembre 2019

 

 

Subdivision(s) informelle(s)
La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
 
pPali2 Tonalite et granite
pPali2a Monzogranite mouchetée, homogène à localement marbré
pPali1 Tonalite avec un rubanement diffus granitique
 
Auteur :Charette et Beaudette, 2018
Âge :Paléoprotérozoïque
Coupe type :Aucune
Région type :Feuillets SNRC 35K05 et 35K06
Province géologique :Province de Churchill
Subdivision géologique :Orogène de l’Ungava / Domaine lithotectonique de Narsajuaq
Lithologie :Roche intrusive tonalitique à granitique et roche foliée à gneissique
Type :Lithodémique
Rang :Complexe
Statut :Formel
Usage :Actif

 

Unité(s) apparentée(s)

Aucune

 

Historique

Le Complexe de Tasialuk Allipaaq a été introduit par Charette et Beaudette (2018) afin de décrire un assemblage hétérogène de tonalite foliée à gneissique, granitisée et assimilée par des roches intrusives tonalitiques à granitiques. Cet assemblage, qui  forme une grande partie du secteur nord-ouest du Domaine de Narsajuaq, était précédemment inclus dans la suite ancienne (pPNAR1) et la suite récente (pPNAR4) décrites par St-Onge et Lucas (1992) et St-Onge et al. (1992).

Description

Les lithologies du Complexe de Tasialuk Allipaaq montrent un aspect hétérogène produit par un rubanement diffus ou irrégulier et par un aspect marbré gris et rose. Plus précisément, on note en affleurement une roche fine grisâtre de composition tonalitique foliée à gneissique (pPali1) en contact diffus avec une roche plus grossière hétérogène qui varie d’une composition tonalitique de couleur blanc grisâtre à granitique de couleur rose (pPali2). Ces deux unités sont communément associées spatialement et produisent un mélange ductile qui se traduit en affleurement par un rubanement diffus rosé, une variation de granulométrie en zone diffuse centimétrique à métrique et une répartition hétérogène de minéraux ferromagnésiens en amas ou en lamines. Les tonalites grisâtres sont en enclaves diffuses, partiellement assimilées, dans les masses tonalitiques à granitiques de l’unité pPali2. Ces dernières forment des injections subconcordantes à sécantes en contact net à diffus dans l’unité pPali1.

Ce complexe de roche foliée à gneissique et de roche intrusive semble être le produit de la mise en place de matériel tonalitique à granitique dans des tonalites anciennes foliées à gneissiques en domaine ductile. Il pourrait donc traduire un processus d’injection et d’assimilation magmatique.

Complexe de Tasialuk Allipaaq 1 (pPali1) : Tonalite avec un rubanement diffus granitique

L’unité pPali1 est constituée de tonalite finement à moyennement grenue granoblastique qui présente un aspect rubané à marbré. Cet aspect est produit par la présence de 5 à 40 % de ruban ou d’injection millimétrique à centimétrique de couleur rosée en contact net à diffus dans la roche hôte. La composition de ces derniers est granitique à, localement, tonalitique et leur granulométrie est généralement un peu plus grossière que l’encaissant. Le granite en rubans comprend de petits amas de minéraux ferromagnésiens et, localement, des cristaux de 1 à 2 cm de feldspath potassique et de plagioclase. Par endroits, un liséré de biotite millimétrique est présent au contact entre les rubans granitiques et la tonalite.

Plusieurs affleurements visités comprennent des niveaux plus hétérogènes au sein de la tonalite où la proportion de matériel granitique rosé est plus élevée. La lithologie prend alors un aspect marbré diffus, communément ondulant ou irrégulier, où il est difficile de distinguer les rubans de la tonalite encaissante.

La tonalite encaissante est foliée à gneissique et est homogène à faiblement rubanée en général. Le rubanement au sein de la roche hôte est marqué par la présence de ruban blanchâtre leucocrate, par la variation transitionnelle de la proportion de minéraux ferromagnésiens (5 à 20 %) et, par endroits, par la présence de niveaux centimétriques de composition granitique de même granulométrie. Les minéraux ferromagnésiens sont disséminés ou forment des lamines millimétriques marquant la foliation. En lames minces, la forte recristallisation des minéraux est caractéristique de l’unité pPali1 et est distinctive des roches intrusives de l’unité pPali2. La biotite est le minéral ferromganésien principal, suivi de la hornblende. La biotite marque la foliation principale ainsi qu’une seconde foliation généralement bien développée à 35-40° de la foliation principale. Pour sa part, la hornblende forme des cristaux plus grossiers, peocilitiques et alignés dans la foliation principale ou, parfois, est en cristaux xénomorphes ou en amas polycristallins. La chlorite remplace partiellement ces deux minéraux. L’épidote et le sphène sont associés aux lamines de minéraux ferromagnésiens. Les phases accessoires incluent l’apatite, les opaques, l’allanite, le zircon et la monazite. L’ensemble de minéraux accessoires représente toutefois une très faible proportion de la minéralogie (1 % au maximum).

 

Complexe de Tasialuk Allipaaq (pPali2) : Tonalite et granite

L’unité pPali2 inclut les roches intrusives tonalitques à granitiques qui s’injectent de façon diffuse dans les lithologies de l’unité pPali1. Elles se présentent soit sous forme marbrée, soit sous forme hétérogène et mouchetée. Dans le premier cas, l’aspect marbré est produit par la présence d’une phase diffuse rosée en rubans ou amas de 2 mm à 5 cm. Cette phase forme de 15 à 30 % de la lithologie selon les endroits et donne parfois l’aspect d’une structure de fluage. Dans le deuxième cas, la lithologie prend l’apect d’un intrusif hétérogène avec des amas centimétriques de minéraux ferromagnésiens et des amas centimétriques ou des zones métriques blanchâtres leucocrates. L’unité pPali2 prend communément ces deux aspects sur un même affleurement. Des niveaux et des zones décimétriques à métriques de tonalites rubanées grisâtres sont en contact net à diffus au sein de cette unité. Aussi, des enclaves centimétriques à métriques de diorite et de diorite à hypersthène, allongées dans la foliation, sont couramment observées dans ces roches intrusives et représentent jusqu’à 30 % des affleurements.

L’étude pétrographique des échantillons de l’unité pPali2 montre que les lithologies sont formées de deux phases diffuses qui sont parfois difficiles à identifier en affleurement. Une première phase, de composition tonalitique ou granodioritique, est finement à moyennement grenue et contient du feldspath potassique en petits cristaux interstitiels ou en inclusions dans les plagioclases. Une seconde phase granitique et grossièrement grenue contient communément des cristaux centimétriques idiomorphes de plagioclase et de feldspath potassique. Lorsque la roche est d’aspect marbré, le feldspath potassique se concentre en rubans millimétriques à centimétriques diffus. Les minéraux ferromagnésiens forment moins de 15 % de la lithologie et sont en lamines millimétriques discontinues (parfois ayant l’aspect de schlierens) ou en amas de 5 mm à 3 cm. Habituellement, la magnétite est associée aux lamines et amas mafiques ou forme des cristaux visibles à l’oeil nu dans la matrice. En microscopie, l’unité pPali2 se caractérise par son aspect igné, non-recristallisé ou peu recristallisé, avec la présence de myrmékite et d’antiperthite. La hornblende et la biotite sont les minéraux ferromagnésiens principaux et sont soit alignées dans la foliation faiblement développée, soit en amas. La hornblende est rétrogradée en biotite et carbonate, alors que la biotite est partiellement chloritisée. Le sphène, la magnétite, l’épidote et l’apatite sont associés à ces derniers. Ces minéraux peuvent représenter jusqu’à 5 % de la minéralogie. Par endroits, de l’allanite est présente en cristaux idiomorphes dans la matrice ou au sein des amas mafiques.

Complexe de Tasialuk Allipaaq 2a (pPali2a) : Monzogranite mouchetée, homogène à localement marbré

Le monzogranite du Complexe de Tasialuk Allipaaq présente une granulométrie moyenne, une couleur rosée et une texture mouchetée marquée par les amas de minéraux ferromagnésiens. Une structure de fluage est observée sur quelques affleurements représentée par un rubanement diffus et aléatoire. Des enclaves de diorite centimétriques à métriques sont en contact net ou partiellement assimilées dans le monzogranite et représentent de 3 à 5% des affleurements. Les études pétrographiques révèlent la présence de rubans de composition granitique en contact diffus. En lame mince, les amas de minéraux ferromagnésiens contiennent de la hornblende, de la biotite et des minéraux opaques. Le zircon, l’apatite et l’allanite sont présents en proportions variables.

 

Épaisseur et distribution

Le Complexe de Tasialuk Allipaaq est présent dans le secteur nord-ouest du Domaine de Narsajuaq. Les roches intrusives de ce complexe (pPali2) forment de grandes masses kilométriques allongées suivant la foliation régionale orientée est-ouest au sein desquelles se trouvent des lambeaux étirés et plissés de roche granulitique. La tonalite rubanée à marbrée de l’unité pPali1 forme des lambeaux qui sont aussi contenus dans l’unité pPali2.

Datation

Aucune.

Relations stratigraphiques

Le Complexe de Tasialuk Allipaaq comprend une unité ancienne (pPali1) et une unité intrusive récente (pPali2). Cette dernière, qui reflète possiblement l’événement d’intrusion et d’assimilation en domaine ductile, coupe les unités granulitiques néoarchéennes du Domaine de Narsajuaq telles que le Complexe de Pingasualuit et la Suite de Navvaataaq. Toutefois, les unités du Complexe de Tasialuk Allipaaq sont coupées par de larges injections décimétriques à décamétriques granitiques tardives associées à la Suite de Sanningajualuk.

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Auteur(s)TitreAnnée de publicationHyperlien (EXAMINE ou Autre)
CHARETTE, B. – BEAUDETTE, M.Géologie de la région du Cap Wolstenholme, Orogène de l’Ungava, Province de Churchill, sud-est d’Ivujivik, Québec, Canada. Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec; BG 2018-032018BG 2018-03
ST-ONGE, M. R. – LUCAS, S. B. – PARRISH, R. R.Terrane accretion in the internal zone of the Ungava orogen, northern Quebec. Part 1: tectonostratigraphic assemblages and their tectonic implications. Canadian Journal of Earth Sciences; volume 29, pages 746-764.1992Source
ST-ONGE., M. R. – LUCAS, S. B.New insight on the crustal structure and tectonic history of the Ungava Orogen, Kovik Bay and Cap Wolstenholme, Quebec. In: Current Research, Part C, Canadian Shield. Geological Survey of Canada; Paper 92-1 C, pages 31-41.1992Source

 

 

24 avril 2018