Complexe de Giton
Étiquette stratigraphique : [arch][ppro]git
Symbole cartographique : ApPgit
Première publication:  
Dernière modification: 6 avril 2017

Subdivision(s) informelle(s)

La numérotation ne reflète pas nécessairement la position stratigraphique.
ApPgit2 Diatexite hétérogranulaire
ApPgit1 Paragneiss migmatitisé
Auteur : Charette et al. (2016)
Âge : Précambrien / Archéen / Protérozoïque / Paléoprotérozoïque
Coupe type :  
Région type : Région du lac Jeannin (SNRC 24B)
Province géologique : Province de Churchill
Subdivision géologique : Orogène du Nouveau-Québec / Zone de Rachel-Laporte
Lithologie : Diatexite hétérogranulaire et paragneiss migmatitisé
Type d’unité : Unité lithodémique
Rang : Complexe
Statut : Unité formelle
Usage : Unité active

Historique

Le Complexe de Giton a été introduit dans la région du lac Jeannin (Charette et al., 2016) afin de regrouper des diatexites hétérogranulaires (ApPgit2) circonscrites à une nappe de charriage de la Zone de Rachel-Laporte. Il représente donc un complexe structural. Lors de la synthèse régionale du sud-est de la Province de Churchill, une seconde écaille a été identifiée dans la région du lac Recouet et a été intégrée à cette unité. La quantité plus importante de paragneiss migmatitisé dans ce secteur a mené à l’introduction d’une nouvelle unité informelle (ApPgit1).

Description

Le Complexe de Giton regroupe des migmatites d’origine sédimentaire qui forment deux nappes de charriage dans la Zone de Rachel-Laporte. Cette unité, caractérisée par une signature magnétique distincte des roches volcano-sédimentaires environnantes, est bien visible sur les cartes aéromagnétiques. Les migmatites ont été divisées en deux unités informelles : une unité de paragneiss migmatitisé (ApPgit1) et une unité de diatexite hétérogranulaire (ApPgit2).

Complexe de Giton 1 (ApPgit1) : Paragneiss migmatitisé

Le paragneiss migmatitisé de l’unité ApPgit1 varie en composition de métapélite à méta-arénite à métawacke. Les changements dans la proportion des minéraux principaux induisent localement l’appartion d’un rubanement. La quantité de rubans millimétriques à centimétriques de leucosome fluctue en fonction du protolite (jusqu’à 20 %), ce qui accentue l’aspect rubané de la roche. Le paragneiss est en général homogène et à granulométrie fine. Il est gris moyen avec une patine d’altération plus claire, parfois beige à brunâtre. En lames minces, la matrice est bien recristallisée. Les micas (biotite et muscovite) représentent 10 à 25 % de la roche et forment des lamines millimétriques marquant la foliation. Le grenat est communément observé en cristaux ou en porphyroblastes bruns à rosés de 1 à 5 mm. La staurotide est localement présente en petits cristaux hypidiomorphes à l’intérieur des lamines de biotite et de muscovite. Les minéraux accessoires (chlorite, minéraux opaques, sphène, apatite, zircon et allanite) sont également reconnus en faibles quantités. Par endroits, l’actinote forme des amas feutrés qui préservent des coeurs de clinopyroxène. Dans certains secteurs de l’unité ApPgit1, un paraschiste à muscovite, biotite et grenat et une amphibolite à grenat constituent des niveaux métriques à hectométriques.

Complexe de Giton 2 (ApPgit2) : diatexite homogène, hétérogranulaire et à phénocristaux de microcline

L’unité ApPgit2 est constituée de diatexite homogène dont la composition varie de granodiorite à monzodiorite quartzifère. La roche est hétérogranulaire, de teinte gris jaunâtre à brunâtre et montre une foliation bien développée associée localement à une structure protomylonitique. La diatexite renferme régulièrement entre 15 et 30 % de phénocristaux centimétriques de plagioclase et de feldspath potassique. Elle comprend aussi entre 15 et 25 % de quartz et entre 5 et 20 % de microcline interstitiel ou en phénocristaux. Les minéraux felsiques baignent dans une matrice fine riche en biotite brune (20 à 40 %) montrant des inclusions de sphène et de zircon. La roche contient également un peu de hornblende (<5 %), ainsi que de la zoïsite et de l’allanite. Le plagioclase est faiblement séricitisé. Le quartz est à extinction roulante et montre une recristallisation partielle en bordure des plus gros cristaux. La diatexite comprend jusqu’à 10 % d’enclaves et de niveaux (« schollen » ou radeaux) centimétriques à décimétriques de paragneiss à biotite ± grenat variablement migmatitisés similaires à ceux de l’unité ApPgit1. Certains niveaux de diatexite d’épaisseur métrique montrent une déformation plus importante indiquée par une foliation anastomosée et la transformation des phénocristaux en porphyroclastes sigmoïdes associés à des queues de recristallisation.

Épaisseur et distribution

Le Complexe de Giton se situe dans la partie sud de la région du lac Jeannin (Charette et al., 2016) et dans le secteur nord de la région du lac Recouet où il forme deux nappes de charriage d’orientation NW-SE à l’intérieur de la Zone de Rachel-Laporte. La première nappe, d’environ 28 km de longueur sur 7 km de largeur, est majoritairement formée de diatextite de l’unité ApPgit2.La seconde forme une antiforme de 37 km de longueur sur 8 km de largeur et comprend essentiellement des paragneiss de l’unité ApPgit1.

Datation

Les roches du Complexe de Giton n’ont pas été datées. Toutefois, dans les régions de la baie d’Ungava (Simard et al., 2013) et du lac Saffray (Lafrance et al., 2014), les protolites des gneiss et des roches intrusives déformées qui constituent les nappes de charriage de la Zone de Rachel-Laporte sont tous d’âge archéen (entre 2692 et 2883 Ma). Les différentes nappes de charriage reconnues dans la Zone de Rachel-Laporte ont probablement été chevauchées sur les roches paléoprotérozoïques durant l’Orogenèse du Nouveau-Québec (1,82 à 1,77 Ga).

Wardle et al. (2002), Corrigan et al. (2009) et Simard et al. (2013) proposent qu’une partie de la Zone noyau représente un fragment qui s’est détaché de la Province du Supérieur lors de l’ouverture du rift au Paléoprotérozoïque. Les diatexites archéennes de ce secteur pourraient être corrélées aux unités du même type de la Sous-province d’Ashuanipi située juste à l’ouest de l’Orogène du Nouveau-Québec. Toutefois, les roches du Complexe de Giton pourraient aussi être plus jeunes puisqu’elles sont similaires aux diatexites de la Suite de Winnie dont la cristallisation a été datée à environ 1838 Ma.

En attendant les résultats des analyses géochronologiques, Charette et al. (2016) ont interprété les roches migmatitiques du Rachel-Laporte comme des écailles de roches anciennes qui ont chevauché les roches de la Supersuite de Laporte lors de l’Orogenèse du Nouveau-Québec.

Relations stratigraphiques

La présence de diatexites au sein de la Zone de Rachel-Laporte semble indiquer que le Complexe de Giton représente des nappes de charriage. Cette unité se trouve donc en contact de faille avec les roches volcano-sédimentaires de la Supersuite de Laporte.

Paléontologie

Ne s’applique pas.

Références

Auteur(s) Titre Année de publication Hyperlien (EXAMINE ou Autre)
CHARETTE, B. – LAFRANCE, I. – MATHIEU, G. Géologie de la région du lac Jeannin (SNRC 24B). Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Québec. 2016

Rapport géologique électronique

CORRIGAN, D. – PEHRSSON, S. – WODICKA, N. – DE KEMP, E. The Paleoproterozoic Trans-Hudson Orogen : a prototype of modern accretionary processes. Geological Society, London; Special Publications 2009, volume 327, pages 457-479. 2009 Source
LAFRANCE, I. – SIMARD, M. – BANDYAYERA, D. Géologie de la région du lac Saffray (SNRC 24G-24F). Ministère des Ressources naturelles, Québec; RG 2014-02, 49 pages. 2014 RG 2014-02
SIMARD, M. – LAFRANCE, I. – HAMMOUCHE, H. – LEGOUIX, C. Géologie de la région de Kuujjuaq et de la Baie d’Ungava (SNRC 24J et 24K). Ministère des Ressources naturelles, Québec; RG 2013-04, 60 pages. 2013 RG 2013-04
WARDLE, R.J. – JAMES, D.T. – SCOTT, D.J. – HALL, J. The southeastern Churchill Province : synthesis of a Paleoproterozoic transpressional orogen. Canadian Journal of Earth Science; volume 39, pages 639-663. 2002 Source
20 octobre 2016